‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le departement du Doubs, de 1789 à 1801, d'apres les documents originaux inéditsChapitre 3 sur 31 · AVERTISSEMENT. VII · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. VII

ment d'être traités à des conditions aussi favorables, cependant, si l'on jugeait les acteurs de la Révolution seulement sur la part avérée qu'ils y ont prise, on serait encore exposé à être trop sévère, car la plupart d'entre eux valaient beaucoup mieux que leurs actes ; leur vie privée, plus abritée contre le torrent qui les entraînait, était souvent un heureux démenti de leur vie publique ; et il n'était pas rare, à cette époque, de voiries proscripteurs cacher à l'ombre de leurs propres foyers, les malheureux qu'ils venaient de vouer au glaive de la loi dans les comités et dans les clubs.

Un grand nombre de ces hommes égarés avaient eu une enfance très chrétienne ; et dans leurs dernières années, visiblement attristées par le souvenir des erreurs qu'ils se reprochaient au moins aussi amèrement que peut le faire l'histoire, ils ont donné l'exemple des vertus et souvent même d'une piété auprès de laquelle notre tiédeur ne trouverait qu'à s'humilier. Ces sentiments religieux sont ceux qu'ils ont presque tous légués à leurs descendants, parmi lesquels l'auteur se flatte de compter plusieurs amis et pas un seul ennemi personnel. L'Eglise, habituée à de bien plus étonnants retours, se réjouit depuis longtemps de voir les héritiers de ces enfants prodigues peupler les rangs de ses vierges et de ses ministres; et naguère encore, dans la manifestation si mémorable et si unanime de notre province en faveur du Saint-Siège menacé, elle a vu les familles et les paroisses qui s'étaient, le plus égarées autrefois dans nos dissensions religieuses, rivaliser de générosité et de dévouement avec les plus lidèles.

Lorsque le concordat eut tout fait rentrer dans l'ordre et dans la paix, les vaillants athlètes de la persécution, obéissant au premier précepte de leur foi, n'eurent plus pour leurs anciens adversaires désarmés, que cette affection plus tendre qu'on éprouve pour des frères revenus de plus loin. La postérité de ces derniers doit retrouver au milieu de nous quelque chose de ce sentiment délicat, uni à la juste considération que commande le mérite personnel ; tout autre sentiment à son égard serait un outrage au sens chrétien et h. l'équité la plus élémentaire. L'auteur de cette Histoire serait donc extrêmement affligé, et son but non moins

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