DE MM. BOISSIÈRE ET PENANROS
ÉCRITES DU CHATEAU oè BREST
A I.A FAHII^liE DE SAIMT-LilIC
A M. Le MenVy (i) à la terre du Bol.
Au château de Brest, 10 Mai 1792.
Comme tout ceci devient long, Monsieur Le Meur, et que je ne vols plus ie terme de notre réunion au B... Je suis bien aise de vous rembourser les différentes avances que vous avez bien voulu faire pour moi depuis notre séparation, soit pour la charrette que vous avez envoyée prendre à Quimper le reste de mon bagage, soit pour ports de lettres, soit pour les bas faits au Faou et dont je n'entends point parler, soit pour autre commission. J'ignore absolument où sont mes fonds. Mademoiselle du Bot pourra vous le dire. Il doit y avoir un sac en argent blanc. Prenez-y, je vous prie, tout ce que je
vous dois de plus cent écus que je vous serai bien obligé de m'en-
voyer par occasion sûre chez M. Delongraye. J'en aurai besoin pour payer les seconds six mois de ma pension. Je voudrais ne pas toucher à l'or que vous m'avez fait passer il y a du temps, et il ne serait pas honnête que je payasse M. Penanros en papier. Il en a déjà assez.
Par suite de commission, faites moi le plaisir de me donner des nouvelles du château. On nous annonça, samedi dernier de Quimper, que le calme dont vous aviez tous joui depuis le retour des maîtres, était un peu troublé par certains bruits et certaines menaces de descente aux Ans de séquestre et même d'opérations mille fois plus dé«
(1) Intendant du château du Bot.
.Si).slrHj.vs. I>- Um\ù fônme de pivstôe {ttretiles lUMTriies scat manlM p'^mr ik^s. rv^i^ndaDt qa*>i-|i]ll taille s\ACKefldn^ à l*jat. aco» psprroas que b I^a kleBce ci>iitiiiaenA de pnjCe^er eC les peruwMS el ipurs pffjpntits Nous pri'iiLs Dieu tuas les ji>ars pMr leor cm- Mnalion. C est ii peu près le seul bieo tl U i^niie £icullr qu h NatkiO n a pa nous «#ter.
Voos sivez qu'uo gn>s orage ^ient eocore de menaoer les ouiconformistes. Les deu\ pèlerins ont ètê prév^usde seUaûrsorlnn gardes et dans la méfiance. Il parait qu'on ne leur en veut pas perstfHinplIemenl. Mais dans le cas d'une proscription gènënle, ils ne peuvent manquer d'y être enveloppés. Il en sera ce qaU plaiia à Ijiro. I>rs deux pèlerins commencent à s'habituer â l'infortiiiie et ani évênemenLs présents et à venir. Tout cela dans le fait ne doit poinl alialtre le courage, ni lasser la patience, quand on a le bonheur de croire â une autre vie. Intereà, on vient de nous assurer ifiie dii pnHres de Hrest ont été dernièrement remis en liberté et que sou pf'U les autre» obtiendront la même justice. Si vous avez du neuf des gens d'afTaire du maître du château, veuillfz-bien nous en faire parL Calculcnt-iLs sur le prochain jugement du procès ? Il paraît que les avis ne sout pas uniformes pour le succès. Ce qui est à la disposition des hommes est touj^iurs bien incertain, ù m(»ins que Dieu ne daigne sVn mèI«T. Mais Spiriliis vbi cuit siu'rat. Malheur à ceux qui fw^ rir/n JJoninû non f'nf^rrof/arci'v it !
Le liataiiluu de QuimpiT passe dimanche dans noire voisinage |Kiur se THidre à Nantes et svenihaniuer... Nous ne savons aucunes nouvdles nTtaines diî la jiuerre qu'on dit être déjà commencét», Iaw ft^uilh's aristocrates cl les feuilles palrioit^s les racontent, chacunes à IiMir nianiëre. ^«ii\ant C4*s dt-rnières. les émigrés vi les despotes qui i>nt é|)4»usé leur ({uerclle sont f et le politique Mallet du Pan assure quils nit S4>nt |»as en mesure. Les armées llonj:roisi»s, I»russiennt*s. Suédois«'s. lOsp^înoles vW. ne se forment et ne so rassi'mhlent pas si faeilt'inint que les plia!an;;es nationales qui depuis longtemps étaient prêtes et qui (grillent de moissonner des lauriers dans le rhanip de la liberté.
Mes lioninia^es très-hund)Ios, s'il vous plait. à tous les maîtres et mailress4's du ehàteau. Je vous présente, Monsieur Le Meur, nK*s c.i- \ililés a<'eoutumées et celles de mon eompagnon.
À M. de Smiit-I.iic. à la Irrre du lUiL
Au ehaiMU 41e ]itnA, U Mai UDî.
■II! r^ua, samedi diTiiiiT v'Miv loltru <la 8, nous Hîuiis ilftns Im iraniKH au tnijt'l des liruiis répandus dans vus rantnns, rt duiil on noua a^'ail Inalruifs. Dieu soit béni d'avoir encore dissipé cet orage. l.(s e.xptii'j lions dannées par vAlrc dJslricl Aonl aussi rassofantes ■|u't>n pnuvitlt i'«sitêrer dan» \ks i^tn:nnsUiiices. J'ai la ferme cdnnafitx i|Q'on vous laissvn aussi Iranigullle que vous lntsst^z les autres, el ()ti 'on saora apprécier dans votre voislnagu le bien qu'y fait votre présence et les scieurs que votre cliarilé y répand.
Mademnlselle de Saînl-Luc vous a-I-elle envoyé une lettre do MadeinotHelle A\.i T....?Bi cette lellre exlslo encore, 'y vous prie, Monsieur le l'rràldent, de me faire dire l'adresse que Mudtfmolselle
du T Ole donnait vu partant i>our Paris : j'ai oublié d'en prendre
note.
J'ai lu, Il y a bien Ki Jours, /« sintr de in prtmiifrr, en date du 10 mars ttemîer ; le terme de la seconde monilion expliv samedi prorlioin, et relui de la troisième le l'j juillet. On ne iieul rien de plus tODclinnl, de plus tendre, rie plus iKitemel, mais en mdme teln)» de tiliis pn«»iit el de |)Iun TenDc. Tout est sugomeni pnhu : plus de subU'Tfugc sopbistiqac îi opposer : la l^le du serpent edl Tmppée nu du moins meiiar-ée de l'èlre, et le coup est dirigé par une main silre de ne le pas manquer. Fasse leciel' que ceux qui ont déjà fnil schisme, en se séparant de Itome par Intr prnprr fait, neleconsomment pas (iHr le mépilt de la voix qui daigne encore les Inviter A revenir, avant de les exclure de ft^^lise par les i>eines ik droit, qui sont au moment d'ctrt^ di't'ernées nommèmfnl contre chacun d'eux I Mats hélas! qu'il est rare de voir des 1iérélir[aes el des sciiisnaUques st^ eonverlir, quand ils le sont de propos dtlibén' et parune mauvaise foi réfléchie et sysitimalique I Le pauvre Al. Donnnrt, vicaire conslllutiunnel d'une Iréve de nriec, a eu II y a quelques jours le honlieur el te bon esprit de rétracter son serment, Je doute que M. Masle, évéque CAJUSIitutiiinei du Morbihan, en f^sse autant : cependant il est IWiut-fire plus que lemps, cSr on mande de Vannes ([uc, donnant la conlIrmuliAn à LurienI et ayant revu un |iai[uel â s<in adresie, il lut sur une seconde voTcluppe ce* mbls Toudro^-anU : thtz et mrilfte:. C'élall le Bref.... l'eu après il est lomlié dan;tert'u»^ment malade d'une Gèsiu putride. On mande ausi^l de Vanne» '|ue le feuayani^iris
dans une chambre da petit couvent, attenante aux autres par de mauvaises cloisons, llncendie a été arrêté sans autre secours que ceux de la maison. On avait jeté dans les flammes une image da Sacré-Cœur et un scapulaire ; on les a trouvés intacts.
Nous sommes menacés ici d'avoir, le 22, une garnison, si sous ce temps les impôts ne se payent pas. Même menace pour Briec, etc.... Je crois et j'espère que Ton va se mettre ici en régie pour s'épargner des Trais fnistratoires.... il vient d>n coûter 1200 (t, à lapanriteeée Fouesnant pour avoir recalcitré.
On débite que des bûtiments marchands, de Concameau, ont été poursuivis par des corsaires qu'on prétend être d'Alger ou de Tunis. Viendraient-ils attendre les prêtres non assermentés ? mais ils n'ont pas pu savoir la motion faite à l'assemblée de les leur livrer, moins encx)re les pieuses litanies du sieur Girard père.
On varie beaucoup sur la perte faite dans les deux échecs que nous venons d'avoir : il ne fiiut pas se déconcerter pour si peu de cliosr, surtout si M. Destaing prend, comme l'annonce Perlet, le commandement de l'armée à la place du Maréchal Rochambeau qui se retire, ainsi que bien d'autres officiers généraux.... On lisait hier eependait a Rosporden une lettre fanfaronne d'un émigré qui annonce qu'une fuis K* pied mis en France on ira droit à Paris. Les picpies sont toutes prêtes il les nrt'vnir ot Ion va aussi en donner r»,Oi>0 iKir département.
Nos s;intés sont ass<^z bonni's ; cuns(»rvoz la vntn». Monsieur le rro>ident, et celle de tinit ce (lui vous est cher ; nous vous niïnins à tous les respectueux liommages de notre petit club.
.1 M. de Saint-Lftc, n la trrrc du Hot.
Au ctiateau de nrc>t tl Juin 1792.
Vous av<7. jrairné. Monsieur le président. les o'uvres de niistTleonie. en faisimt visite et en donnant de vos nouveIh»s aux bienlieuriMix captifs. Nous nt» prtmes vous re|Kindn» hier |wr h» jardinier. I^i*s diMix argus qui veillent à notre porte avaient les yeux triq) ouverts, et il fallut que le dinteur du HriMiil usât de nise |>«iur nous n^niettrt* Vus dê|M'clies. Le meilleur moyen est de nous i^iTire par la |H>sle. I^'s h'ttn's nous sont fidèlement remis«»s s;ins étn» deeachetet^s. Il ne berait cr|H'ndant |)as prudent d y iwrier trop inc-«nsiituliunnelleinent.
CiisttkUte ws il mui'muracinuf qttr nïhil prodi:si : cmi l'avis i\w nous <l<mm l« Sn^ Palimtia bonum optt Itnbfl.
Nous nous r^joni»ons, Mnusii^iir le (iniRliJtnl, île vn» bonnes mntëa a loin, las Dftirf» Konl Mueltonlus. Je urols (|ue j'ui lU'jA Migraiwu^ ilepuis tfa« je sul& mi mut-. L'i-«lumao iivu Tull^^ ilc tu txinn^ clifrrn ta\t tilen ses Aiaclions, grAiMt A I air ilt- la mer i|iii: m>vs r(«|iir<.ins dif bius nox paumons.
Nous somnirs bien rccnnnitLsHanlstle vos d^tnarulins et «Im celles do ni^ amis de Quimper et. «l'EllUiil pour nous procurer la Itlwrlt'. (Ywra Rilreinenl {le.'mc perdue, car li* corps uilminislriiLirs ont pVis leur paru (te ne rien écouler. Mais enlln 11 csl loujours bon qu'on leur fasse des |H>l4Uons et i{u'on leur prouve t{ue,Hl l'on est incarcéré, i« n'est pas pour cause d'inaurreclion, de ré^aUe ei d'incivisme, quohjUfi M soU Ift leur préiexl*'. Ji> i.'als ^:rire !\ M. de Kt^i^ariou, J'ai des maièriauK qu'il ne pourra miicounallre, mais encore une fols rien â ettixirer des liommM. Ileureusctiient ({u'ils nom de pouvoir (tue sur nos orpx : l'âme peut bien s'alTecter du mal physique qu'on Icar fuit éprouver, mais L'elui qui l'a rr^i^ ù son Image peut aussi lui donner la force et Itt couraiçe du s'armer des senlimenis do lapiltre. Aiforiamiis, ted non destituivtur...-. persccifUonem
itfttimnr, sed sijitinemvx VoilA la grâce que nouet devons tous
ilemaiider à Dieu, la grâce du moment) pAce que j'e^iKTe de ta divine bonie. lleponiUi m hxc spa in sinu ineo.
Nous prions tous les jours pour les liienfaileurs des dçlenus. t'otist^iuemmeiit pour tout le Uol. Mon comitagnnn va rendre^ îi Madame la pn}sidentc les remerclmenlsquc nous tiii avons voIi^s cl A vous, Monsieur le pn'^sidenl, pour les se^^^uurs ptV'unlulres t{ui> nous avons ri'^-us hier. Us nous serviront au besoin. Quant ;'i présent, nous pouvons nous eu passer, au mo^^eii de quelques piN'jts de d Ir. et de ijuriques assignats qui se iroiivaieJit dans nus pocliesy lors de notre capture.
l.IntfrCt tendre que vous voulez bien prendre tons îi nous doil vous porter tous A ne pas voua aJIIi|;rr et U mrina^r vos sauleit pour vous el {Hiur nous. Si la Providence veut nous coniluin> au ciel |iar h) chemin du Calvaire, et il n'y en a pas d'autre, qu'eal-iw qu'un moment de peines et ite tribulations en eanit>aralsoii du poiils ^leriiel dir itlofre quelle nbtrve A ceux qui n'auront pas rougi de Jt^su&- Clirisl Gl qui I auront (^ilessé devant li« liuiameH f
Puisque loua nous permettez, Monsieur le prÉKidenl, dt) dcniAilder
ce qui pourrail nous être utile ici, je désirerais qu'outre les chemises et mouchoirs dont j'ai parlé dans ma lettre à Madame la présidente» vous voulussiez bien me faire envoyer une (mire de gros souliers qui sont dans la chambre (|ue j'occupais; je n'ai que la mauvaise paire avec laquelle je siiis venu à Brest — plus la plus vieille de mes deux soutanes d'éU's elle servira ici à ceux qui n'en ont pas porté pour dire la messe; la soutane d'hiver que j'ai sur le corps esl déjà commune à un de mes c4)marades qui n'en a pas — plus une culotte non percée, s'il yen a dans ma pacx)tille; la mienne s'en va en pièces. Je'vous offre mon respect, Monsieur le président.
Pour Madame la Présidente.
Madame,
J'ai Iaiss(> entre les mains de Madame Penanros votre talNiUère d'écaillé garnie en or et ornée du portrait de feu M. de Quimper. Je vous prie de vouloir bien la réclamer en temps et lieu. Je vous remercie de la bonté que vous avez eue de me laisser le portrait à l'huile placé dans un médaillon ovale, pendant que j'ai habité le Bot. J 'espère que vous no me refuserez pas la même grâce, si j'y rctonme jamais. L'usage que vous m'accorderez de ce meuble précieux ne /nuira point ù votre propriété, et j'aurai le double avantage de voes devoir le sacrifice que vous me ferez en cela et de pouvoir vous en témoigner cha(|uc jour ma reconnaissance.
Recevez, Madame , l'assurance de mon inviolable respect et permettez (juc j'offre les mêmes sentiments à Madame de Lantivy, à son cher époux et à Mademoiselle du Bot. Tous les prisonniers vous remercient do votre souvenir et prient iKmr vous. Salut à M. l'abbé et aux autres amis et à M. Le Meur, etc., etc.
.1 )l, fir- Suuit-Lf(c, à la terre du Bol.
Au château de Urest, W juiu 1792.
Vous avez paru désirer, Monsieur le président, que les deux prisonniers vous (lonnasst»nt s()uvont do leurs nouvelles, c'est un besoin pour eux de vous demander des vôtres et une jouissance d'en recevoir. Nous n'en avons pas eu, depuis l'apparition du jardinier. Vous avez dû avoir des nôtres, lundi matin et hier ou aujourd'hui encore. Nous nous jwrlons à merveille par continuation. Mon
camarade serait cependant mieux, s'il était moins constipé. On mange ici beaucoup de pain, on fait peu d'exercice et cela n'accommode guère les tempéraments échauffés. Peu à peu on se fera au régime de la communauté. La nation devrait bien nous permettre de respirer le grand air deux fols par jour. Mais elle préfère nous laisser en mue : sa volonté soit faite. Cependant nous faisons partir, mon compagnon et moi, une lettre à M. de Kergariou, par laquelle nous demandons un passeport pour nous retirer chez quelque puissance étrangère, amie de la France, en attendant que nous puissions revenir dans notre patj^ie jouir de la liberté décrétée pour tous les citoyens de quelqu- opinion qu'ils soient. C'est par là que nous finissons notre épitre. Mais avant de prendre cette conclusion nous prouvons par les lettres que nous avait écrites M. de Kergariou, par celle du procureur-syndic du district, par les certificats de la municipalité et du curé d'EUiant que nous sommes dans le cas d'avoir notre liberté et la faculté de retourner de suite à notre résidence. Nous verrons la réponse qu'on no\is fera. Sans doute qu'elle sera négative. Grâces à Dieu, nous sommes disposés à tout et nous prendrons les événements comme ils viendront, soit bons, soit mauvais. L'aimable et joyeuse compagnie que nous avons ici nous fait oublier que nous sommes captifs ; elle vient d'augmenter de M. Mor\'an, recteur de Plonépur. MM. les gardes nationaux sont jour et nuit sur pied pour l'accroître encore, mais il parait que les prêtres se sont bien cachés.
Je crois que mon compagnon n'écrira pas aujourd'hui au Bot. Je le fais, pour lui et pour moi, sur une table fort commode, sur mon grabat qni me sert le jour de canat)é et de bure^iu. Nous n'avons pas même de chaises. C est un plaisir et une satisfaction de plus de voir comment chacun s'industrie pour suppléer, à sa manière, à ce qui lui manque. Le noviciat ne dure pas ici plus d'un ou deux jours, pour peu qu'on ait de bonne volonté et d'aptitude. La nécessité a bientôt fait tout apprendre, et même on perfectionne souvent les inventions de ses devanciers. Il n'y a que l'odeur des latrines que nous ne pouvons corriger. C'est une infection surtout la nuit que les fenêtres sont fermées. Le jour elle est plus supportable au moyen d'une quarantaine ou cinquantaine de fumeurs qui embaument les salles. Par ailleurs mesdames les puces commencent à nous tourmenter. Toutes les paillasses et les couvertures ne sont pas neuves, et les matelas ne sont pas fraîchement rebatlos. Mais nos
«ymffvtv^ Le« ptl»rnm& «Bt flKorv boîk bîa que dui&. rlls m'tm fos psàf ^'vple b HkvII^ 4'aTdr4r ftonn a prji ée cèai^Hr à vider
tfiQQv<*ot. DfS A bfror^s f4i ommfnce ii dirp des iimsscs. A 7 H dfiBk^, la iDH[iiUtk<o H b iiHs<»e 4^ erj^uDomof^. Puis les piUlu hfvrvr«. fV/7f josqu'à ofRKT h^ur^ qi'oo fait b l«rtarip s|iirit«eilr cl H eelkr de i'hi«t'>îrt' «Ti.lvfsiastiqiie. On nrite essoîte les iiuniesdi Baf:nr-C^rur d«* j-'sus et quriqurs aatrps firières. On dise après ceh au ^nd couvert, r'baque imliiida i^nle et met devant loi lOi (£<4i<flet, sa cnniêre, sa Mrehette et sa pilaDce,et b rpfedioo prix, le tout est remis sur b pbncfae au cheiiet dn lit. Ment la recffrâtkin, le l/févbire, ete.: à ;j heures ei demie, ledare en oomoMB de rHiTiture sainte et de l'histùirp eci-lèsustique. Suivent qnelqws prières, surtout pour les bienfaiteurs. Le souper à 7 bearps, rema» lion, prière du soir à >< beures et demie, enfin on se couche i Il iKfur'^ e( l'on dort, si V*m fjt'ui et comme l'on peut, irès-bten pour l'ordifiairp.
Voilà, Monsieur !•> pr»fsideni. notre vie en abrégé. Vous Vfiyez que nous ne sommes pas trfip à plaindre, et il ne faut pas nous apprécier au dflâ de ce que nous valons et de ce que nous pouvons éprouver de i^'ïiibl»?. Car enfin, n"'"^ hr-r ad rTtn'iiitnt.nr; * Ce qui est sans prix Ui' saurait «'-tn* arlifi»- trop ch.-r.
lletx'wz, Mon^itMir !•* iirf>ii!»'iH. j^mr vr»us. |Miur Madame la \très\(\rnip f'\ \tfiur tout If I-îol, l»s hommapt-s dt* m^n rf>m|)a^K»n et f*^ mi**ns et «vux de l^ius \(r> rrrlus. Je fuis mentiMii particulière de MM : Le Clen-, Jann^*u. Quiniquiiliv. Lej:er\ille. etc.
1 Madame dr. Sainl-Uo:, à sa U'rrc du lUil.
Au ch:ito;4U de Brot. 18 jriin \'\v*.
M;Kl:jim'.
Nhiis ri-rùmrs hiiT \0lre bonne Iftlrc <lii lô. Vons vn^fz, l'onime dr nintiimc. Il* baume de consnlation dans le opur des captifs, mais nous sommes aflîijri's qin* vous ni gardiez p«'»ur v«»us un»* dost» si b';;rn' <*t qui» vos birmt's continuent de eoub-r. S:ins doui»» que nous rn axons tous bien îles sujets qui nous si»nt communs, mais la niiMTiron!i»MiS4' bontc de notre I)icu nous feniit pres4|ue dire, â nous qui IV|»n»uvons d une manière particulière dans noire |»ris<»n : Kilhvs
(lu .li^ruitalKm, si voiiit ntt |)OuvpJt reldiir \oi (ilmirs, rrpatiUc^ks sur vous et non pas sur tuws rpii avons te bonheur d'ilre axsoeits à ta passion de Jêsus-Christ cl de lui reiidrf lèmoigiuiqe au mitlfu de Jérusalem. Ce (pii mms arriva, U l'avait prMii. Jusqu'lt'l nous ne l'aflons mi que de loin, que dans l'histoire «les mmbatii iIk) tiri^œlDK disci|)lt«. Uleu veuille «lue, soU «luon hoiin l'iiaMO de vUl« tu ville, «oit i|ii'on m vienne Jusipii vt'rsiT noire s»ng, mitui (lemeurinriK fermes ilans I» Tul cl i|ue la hmnr ituVui niiiis a voiuic , les persécutions (fu'uti itoua prépare , (ievionnuil , par notre ronrage et notre consiance ù les supporter, l'beureuse semence <]uî fas«e fferaier dans lA royaume de noiivean^L fruîls <lc relii;i(in.
Je reviens à vous, Midinie la jir^kleDle, car c'est vous ()ui uniis occupez, vous el tout ce i|Uî vous toucbe. Il n'ust point éturuiaiK <|iie. lUnfi des femps aussi oraf^x, vous vous reganUra comme étraugëre dans votre propre maison. Tout ce <)U'on voit, tout ce qu'on entend. fait na'i ivine i>eul-on joÉiir de la mnilié de soi-m'^me ; mais la TniOdcnce, mais nos iiaints anges veillent sur noue. Si r.<inlre louie H|i)urenee on cxti^^uii le M-ntieiil <le Uius les calltoliitues, si l'on teiilail d'emprisonner ou de baiirrîr lous ceux qui s'y refuseraient, point d'autre parti que celui d'adorer el de se soumettre k lous les événements. l'Ius le nombre des viclimes sera luulliplîi', plus Dieu S)-ra gloritié. Il aura une i^ternlté pour nous réconiiienser et les maux auxquels nous srimmtw ex|>osés nv. peuvent durer iiu'un mnmeiil. Mais, encore une fols, ayons i-onUaiicc et espt^rons que le eiilnte renailra du désordre mAme. Jordanis prétend que vos voisins du Faou ne sont plus si entreprenants et qu'ils vous laisseront tranquilles ; on celasse enliD deituerroyer et il est temps que tout ie monde eonlriliue A ramener h piiix, les uns en ouMiunI et en pardonnant le |>usst^, les autres en cessant de vexer el de persi^euter.
L'aliiié Tiiitierge et M. de Rosaven ne sont politi avec nous, mais bien M. Klon^n de I>lon^}ur.
!^ docteur du Breuil a bien des mesures fi prendre; il est prudeni plutût iiue trembleur. Il nous remettra sans diflieuim les nippe» que vous avet la bonté de noua envoyer. Des persuuues charitables nous foumiMwni des wrvîetleKi ainsi, Madame la pnïsidenle, si celles que vous nous annonrez ne sont pas parties, vous poureiei b;s retenir. J'uuriis mieux nimé ù la place une v^tut dei^; j'en ai ui>e|;rosw' d'Iilver qui est nssommante. Mais on n'est piis en prison pour avoir f'u aises et ses iMimmûdiles. Cependant, depuis samedi matin, un
nous a accordé la grice de la promeBade. A 7 heures do naliii, un sergent eC une sentinelle non:» conduiseot sur le doBjoa du château et nous y prenons l'air jusqu'à neuf heures, on feme sur nous la iKjrte et un seul argus nous reste. A 6 heures, autre promenade jusf|u'à sept heures du soir, avec les m^mes eêrémoBies. Cela fait du bien, car il commence à faire grand chaud dans nos salles. Quant k la pension, elle ne change pas, le souper est aasa bon pour ceux qui mangent de la rânde. I> garçon se conlcnle ' d'un morceau de pain et de beurre, faute de mieux, et il se porte à ravir ainsi que son camarade.
Je reçois une réponse de M. de Kergariou. Elle porte que f nous c avons été arrêtés à la diligence et sur réquisition du procurenr- « syndic du district; qu'on avait rapporté que nous nous étions • approprié deux chapelles, le Moustoir et la Trinité,. oA nous c allions dire la messe, confesser et tenir des conciliabules ou « c^inférencw, avec d'autres prêtres non assermentés, que ces mouc vements t4*ndaient ii occasionner du trouble et à écarter les cultim valeurs du culte paroissial et constitutionnel... • Autant de ridicules calomnies... M. de Kergariou ajoute que sur notre pétition d'être autorisés à sortir du royaume, le directoire a jugé qu'il n'y a^-ait lieu à délibérer, attendu que le décret n'était pas sanctionné. Voilà où nous en sr^nmes, e*esl-â-riire que nous allons n*ster ici. Dieu soit loué de tout, .le vais envnver ù M. IVnanrrts la lettre de M. de Kerpariou. Je ne doute pas que la munici{)alitê d'Elliant et le recteur ne démentent nos dénonciateurs.
Rj'cevez, Madame la présidente, et veuillez bien, faire agnVr à M. le président et à tous autres (|uil ap|Kirlient, lassuranee de mon respect, rrions par continuation les uns \mmit les autres. Il serait inutile <|ue M. Le Meur \înt. Il ne pourr.iit nous parler quedinirile> ment; tout au plus un instant, en présence du s(*n;ent de planton. A r» heures, nous avons eu trois recrues : '1 jacobins et un récollet de Morlaix. <'>n en annonce toujours d'autres.
lettre do M, Pcnann^s n Madame de SaiiU-Lm:, à sa lare du liai.
.Vu chàlcau de Brest, ts Juin \:\)'2.
DiiMi \ous récom|)ens«\ Madame, et dans ce monde et dans I autre, de. votre comiMitissante charité pour les captifs; nous vous devons un
million lie remcrclmGiiU|Kiur les l'Hivii de ticnicu quu vous avi-c lu liiJiilù iIr nous Taire. fiTmcllez-nii^ de vouh dlrn que votre ciriir is'uliirini; ;i IVxcès sur noln; sorl; h nation ne sV|uil!ie ni en dispense.*! ni eu Itnis alknliins jvour nous -, niuis cil» no ni>us bixM! pas mourir de him. SA noiu nr buvons que do Ir^-s-ni Buvais vin, nous niaiifpiiUH lie lion pain. Il y u irolii jours qu'on nous BL-corde 2 limra du jimmenadt' le matin et autant le soir, j'en prollte une hls par jour, et j'en iirolllttriii tint que i> permission durera. Nou» achetons mon l'ompagiion et mol du cidre cl du tin blnnc iHiur corrifier le vin que nous donne le founiit^ur iiuiional qui nouH trailu omme II veul, cl qui ne nous affectionne guère. Nous avons mu aujourd'hui de M. le pr^ïùt di^ di^parleinent les motifs Ae notre arresUlion : ils ne sont fonde:) que sur la calomnie la plus grossière qu'on puisse imaginer. II n'est jia» un p»>:uti dans la paroisse d'EUliant qui ne soit en état d'en dùnoiiircr la fausseté. On prétend que nous nous lilions afipro- |rii! 'î uhapeilex de \» paroisse, où nous disions la messe, oi'i nous tenions des conciliabules avec d'aulres prWrca, ou enfin nous confessions les paysans. Nous n'avons jamais mis les pieds dans une des cliapelles indiqut^.t dans les motifs : elle est » une lieue et demie du liourg : nous n'vvons ims pu frêiiuenler l'aulru qui n'esistï pas. S'il y av4it de la bonne foi et de la justiee, nuire capliviti' serait bienlAl Ouie, Rien de plus facile que de faire voir l'imposture de ce qu'on avance oinlre nous, mni^ on ne voudra pas nous écouter, et ceux qui n'ont pas ^I^ lénuDins de notre conduite noius croiront coupables au moins dlmprutlence. Depuis notre entrée dans ce doitjon. Messieurs l.V)nalsJer el Mtmrnn sont H seuls (|ui soleul veJiusaui;menJer notre mKièté : la nation nous fournit lit et draps, nous avons des servîelles je ne nuls d'oA. Nous verrons M. le Meur «vee plaisir ; mais ce ue sera qu'un instant, si on lui permet de jtancuir jusqu'à nous, et pendant ce. court entretien il sera bien observt^ par un vigilant argus. Ce n est pas la peine de se mettre en frais pour une jiareille visite.
Je me recommande aux prières de la sainte communauté que je prie d'agrÈer les assurances de mes respectueux bomiuages.
Trois nouveaux prisonniers nous arrivent.
I 1/. ilr Saiiil-l.uc, à sa krrc du liut.
Au cliiilMu île Brtfir, 33 Juin l'Sï.
,1e fixas hier. Monsieur le président, votre mimcro premier. Je
numérote aussi puisque vous le voule z,quoique ma correspondance ne mérite pas d*étre conservée. La réponse que nous avait laite M. de Kergariou est absolument conforme à ce qu'il vous mande : risum teneatis amici ! De suite J'ai rédigé une pétition à la municipalité d'EIliant dans laquelle après avoir rappelé les deux certificats à nous donnés par elle Tannée dernière et au mois de février dernier, nous la requérons de les répéter et d'attester !<> qu'il n'y a point dans la paroisse de chapelle de la Trinité ; 2° que Jamais nous n'avons mis les pieds à celle du Moustoir (c'est celle de mon prieuré); 3^ que nous avons toujours dit la messe dans l'église paroissiale, à des heures avouées par elle et par le curé constitutionnel ; \^ que nous n'avons confessé personne de la paroisse et que nous n'y avons fait aucune fonction publique; 5° que nous n'avons tenu nulle part aucune assemblée, aucun conciliabule etc. Nous lui disons fièrement que nous ne demandons pas de grâce, mais Justice. Nous avons envoyé cette pétition signée de nous à M. Penanros pour la présenter à la municipalité, même au curé constitutionnel, et nous croyons devoir en demeurer là Jusqu'à la réponse. Il serait inutile que nous écrivissions A ^f . de Kergariou avant d'avoir une pièce probante à mettre sous les yeux du Département. Si elle nous est délivrée, comme nous l'espérons, nous formerons la pétition de notre élargissement, attendu lo que notre arrestation est illégale, inconstitulionnello et fondée sur des faits (calomnieux ; 2'> atlendu qu'au moyen de pièces par nous produites ou plutôt à produire, nous ne sommes point dans le cas de Tarrélé pris par le conseil général du département au mois de novembre dernier. Nous ne manquerons pas d'observer que plusieurs des détenus, malgré cet arrêté, ont été élargis et qu'en nous rendant la même justice* le Directoire n(^ contreviendra point à l'arrêté
du C4>nseil général du déparlement Voilà, Monsieur le président.
notre marche, et sûrement vous l'approuverez. Nous somnu*s |k*nétn»s de tout ce que vous voulez bien faire en notre faveur. Si l'on avait affaire à d'autres gens, ce serait bientôt affaire finie. Mais c'est |H»iiie perdue (|ue de les fatiguer par des sollicitations , si W^n n'a pas des preuves palpables à leur fournir, encore est-il bien douteux qu'on réussiss<». Du reste notre patience, grâces à Dieu, n'est pas encore à bout. II fait bon ici. .Te vous le dis, comme je lejM'nse et comme Je h» Sk'us : Brt/U cstis ru m mnJedixcvinl vohis hominrs et dirprint nf}inr 7nahnn fidccrsiirn vos, mrtiticiilrs. S'il y a des grâces d'étal, il y en a ausbi de situation. N(»us réprou\ons tous et moi sjh}-
f lalement. Quand JViais a mAtiip iIl- prendre ilu lli^ de la «(tige, des sirops el millo autres [rkndisos. je oc rn'va faisais Taule. A priiscnl «Iiif lout cel.1 manque, Je n'en al pas le moindre besoin et je me \ntrle dur, Ne voilM-ll pas déjà un prolit loiit iilair dans Tordre k-inpuri'l ; niHis dans l'onlri' spirituel 11 y en a bien d'autres i[ui.va- IciK [iilliiluieut mieux.... Mon irher camarade juull ^planoiil d'uiic lionne santé. Nous prenons depuis quelques jours noire ration de mauvais et Iréamauvais vin en eidre, ri nous vn avons une bouteille il i-iiaiiut! repa», entre nous deux. Au moyen de ce on a du moins le ventre libre, lundis que le reslt- ei»t au» lors. Ajoutet à cela qu'à l;i place du ragoût du soir, ua a graitUi^- deux Toîs la conuuunauU! de bons artichauts et de bonnes asperges et que vutrv sentteur a Tuil Ir^ve tes deux fois avec le beurre.sa nourriture ordinaire. Quant aux Jours maigres, nous nous somme.» bien aperçus i]ue la mer n'est \as loin de nous, lionne grosse raie, con'jre miirl bien accommodé û la saiic*' hlunebe sans oignon, ou fi bi sauee rousse relevi'e (lar un gotit Irès-hidcnt d» laurier. Quand la marée manque, on o à diuercbaeuii un (l'uf moins un quart, à la sauce â l'oseille, plus, bonnéte portion d'as|ier({i!s. Le stiir, dus fayots bien aceomiaudés et des asperges. Vous voyez >i\ie notre cuisinier rempli! ù meneillo les inteDlions du département: bonne et laînc nourniuri:.
La (imnienado va son train deux fois k jour sur les rempart-i de la plate-forme du CbAleau. Nous y prenons les pands et les beaut airs, et nous e^mptons à loisir les vaisseaux du |K)rt, Le District a fUilgé que nous nommassions en tir nous, toutes les semaines, iiuatre eommlKSiiires jMmr répondre des ambulances, je commtuice nt soir mu semaine. La responsabilité n'esl pas génanle. cnr n<ius sommes soiia la clef H chaque bout dus remparts et sans rùmmunicatitm avee lc« profanes, Bien entendu (|u<i l.i sentinelle est toujours avec nous.
Je savais le bref envoyé i Kerlol..,. NouS recevons Ici 1rs papiers
publies, tant palrion-s qu'aristocrates l'arbre de la liberlO n'esr
point encore planté A Brest: apparemment qu'on remet â eu jour-IA it nous acr«rdcr la of-ire, car cnlln d^ani le bonnet de Is liberté un ne voudrait pas laisser îles eapljfs soupirt-r après la leur.
Sou» écrivons ù Quimper el a Elllanl et nous vous prions. Monsieur le président, de vous épargner erlie peine, \'ous n'en pren«; déjà que trop pour nous.
Vous ni-Je mandé iiu'U nous l'ialt venu du renforts Denx Jaeolilns,
uft Récollet de Morlaix, plus deux prêtres de Léon, enfin dernièrement le respectable abbé de Lanlay, recteur de Ploujean en Tréguier : c'est un homme charmant, fort instruit, d'une grande et belle prestance, les cheveux blancs comme cygne,et qui n'a encore que 70 ans. On Ta arrêté au Guérand. Nous avons renouvelle connaissance ensemble.
C'est demain la Saint-Jean, nous la souhaitons bonne à tous ceux qu'il appartient. Elle ne sera pas brillante à votre chapelle, moins encore que l'année dernière.
Le docteur du Breuil ne nous est pas venu depuis sept ou huit jours. Il parait qu'il n'a pas reçu la pacotille annoncée du Bot.
Nous vous offrons. Monsieur le président, nos hommages et nos remerciements, veuillez bien les partager avec Madame la présidente, Madame et Monsieur de Lantivy, Mademoiselle du Bot, etc. , etc.
A M. de Saint-Lnc, à sa terre du Bot.
Au cb&leau de Brest, 2 Juillet 1792.
Je reçus hier, Monsieur le Président, votre lettre du 29, n» 2, j'y réponds dès aujourd'hui pour pouvoir proflter de la première occasion que j'aurai de 4a faire partir.
On nous a mandé d'Elliant que notre pélition fut remise, le dimanche 24, à la municipalité, (|ue le nombre des ofliciors se trouvant trop petit, ils la communiquèrent au curé constitutionel, lequel fut d'avis qu'on assemblât la commune pour le vendredi 29, afin de rendre notre justification plus éclatante : il dut ajouter qu'il ferait luimême le rapport de notre pièce. Si l'ofî a statué favorablement, ou plutôt si l'on a voulu dire la vérité le 29, M. Pennanros a du si» rendre à QuimiKT le lendemain et s'adresser au district, attendu que nous avons été arrêtés par son onlre, puis au département. Nous attendons des nouvelles un de ces jours, mais nous sommes toujours persuadés que ce sera un coup d'éi)ée dans Teau. On continue de parler de notre déportation, et l'on débile ici que le département a pris et envoyé un arrêté à ce sujet. J'en ignore la teneur, mais jo voudrais bien qu'avant qu'on nous notifie les ordres, un gros et vilain rhume de poitrine, qui me tient depuis trois jours, fut entièrement dissipé, .l'ai eu une extinction de voix presque totale, quelques mouvements de lièvre, etc. J'avais écrit au Docteur de m'envoyer
■IwUqtieA reiDèil<<s, du liuérildl par i-xeniifte. Apparcnniontqu'U'Mt iiliM-i>l iiu que mon billet tiu lui est pas piincjiu, nir il Uv nuus ilonnr lilusRurun signe de vie depuis trëï-luneteinps. La pacotille eii\oy^ du Bol n'tHt point arrivé». Si Me-sdcmoisflli;» de ï^ni-Lu« el du Dot uni porté oilh (jn! itail chti K. Lon^raye, noiut serions enetiantils de l'avoir, It^ iilu^t d'it le mieux.
f^ vous me demandez ce i|uc j'ai fuit el a.' <{U(; je Tais |)Our mon rhume, voîrl la rccclle, bonnn k inst'rer dans les Journaux, pour i)ue d'aulres «Drhumeji puissent e'en servir : Faire ses repas comme û l'ordiniirc, m (ircndre ni lisannes, ni calmants, ni autre;; rem^lKS. t|iuind ou ne \n'\i\ s'en pnieiirer, saltslcnir Af. la promenade, demeurer dans iinu vaste sutle dont tes Tenélres sont ouverlus depuis quatre heure» du matin Jusiju'à dix lu-ures du soir, >». Iriiir taTiuïi Iev6, L-intiM se mettre sur son grabat et alicndre patiemment sa gui^rtson sans aucun secours île la mi'deciiie. Cette rreelte mu réussi, du
moins suis-je mieux Mon camarade a aussi été incuminodt\ la
semaine ilerniCre pendant une nuit, U ne put dire la meiuie le Jenilemain; vers neuf tpeures il dt^jednabien.ei lot aiin^a le voila à merveille, ceîa lui cimlinut'. Dieu merci.
Leilernler pnHre conduit ici, M. Guillcrme. de riounéour-Ménei. a eu dès le leJidemain de son arrivée une attaque affreuse de lièvre l'iiaude avec délire, ou plutôt folie : à neoT heures du m^itiu on en inxlruiiiit le district, û trois lieures apr^s midi on ècrînt encore el ;i huit lieures du soir on le transporta à 1 liùpital. Deux Jours auiiaravanl, on y en avait mis uu autre qni est ùpeupr^iliioslemi^eéliil. Il y en a 13 à l'bilpiul en ce moment.
Nous ne sommes pas plus ressiTrés qu'il l'ordinaire, esceptô dans ccriains moments. Suivant les svr^nts de planton qui noua viennent, asset eommiiiicmeDl on laisse eJiln.'r le beurre, Ifs fruits et autres l'fuucstlblt» ijn'oii iKirto <lii dehors, et on laisse fi certaines heures manjuA^s parler {lendant quelques raomeiils aux personnes qui se pri-seiikul, mais toujours uu pn^ice du sergent de planton. C«pendiinl plusluurs fois un nous a privés de ivs douceurs. Les lettres de la poste viennent encore sans ^irc uuTcrlcs, pi^t-flrc cela ne dureral-U pas ; peu nous importe .'i mon camarade et ù moi qui n'avons de mlalions qti'avef: des personnes discrètes, incJipablM de penter et de piteirr coHtfY hcoiulitulion. amift du bvn onlrc tl de la natim.
Mon camarade a re(u la lelln- ilii i'>, de Madame In l'r^sidenie. il lui a n>|)oudu de suite, m.iis sa lettre n'a pu p:iriir que samedi der-
nior- teute d'occasions. Je vous écrirls mercredi ou jeudi dernier, :n«:2.
Nous plaignons bien nos oonflrères qui sont cachés ou en fuite, Ils
seraient plus tranquilles Ici, an moins pour un temps Nous vous
félicitons d'avoir Sainte Victoire A l'instant, leâ lettres de Qulm-
per arrivent et nous annoncent l'arrêté du 30, pris par le conseil général du département extraordinairement assemblé. Dieu soit béni, on va nous déporter, soit en Italie, soit en Portugal, soit en Espagne* fut-ce même en Guinée, qu'aurions nous à craindre des tigres ?
Le juste est invulnérable,
De son bonheur immuable
Les anges sont les garants, etc. etc.
Ses pieds écrasent la tête Du dragon et de l'aspic :
Il affrunte avec courage La dent du lion sauvage Et les yeux du basilic.
• I^ frère de M. Jannou vous remettra ma lettre ; en grâce, tâchez de nous procurer du linge et notre pacotille de Quimpcr ; nos bréviaires y sont et il faut bien en avoir pour un voyage de long cours. Ci-jointe la liste des détenus, elle est assez exacte. Je prie M. I>» Meur de nous la transcrire en caractère bien fin et sur papier de même et de nous l'envoyer : j'y mets de l'inlérèt parce que je l'ai rédigée sur plusieurs autres qui toutes diffèrent entre-elles.
Le bon Dieu est bien bon : l'arrêté du département nous console
plus qu'il ne nous afflige, au moins voyons-nous un terme ; encore une
fois ce n'est pas nous qui sommes à plaindre, mais c^ux qui restent.
Recevez, Monsieur le Président, nos respectueux hommages pour
vous, pour Madame la Présidente et tout le Bot.
A deux heures j'ouvre ma lettre pour vous dire qu'on vient de nous signifier que d'ici à mercredi point de promenade, parce qu'il y a beaucoup de paysans en ville pour la foire; on nous a défendu aussi de voir personne.
A J/. de Saint-Luc, à sa terre du liot.
Au château de Brest, 2 Juillet 1792, 7 h. 1/2 du M>ir. Une lettre écrite cet après-midi n'a pu partir. C'est partie remise
a dfiMtn imiiii. îx fr^v de M. Jaonou lui ptrien kAbeum, fX&ee i iinlre canliDirr . |K)iirvoyeuf el nourricier. Sai^liez-moi ■{iieliiue gré d'avoir quitlé un ban suuiitir confiant en veau rAU, salade vl piiin chaud «irlani du four, |M)ur vi>nir vous dire tincurc uii mot il cOlt^. Muis n'allez |ja!i croire que ji; ii'ui pus soupe pour mon compte. J'ai trouvé un vieux croûton de pain qu(< J'ai mungL' uvec du beurre. C'est lù mon régime tuus les soirs, depub ma bienlieureuse In Caméra lion.
t.a journcH n'a pas i-té tort |daisanlt! jiour qui ii'ainie pas lt^.s contradictions. Noire surgml de planton n'a laisîi^ onlrcr ni bcorri', ni fruits, ni, etc., eir. On n'a pu (larler i personne a^jourd'liui. Knfin, nous avons montré les AviUs H des dents bien longes et bleu blunclies ; bien longues, car on nous eoupe les vivras en nous privant de beurre et de fhiits : bien blancbes. car les ragoilts ne les gilfnt pas. Nous avons donc montré les dents au seiiçent qui s'est assez mal défendu sur les prétendus ordres qu'il disait avoir revus, mais enlln 11 a gagné son proe^, la raifon dit plus fori tul toujours la mfilleiire- Muis encore, eu n'est pas cela, im nous a signillé que la promenade est sunn'imée. Mon rhume n'«n souffrira pas. Ce soir, Il est plus civilisé, quoique je parle toujours comme une clorhe tendue. Au reste une clocbe fendue taut mieux qu'une cloche fondue iiu prolll de la nation.
Vousrieiet moi aussi de me voir en folie i mvis qurvoulez-vi>ns : Il faut que je me mette à l'unisson des autres. Nous avons secoué ,ou nous sBcoueron» la (Miussi^re de nos souliers : on ne veut plus de nous. Kh bien ! il faut déiguerpir. Hll4>riduns pourtant, nous ne sommes pas encore partis. Les moments de crise sauvent souvent : au moins qu'on nous (lermelte d'aller passer quelques heures au Bot. Je cntis que nous no nous y dirons pas le dernier adieu.cïr si l'on nouscbatse. on poumi bien aussi nous nppeller. ûbl dame, c'est là que nous chanterons le Te Oeum, plus gaiment que nous n'allons chanter M» exitii lsraf.1 de -Hgypto domua Jacob dr. poindo harbaiv.
Itonsoir, Monsieur le président, il est plus «lue temps de finir, car je scandsliser^s la pieuse Mademoiselle du Dut el s^iiule Vicloirc.(l)
A M. lie Sainl-}.w, à sa terre du Bot.
Au chiieau de tirent, tl loillet r.Vl.
Je n'ai re^u qu'hier, Monsieur le président, votre lettre du il. Je
M] thdunolHlIt Mcloire de Siint-Lue,
vous remercie bien et M. Le Meur de ce qu'il m'a transcrit. Je n*ai pas besoin de l'original de la liste. M. Le Meur pourra y ajouter : district de Quimper, M. Trouboul, vicaire de Pluguffan et M. Briand, vicaire de Tréméven, arrêtés aux Glénans et arrivés ici le 7 ; plus M. Laviec, vicaire de l'IIe-de-Batz, district, je crois, de Morlaix, arrivé hier.
Le certificat de la municipalité d'ElIiant a été expédié. Il est âi peu près tel que nous le voulions, mais c'est chose inutile dans l'état. M. Penanros, de Quimper, en est saisi.
J'ai vu le docteur un instant, les premiers jours de la semaine. Il avait été absent. Il nous aime toujours bien et il est toujours
bien prudent. On ne saurait jamais l'être trop Il parait que notre
linge et nos bardes sont perdus ou au moins égarés. On pourrait s'en informer au Faou ou à Landerneau. La messagerie doit répondre de ce dont on l'a chargée. Nous sommes fort aises que vous ayez bien voulu écrire pour faire venir de suite chez vous nos effets et nos bardes d'Elliant. Il n'y a pas d'apparence que nous y retournions de sitôt.
Hier, à 5 heures du soir, deux de messieurs les officiers monicipaiULy en écharpe, vinrent, accompagnés du secrétaire de la municipalité, nous notifier que le directoire du district n<ms avait remis entre leurs mains. Ces Messieurs nous (iront donner ieclure de l'arrêté pris le !«' do 00 mois par le conseil pônôral du département. Cet arrêté nous donne huit jours \x)uv faire nos rédoxions, et nous en proliterons pour nous dooidor. On donne l'option do rarroslalion permanente ou de la déportation à ceux qui no feront pas le serment.
MM. los ofliciors municipaux, avant do se retirer, nous notifièrent !• que doux fois le jour d'ici au 19 dos commissaires se rendraient ici pour recevoir nos |H'titions soit colloclivos, soit individuelles; i" que nous n'aurions plus do communication avec los personnes du dehors: :V' que toutes lettres qui nous seraient adressées, même par La pnstr, ainsi (|uo tous patiuots, etc., leur seraient remis, qu'ils nous los foraient porter, pour losditos lettres être lues et lesdits paqueta ouverts en leur présence ; i" qu'il en s(.'rait de même des lettres que nous voudrions écrire et dos paciuots que nous aurions à envoyer... Cette nouvt'IIo consi^Mie no gêner.! ni mon camarade ni moi, ni aussi ceux qui sont on relation avec nous, puisque nous sommes tous habitués ù no nous rion pi^rmettn^ de suspect et qui mérite l'animadvorsion. ou qui puisse nous compromettre.
Quanil nou» niirûns prin noire |iani, nous vous le mniiâvroDs. A tbut i^vêtieiiiciil 011 |H)urr.iU toujours nous riiin* uw |H'(Jtc. [acuUlIu rt la tenir prriio â partir soit pour Bre^t, soit pour aller plu« loin.
Mon rhume est ;i peu prfis iliasipi*, grâces ù Dieu. L'air île Breat est un peu flT pour ma Irïile [Miilrine, mais l'estomac s'en acnoromoile lili-n -, mon umaniile m (Hirle ii merveille. Nous vous offrons l'un et l'antre nns dommages iri's-liumlili's, ainsi qu'à Mndamc et i, Ions Vos Culuurs.
Vous n'en aurez pas davantage aujourd'hui. Je pcnw que Messieurs Its municipaux ne tarderont pas à arriver ; il faut ()ue mu lettre soil jir^le il leur f tre remise, aGn qu'elle parle par le courrier ; elle aéra cachetée i la munieipaliti-
-i». S. du 13.
MM. te« munleipnns w nous vinrent hior qii'ii plu-i de i) heures du soir. Mieure de la piule était \afs^- : elle ne (tarllra que demain. Je tais lâcher de ne la pas mHn<|u<;r .. Nouï sommes resserra M delà de ce que je puis dire : rien, absolument rien ne passe : ni l'ruiU, ni beurre, ni autres comestibles, ni aucune boisson. Vive la nation ' Nous l'aimons toujours malgré ses rigueurs, parée qu'elle est trompée Mir notre comfite; iion.Tri jii-Hres ne sont ims sinoirt qM'on /« j>vttmU.
Lettre de V, But.
h'tKtnroH à !H. Le- Vcur, à la la-r.
du .
Ail cliateau lie Bn ', h- 11. fut notiliÉi
:, Il Juntet tînt, X détenus rarrfliJLdu
relu, du toutes les IfCÉA s étonne! donc pas de
Vous savci à pn^in qic di'parlement. Depuis ce temps ils sont au secret, à eux adre.sséespar la poste y sont reati^ei: ne vi n'en point reeevolr d'eux. .Te cml« pouvoir vous assurer que les <leui ijui voas înléreswnt se portent bien.
1^ jour de In Têiléniilon, tous'Ies délt^nus uoururent le plus gruml ilringer. A h henrrt du mlr.un jieuple Immense, de.sganle3 nationaux, etc. pf^tWs d'un tambour, se rendirent au ebAleau dansant des faraniloles ; apr^s avoir fait en dansant et en erîani le tour des salles en dehors, ils se présentftrent aux portes, voulant entrer. Heureusement b munieipalll^ s'y trouva â temps et vint fi bout de dissiper l'ai trou peinent et d'apaiser leur Tureur. Le lendemain 13, dans l'aprMmidi, des ouvriers du port passèrent en i;raiHl uoubn> devant li^s
fenêtres des salles, tenant une longue cordé, vomissant mille injures, faisant mille menaces. Ils ne vinrent point à la porte des salles et le tumulte ne dura pas une demi-heure. Il est impossible aux prisonniers de savoir rien du dehors et d'y rien fair» passer, on leur remet cependant leur linge blanc et on prend leur linge sale, en présence d'an officier municipal qui fait tout examiner scrupuleusement. On ne sait trop ce que ceci deviendra. Jusqu'ici les prisonniers n'ont fidt aucune pétition à la municipalité, on dit que c'est pour mercredi, et qu'ils doivent demander le recours vers l'Assemblée nationale et vers le Roi.
Si je puis vous mander autre chose dans quelques joursje le ferai : vous connaissez mon écriture ; si vous ne vous la rappelez pas^pensez à Dominique. Le docteur n'ose plus aller au château; cela serait d'ailleurs inutile ; écrivez lui toujours, peut-être que dans quelque temps il sera permis de faire parvenir des lettres aux prisonniers, s'ils ne sont pas exportés comme on les en menace.
A M. Le Meur, à la terre du Bot,
Château de Wst, 19 Juillet 1702.
Je prévois que j'aurai une occasion pour faire partir aujourd'hui la prés(»nte. Les prisonniers remirent hier à la municipalité une pétition dont elle a dil s'occuper. Mais les détenus s'attendent qu'on n'y fera pas droit et (jue.sans leur permettre de recourir à l'Assemblée nationale et au Roi, on les va déporter. Le bruit de la ville est que ce sera pour samedi. Comme les huit jours de délai expirent aujourd'hui, la municipalité va sans doute aller au Château notifier ses ordres. On dit qu'aucun des prisonniers n'est disi)osé au serment. On dit aussi que plusieurs proféreront l'arrestation permanente à la déportation, mais qu'on déportera tout le monde. Les pauvres patients sont au secret le plus rigoureux. Ils ne reçoivent aucune lettre ni de la jwste, ni d'ailleurs, beaucoup d'entre eux manquent de bréviaires, de leurs lettres de prêtrise, de linge et d'argent. Quant au dernier article on assure que chacun ne pourra emporter au delà de 150 francs en espèces. Mais ceux (jui ont des connaissances comptent prendre à Brest ou obtenir d'ailleurs des lettres de crédit ou des mandats etc. L'embarras est qu'on ignore où se fera la déportation. On craint qu'elle n'ait pas lieu pour les trois pays désignés, mais dans d'autres plus éloignés.
SSI -
li(»t prisiiniilcni pr^ilsiioiil ri':<lgiife à lous [en saurjDciw, On dc tour eu i^puri;ni^ pas lan ctccaHÎoDs. Des pitres, îles mûre, îles (inrenui |irocUex mit demandé ii la miinkipalité â >oir le.iirs parents ; natasi- nvX.
Taiili! la MnAnnu; di's dvleiius rsl en Dku Lr Sacn^-Orur di: jMus souffrant aUi^ga leurs ptlne^ d'um; laanKTC stiiisilili\ J'ai su i]u'lls ont reçu avec recnniiaisfiaiice 2k images en «loile cl entoile briid(¥!( de ce Cu'ur ailnral;Ie. ^lalln^iireiLseinenl il u'y eji avali pas »ssc2 pi)\iT luul le iiuitide.
■ t.ps promenaites uint al»olunieni supprimas depuis liiiitjour>
" el If aen^Dl Jusqu'à nouvel ordre Défense sous den peine.i
" s(-vèmi de |u<sser au dehor» furtivement aucune lettre Ordre à
• la scntinHIe d'être dans l'iiitérlDur ùe la salle iM-nilant tes repas....
• ordre il« rendre compte à la niuiiidi>alitij de tous les mouvmejils c <|Uâ lo sergent de planton obs^rverj parmi les prisonniers, elc,
■ elc TvUle personne qui voudra rcmctire aux prisomiiers.
< lianles, lin^s, elTets. lettres, papiers, etc., sera renvoya A la
■ muniniulit^ qui les fera délivrer par l'un doï commissaires par
< elle iKimmé..... ■ IcIlR est la consigne faite le jour d'hier el qui duit être aflictié)^ aujourd'hui dans les sailes. Suivant ce que j'ai Oui (lire, elle élait déjà en grande vigueur.
D'ajirJ^ cela n^ vous «tleudez point A recevoir de nouvelles dlretJtïs des deux pigeons. Miiisjevous en donnerai, <iuanil je jiourrai. Mon
•mi el le vôtre se jiorlt^ bien et moi aussi Celui qui vous a vu
dans une maladie ne peut absolument approcliur du ch.1tcau ; il vnus enverra la note du uoolenu au paquet de hanles qui avait c.homi' si longtemps.
Ne vous alfligez pas plus que moi el plus que les délenus. Il l^ul vouloir ee que Dieu veut ou iKTinet. Je suis (lersuadc i|ue le5 prétfi^s du château n'ont d'autre chagrin que celui de passer aux )'cux de bien des gens pour être coupables des délits que l'arrOté du déparlenwnt leur suppose. C'est, dil-cm, ce qui les a portées à remettre A la munid|Kilité leur profession de fol civile et politique, en dikilaratii les moiib qui li» em|HVhent de fairo le s'arment.
.le vous présente mes hommages el a tout ce i|ui tous entoure. Vous connaisse/, le gurvoii, sa main et son l'^tur.
MM. l'cnanros et Jfoissière à .1/"" de Saint-Luc. (4)
Rolland et Dominique, captifs i)our Jé^us-Chrisl aux très-respeclables et très-clicVes en Notre-Scifçneur, Victoire, Angélique, Félicité et Euphrasie, la grâce et la paix de N.-S. J.-C.
Nous rendons grâces à notre Dieu, devant lequel nous faisons sans cesse mémoire de vous, de la charitt'; et de la foi qu41 entretient dans vos cœurs envers nous et envers tous nos co-captifs. Nous avons fait la distribution des gages précieux de votre dévotion et de la nôtre pour le divin cœur de Jésus. Il nous en reste encore au moins deux douzaines, qui seront placés à fur et mesure qu*ll nous arrivera des confrères, si toutefois ils ne sont pas tous en sûreté à présent.
Prenez garde, nous vous en prévenons, de nous faire perdre le mérite du peu que nous souffrons, par la trop grande Idée que vous en avez et par les éloges que vous donnez à des seniteurs inutiles (|ui ne font que leur devoir. Priez Dieu que nous ne nous mettions pas dans le cas d'entendre de sa bouche ces terribles paroles : vous avez déjà reçu votre récompense.
Suivant les apparences, on va nous transporter dans une terre étrangère. Tous les pays le doivent être pour des chrétiens. Ce que nous voyons, co (|ue nous éprouvons nous le prouverait assez, si nous en doutions. Dcmandcuis h*s uns pour les autres l'esprit de délachenieiit et ayons c/jntlancc (jue celui qui a r(»nnnoiicé en nous l'ouvrago de notre sîUut l'achèvora pour sa jrloire et pour notre bonheur.
En attendant, nous bénissons le Dieu de (ouïes consolati<»ns qui daigne nous en donner de si abondantes ({ue nous puissions nousmêmes cfuisoler ceux ([ui sont dans la |)eine à notre sujet. Nous vous exhortons donc à ne nous pas conlrister, n^ais à \(ms réj<uiir plutôt de nous savoir exposés à plus d'une espèce de danger do la part (l<*s hommes. l)ieu le« écartera de nous, t^i c'est .sa sainte volonté il s'il veut que nous consommionj le sacrifice, il nous a donné trop de marques de si\ protection et de son amour |)our «jue nous n'y puissions pas compter avec conliance jusqu'à la (in.
Du reste, nous ne renoî^tous pas au plaisir iV? vous revoir, et et* désir subordonne aux dess«'ins de la Providence sur nous est aussi
(I) (.'elle le'lfc est étiilc de \\\ main de M. noissioie.
\i\ <iiic iToir,' |Hmilfi)ii le iicrmi-l. Omisprrcï-iluus colui iti.' nuus nblcinr |i;ir \m [iriiirvs k's grices diuil nous uvmis bcsoitf pour curreâiioiidrc a ctfllus ijut! nous avons di'JA nçucs et on ini'riler de noumlies. I.ps dent l'jiplifs vnus saluent pour eux et [tour leurs cautri'tes... la grlci: itn Notre -Bcignenr Jf^sua-Chnat soit avec votre i^sjjril.
Ijillrù de M. l'mauivt à Madame de Sainl-Luc.
Au etiïtc'JD du Br«»l, !3 Juillet l'iu:.
Vos amis, madame, sont enuor>i aa château de cetli; Tille, malgré It'A raetiae«a de diiporlation subite qu'on fait sana cesse retentir A leiin oreilles. I.a muiiid|)atili^ ne leur a. pas encore annoni'^ a'. qu'où a Jélliiitiveuienl statué sur It^ir son. On t-roit daus le public que lour iiiccnilutlc ne |H^ut plus durer longtemps. Je plains bien ces infl11icureu.\ eapllfs dans la circonstance présente : prlvfc de toute ramintinlnation avec 1c dehors, ignorant tout ce qui»> fait ronirc fu\ >'>a (jour eux, Ils ne savent quel parti prendre, si on leur laisse |p choix île la détention ou i!e la i]i^|KirLi(1on. Ils ne surtlronl île leur [iriMiu que pour tVre mis sur un v»ks(uu, où ils seront livrés aux caprices d'un éituîpage qui no leur éparçneru aucunt- espèce de dMii|;rémi<nU, et ipil pcut-iHre... je m'arrête. La Tïe de ces honnJ!les gens est i la disposlUon du Maître suprt^me : sans sa [lermiitslon, il ne lomliem pas un cheveu de leur liïie. S'ils ne pt^'uvctii plus i^Ire utiles A leur pairie, si Dieu a n^prouvé le gros de notre nation, unu l>arcille mort serait {tour eux le conihie du Ixiribeur. La lenteur qu'tin met dans l'exécution de l'amW me rail iiresque croire que les corpsadministniirsont reçu des unirez suiiériinirs qui enchafneni leur (un-Lir. C» n'es! qu'une conjeelore que Je (ais; car je ne suis |ms au courant des nouvelles; depuis quelque temps tout, ce qui stt pavsv ctarifl le monde est flrtinp-r [mur mol.
Vos omis SI- portent ii meni-HIP ; j'en ni îles nouvelles ccriallies! Ils penwnl sans cesse fl ceux qui s'iniéressent A liirr sorl. Ils s'ocnipenl snrtout des habitants du Bol, cl s'en occupent toujours avec d*' nouveaux senltmeiHs de reconnaissance el de dévouement. .Te les recommande aux prières de la sainte cnramunauté. Prions tous ensemble, prions Dieu d'avoir pitié de la France et de ne pas 6tre A ce royaume le (lambeau de la Toi. Profilons de nos maux pour néchlr la colore du Ciel, i|ui cetncri de nous punir, d«s que nous cesserons d'être coupîibte».
.1 M. de Sednt-Lite à sa terre du Bot.
Cbàteau de Brest, le 24 Juillet I79t.
Notre ami Rolland vous a écrit hier, mais sa lettre ne partira qu*aujourd*liui quoiqu'il l'ait envoyée à la poste. Nous ne faisons suère à Brest attention au courrier de Basse-Bretagne. Je ne saurois pas moi-même les jours de son départ, sans que je m'en suis informé depuis que les deux prêtres que vous connaissez sont au Château. Je n'ai pas ouï dire qu'ils soient moins bfeil portants que la dernière fois que je vous ai écrit. Il est vrai qu'on ne peut plus du tout communiquer avec eux, ni de près ni de loin.... Je vous parlais dans ma dernière lettre d'une pétition remise le 18 à la municipalité par les détenus. Je suis panenu à m'en procurer une copie que Jç vous envoie. Peut-être suis-je le seul à Brest qui a copie des lettres écrites au Roi et au ministre. Ne dites pas encore que je vous les fais passer, il y a temps pour tout. Il parait que ni le Roi, ni le ministre n'ont répondu. La municipalité ne l'a pas fait non plus à la pétition. Suivant des bruits qui courent, ce sera pour demain ou après demain. Mais j'ignore absolument quelle sera cette réponse. On parle toujours de la déportation prochaine et on dit le bâtiment prêt : rien de positif à ce sujet. Bien des gens pensent que les démarches qu'on a faites ou qu'on va faire au département retarderont l'exécution de l'arrêté. Mais les détonus auront-ils la liberté d<! s'adresser à l'Assemblée et au Roi ? C est un problème. M. Gij^aut recteur de Plouzal en Tréguier, fut mis dimanche au soir à Miùpital. Il est devenu fou. Il n'a été que quelques jours au ChAteau. Voilà le troisième, les deux premiers attaqués d'une tièvre chaude sont mieux.
Ce matin avant i heures, des commissaires de la municipalité ont été vus dans les rues et prenant la roule du château avec des dragons nationaux. On a su depuis (|ue le maire de Ploudalmézeau aussi, en échar|M\était de la compagnie. Il a fortement réclamé MM. Pelleteur, Le Meur, et Heliès, arrêtés le dimanche 15 du prestMil dans l'église paroissiale, au milieu des Vêpres. On dit que le procèsverbal de capture portait que l'arrestation avait été faite à domicile. Le maire a exigé et obtenu réiargissement des trois détenus cidessus dénommés. Les dragons ont dû les aller reconduire dans leur paroisse. On assure que l'afTaire n en demeurera pas là et (|ue les dragons caplureurs ne sont pas fort à l'aise. Ce coup de vigueur de
la pHrt d un aialru de lampagiic {it est ËepeiKiinil faonunu lit- bdjn faire «msallon.
llter arnvt-rent ki Ip« volontaires n-ilionnux cgiii l'ia'reiil il Mnrlals Il panit i)De re q»' resl*^ "" •:l>iili'<iu ilu régimenl Au I'IsIc tb: PniKv. va (^mbaniuer et que la garde dis prisoiinierH ^ra conDûi' 80US i>eu aux volufiUirt^ nationaux : lus prisuntners iwurruieiit tiiun n'y pAs gagner.
M. Tliévenanl esl arrïvù ici pour prendre It! comniandetuent des iroulKis df terre Aile ou-r. fin assiinj igu'U doit Irs assemMer Ince^ samineiit vl inoiiiri'r de la fcTinpIi!. On le dit porteur d'ordres. On lui a park' îles pr^lrra. Le moment d^ s't'n ot'cuper, a-l-îl répondu, n'esl pas encore venu,
Voilà toute ma relt^nue. û moins qu'il ne \oum importe de savoir ipi'on conduisit samedi dernier au chûteau M. Le Bris, rei^lenr de rin-levenfs un Tn'^uier, amilé fi ï[orlaix, et hier.SI. le Roux, vicaire d'une Irévc de Ploudtry, el M. le Guilluu, direcb^ur des Ursuline» do Landeroeau, tous deux amXris dans la paroisse de Ploudirjr. district de Landemeau.
A ta, adieu, portez-vous hien et |>oint de chagrin iwtir vos amis i|uî n'en prennent sûrement pas, du moins Je le suppose «ver (f>ndemeiil. Aveï wus vu la bouté d'eiivnyer les 300 t'r, en wpfrce-s sonnantes f Mon correspondant en est en peine.
Ixtlre do M. l'cnaiiros à Madiime ilc Saiul-Lac. Chlleau de Brest !S Judiol l'03
Jt' crois, Madame, iuu« tajre |it<iisir en tous donnint dos nou voiles de nos prêtres délcniis <i scroll une grinde consolation pour en\ de recevoir des viMres mais c est un nvinlate dont la muniti- |iaJlt(' de notre ville ne leur permet (m^ Ai jouir Dtpnis k 1 1 ilc te moiii on ne laisse pénétrer dnis leur prkion ni k Lires ni muMlks Ils Ignoront ce i|ue les rlul)s it les U>rps idmiiilslralirs viuknt Tiin il leur fgnrd. Livriisa leurs propres n'IIexions ils ne savent si on kur Inissora le ehoix de la di^ttnlion ou d« la dtpnrlation k du xx mi'nn de l'une de ces dent |ieines ksinilnrrjssi >fardi S 1 de i e m >is i<iut<' notre municipalilé, en t^hariH se Iransporla au elUle<iu I t dans une chambre wcr^le, elle lit comparaître chacun des prisonniers devant son tribunal. Celui qui avoli comparu ne pouvait plu»
|)arler k ceux qui navaieift pas encore été interrogés. Des soldats armés, répandus dans les salles, et postés aux portes de communication, emi)échaient la coalition de^ réponses. Les interrogatoires durèrent près de \ lieures. On demanda aux prisonniers le serment tel qu'il est dans l'arrêté du département. La réponse de chacun fut négative, si Ton excepte deux jacobins qui achetèrent leur liberté au prix du serment. Ces deux messieurs n'ont plus reparu parmi les captifs depuis ce moment; de la chambre municipale ils passèrent dans la cour du château, et de là en ville. Depuis ce jour,^ pauvres prisonniers n'éprouvent que rigueur de la part des commissaires municipaux.
Les personnes qui lavent le linge des prêtres eurent mercredi der* nier bien do la peine à obtenir qu'on leur tit passer le linge sale de ces messieurs. Le commissaire ne voulait pas y consentir. Quand oo lui représentait qu'on blanchissait le linge des pius grands criminels, il répondait que les prêtres réfractaires du château méritaient moins de considération que les derniers scélérats.Il s'adoucit pourtant, et le linge sale sortit, après avoir été scrupuleusement visité.
Les municipaux ont été aussi à l'hôpital de la marine interroger l'i ou 15 ecclésiastiques malades qui y sont. Je crois qu'ils n'y ont pas fait plus de conquêtes à la constitution qu'ils n'en avaient fait au châleau. Jusqu'ici la tentation n'a pas été forte, et les ministres de J. C. n'ont pas vu l'appareil effrayant de la mort, rrions Dieu qu'il leur donne les grâces de forée et de eoura^edont ils auront peut-être besoin dans le cours de la persécution actuelle. Ce n'est pas le tout de bien commencer, il faut persévérer jus(|u';i la tin. La laiblessi» de l'homme est extrême. Il y a des grâces si spéciales, qu'on n'ose presque pas espértT de les obtenir. Cv qui soutient, c'est (jue ce qui est impossible à l'homme est fîicile à Dieu. Ce que l'homme ne |mmiI mériter est souvent accordé aux mérites inlinis du Rédempteur dont la f(>rce vient au secours des plus faibles.
On m'a dit qu'il y avoit aujourd'hui à Brest un de vos voisins. Si je puis en être assuré, je lui remettrai ma lettre (puî vous recevrez plus tôt par cette voie que par la poste. Mes affaires ne me perm(»ttent pas de lui parler; mais je verrai des personnes qu'il voit toutes les fois qu'il vient dans notre ville, et par ce moyen j'apprendrai de vos nouvelles. Si je me vois plus libre avant la fin de la belle s;iison. j'irai prendre auprès de vous le bon air de la campagne ; mais je ne prévois pas encore que cet heureux moment soit prochain. Quand on
esl attaché à un poste, il faut y rester pour en remplir les devoirs.
Vos amis se portent à merveille, et me chargent d'un million deroiipectueux hommages pour vous, et pour tout ce qui vous appartient. Vous connaissez ma main et mes sentiments. Priez pour moi.
.4 J/. de Saint-Luc, à sa terre du Bot.
Château de Brest, 2a Juillet 1792.
Les prêtres du Gâteau sont, comme à l'ordinaire, si fort resserrés <|ue personne ne peut ni les voir, ni les approcher. Ne vous étonnez donc pas si vous n'avez pas de leurs nouvelles par voie directe. Je ne puis vous dire de celles de vos amis que par conjecture. Il y a quelque temps qu'on n'a mis aucun détenu à l'hôpital, d'où il faut conclure que les G9 sont bien portants.
Je vous mandai par ma dernière lettre que les trois prêtres de rioudalmézeau réclamés par leur maire étalent sortis, et que, le 2i, deux jacobins avaient été élargis après avoir sermcnté. On a voulu répandre que les trois de Ploudalmézeau avaient aussi juré : c'est archi faux.
Depuis le 2 i que la municipalité est allée au château, il parait Irès-ceriain qu'elle ni le district n'ont rien dit aux prisonniers. On ne peut non plus rien mander de i)ositif sur la déportation. 11 y a des gens qui assurent que la gabare l'Aurore est armée à cet effet, mais apparemment qu'avant de déporter personne ou demandera, suivant l'arrêté du département, quels sont ceux qui veulent voyager.ou [ester en prison. C'est bien dommage que vos amis ne puissent pas avoir votre avis sur un objet si important.
J'en étais là. Monsieur le Président, quand on m'a dit, à 9 heures du matin, que Jannou était à Hrest, il ne |)ourra remplir qu'à 8 heures ce vsuir s(^s commissions. S il en a quelques-unes iK)ur MM. Rolland et Dominique ils tâcheront de vous répondre, s'ils les reçoivent à tem|)s; vous pouvez être assuré de tout leur zèle à traiter vos affaires qui sont aussi les leurs.
Je reviens aux prisonniers, car ils m'occupent beaucoup. On assure que, depuis le i i courant, toutes les lettres à eux adressées par la poste y sont restées, de l'ordre de la municipalité... ils furent recrutésle 2ô d'un nouveau confrère. Monsieur Casuc, prêtre de Guiclan, district de Morlaix. On serait tenté de croire que i'e&portation n'âura
lieu qu'après qu'on aura mené au château lous les non-sermentés qu*on poum attraper. Les sentiments sont partagés sur ia question de savoir si les détenus doivent prévenir le district du choix qu'iJs feront entre la déportation et l'arrestation permanente, ou si le district les forcera de s'expliquer.... Vous ai-je marqué que la municipalité éMt allée également le 24 à l'hôpital et que les malades, infîrmëi et ûonvalescents qui y sont, avaient réfusé le serment, comme les prêtres du château ?
Vous savez que les prisonniers avaient envoyé le 10 ù un avocat de Qiùmper leur procuration, avec prière d'agir en leur nom auprès du département,de l'Assemblée nationale et du Roi. Bien leur avait pris d'user de cette précaution, puisqu'on les a rois depuis au secret... Le même individu qui avait rédigé les différentes pièces, que je vous ai adressées le 2i, avait fait deux lettres pour le Roi et pour TAssembléc: toute réflexion faite, ces deux lettres n'ont point été signées par les prisonniers. Comment les leur aurait-on pu présenter ? conunent d'ailleurs les auraient-Us signées et fait parvenir à leur adresse ? C'eût été s'attirer un orage, si la municipalité s'en était aperçue, après les défenses faites d'écrire.... Je vous envoie les deux lettres en question, avec copie de la pétition. Je pense que vous servirez bien les détenus, en faisant passer le tout à M. Penanros à Quimper,qui pourra peut-être en tirer profil, peut-èlre môme signer et envoyer les lettres, comme porteur de procuration : il n'y a pas de temps à iierdrc i>our agir efficacement.
Agréez les respects du garçon et de son camarade.
.1 M. de Saint-Luc à sa terre du Iht.
Château de Brest, ?8 Juillet IIOS, 7 h. 1/2 du soir.
Dieu soit béni de tout, Monsieur le Président, ce soir à \ heures, au moment oii nous y pensions le moins, le district et la n)unici|)alité sont venus nous demander notre option individuelle. iO du nombre desquels sont vos deux amis ont opté |)our la déportation en Espagne. Quand aura-t-elle lieu, je n'en sais rien ; peut-être de jour à autre. :]0 restent ici, parmi ceux là il y a beaucoup d'infirmes et de vieillards, quelques-uns aussi de jeunes. J'ignore la réponse que feront ceux qui sont à l'hôpital.
M. Bolloré, de Douarnenez, nous est arrivé à i heures, mais nous
H^-DiM m ta douleur dr ralr un di> aos oûnlrircii du Tn'saler ta\n Ir sfraviU eC soriir.
Au mnyen lie la xhjtcti de celle aprës-dînéc, les papiers el kttivR vi-j<>iD^> ilevleiincnt Imitilts : je vous Uscuvoia néaaatojnsi |N!rmi^[litf^ inoi de vous tiitin recoiuoiaiider li piitillw uù sont loiiwg mis, signaturi», pvut-ftro scrail-il bon de la Tain^ imprimer ainsi giw Icsauires pitees que je rous ai fail passer.
Nous quittoiiH â regret notre patrie, quoiqu'elle nous rejette, mais rien ne me ronsolera. Monsieur le Président, de mVloigner de vous, de Madame la Pr^idente et de tout ce qui vous est clier. J'espère «lue lu rrovidi>nci! nous réunira, même en ce monde ; mais, si pion Piou in'»ppelie fi lui pendant mon oxll. j'ai la ferme wnlianee que nous nous réunirous loua dans son sein el qu'il daignera avoir pilii^ de nous dans sa mlsi'ricordc : oremus pro invican. Que de grâces ceux des détenus qui ont eu le bonheur de persévérer n'ont-ils pas A rendre h re Dieu de bonlé ! Je lui en rentU de tré»-particulif^res de i;«lle qu'il fait û mon camarade el t> moi du nous bien porter et de conserver, ainsi que nos autres cotifréa^s, notre paix et notre iraoquillllé. Oh ! que jtotre sort est préKrable â celui de nos persécuteur», passez-moi ce terme, Je le dis sans rancune et je désire de tout mon cirur qu'ils su convenissuni ut qu'ils vivent.
J'ai une plume délesLaliIe el j'écris dans l'obscurité : vous me devinerez. A demain matin un petit mot, si Junnou revient. Nous n'aurons ses dé|)éciie»i|ii'a neur beures ce soir.
Adieu, Monsieur le Président, contlnués^DoI les mêmes sefiltiuenls, je porterai partout ceuii de recotinaissaneB. de res)>cct et d'attachement ijue je vous ai voués et à Madame la Présidente, ainsi qu'ù lout ce qui vous npiKirtient.
Je ïiiiis itrtc. je vous conjure de ne vous point affecter. Nous vous donnerons notre adresse, si nous parvenons au terme. Soyez sûr qui? le gari'on son vtf.galemeut. autant qu'il e^ possible en pareil cas. Il eut passé la mer, s'il n'avait |)as élt> gobé, mais il l'eut iuit vulonUirement : mieux vaut d'y être forcé naiiunaiemenl,c'eslplusmériloin-.
A M. (le Stiin(-Liir, à sa lerre du Bol.
l'hllïau de Btcsl, ! \aM r.Ui.
Je retiens. Honneur le Pré«ideni, l^trt> H" î tlu 25 paitsé. Notre porteur de procuration â Quimp«'r a mis une requête, dont il espère
quelque succès ; il a aussi envoyé un nouveau mémoire à Paris. Du train dont on mène les choses ici, et vu l'activité de la partie adverse, il est bien à craindre d'être pris de vitesse. Mais enfin, que voulezvous, ce sera un bon procès perdu, nous ne serons pas les seuls à en souffrir, voilà le grand mal.
Les prisonniers ne peuvent qu'être très-reconnaissants des lettres que vous avez écrites à M. de Kergariou,d'après ce que Je vous avais dit de leur position. Mais je vous observerai que, comme Ils ont défense de communiquer au dehors, soit verbalement, soit par écrit, les témoignages même de votre zèle pour eux peuvent leur devenir funestes, parce qu'on ne manquera pas de croire que c'est par eux que vous avez été instruit et non par moi, auquel on ne pensera pas. Je vous prie donc instamment. Monsieur le Président, de suspendre absolument toute sollicitation. C'est chose inutile, et Rolland appuie encore bien plus fortement que moi la motion que Je viens de faire.
Tout ce que vous avez envoyé pour les détenus est resté entre les mains de la personne à laquelle la pacotille était adressée. I.ies détenus n'ont demandé, quant à présent, que leurs bréviaires et leurs lettres de prêtrise. Il pourra se faire qu'ils se Ibootentent de cela, dans la crainte de perdre leurs effets dans la traversée. D'ailleurs peut-être n'auront-ils pas lo temps de se faire porter re dont ils pourroient avoir besoin. Si on les conduit en Espagne, à liilbac» ou à Saint-Sébastien, ils y vivront à bon marciié. Les prêtres déjà rendus dans ces deux endroits ont donné de leurs nouvelles. Ils sont à merveille pour tout. On m'a dit que M, Le Gac était revenu malade en France.
Vous savez à présent qu'il y a U ou V2 prêtres pour la déporta^ tion, y compris 2 de l'hôpital. On dit (|ue le district attend demain les ordres du département. Si l'embarquement a lieu, on seioble craindre pour les déportés, à leur sortie du château. Mais sans doute qu'on prendra de grandes précautions pour leur sûreté.
On publie ici dans ce moment, avee ra|)pareil re(|uis, <|ue la patrie est en danger. 11 faut espérer que celte publication ne portera pas le |)euple vers le château.... Depuis plusieurs jours on conduit à la municipalité les étrangers qui arrivent à Brest. Il est tout simple <|u'on |)renne toutes les précautions possibles pour éviter des surprises. Malheur à des voyageurs ou à des commissionnaires qui seroient arrêtés avec des lettres ou papiers suspects. Il se pourrait
Men ttiK ftitui i\a'm survi^ltUl rK' tn^s prâa la |HM1« aux Muw: ainsi la plus gniiidi' i:in:ijlis[tcclii^ (4t iirui.'ss'iia'.
Rt^evn, Monflii^ur If ['résidt.'OL les respects Ae RollaiHl et les miuns, «tirm pour Madame h l'rfHûltrntc, Madame SophiR et tous vos aolrcs vntours. Rolland frTUli Madamtt la ITt^sidenle, il «t toujours Iniiiiiuilie sur tout. Son ami l'est Hutanl iju'il peut. Ce» deux pureon-, nages sont bien assurés que leurs daix amis di^tonus ne scmieni pas fUchi^R d<! iKirtir la plus tf>I itossiblc pour l'i^spagne.
.1 .H. de Sdiiit-iw, d sa terre du Bol.
(.'bïteau de Bre&l, !, AOCit Hltl, On parle beaucoup d'une s^ano^ cjuu linreiil Itîer mu uliilleau MM, Daniel itii Colnb^, et Prt^lour. eommissafres H membres du di'pariiuiient. Ils étalent accompagnés d'un nflir.lor municipal, du procureur syndic du dlslricl ut d'un secrélalre,. Leur opération ne dut pas eomineiiccr avant 1 heures iji. il en éiail 9 t/î quand ilssonircnt. 'Voici ce «pion a pu en uvotr, Je voua le donne an prix coûtant. On a donni* ftus prlsomfkrs Ipclure d'un nouwi arrêté du dt^rlement qui ports: I " que Ion fera dere<^hef comparaître Individuellement chacun des détenus pour savoir s'ils [leraév lurent dans le refus du serment ci vlqne et dans l'oplion par eux Taite de la déportation, ou de la |iermanence en arre.ilalloa ; 'i" Qu'on leur annnncM^ qu'il Mira délivré U chacun de t*a\ qui {larliMBI une i«omme de 3O0 Mn(s en assignais ; ^l" Que l'iunburquemfot aum lieu à la fin de la scnffline ou au plus tard au tvmmeoci'ment do l'autre. Il paraît très-certain que -r 'est M. lïipitly qui a demnnUi^ qu'uu revint à interroger ili^rativement !>ur le serment et qu'on s'atlendait à vutr quelques-uns dea deiemis le prêter ; mais un assure que les ':< prélrm, (jtii «ont acluullemenl au ctiltoiu. ont iuu« p'Tsisté dvn^ur refus. On dit aussi que plusieurs de ceux qui avuieiit d'aburd «plri pour la permanence se sont di^dds pour ta déportation. On fait monter ù 4U ou 50 le nombre des Espagnols, car cest aiii:-i qu'on les nomme. Suivant les appan^nc£s,ilsM>runt conduits û SaiQl-SObastien ou A Bilbao- liieii des gens peuvent que lus ]ierTi\aiiails auruDt ici des dangers A courir, cl l'un m'a dit que inOme le» commisuiti's s'en élaieiii bssck clHircuciil eipUqui^s, qu1ls n'uni pas mOme caché que par cette raison ils «unioit dtisin- de voir (oui le le monde partir. Uu re&te^uelquuu qui leur a parlé m'assure qo ils
prendront toules les précautions possibles pour la sûreté tant des partants que des restants. Le département les en a, dit-on, très-spécialement chargés.
Je ne vous dirai rien des prêtres qui sont à Tbôpital, Je n'ai là aucune relation ; il s'est seulement débité que deux ou trois,pettt-étre quatre d'entre eux, voyageront aussi.
^ Tout le monde ne parle pas de la même manière du refus du serment. Les uns y voient beaucoup d'entêtement, d'autres admirent la fermeté des détenus d'avoir eu le courage de résister à ce second choc. Des personnes de votre connaissance disent que les prisonniers ont rendu un nouveau témoignage à leur religion et qu'ils ne sauraient trop remercier Dieu de les avoir tous maintenus dans les mêmes sentiments.
Je vous préviens que les détenus sont toujours inabordables aux lettres et aux personnes qui voudraient les voir. Vos deux pèlerins sont heureux d'avoir à Brest leur pacotille. J'ai su qu'ils ne l'avaient point encore fait demander. Au moyen des 300 fr. que le département accorde à chacun, ils pourront, en prenant ici du papier sur l'Espagne, vivre quelque temps, en attendant qu'on leur envoie en même monnaie les fonds ou partie des fonds qui leur étalest destinée: il est absolument défendu d'exporter le numéraire du royaume.
Je ne termine pas ma lettre, parce que d'ici mardi, jour du départ du courrier, je pourrai peut-être encore accrocher quelque nouvelle.
Rolland et Dominique me rendent de bons services, ils sont bientôt grands comme père et mère (1). Je leur laisse pour leur compte partie de mon négoce, mais aussi ils ont à leur charge le soin des correspondances. Quand vous aurez besoin de mes marchandises, toute ma boutique est à vos ordres, comme de coutume.
Je crois le docteur encore absent, sa femme est à Brest. J'espère la voir aujourd'hui; k l'occasion de vos deux amis, elle a le projet d'aller au château au moment où elle saura que la municipalité s'y rendra pour faire remettre en sa présence ce que différents particuliers auront pour les prisonniers. Elle y alla la semaine dernière, et elle leur fit passer un panier de prunes.
(Du 6.) Mon associé (2) veut bien me permettre de vous dire un petit
( 1) Artifice de langage, pris par M. Boissière, de crainte de se compromettre dans sa correspondance. Rolland, c'est M. PenanTOs, Dominique c'est lui-même.
(2) Ce paragraphe est de An main de M. Penanros.
Mût ifans âa tongtieépllrc, et jVit i»rolltc avec c-miiressemeiil. Nuui ne pouvons pan voua dire encore des nouvelles tlaiieuses de nos affaires: dansées jours d'anarchie toua li!S (!tats soiiITrent. Je suis i U \à\le (1 ml reprendre un long voyage pour uns iiiI^rf^Ls les plus thcrs, j'aurai de la peine, et Je cuurnii des risques, mais il n'y a pf us annuler. J'esptre qu'avant mon relour l'ordre wra rélabll en France, J"ai vu le manifeste des puissances étrangères, il est d'un style qu'on ne Irûuie pas dans les motions de nos léghlati^ur», il est propre a glact>r ilVffrot les rorps administratifs. D(ïs que je serai au lerme de mon ^0)"»^, je vous donnerai en détail des nouvilles de nos affaires, je n'y emploierai que te moins de lemps que je pourrai ; et je reviendrai le plus tAt posùble ; priez pour moi pendant mon ahâciu^e. Mille cboses respectueuses i tous vos entours.
Jo retourne i mon teritoin^^.
Mon associé vient de vous écrire. Je ne sais si je dois approuver son voyage Jusqu'à UD certain point ; mais son [larli est pris. Ce qui me console et me rassure, c'est qu'un mien ami l'accompagne et qu'ils auront Men soin l'un de l'autre. Cet ami a été tout i fait d'avis d'aller apurer de rieux crédits sur les lieux. Une absence de deux ou trois mois au moins, va un peu me déconcerter, mais n'importe... il faut bien compter sur vos bontés pour vous entretenir,de nos affaires de commerce : mais je n'ignore pas l'tntérét que vous y prenez et le désir que vous avez de nous voir réussir. Si la I-'rance pouvait devenir tranquille, n<ius en aurions |iresi|ue la ceriltudc t'ar suite lie voire lionne tobnié pour nous, demanda â noirt: porteur de procuratluD a Quimper un mémoire qu'il a dernièrement (ait pour noua. Vous en serez conlent. Peut être lerions nous bien de l'imprimer avec les autres piÈcces du procès, mais nos coniorb craignent la dépense, (rt d'ailleurs comme nos parties adverst^s sont chatouilleuse!*, et qu'on les mfno un peu rudement, il pourrait résulter dans l'<itat quelqu 'inconvénient de la publicité et de l'impression.
Je n'a) pas su de nouvelles depuis hier. On donne (tour très avéré que les captifs lurent tournés samedi par les commissaires daiis tous les sens: tatteries, menaces, etc., tout cela n'a abouti qu'a augmenler le nombre des Espagnols. On dit qu'il y en a 61, y compris ceux de
'hôpital.
A t^. adieu, portez vous bien.
A tf. de Sainl-Luc, à sa terreau Bol.
Château de Brest, 10 Août 1792.
Eh ! bien, M. le Président, ce n'est plus une plaisanterie ; nous partons demain ou dimancbe^et nos ballots sont faits. Hier MM. les commissaires du département vinrent avec des membres du district et de la municipalité nous notifier un arrêté tout neuf du département, dans lequel après avoir beaucoup tonné contre notre entêtement et notamment contre notre opiniâtreté à ne pas profiler de la troisième tentative faite pour nous ramener, on nous déclare que le marché est tait pour notre déportation en Espagne, à Saint-Sébastien, à Bilbao, à la Corogne ou à Cadix ; qu'on nous donne à chacun 300 livres en assignats, pour indemnité ; que la nation se charge de notre déportation et de notre nourriture pendant la route, etc.
Nous avons vu ici plusieurs fois le capitaine marchand qui do)|8 conduira. C'est ui) brave garçon. Son bâtiment est de 160 tonneaux, et l'équipage de 9 ou* 10 hommes. Il nous promet de l'agrément, et Je crois qu'il nous traitera bien. Nous sommes obligés de fournir nos hamacs et nos couvertures. C'est iO livres pour chacun, mais aussi ces meubles commenceront notre ménage en Espagne. On noos compta hier au soir notre argent de papier, c'est-à-dire à ceux qui partent. Si l]uel(|ues-uns des désignés ne sont pas exemptés du voyage, nous serons 7i. Nol4?z que ceux qui avoient opté pour la permanence, sont comme les autres forcés de partir, en vertu de l'arrêté du département; les 15 ou 16, auxquels leur âge ou leurs infirmités ne permettent pas de partir, vont être transférés aux capucins d'Audierne où ils seront en arrestation, sous la surveillance de la municipalité qui y fera tous les jours l'appel à midi. Ainsi finit l'his'toire, mironton-mirontaine.
Or, nous allons donc faire des châteaux en Espagne. Puisse le vôtre être préservé de tout mauvais c^s, comme il l'a été jusqu'ici ' Dieu sait si et quand nous aurons le bonheur d'y revenir.
Même les commissaires du département furent hier fort honnêtes. Ils nous dirent que nos malles ne seraient pas fouillées et que nous i>ouvions |>orter tout ce que nous avions. Un municipal avait exclu le numéraire le malin, en conséquence j'avais dit à madame du Hreuii que je n'en voulais pas. Je m'en repentis bien le soir, d'autant plus qu'elle était partie pour Landerneau. J'ai trouvé le moyen de lui faire envoyer un exprès à 2 heures,ce jour après midi; nous igno-
roiis «iicorf »i nuuii Jiurùns de I argeni. Je vous le Uirai avanl Ue fermer ma lettre, l.e papier de FYance ne ikiUs procurera pas de» piastres en Espagne. Uiea soit bM en tout 1 il nuus fnH la grâce (l'être paisihlemeni sijuiai« uux i^encnients quelconques, Ou pense qu'avant trois Jours àe (raTers6e nous serons au t)Ul.
J'otals Interrompu ma lettre : it l'instnni, par un monsieur de Bnni, je reçois "lû St. en or, plus 180 fr. eii argent blanc : ci 1380 t'r. Nous voitii hinn ^rnts. Je vous ferai remellre les COO fr. ni assignats reçus de In nation. M. de Silguy s'en charge. Vous en tirerez ce que vous pourrez. Au moyen <fe ça, nous n'emportons elTectivemenl que 78(1 livres des fonds que vous aviez cnvoyiis A iniidame de Stlguy. puisi|ue nous remplaçons les aalres COO fr, par du pajder.
Je Dnis : nous avons un lumulle adVcuv ici, lu municipalité est oecu|ié<! A faire dt'llvrcr les paqufils aux uns et aux antres. Chacun pense tt son départ, va. eourt ci vient dans les salles... Voilà l'abbé de Sllguy qui arrive, il vous pn^iientG son resperl. Nous ferons le voyage de conserve,., J'ai renvoyé dira madame du Hreuil des hardes ■nuilles. Nous emporlons le rcst^' dans la malle. Que vos saints Ange» vous gardent et que les nôtres nous conservent et nous ramènent A *ous tous eu Joie et en nanli.'. Amen
I If. di' Sainl-I.uc. d sa tvrre tin Vol.
cutloAu de B[«it, Il AoQt imj
M. de i^ilguy n'étant [las revenu iti, comme il me levait pra J'ai ivmis 3 mademoiselle Pelilpn- les ùOd fr. en assigouis que Je vous avais annoncés dans ma lettre d hier, dont M. de Silgu) s e^l cbargt^. Il ne sera au Bol que mardi ou mercredi,.. Mademoiselle Felilpré fera passer iea assi{;nals u madame du Ureuil iiour vous les envoyer II parall sûr que nous parlons demaiu,ii 1 1 heures. Hier au soir, on a conduit ici les uonvalcsccula et guéris de i'bopltal. La plupart d'entre eux viennent en l'^pagne. Les \ii permanents vont aller 4 Audierne dans la maison des 4»piirJDSL
Nous nous portons bien, Dieu merci, car le rhume qui m'est revenu n'est pas une maladie. Nous sommes 71 a partir, y compris l'abbé de yilguy arrivé hier.
Bonne santé â tout le monde. PricE pour nous : nous nous prépa> rons au voyage et le temps est court. J'espère que même les oHciert
municipaux laisseront passer mon billet. Ils sont ici depuis 6 heures^ il n'en est pas encore 7. Les Audiernistes vont partir.
Je vous prie de mander à madame du Breuil à Landemeau que je laisse les 600 fr. en assignats à Mademmselle Petitpré. Elle poam les faire prendre chez elle. Recevez les respects et les adieux de mon camarade et les miens.
JeWous prie aussi de mander à madame du Breuil ce que nous avons reçu de sa part.
Lettre de M. Vabbé Boissière à M. Le Guillou- Penanros, avocat à Quimper.
Mondon6do, 5 novembre 1796.
J'ai reçu, monsieur e^ bon ami, le 17 du passé, la vôtre du 2i Septembre. Elle m*a beaucoup consolé par la conformité de vos intentions avec ce que J'ai déjà fait pour piocurer des messes et des prières à notre cher défunt. Quand Je vous écrivis le 20 Août dernier, je ne voulus vous rien dire de Tétat des choses, jusqu'à voir si les lettres d'ici parvenaient en France , vu qu'on m'avait assuré qu'il était survenu des difficultés pour la communication avec nous autres. AujourdTiui je vais vous parler librement.
lo M. Penanros n'avait fait aucun testament, ni même mis par écrit aucune note déclaratoire de ses volontés, et comme il perdit tout-à-coup la parole le troisième jour de sa maladie , je ne puis absolument vous rien dire sur cet objet.
2« Le 13 Septembre, nous avons acheté, entre nous autres Français, le peu de bardes et de linge qu'il a laissé, ce qui a produit une s(^)mme décent cinquante-et-une livres treize sols, laquelle a été de suite distribuée pour dire des messes.
3^ Quant à l'argent , nous le comptâmes en particulier, M. de Silguy, confesseur du défunt et moi , ne croyant pas devoir prendre un plus grand nombre de témoins. Nous trouvâmes dans la bourse, en tout, une somme de -trois cent quatre-vingt-huit livres, argent d'Espagne.
4^ Je vous avais parlé d'une somme de deux cent vingt-sept livres que lui devait M. Le Cap. J'ai écrit à ce dernier pour savoir si notre ami l'avait touchée; j'ai à présent la certitude qu'il n'avait reçu que cent francs &ur cette somme. Quant aux cent vingt-sept livres
rfsLtntes, 5[, Le I'puihîc. rectpur de Blelgvpii, i|ui »«> (nuivaît (I.iiis le iHisoiii , NiDiil c{ue ncs deux frères , m'a maiitlt^ dernièrenit-ul que IIdéfunt lui avilit f^il rmettrc les dlt^ HT ihns. en lui marquant que re serait un prêt f'il pouimt tes rembourser, H ifuelque cliose de plus t/iiHu prcl si U retnboursemml M poiivitii avoir lieu. Ce «nit les termes île la lettre du défunt. M. Le Cap m'a maodé de plus que le» lioucles de jarretières et les bouluiis qull avait en mains ont été vendus six Imes, iur tcsqueiks il s'était remboursé de trois livres pour fruls par lu! taits, oShint de remallnles trois autres livres â votre ordre,
> En em'Utiun du vus intentions qui, je voat le repaie, m'ont rail le plus grand plaisir et m'ont confirmé de plus en plus dans l'opinion <[iie J'ai toujours eue de la bonté de votre cneur, j'ai fait passer ù M. Le Giiellec , iiui vil , avec sept autres con^Ti», dans nne communauté ubanilonnée doni ojj leur h accordé l'usage, une ^mmc de (rois cent dix livres pour la fondation d'une messe quotidienne pendant un an . â la charge de remplacer, dés ce moment , les trois messes des Jeudi, vendredi et samedi sainia, pour compléter les 305 messes convenues. >
1" L<! cbcr itéfuni a\'ai( positivement défendu qu'on lui envoyât as ,• montre au cbitceau de Brest. Il no l'a donc \tas |>ortéo en tlspagne, non plus que sa l;ibalière d'écaillc â cliamiéres d'or. Il n'avait qu'une vieille ubatiére bleue qui. s'étani rompue ici, l'avait mis dan.s la nécessité d'en acheter une de 15 sols.
T" Il n'avait porté avec lui . du son |)ropre ai^eul , qm w qu'il y avait dans sa poche quand nous famés arn^lt^s. c esl-â-dlre, je crois, cent francs au jilus; mais une personne ou plutôt des personnes l'Iiarilables , 17111 «uni mortes dcftiiis (I), nous avaient fait remetlru quel<|uc argent (wur nos besoins communs. Nous en avons dépensé, le défunt et mol. une petite partie au chdteau, et nous avions puisé dans la m<^me bourse commune dans les premiers temps dtt noin; arrivée en Espagne. Depuis que Mgr l'évéquc de MoQdoni''di) et son Chapitre avaient bien voulu pourvoir 6 nos Itesoins, nous avions cessé de prendre dans twtre bourse commune, que j'ai toujours eue dans ma malle, et nous avions en réserve, par ce mo>en, uii^< -
(I) OllteifRcné'Conen de Safnl-Luc, anden président au Parlemcsi de Rennes, tthre de l'évtque de Qainper, et ta renmc Amclle-Laiirence Ihilvî*, aie i Quimpor, condamnés a mort par le trihunil rèvnliilrnntiiiire du Pari» et exécutés le lii J'JilId 17Bt.
somme de douze cents livres, argent de France, que nous gaurdiomi pour les cas extraordinaires. Connaissant la source d'où bous était venu cet argent et la volonté des bienfaiteurs défunts qui nous ravalent fait passer avant notre déportation, je regarde comme hors de doute que je pourrais disposer du tout à mon gré et en ma faveur; mais n'en ayant pas, au moins quant à présent, un besoin décidé , il m'est plus doux d'en employer la moitié , c'est-à-dire six cents livres, pour des messes et autres bonnes œuvres pour le repos de l'âme de mon cher défunt et inséparable compagnon, et ce eii interprétation de ses intentions. Le bon recteur de Tourc'h , qui est assez mal à l'aise , y entrera au moins pour cent francs ; ainsi du reste. Je ferai comme je voudrai qu'on fit pour moi en pareil cas, vu que cet argent ne peut et ne doit en aucune manière aller à nos familles. C'est l'avis de Mgr l'évêque de Mondonédo que j'ai consulté et auquel j'ai exposé le tout. Qui a plus droit de décider sur nos affaires qu'un prélat bienfaisant, qui nous entretient depuis le mois de Novembre 179^? Et par les 388 livres qu'a laissées mon compapon, vous devez juger qu'indépendamment de notre nourriture, de notre logement, de notre habillement et autres besoins, nous trouvons le moyen de ménager qvielque chose , en faisant toutefois pelU ordinaire , comme cela doit être pour des bannis.
.l'aurai pu, cher bon ami , me dispenser de vous parler de l'article 7 ci-dessus , mais je devais celte effusion de cœur et de cx)nfianc<' à l'amitié ({ui nous unit plus <iue jamais, puisque vous voulez bien me regarder comme un autre frère, et je suis |)ersuadé d'avance c|ue vous approuverez tout ce que j'ai fait et ferai sur les objets dont je vous ai rendu compte.
s» Comme il |)eul être inleri^ssanl |>our vous et \olre famille da\oir l'extrait morluaire, je vous le fais passer en bonne forme, avec la traduction exacte et litlérale que j'en ai faite.
O» Vous ferez de la note, ci-jointe, écrile de la main du défunt, mais sans si^iaturc. l'usage que vous croirez bon. Peut-être ju^erezvous comme moi <|ue ce doit être affaire finie «luant aux deu\ premières lignes. Au reste, celle note parait être de vieille date, el c'est la seule (|ui se soit trouvée. Je soupçonne qu'elle a été écrite au chAte^ui de Urest , dans les premiers temps de notre captivité. J'en juge piir c^ qui suit : avant notre déiKirt \iour 1 L^spagne. on nous compta à chacun, à Hrest, ;n)0 livres en assignats de la |Kirt du flépartemenl ; je crois que le défun! les envoya à la jK^sonne dont il
\r,\rk. l'ii li'lc (li; l;i rmlj' ci-juiiile, [loiir vmisi'lri' reoilsiLs. cl i*i-|h'ni1;iiiI il n'(?H liit rien.
1(1° Enfin , (iepiiis le jour do nnlrc nnTSIution jusqu'il Ih murl ili' mm ami, j'ai été rhar^ de notre d^xmae eommiinD cl du toio du m<^na^. ^bint aucliitleau, mon mmarade avail rois via/jl francs plus <\uf: mut, daiiK Ih bouru-, eii avisais; jt^ payais tantât eu argent. lanUil en papier. Jamais nous n'avons liquidé eu vieux eoniplp. [,e fait est qu'il en reniait i:> liTres eu assignats, iguand nous nous embanguAmes. Vous les prenilrez. si voua voulez, en rerolKnirsfmeiil it valoir aux vingt frani^s qm Je devais au etwr dt^fnnt . aviT l'iuq livres (|ue je vuuis iifTrt^ ou ar^riM , vu bien lireï sur mut pour la «omme tie vtngl livres ni ai^nl; je diùs et veux salisFnlriT ï cet odjflt.
Voifà, mou Oiet ami, tous les rensei^;nemenis que je puis tous douiKT concernant tes affaires de mon umarade en F.sp:i{;ne. Il me reste .1 vous remercier de ce ijuc ïohs me diu» d'honn^le el d'oldi- {(eanl dnns votre letUre du '21 Seplerabrc. Si jamais ta l'rovidence me raiiprlait en France, ce que je désire plus que je ne l'espère. Hovist bien assuré qu'une de mes premiéi-es visites sérail pour mon nouti^iu frfre, jHiur sa rliére moîlié tl pour ses enranls. Quel plaisir j'aurai ,1 vous témoigner a tous les sentiments que mérilexil de ma part uni' dénomination si cliére a mon eanir.
Vous avez vu. |>ar l'arllch! 2 cl-deesus, que tontes les bardes du détunl ont été vendues; J'ai [tsyé. comme mes autres compagnons, le (leu que j'en al aebeie. Je n'en suis pas moins reconnaissant de l'olTru que iouh me faites de prendre desdits ciltils tout ce qui pourrail me eoiivenlf. Outre que J'ai |iayé mes emplettes, j'ai aussi, comme de raison , tenu compte dans l'état ci-joint des iM'tilesproiisions que nous avions en commun . M. Penanros et moi.
Veulller. Iiien me man|iier la destination que vous donnerez ;i la somme qui me reste entre les maina. observant que j'aurai imi-ore quelques frais à faire |iour port* de iciires et autres objei-s. J'ai hnnie du vuu« (wrler de c«s misi'res . mats ma Iwurse n'sst pns si garnie que l'était celle de mon compagnon, ayant plus dépensé que lui pour me procurer des bardes ei du linge , celui que j'avais emporté de France étant absolument usé. — Adieu, cher bon umi et bien aimé Irère; Je vous emlirasse tendrenieni ; mes humbles respects ii Madame Petianr<is, cl mille chose» A ses huit pendanls d'oreiUe. Je ■*uis ;i vous |iour toujours . BOISSIÈRK. prhiv.
Mfa