M. COROLLER. RECTEUR DE SAINT-MATHIEU
De ^utmper.
Mes ciibrs Paroissiens,
Ma bouche n'éclatera jamais en vains murmures, en invecIlTcs amères, eu déclamations séditieuses contre ce fatal Décret qui dépose tous les Titulaires du Royaume dans le Clergé, contre ce fatal Décret qui va livrer la France à Tanarctiie spirituelle la plus déplorable ; contre le Décret nul et injuste, proposé, rédigé par un Protestant et prononcé |>ar un Juif d'origine ; contre ce Décret inscrit dans Itts annales de riJnivers; contre ce fatal Décret qui introduit le schisme le plus déplorable dans la France. Qu'il est ù craindre que la division dans le sanctuaire n'enfante la division dans l'Kinpire. malgré tous nos efl'orts [xiur faire régner la charité dans les coeurs '
Franvais autant par les sentimens de mon cœur, que par ma naissance, je déclare que l'insurrection est à mes yeux un crime ; que la révolte est le plus grand de tous les att4*ntats dans l'ordre de la société ; que la Heligion a gravé ces sentimens dans mon cœur en caractères ineffaçables ; que je soutiendrai toujours par la force de mes exemples une doctrine que j'ai toujours préchée ; tjue je ne troublerai jamais l'ordre public et social ; que le titre de Chrétien, le canirtère auguste de ministre de la Religicm sont les sûrs garants de ma soumission, de ma fidélité, de mon patriotisme ; mais que ces titres m'imposent des devoirs essentiels, et l'obligation de n'fustT le
- «Il -
il la Conslitiiiron, iHl.' Ci'vik ,hi Cîer^t; wux vivre l'I mourir ilatis le a-iri J« l'I^glise ilans laiiuclle te Ciel a |)lii«; mon bcrcuau ; i|ui; je veuK vivre H mourir ditris lt> suiii du la nvllgioii caltiuliquc. aposluliquu et nimuinu, liors luiiuelle il n'y a point Ae salut.
.!(• vDiis iléclare <]u'en prflanl le srniieiit igu'on eitigc de moi, ]e renoncerais k la RtJiglaii eatboliqup, afvslaliqnc et romaine : que luon reiuit est un hommage que je dois ù la foi. un exemple i|ue je ditiH iiux Chrétiens ; i\ue le serment si-ralt un scandale aux yeux de tous les calholiiiut^ Joni les regards sont lixi^s sur leur t'aMteiir ; i]uc JL- refuse to wrmenl <|u'i>n n\gfi du mui, avec d'aulaul plus de saiisfurtion, i]ue je II- fai» en pn^sencc d'un iicuple vertueux 4 i|ui ricu n'est plus cher ijuc la reli^on de ses ancêtres, et qui veut vivre et mourir dans tu sein de l'Eglisp romaine.
Je vous déclare, mes cliers paroissiens, que je voua nuis attacha depuis VT ans. depuis ma Jeunesse, par les na>uds le.s plus sacrés, par les senltroenls de la reconnaissance, et un tendre et respectueux alladicment ijue rien n'a jamais pu altérer. Je n'ai jamais voulu me si^parer de vous ; J'ai résisté aux sollicitations, aux imporlunilés; les pramrasca n'ont pu me tenter ; les nffreft les plus avanlat^aws n'ont jamais pu m'ébranlm- ; J'aurais pu ^Irp riche ailleurs, mais je ne pouvais éire heureux sans vous.
I>s motifs encore plus impérieux, mon devoir, ma irhcton m'Imposent t'ohUgaiioii de résider au milieu tlt< vous, ei Je remplirai ce devoir sacré, à moins que la violence ne m'arrat^ a c«(|uej'aî de (ilu.t cher. 'Vous l'-les nies enfans dans l'ordre de la grflce: Je ne cesserai jamais d'être votre pfre ; Jo *î¥mi el Je mourrai votre soûl Pasteur. Je porterai dans le tombeau ce litre si cher a mon cœur. Je veux que mes cendres reposent dans le lieu saint on vos corps seront déposés. Oui, que la mort même ne sépare pas deit cii'urs i|ui ont été unis par le lien de la charité. Je porterai le titre d'une juridiclion que les hommes ne m'ont pas donné, et que les liommes ue peuvent m'arraciier, au plwi du ce Tribunal où Jésus-tlirist, revêtu de gloire tt de majealé, jugera tous les hommes : au pied de ce Tribunal redoutable où J'atteuds et j'appelle les confréees dont ht conduite accuse ta mienne.
Je preuil» ù lémolti le soleil qui nous éejalre, le Dieu qui nous volt, que la déclaration, qoeje viens de vous faire, est dick'e iiar b religion. e.«l commandée par ma consiCienc«: qu'elle est aussi !dnn''re
qu'elle est irrévocable. Je voudrais en avoir pour témoins tous les chrétiens de la France, tous mes confrères dans le sacerdoce, tous mes supérieurs dans l'ordre hiérarchique.
Ah ! quelle consolation pour moi d'être uni de cœur et de sentiments à ces illustres Prélats de l'Eglise Gallicane qui présentent uo spectacle d'admiration à la France, à l'Europe, à rUnivers entier. Il est réservé à la vertu seule, à la Religion de produire de pareils prodiges, et d'élever l'homme au-dessus de la nature.
Elle sera à Jamais consignée dans les annales de la Religion cetle année mémorable par la conduite aussi ferme que sage de tant de Pasteurs qui confessent la foi de Jésus-Christ à la face du monde chrétien ; elle sera une époque glorieuse à l'Eglise Gallicane, cette année annoblîe par les efforts généreux de tant de Pasteurs pour conserver dans la France la religion de Clovis.
Quoi ! mes chers Paroissiens, vous versez des larmes ; vons pleurez. Ah ! ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants ; ne pleurez pas sur moi, mon âge et mes chagrins me font entrevoir un terme. prochain à mes maux. La mort est un biffait, quand la vie est un supplice ; mais pleurez sur vons et sur vos enfants ; ne pleurez pas sur moi, maisplcui*ez sur nos temples déserts, sur nos autels abandonnés, sur cette chaire bientôt muette, ou qui rossera d'être celle de la vérité ; ne pleurez pas sur moi, mais pleun*z sur tant de Pasteurs, sur tant de ministres de la religion ébranlés par la crainte, éblouis par l'intérêt, séduits peut-être par les conseils dune amitié perfide, ou égarés par lignorance et la crédulité. Ah ! pleurez, pleurez sans ct»sst\ L'Eglise de Jésus-Christ, baignée dans les premiers siècles dans le sang des chrétiens, est noyée au dixhuilièine siècle dans les lannes de ses Pasteurs. Ah ! pleurez, peuple vertueux, vous ne pleurerez jamais assez; toutes les larmes de la terre ne suflisent pits pour pleurer les maux de la Religion, les malheurs qui désolent l'Eglise de France. Pleurez, pleurez, l'Eglise de l'ranee est «ouverte de deuil, et la [Religion ne vous demande que des larmes et des prières.
COROLLER, liecteur de Saint-Matthieu, Docteur en Théologie de la I acuité de Paris.
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MHitOIRb; /*.)uc KiuftçoiK-SiHABTiEN MÛRVAN, prî-hr. itrirur de kl jmroUst lic Pianiow, appelant dir senlencr rtudue au iribttnat de poliM correcHonnr.lle du eantoti de Ploniour, le 'i Mars i79? . eonlre M. i.e Cnnitte^Aine Dtr Roi du tribunal de Pont-Croix, prenanl fait tl cause pour le Protnireur Hc la fommiine de Plonéour, intimé. — M. Cudfnncf. avoué; M. Flamanl, défrnsmr offlcieu.v.
!.'■ jufiii de pMit du csnlon de Plonéour, ei MM. ses assesseurs, dont l'un nu snit pas lire, mon! cnmiamni- , ]ar voie de police eu m^vl tonnelle, un 500 InTi-a d'umende rt ft uii an du prison. Mes lortj sont graves, sans doule , si ou les mesure sur la rigueur du Iralteoient qu'ils m'ont attiré. Cependant, je suis encore a les ronnailre, et plus Je m'examine, moins Je devine la i;ause d'un ju^'emcni uussi etraii^p^, d'un Jugement i|ui a mis lu comble aux vexations de touI« esp6«e dont je suis , depuis quelipie temps . l'objet. Le succès de i'ap|>cl que J'en ai relevé, nu saurait #lre Incertain. Mais ce n'est pas assez pour mol d'en faire prononcer la r^rormatioii : la réputation d'un ministre des autels doit être sans taehi^ -le suis préire et pasteur; je dois au earaetére, dont j'ai l'honneur d'iVlrc revêtu , de rendre ma jusUBcation publique: Je le dois, pour t'édillealion du troupeau qui m'est eonlié. Puis>je lui laisser sur ma cunduilc l'ombre même du soupvou'^ Qu'il me Ifsc et méjuge; c'est tlv son sulTragc qae je suis spécialement jaloux:
.Te me bornerai au simple récit des faits, que je raconterai avec. sincé-ritL'. Un autre, plus exercé que m(à dans les discussions juri< diques, développera, eu plaidant, mes mo)?»» d'appel, et [K-ouvera que, dans le jugement et tout ce qui l'a prédédé, on a violé â mon égard, sans aucune pudeur, mémo apparente, louli» les Torm» prescrites, les rfgles de la décence, les droiu de l'homme et du e,iKiy/n\. Je me repose de ce soin sur lo défenseur que je me suis choisi , sur le courage et le it\e qu'on lui connaît, .l'avoue i|u'il en faut |)i)ur oser se chaîner de ma cause , quand on sait que ceux qui s'y montrent â découvert ne sont que les instruments de haines plus puIasanlM et plus actives; quand on contiait les vrais auteurs de rinfâme perséculion dont Je me plains.
La iHiroisse de Plonéour. ipie je gouverne depuis plusieurs années,
conlient environ deux mille babidnts. Je m'étais génénlement concilié leur affection et leur estime , en ro^acquittant envers eax des devoirs de mon ministère, en leur prêchant l'obéissance à la loi . ie respect dû à ses organes et aux autorités constituées; respect et obéissance dont je leur donne à la fois le précepte et Fexemple. Mais j'ai en le malheur, assurément involontaire, de déplaire aa sieur le B... maire actuel de Plonéour; c'est un crime qui ne pouvait rester impuni.
I^ sieur B... est un ancien expert, un orateur breton, par excellence ; il sait même un peu de français ; il a éclairé le Gouvernement par des projets et des découvertes utiles ; il connaît les lois anciennes et nouvelles, et en parle comme s'il les avait faites. On sent tout ce que peut un personnage de cette importance, à la tête d'une municipalité champêtre , et quel doit être son ascendant sur l'esprit de ses collègues. Malheureusement j'éprouve qu'il ne lui est que trop facile de leur faire partager ses sentiments. J'ai donc pour ennemis dans la paroisse de Plonéour, et pour ennemis uniques, i |)eu près, les officiers municipaux, devenus mes délateurs et les agents de c^ux qui ont juré ma perie. •
J'appris, le 16 Janvier de cette année, que le corps municipal de Plonéour m'avait dénoncé au Directoire du département ; j'eus peine A le croire. J'en parlai à quelques membres de la municipalité, qui en convinrent sans mystère. Quoique je n'cusst» aucun reproche à me faire, j'en fus profondément affligé. Fne dénonciation {X)uvait faire nailn» contre moi , dans ma paroissi^ des préventions, des défiances toujours fâcheuses, et cotte idée mo tourmentait. Le C^ Janvier, je montai en cliaire, à la post-communion ; après la lecture des décrets que j'avais à publier, et une courte instruction sur les sacrements de l'Kglise , Jt* parlai de la dénonciation des ofliciers municipaux, sans nommer ni désigner personne en particulier. Si je m'en plaignis, ce fut avec douceur, avec la sensibilité d'un pasteur afTecté de la crainte de perdre, sans l'avoir mérité, tout ce qui fait sa consolation, S4in bonheur: la confiance et l'amitié de ses ouailles. J'obsi»rvai que j'étais peut-être le seul recteur dénoncé par la municipalité de sa paroisse, et puisqu'il faut tout dire, j'ajoutai que mes dénonciateurs ne me feraient pas plus de mal que n'en |N)urraient faire à la tour de Plonéour six ou sept mouches qui essayeraient de la renverstT. VjV. m'exprimant ainsi, je voulais fain* sentir à mes paroissiens combien je me trouvais fort de mon innocence.
, m'init'rronipjt, et, du loa li> plus i m'onlonna tie ine taire et de deaceadre. Je vi», au mi^ine instant. qu'il y avilit i]U(^lqiies propos entre les sieiiis B... vt C... , Bans que Je pQKS« enitmdrv vu qu'ils se disaienL J'inipo.tiii silrrici', el Je remarquai qu'il fut utiscnit par le si(^ur C... .le repris l.i parole; le Eileur B... quitta sa {itace, et en passanl auprès de la l'Iiaire, il me menaça du ;;e4ie et de la voix. Sa lui demandai s'il se tentiii uouitniile. Ce.st tout ec que je me permis. Je conliiiiiai [le pariM, l'acheviii la mwaf ; unsulte Je [liauiai les vfprcs, et je ne fus plus interrompu.
Voilà CAi qui se passa le 3? Janner dans l'fglise de l'Ioni^ur, nu Il n'y eut d'autre bruit, d'autre trouble que celui auquel le sieur n... donna lieu si mal a-propos, et qui d'ailleurs ne dura (iu'nii InslanL Douze cents personnes attesteraient l'exactitude et la vt'riti^ de ces faits; leur témoignage vaudrait bien, peut-t^lre, celui du sieur n,,. et de quelques offlclera munlcltuux qui uu pensent et ne parlent que par le sieur B.,.. qui lui-mi)me n'agit que par des impulsions t'irang^ros.
Douie cents témoins déposeraient encore que je n'ai Jamais parlé de la l^nstilutioD ni en public, ni dans les conversations particulières, comme iiasleur nu comme citoyen privé, que pour porter mes jaroisuens à s'y soumettre comme â la lot de l'ELit. Quel est donc le motif qui anime les perswuleurs? Seraieni-ce mes opinions religieuses? M:iis ou tie saurait m'en faire un crime, puisque Jamais leur manifestation n'a Iroublû l'ordre public établi |>ar la Toi.
Le lendemain 33, les officiers municipaux de Plouéour. le sieur
B a leurtéle, allèrent à Pont-Croix, et me dénoncèrent , en
cérémonie, au Directoire du district.
Quatre gendarmes nationaux arrivèrent chet moi, le 2\. b ûx heures et demie du soir. Ils parurent tUrangemenl surpris de me trouver dans ma chambre, disant mon bréviaire, et de ne voir dans ma maison que mes eurés, aussi traDi|ullles i[ue Je l'étais moi-même. On leur avait dit que les esprits étalent fort écbauffés a Plonéoiir, que ma maison serait vigoureusement défendue, qu'ils n'y pourraient l>énétrer tiu'avec des forces imposantes. Ou leur avait donné le conseil de se deviser, |)0ur ne (tas sVxposer au dungiT qui lus menaçait; mais les esprits écbaulT(>8 de Plonéour étaient alors i Pont-Ooi». Les içejidannes, rassurés, me permirent de coucher chca mol et >' l'ouchèrem eux-mêmes, attendu qu'il faisait nuit et que le temps
était affreux. Ils peuveat dire si J'ea impose; si le lendemaitt, loraque je sortis de mon presbytère pour les suivre à Pont-Croix, aa lie« des mouvements qu'on leur avait fait craindre, ils^e furent pas témoins des marques de Tintérét touchant que me donnèrent les habitants dv bourg de Plonéour, et des larmes qulls répandirent, en me Toyant escorté de même. Je dois ce témoignag;e de ma reominaissanoe à ces sensibles habitants; j'en conserverai toujours pour les braves gendarmes chargés de me conduire à Pont-Croix. Leurs procédés et leor conduite envers moi sont la preuve qu'il est possible de concilier les devoirs d'un ministère de rigueur, avec les égards que l'humanité commande pour un citoyen, déjà assez malheureux par la privation de sa liberté.
Je fus traduit, à Pont-Croix, devant le lieutenant de la gendarmerie nationale.
Le lieutenant de la gendarmerie me renvoya, d'après mes Interrogatoires, au juge de paix de Plonéour, pour être par lui statué par la voie de police correctionnelle. Il me mit en liberté, à la charge de me présenter sur la citation de ce juge.
Le 7 Février, je fus cité à comparaître pour le 13, ao bureau de
paix de Plonéour. Je déclarai à Allain Le B juge de paix, que
j'entendais le récuser, parce qu'il était le beau-frère de Jean
Le C officier municipal et l'un de mes dénonciateurs, dans
raffaire même qui m'appellait do'ani lui. Je récusai.également Michel Q greffier du juge de paix, frère de François Q autre officier municipal, et mon dénonciateur, comme Jean LeC Q me
répondit que, malgré mes récusations, le juge et lui iraient leur train. Je protestai que j'allais faire mander les sieurs Moullec et Le Hars, notaires, pour me donner tels actes qu'il appartiendrait.
Ces notaires se rendirent au lieu de Brémillec, où se tenait l'audience. Je renouvelai, par leur ministère, mes récusations contre le juge et le greffier; je les déposai, et me fls donner un récépissé de ce dépôt.
Le 17, je fus de nouveau cité pour le 20 , et pour la même cause ; toujours soumis aux ordres de la justice, je me rendis à Taudienr^. Elle se tenait ce jour-là au bourg de Plonéour. Je trouvai I^ B. .. décidé à rester mon juge, el Q. .. à faire les fonctions de greffier. Je réitérai mes récusations, je les déposai; je me fis encore donner une reconnaissance du déptjt. Mais tout fut inutile : Le B... et Q... , récusés l'un cl l'autre , procédèrent à I information
tav le siuur I,c G... ri ses collègvu. 4 relirai, rn déclarant- que, dda k lenclemain, je me rendrSIs jt Pom- Crolx pour Taire statuer p-ir le tribunal snr les récusalions ({uc j'avais |iropON«es.
JamatH ia lot fùt-«lltt plus ntHOircst^nient violi^e? Etl-ce Ignorance. v%l-vt une infraction audacieuH et voloDiairc âcs TonneB ('tahlies par les d^n>l8 ^ Dans l'on et l'autre cas , Le B... et Q... sont tnexcuaablen et mrïrilent l'animail version des mai^islrals (ir^posés pour réprimer lfur« écarU. Le Codi; di* la Justine de paix doit-il ilonc leur flfc (^irangw' Voici re Codi« auiiucl je me suis confonn*; n Hait l«ur ^^{;le , il srra leur condamnation.
• La partie, qui voudra rAïuscr un juge Je paix, sera tenue «le former sa récusation el d'en exposer les motifs par un acte ([u'cllc d(']>06era au greffe du juge de paix, doni il lui sera donnd par lu greMer une reconnaissance faisant meniion tie l'acU; de ûf^t.
I I.tt juge de paix wra tenu de passer ati Itas île eei acte, dtim le délai ds drux jours , sa déclaration par ^-ril, ponuiiioosonconsen- (emenl a la réiiulsition , ou son refus de s'alislcnlr. avra ses réponses aux moyens «le r^usilion alléguas eooire tu!
• Les deux Jours étant expirés, l'acte de récusaiion sera remis par le icreffler a la parité rét:iisante, soU que h juge de t>aix ait passé sa diH^laration au lias de cel ncie, ou non; il tii sera donné décliargc au erelRer |iar la partie, si elle sait signer. •
f Lorsque le juire de paix aura déclaré acquiescer h In récusation, 0(1 n'aura passa aucune dêelaratioH . il ne pourra rester Juge et sera reinplac^^ par l'un des assesseurs.
t Si le juge de paix conteste l'acte de récusation et déclare qu'il entend rester juj», le jugement de ta récusation sera dèfirtau Iril'iinal du District, qui fera droit sur les simples mémoîn» des larlies, >
Lé It n'avait pas, dans le diilal prescrit de deux jours, fait sa
déeUrallon an bas de l'acle par lequel je l'avais r^usi< dés le lit. puisqu'elle ne me fut pas remise, lu 'in, lorsifue ]e reparus devant lui. Il était donc eeosé avoir acquiescé à la réeusaiion, et ne jiouvail plus, le iO. être mon Juge, aux lemies îles décrets .' rt quand il eût passé sa déclaration cl son refus de s'aiistenir, enuore tullail*!! attendre que la récusation vAl été Jugée par le tribunal du District . nvant de l'uutinuer m-s foaclions de juge dans ma cause, et d'entendn' les lémojns indiqués |iar mes dénonciateurs.
Je me rendis à PonUCroix, le 21 , uniquement pour faire Juger mes moyens de récusation. Je n'arrivai qu*à sii heures, et aussitAt je comparus au greffe pour y constater ma présence et Tobjet de mon voyage.
Le lendemain 22 , environ huit heures et demie du matin , Je me disposais à sortir pour visiter mes juges, lorsque je vis entrer le sieur C... maire de Pont-Croix, qui me dit que j'eusse à me tenir en état d'arrestation. Je lui demandai pourquoi, de quel droite de quel ordre et où était le mandat d'arrêt. Laissez-m'en copie, lui dis-je, pour que je puisse me pourvoir. Le maire étonné de mes demandes, ou interdit peut-être du coup d'autorité qu'il se permettait, me répondit en balbutiant : Quoi!,,., Uordrel,,. Ctst moi,,, je n'en sais rien.,, Mms il y a là deux hommes chargés de vous garder. Cette scène se passa dans une maison particulière où j'avais coucbé.
Le sieur C me fit transférer ensuite à l'auberge du nommé
Fromont, qu'on me dit être une maison d'arrêt.
Il faut se croire bien au-dessus des lois, bien sûr de l'impunité, pour oser commettre un pareil attentat contre la liberté d'un citoyen ! Six années de gêne font la peine prononcée contre celui qui, sans sans tenir de la loi le droit d'arrestation , se rend coupable de ce délit. La même peine a lieu contre tout geôlier et gardien de maison d'arrêt, de justice, de correction ou de prison pénale, qui recevra ou retiendra quelqu'un, sinon en vertu de mandat, ordonnance, jugement , ou autre acte légal.
I^ 22, au matin, j'écrivis à M. lo Président du tribunal, et lui demandai audience |)Our faire juj^er mes moyens de récusation. Accompagné du lieutenant de la gendarmerie, j'allai le 23, à onze heures, A la chambre du conseil, où on me dit qu'il fallait que je senisse un mémoire sur le bureau. Je me retirai pour le rédiger. A deux heures, je retournai au tribunal, escorté du concierge de la
maison d'arrêt. Mais jy étais à |)eine, que le sieur C fils.
président du directoire, me lit dire que j eusse à me rendre au lieu de mon arrestation. Je lui écrivis ce billet . • J'ai l'honneur de saluer
M. C et de lui ccrtiller que je suis, en ce moment, dans la
salle d'audience du tribunal.» Un instant apW's, le sieur C... me lit intimer un nouvel ordre. Tout le monde en resta stupéfait. M. le commissaire du Roi en demanda la représentation. On lui répondit qu'il fallait que je marchasst». et j'obéis. Je n'avais remis, sur le bureau, que le mémoire relatif à la reçu-
il'aynnl iwinl eu le Ipmpii de Unir celui
cnncernaiC son SKt&er. M. le Président m'Invita A achcvrr ce swond mi^niolrp, et eui lu bonti^ de me dire qu'il l'enverrait prendre, dt« ()i]'<in aurai! statii(^ sur le premier.
E[i cfTel , A trois ht^iirea e,t deinif , le grenier do Triliimal . iu son commis, vini A In maison d'an-t^l pour detair prendre a: mi^molre. mais on lui dit qu'il ne ma verrait pus. Il insista, en alli^uant l'urdn' qu'il avait re^ru du Iribunal. On lui répondit ffue, quand le tribunal se préMutiTail, en cor|is, il essuyemil lem^me rerns, V>Hce ronment. mi m fermer les rcnCires de ma chambre, et je ilcmeunii deux jours, au secret,
Ma position, il faul l'avouer, mil bien éimnge. Porc<* de quitter mes fonctions et mon asile, pour aller chercher A Pont-Croix une Justice qu'on me refusait au bureau i)e paii de Plont>our, Je suis nu Ri^rîs d'une loi [finale, arrêté par l'ordre arbilralre du sieur C... [HTe, chef de la iniinici|iallli^ . Je suis tenu au secret par l'ordre encore irbilr»ire e\ siiprhne (iu sieur f... Ills, |irêsidenl lie l'adminislralion. apr^ qu'il m'a fait arrucher dn sancttiuire des lois, oa J'Implorais leur puissance contre In persécution qni me poursuivait. Que d'aulorltf^ corrjurées contre moi '
Mais quelle Inspwtion M sienr C. .. (ils , surtout, pouvail-îl avoir sur ma personne V .l'ouvre le code de la polîcj' , et je n'y vois nidle pan que la constitution en ait, sous aucun rapport, dans aucun cas, (leli^gué l'exercice aux norgis administratifs, J'^lals d'ailleurs détenu, privi^ dénia liberté, et un citoyen en l'tal d'arrestation est sous la main de In justice : il apparlienl ti elle seule , el son sort ne (têpt^nd plus que de ses ministres. f>'i mon arrestation nvair Ht l^trjle. et que Je l'eusse enfreinte, eux seuls auraient pu m'en punir Mais l'autlience i laquelle j'as.slslal, â laquelle je ne me rendis (pie soils reflcori« de mon tçeOller, elle m'avHli i^t^ accordi''e par le tribunal, je n'y étals que de l'aveu, que de l'ordre des ma^slrals, et- la Coiisli- (ution, an. Iliftc 'd SKtiontie l'administration infcn'tirir, défend expressémciil aux administrateurs de rien entreprendre sur l'ordre Judiciulnv
l'iTlus, il ne serait pas facile de citer d'exemple d'un alius d'aulorilé, d'un acte de desiMilisme e1 de vlolenco plus révoltant que c^ux
que Je reproche :! l'un «t fi l'autre V Knierer un accusé h ses
jui!es, et rompre eiilFe eux toute rommunicaiioii ! Que deviendrait celle sauvegarde de la Itlierlé Imiicaiw, la distinction des ptiuinjrs.
si on en tolérait l'effrayante usurpation et le monstrueux assemblage, dans des hommes assez ambitieux, assez hardis pour les envahir tous?
J*espère que les sieurs C pour être président du Directoire et
maire de Pont-Croix, n'ont pas la prétention de se croire inviolabies, et que leur responsabilité solidaire me fera raison de leur attenUt contre ma liberté. Mais reprenons la série des faits.
Le 23 Fé^ier , tandis que j'étais au secret, le tribunal m'admit à
prouver la parenté d'entre le B et Jean le C. .. Je suis saisi
d'extraits, en bonne forme, qui constatent qu'ils sont beaux-frères. Il ne fut rien statué relativement à Q..., mon mémoire n'ayant pu parvenir à mes juges.
Ce même jour 23, dans l'après-midi , deux gendarmes de Qaimper me notifièrent un mandat d'arrêt décerné par le juge de paix de
Plonéour. On a vu que le sieur C les avait gagnés de vitesse,
et que, de sa pleine puissance , j'étais eu état d'arrestation dès la la veille, huit heures et demi du matin.
Ai-je oublié de dire que la loi permet, en certains cas, aux officiers de gendarmerie, comme aux juges de paix, de donner des mandats d'amener, mais qu'elle n'a investi que les juges de paix du droit d'arrestation , et que l'exécution des mandats n'est attribuée qu'aux huissiers et gendarmes ?
Le 25, je fus traduit, par deux huissiers, devant le directeur du juré, ([ui eut drt m'entendre dans les 2i lieures de mon arresUitioii. Je subis inlerrogaloîre, et le 29, le tribunal, jugeant qu'il n'y avait pas lieu à assembler le juré contre moi, ordonna que j'eusse été relâché, sauf la reprise des suites en tribunal de police correctionnelle.
Le juge de paix du canton de Plonéour s'est autorisé de cette dernière disposition pour statuer sur l'information qu'il avait faite le 20 Janvier , et pour me condamner, par sa sentence du 4 Mars, ;i r>00 livres d'amende et à un an de prison.
Pourquoi ne dirais-je pas qu'il est notaire , dans le canton ; quo cette sentence fut faite et rédigée, la veille, chez le juge de paix , au lieu de lîrémillcc. en Peumeurit, par un comité composé du juge, du
sieur B mon dénonciateur, du greflîer du bureau de paix , du
frère de ce greftier, officier municipal et mon dénonciateur; que le comité fiU pn'\sidé par un |>ersonnage officieux, que la nation salariait pour rester A Pont-Croix, et qui s'était fait conduin^ à Brémillec par le héraut du dirtYtoire ; que la fameusi» sentence qui me condamne
- (ijil -
rm principalemont son au\Tnge, le II t'Uial iikuipable J'en rédiger
une <iu[>lcoii(|iie, ii<^ ilAt-eIk éiK iiue Uo duux lignes?
Qu'il ust lAcbcux que ce c!iel'-d(i>iiïrc île latil il'eKii-llunU's li-tes rt'uiJleâ ne (wU cependanl i|u'uii tissj d'inc|>lii!s cl <l'absurdit6& ! Si It)
11 (|iioiiiuo dùaii;nl et lé^al<;mtfnt nVu.sC', enl«iidait reprendre les
suilca de la (inioi'ilurt' i-ummrncéu coiiLn- inoj, ÎI de>'ait du moins me cilcr devanl lui pour me faire donner Icciure de l'inlormation du m Junvier ; me demander «i j'avais des repi-iwhes ft fournirconlre les iHnoîns entenduK s] J'en voulais fhire entendre moî-ménie ; si J'avais des moyens de ilélense k iliMDin> ; n\ mon inieodon i^laft du me choisir un l'onsHI. L'article r.s de la loi relative S la police correi'tionnelle , Irii |in«mtaii rigoutrusemi'nt l'observai ion de ces formalilés. Il i^taii lullemeni obligû dr ai'eniendn^ qu*^, suivant l'article 50 de e^tte m^me loi, mm iM>ncliijjlons cl celles dri procureur dp la commune doiveni être llx^s par ikrit,
Si i(uefi]ue tihosf. pouvait ra'^lonner dans celte bizarn.' affaire, re .serait de voir la pn?seiicc cl la signature ilc oc prétendu concluant, n^lalc^ dans lP jugement du -i Mars. Guillaume G..., qui est ù lit fois procureur de la commune de PloniJour, et fournier du bourf, ii'ussisia pas. le :i , au comité de Brémillec. Il fut ce jour U. du matin bu Mir, occujié de ses fourmi, et plus embarrassé de sa cuisson que de sa magistrature, et de l'ajiplication du cod^ de police correctionnt'Ue, dont il ignore proliablL'menl I existence, tel, date dujugumejit, ilnequilla pas duvanlagi) le bourg (le riimtkiur, et le jaiïemcul ii élt' rendu sur tes cwnduKioas de Guillaume G.... qui n'a pasconclu. du Guillaume G..,, que je compte encore parmi les membres de la municipalité qui, le 2:t Janvier, m'ai-aleoi dénonce â l'ont-Croix , sur lea mi^mcs faits qu'on ï donnés pour liase au mémorable Jugement du dimanelie ^ Mars.
C'est k mon iléreoseur qu'il apitartiejil de m>uilrvr, dans tout leur jour, les vices, l'illf^gnlitt^. la nullité, I incompétence d'un pareil jugement. Pour moi, ainsi «pic je l'ai aiinouc^. Je m'en tiens au récit des faits. La publicité que je leur donne dissipera. Je l'espère, les impres.sii'ns qu'auraient pu laisser, dans l'esprit de mes paroissiens, 1i^ insinuations perHdes de mes ennemis , elle rassurera ma famille l'i meâ amis im]uiet«; elle calmera les Irop vives alunnes d'un pÈri' ocIi>gt'n»irp, dont la le&dresse pour moi i^'est accrue par l'actiarnemenl de mus persécuteurs; et s'il arrivait que i^ette publicité cm l'effet de conlejilr et de rappeler à l'onlre rem ijui. pour m'accabler,
onl franchi toutes les bornes, le service que j'aurai par là rendu à mes concitoyens, me consolerait bientôt de tant de chagrins qu'on m'a fait éprouver.
Je prendrai mes conclusions en plaidant, sous l'expresse réservation d'intimer qui il appartiendra, conformément aux lois relatives à la responsabilité.
F. S. MORVAN, Recteur de Plonéour,
COMPLAINTEN PE CLEMOU EUZ AR VELEYEN A CASTEL BREST
Euz a vouetet ar prison e pehini on dalc'her E criomp hirio ouzoch pobl mad a beb carticr, Ma pedot Doue evidomp en or poaniou grevus Evit ma tui dor soulen drc e c'hraçou nerzus.
Pourmenet a bafouet gant tud trevaliet, Da bep poent , e peb amser clasquel ac arrelf»t: llevel oc 11 lorfetourien gant archerien paqet, E Brest e zomp prisonict seiz mis so tremenel.
Abars antren er c'hastel, cvel Salver ar bed Da di Bilat cunduet, da Hcrodez cassot, Ne glevomp dre ar ruyou nemit on insulli Peb ini a song dezan caout guir dor maltreti.
Divoallet gant soudardet,deslumet eneursal, Privet ez or liberté n'ellomp quel surtial ; Ar yenien, an domder, un car fall, an anqen Ac eur bansion dister or rent oll clan souden.
Ar vam e deuz or ganet, on tad, or mignonet, An despet do fedennou, a do goelvan dourec, Ar c'hiagar en o calon, o deuz alies ranqet A dall persier or prison distrei beb or guelet.
Eur vanden tud decevet gant eur club arraget A c'houlen pe or maro pe evemp exilet : Var goulen en danserez sant lan a oue lazet , Ni a c'hed ive bemdez ma vizimp distrujet.
Lavaret a raed certen, pobi mad euz ar c'hanton, Evemp feçon pe feçon dîgn a bunitiun : Kac cvel loenet gouez bemdez omp porsuel, Ac evel criminalet omp goude prisoniet.
E pe feçon gouscôude, lîvirit ni o ped,
On euz ni bet meritet beza qer goal traitet.
Bed om-ni en o liez o laerez o madou;
Piou on euz-ni offancet peleach e m' or chrimou?
A lavaret on euz-ni d'ar bobi oa permetet Enem armi a eneb o superioret ?
Deut omp-ni do c'houlia, da glaza, da laza Ncp a vezo digacet noz a deiz dor paqa^
Nequct ni a zo cheinchet, c'hui eo o tilezel Or mam an Ilis romen ac e doctrin santel. Ni non euz birio c'hoaz nemet ar memez feîz Epad pcTarzec cant vloas prezegueideomp e Dreiz.
Pa vez en d^ prisoniet evez interroget, En alvocat a cboaz ac en e blaz a bled : A zeiz mis so prisoniet nomp quet intcrroget, Ne vemp quel mêmes lezet da choas alvocadet.
Divar raport an testou nep a vez prisoniet A die beza condaonet pe ractal dilivret: En on enep ne deuz quet na clem na test ebel, Perac-ta om-ni ama queit amzer zo dalhet ?
Memprou an departamant noant qaet aatoriset Dor c'haz na da brisoniou, na da exil ebel: Rancout a reomp gouscoude chom er prison ato Dre urz an departamant, pe guitaat euz or bro.
Anvet ez eus barnerien e rouantelez Franc Ac emiquen ar reze a bel rei ar setanç; Peleach ema ar barneur ac en deuz ordrenet Evemp epad queit amser er c'hiz-ma prisoniet?
Brema ec'hel peb inl de c'hiz a dé feçon Ervez lezen ar stadou chench a religion : Choazet on euz oc'b hini, va Jésus biniguet, Ac er crim eo adori nep en deuz or crouet ?