‹ Histoire de la persécution religieuse dans les diocèses de Quimper et de Léon de 1790 à 1801Chapitre 11 sur 51 · A MES CONCITOYENS · texte numérisé non relu

A MES CONCITOYENS

Sur la mort de noire Évêque, M. de Saint-Luc, décédé le 30 Septembre 4790, à 7 heures du soir, à Quimper^ âgé d'environ 67 ans.

Mes chers concitoyens,

Il est mort ce respectable Prélat que plusieurs d'entre nous, éblouis par des idées nouvelles, ont mal apprécié, principalement depuis les troubles qui nous divisent.

Il était cependant toujours le même, toujours aussi digne de nos tendres respects que l'année dernière, quand une maladie longue et cruelle le mit deux fois sur les bords du tombeau, et remplissait nos temples de prières et de gémissements.

Si tous les sacrifices auxquels il était disposé, dés l'origine de nos troubles actuels, par un vif et sincère attachement au Roi, qu'il ne sépara jamais du peuple, de ce peuple immense qu'il croyait ne pouvoir être heureux, sans un monarque tout-puissant ; si tous ces

(1) Cet exemplaire porte ces mots écrits de la main de l'auteur : A Mgrl'Evêque de Saint- Pol, de la part de l'auteur. Je supplie Sa Grandeur d'agréer ce faible écrit, comme un hommage authentique que rend â ses vertus, à ses lumières, à son courage, le plus re»pectueux de ses admirateurs.

Delaroque Trémaria, m-édecin^^

iQX &acd6c«s, hors expressément ceux qui poU-' raient en ({oetqae chose compromeltre le dépôt de la foi calhnlique-romaine, dépôt sacré qu'il chérissait pins i}ae ia vit', puisqu'il y faisait consiâter son honoeur et a fidélité; si ses tendres sollicitudes, qui se maltipliaieui chaque jour à la vue de la paix s'éloignant de nous; si tous ces précieux seutiments sont de nouveaux titres » votre reconnaissance, vous devez convenir, mes cbers concitoyens, que, depuis cette époque, il a nécessairement awiuis de nouveaux droits à votre amour.

SoD cœur vertueux et trop sensible s'est atlristé jusqu'à l'excès, et pour notre divine Religion et poar la Monarchie qu'il croyait en danger.

la sentiment de tous nos malheurs, qu'il n'avait, hélas, que trop prévus, ce sentiment pénible que l'impossibilité de nous soulager aggravait encore, ce sentineni profond et douloureux l'a fait périr.

Vous le savez cependant, mes chers concitoyens, ce oeur pur comme la lumière, obligeant, humain et religieux, charitable, en un mot. fut toujours le sanctuaire des pauvres et de tous les infortunés. Ils y trouraîenl, à chaque instant de la vie, des secours elHcaces, des consolations abondantes, le cœur d'un père et d'un évéqne.

SoD instniclion pastorale de tous les joiu's.do tous les momenls. était le soin particulier qu'il prenait de répandre, autour de ses ouailles, comme une rosée délicieuse, les préceptes et les conseils de l'Évangile, et snrloul de les accompagner, a. chaque pas, du salutaire, exemple qu'il donnait à son peuple dont Dieu lui-même. (tar la main des hommes, lui avait conlié le salut éternel, peuple infortuné qu'il aimail d'autant plus, qu'il en

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mointlres caresses, tout tlèvoilail fia lui les précieux tl'tin caractère angélif|iie.

, mes chers concitoyens, ce cœur aimant par bienfaisant par principes, se condamnant toujours, k'il excusât tout le monde ; attentif à tous les avis, à tons les conseils qu'il croyait bons ; modeste efl tout, quoique son penchant naturel le portât aux joiûisances du luse; ce cfKnr honnête et tendre faisait les délices de tous ceux qui le connaissaient ou l'approchaient.

Ami compatissant, maitru facile à contenlei-, tous ses ilomestiqnes le chérissaient et )e servaient comme un '. S'ils tombaient dans le chagrin ou dans la maladie. it leur premier consolateur et (jnelqnefois ' inlirmier. Que de larmes n'essuient pas.xgue nx n'effacent point de si touchantes attentions ^aitre si révéré I < ceux enfin qui' partageaient ses peines ou qui laient h lui alléger le fardeau de ses devoirs, il [ en frères et souvent en amis. Le choit qu'il lait, annonçait tant de prudence et de sagesse que jttrement il eut sujet de s'en repentir. Et vodâ prélent la vraie science de l'homme en place : la cootQCO des hommes.

i Inmi^res épurées dans toutes les sciences morales

lologiques. quoiqu'elles n'égalassent point en pro-

r la vivacité de sa conception et la justesse de son

dans les affaires les plus épineuses; en an

! coup d'œil de son esprit, s'il est permis de

r ainsi, ses lumières pures et ce coup d'œil juste.

M tellement pénétré de contiance les hommes

kits de son clergé, capables de soulever le voile

. r|ae formaient autour du grand Évéque. son

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