VIII AVERTISSEMENT
méconnu, si les révélations douloureuses auxquelles le condamne la suite de ce récit, pouvaient laisser d'autres impressions que celles d'une estime et d'un respect plus profonds pour les personnes dont les vertus honorent aujourd'hui, parmi nous, des noms qui, dans un jour déjà éloigné d'égarement général, ont pu se trouver unis à des faits plus ou moins déplorables.
Sans doute, le souvenir de ces faits doit être conservé pour notre instruction commune, et nous apprendre à tous, quel que soit notre drapeau, le respect, la modération, la justice et la tolérance réciproques. Ces faits, formant d'ailleurs une partie essentielle de l'histoire, ne peuvent être ni effacés ni déguisés, et il n'est pas plus permis de leur enlever la qualification qu'ils méritent. Mais à l'égard de leurs auteurs, même les plus coupables, la religion qu'ils ont combattue ne se contente pas, comme la justice, d'exiger qu'ils ne soient accusés que sur des preuves positives; elle commande encore de rechercher, en dehors des pièces du procès, tout le bien qu'ils ont pu faire, d'abord pour atténuer et ensuite pour effacer leurs torts. L'auteur s'est livré avec autant de soin que de plaisir à cette douce partie de sa tâche ; malheureusement, si les documents officiels ont enregistré avec trop de fidélité pour nos révolutionnaires les faits regrettables de leur vie publique, ils sont naturellememt muets sur les bonnes actions de leur vie privée; et le souvenir ne s'en est guère conservé que dans leurs familles ou dans celles qui ont eu à se louer de leurs bienfaits. L'auteur prie donc les personnes qui, à un titre quelconque, s'intéressent à leur mémoire, de vouloir bien lui communiquer tous les renseignements propres à la servir. Il sera toujours heureux de mettre en lumière ce qui peut honorer l'humanité en général et ses concitoyens en particulier.