CULTE DB L'ÈTRB SUPRÊME
à fonner des compagnies d'hommes probes, d'hommes de mœurs, qui porteront des paroles de paix et d'instruction à DOS braves cultivateurs.... Ils peuvent compter sur la récolte la plus abondante. »
Ce fut le 9 mai que le représentant Lejeune alla tenter la conversion du district de Saint-Hippolyte, et naturellement ce fut par le club de cette ville qu'il commença ses prédications : <( Le représentant a fait un discours pathétique et touchant, dit le secrétaire du club, pour ramener au giron de la patrie les esprits égarés par le fanatisme ou efirayés par la terreur imprimée dans leurs âmes par les charlatans. Il a fait sentir les rapports de l'homme à l'Etre Suprême et la différence de la vraie religion avec le cagotisme. Il a rappelé les citoyens à la tolérance^ à la fraternité et à toutes les vertus morales et politiques. Ce discours, couvert d'applaudissements réitérés, a été terminé par une prière civique, faite en commun devant l'Etre Suprême par le représentant, des mains duquel le peuple, avec une avidité inouïe, en a arraché un grand nombre d'exemplaires, qui n'ont pas pu suffire pour la moitié des assistants. » Pour cultiver ces pre> miers germes, Lejeune envoya, le 26 mai, au président du district, un ballot d'exemplaires du fameux rapport de Robespierre en faveur de l'Etre Suprême, en l'invitant « à le distribuer avec profusion et à répandre par tous les moyens possibles, les principes de morale universelle dont ces écrits immortels étaient remplis. Tu auras la gloire, ajoutait-il en finissant, de propager les vérités saintes dont le genre humain doit attendre sa rédemption et son bonheur, n Le 7 juillet, en donnant une nouvelle administration à ce district, Lejeune lui recommanda expressément de tenir sévèrement la main à l'observation des fêtes décadaires, et de faire punir ceu)L qui auraient la témérité d'enfreindre la loi à ce sujet.
Le proconsul trouva, dans les volontaires cantonnés sur les frontières du district, des auxiliaires dignes de son apostolat. Le 15 mai, les officiers municipaux de Blancheroche se plaignirent au district que le capitaine du 8*" bataillon de la Côte-d'Or, en garnison chez eux, leur avait enjoint, pour la décade suivante, non-seulement de débarrasser la chapelle