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forcenés contre la religion et contre ses ministres fut le bri- ^dierDemante, commandant au Yaldahon. Etant allé faire une perquisition dans le village d'Ouvans, si dévoué aux prêtres fidèles, il entra dans l'église, monté sur son cheval et suivi de deux compagnons. Il attacha son cheval à la table de communion, monta sur l'autel, effondra le tabernacle et, prenant le saint-ciboire, vint communier son cheval. Les deux gendarmes, muets d'étonnement^ le regardaient faire. De retour au Yaldahon, Tun d'eux raconta à sa femme l'horrible scène dont il venait d'être témoin. Cette femme fut prise d'un tremblement nerveux et affirma que le brigadier aurait une triste fin. En effet, quelques années plus tard, les mêmes gendarmes étaient allés, avec M. Dutois, maire de la Villedieu, dans un village voisin du Yaldahon. C'était au printemps ; un orage qui survint les afant retenus très longtemps chez leur hôte, nommé Débiez, ils prirent des chemins de traverse pour arriver au Yaldahon avant la nuit. Les chevaux allaient vite , celui du brigadier était en tête. Lorsqu'il se trouva dans un bas-fonds, où une flaque d'eau, d'environ un pied de haut, était recouverte d'une blanche poudrée de grésil, le cheval s'arrêta, se renversa sur son cavalier, le broya en se roulant sur lui dans la neige et dans la boue ; ensuite, se frappant lui-même la tête, cette tête qui avait été communiée, il s'assomma sur le corps de son maître, sans que les efforts ni les coups des autres gendarmes elde M. Dutois, qui était accouru à leurs cris, fussent capables de l'arrêter.
Une partie des saintes dépouilles de nos temples prit le chemin de la Suisse. « Nous vîmes, dit M. Fauche-Borel dans ses Mémoires^ déballer à Neuchatel une grande quantité de tableaux, de sculptures, de vases, des ornements d'autel et jusqu'à des missels. Ces différents objets furent transportés dans plusieurs cantons cathoUques delà Suisse avec l'espoir de les vendre. Mais on eut partout horreur de ces brocanteurs sacrilèges ; et l'un d'eux, obligé de se rembarquer sur le lac de Neuchatel au cœur de l'hiver, fut assailli par une tempête et mourut peu de jours après, saisi par la peur et le froid. Cet homme était le sculpteur Bontry. » Certains ob-
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jets, tels que les grandes et belles orgues des églises de Besançon, ne purent même- pas trouver d'acheteurs, et Ton voit, le 31 mars, le département décider que les orgues des dominicains, des cordeliers, des antonins, des minimes et des bernardines, seront démontés ; que les matériaux en seront transportés à l'arsenal, et les soufflets, livrés au citoyen Brincourt, inspecteur de Tarmée du Rhin , comme soufflets de forge, pour le ferrage des chevaux.
La Convention ne s'étant pas expliquée sur l'emploi à donner aux presbytères abandonnés par les curés, les districts décidèrent qu'ils seraient loués au même titre que les autres biens nationaux. Des affiches furent apposées à cet effet, et le district d'Omans nomma même un conmiissaire dans chaque canton pour activer les amodiations. Le notaire Vuillier, tyran du canton d'Ofrchamps, se montra en cette circonstance, commme toujours, Tennemi le plus implacable de la religion. Plus d'un mois avant que le district eût délibéré sur l'emploi des presbytères vacants, et immédiatement après l'abdication de l'intrus Hugon, Vuillier, craignant que les chrétiens constitutionnels, qui formaient dans cette commune tout l'effectif du parti révolutionnaire , n'appelassent un autre prêtre , imagina , pour les en empêcher, de louer sur-le-champ la maison curiale ; et comme il redoutait encore qu'ils ne la prissent en location , il s'empressa de passer un bail secret et irrégulier au nom d'un de ses séides et l'envoya, le li juin, au département avec la lettre suivante: u Je vous dépèche par un exprès qui marchera toute la nuit, le double du bail ci-joint, aân qu'il reçoive l'autorisation qui lui est nécessaire. Tel est le seul parti qui nous reste pour exterminer finalement le fanatisme. Il lui faut un grand remède, un remède violent, parce qu'il est plus enraciné que jamais. Toute la municipaUté répugne à l'éloignement des prêtres, et elle se prépare à en rétabUr un nouveau. Ce serait sans doute Guinchard, chassé du Luisans , et qui dessert présentement les Foumets sans autorisation quelconque. Les deux officiers municipaux dénommés au bail sont les plus ardents, les autres ne disent rien, l'agent national et le maire disent qu'ils ne savent pas si la ci-devant cure est une maison na-
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tionale. Une amodiation que j'en aurais fait faire, suivant les formes prescrites par la loi, n'aurait eu d'autre mérite ou d'autre effet que d'en voirie bail laissé à un fanatique, pour faciliter le projet de rétablissement d'un prêtre. Certes je ne peux ni ne dois favoriser des vues aussi extravagantes, et j'ai été, dès l'abord, convaincu que telles sont les circonstances, qu'il ne m'était pas permis de faire affermer la sainte cure par-devant commissaire et après affiche. D'ailleurs il ne s'agit que de neuf mois, et le ci-devant curé a déjà reçu de la municipalité 20 livres , pour Tengrais qu'il prétend avoir mis dans le jardin. Jugez si le projet est vrai pour le rétablissement d'un nouveau prêtre. Vous ^ citoyens^ qui avez reçu les paperasses d'Hugon, ne pourriez-vous pas faire une semonce convenable à la municipalité, en lui enjoignant de fermer la ci-devant église jusqu'à nouvel ordre? »>
En présence d'une illégalité aussi flagrante , le département, il faut l'avouer, éprouva un honnête embarras ; pour tout accommoder, il déclara que les raisons qui avaient déterminé Vuillier, receveur de l'agence nationale, à passer bail du ci-devant presbytère au citoyen Brachotte , moyennant 60 livres, étaient vraiment urgentes, et qu'il était essentiel de procurer promptement des secours à l'humanité souffrante en y apphquant le produit du loyer de ce presbytère, conformément à la loi; mais que, cependant, il n'était pas au pouvoir de l'administration d'approuver un bail qui n'était pas revêtu des formes légales ; qu'en conséquence^ le représentant Lejeune était prié de vouloir bien interposer son autorité toute-puissante, pour un objet aussi urgent, et d'approuver le bail passé par Vuillier.
Les églises rurales avaient une destination toute trouvée : elles étaient devenues à la fois temples de l'Etre Suprême et temples de la Raison; car Robespierre eut beau faire pour en éliminer cette dernière divinité , les jacobins s'obstinèrent partout à la garder, sauf à la marier à l'Etre Suprême. Gomme on l'a vu par toutes les pièces rapportées plus haut, la déesse garda même habituellement le pas sur le dieu et conserva toutes les préférences delà démagogie. Elle avait en effet quelque chose de moins élevé , de moins ans-
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tocratique, de moins chrétien, quelque chose déplus «anaille qui plaisait davantage. Mais dans les villes, où la moindre des églises pouvait suffire aux fidèles du nouveau culte, il se trouvait de grandes et belles nefs dont chaque pierre représentait un élan de Fâme vers .Dieu ou un pieux sacrifice, et pour lesquelles on trouva d'autres emplois. Le district de Besançon arrêta^ le 1 1 juillet^ que les églises de Saint-Paul^ de Saint-Marcellin, aujourd'hui Notre-Dame^ et du Saint-Esprit, seraient mises à la disposition du chef d'escadron Meunier pour y loger trois cent quarante chevaux. Les églises des dominicains, des cordeliers et des grands carmes étaient déjà des écuries militaires ; l'église de Sainte-Madeleine était un magasin de fourrages ; celle du séminaire un magasin de paille, celle des carmes de Battant un entrepôt de viandes salées, celle des carmélites un dépôt de matelas. Enfin dans un rapport qui lui avait été demandé par le département, l'architecte Colombot ajoutait, le 28 novembre 1794 : « L'église des bénédictines serait des plus convenables pour un magasin à avoine. La position de l'église Saint-Maurice est avantageuse pour la livraison journalière des avoines aux casernes. La ci-devant église de Saint- Pierre est on ne peut plus commode pour y verser les sons. L'archevêché est destiné pour le magasin à blé, et le bâtiment des oratoriens, pour le logement des charretiers des transports. )> Les couvents étaient presque tous transformés en prisons ou en casernes.
XIV. Ce n'était pas assez d'interdire les prêtres constitutionnels et de fermer leurs églises ; il y avait encore , au-dessus de ces églises, sur leurs façades, sur celles des maisons particulières, au milieu de la campagne, des croix et des statues propres à conserver le souvenir de la religion anéantie. La proscription ne pouvait manquer de s'étendre à tous ces pieux symboles, et à défaut d'une loi positive, une interprétation ingénieuse du décret qui instituait un nouveau culte national, un mot d'ordre parti du club jacobin de Paris , suffisaient bien pour faire disparsutre aussitôt, d'un bout de la France à l'autre, tous les vestiges du christianisme. « 11 est singulier, disait la Vedette du 1^' mai, qu'un républicain ne puisse par-
courir las raes de Besançon sans trouver des objets qui blessent sa vue. Ses affaires le conduisent-elles dans la rue Vincent, deux statues mitrées et crossées, placées au haut du portail de l'église du ci-devant séminaire, semblent le regarder effrontément et lui dira : Crois-tu que je n'aie pas encore ici des partisans ? Pourquoi donc les effigies de ces vieux suppôts du fanatisme subsistent-elles encore ? » Le 31 mai, l'agent national du district de Besançon, s'autorisant d'une loi qu'il se dispensait sagement de désigner, adressa aux agents de toutes les communes la circulaire suivante : « En exécution de la loi qui veut que tous les signes extérieurs de cultes quelconques soient détruits , et ensuite des ordres qui m'ont été donnés par le citoyen Lejeune, je te requiers, sous ta responsabilité personnelle, de faire enlever dans trois jours, tous les signes extérieurs du culte catholique ou autres, tels que les croix sur les clochers et les oratoires, les croix de mission et autres qui pourraient exister sur le territoire de ta commune; enfin jusqu'aux petites figures qui pourraient être nichées dans les arbres. Que tout ce qui peut entretenir le fanatisme et la superstition disparaisse à Tinstant du sol de la liberté, qui en a été trop longtemps souillé , pour le malheur du genre humain. C'est injurier la majesté de l'Etre Suprême que de lui rendre nos hommages sous des formes bizarres et ridicules. 11 est trop puissant, trop juste, trop généreux, pour ne pas recevoir directement nos vœux qui partent d'un cœur pur. Que notre offrande soit sincère, voilà ce qu'il exige ; voilà ce que nous lui devons ; voilà ce que toute âme honnête lui présente. Comme dans ces destructions il doit se trouver du fer, je t'enjoins aussi de le faire transporter, dans le plus bref délai, au magasin du district. Ta municipalité est responsable du présent ordre, et, dans le cas où il ne serait point exécuté dans le temps prescrit, je me charge d'y faire procéder aux dépens des membres de la municipalité et aux tiens. Tu notifieras la présente à ta municipalité, et si quelqu'un y apportait quelque obstacle, tu dresseras procès-verbal des faits, tu me le feras passer pour faire poursuivre les coupables comme réfractaires à la
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loi, et les faire condamner aux peines qu'elle inflige. Tu m'accuseras réception de la présente. » Le citoyen Rambour, tout en recevant les confidences de TEtre Suprême sur le genre de culte qui lui était le plus agréable, n'oubliait pas, comme on le yoit , les intérêts plus terrestres de la république ; la réquisition des fers et la métaphysique se prêtaient sous sa plume un mutuel appui. L'enlèvement des croix qui surmontaient les clochers était une opération pleine de difficultés et qui causa des dépenses considérables ; la petite commune de Vaux entre autres n'en fut pas quitte à moins de iiO hvres.
La destruction des signes extérieurs du culte ne suffit encore pas à la haine et à l'ardeur inquisitoriale du club de Besançon, et plusieurs de ses membres demandèrent qu'on allât jusqu'au sein des foyers domestiques en arracher les derniers vestiges du christianisme. « Quelques membres, dit la Vedette du 17 juin, après avoir parlé de l'afiectation des fanatiques à conserver et à multiplier les signes des erreurs religieuses^ ont présenté ces images comme de véritables emblèmes de la contre-révolntion> auxquels se raUient les aristocrates, qui ne les font circuler qu'entre les mains des affidés. Ils ont dit que ceux-là ne pouvaient être que des hypocrites et des faux patriotes qui, paraissant adhérer extérieurement aux principes mis à l'ordre du jour, conservent chez eux des signes superstitieux et ridicules. Ils ont fini par demander la proscription de ces signes, ainsi que de toutes les saintes caricatures qui n'ont pas eu place sur le bûcher que le peuple a vu réduire en cendres avec satisfaction. )) Les chefs-d'œuvre même de la peinture religieuse n'étaient plus que des caricatures aux yeux de ces sauvages renégats.
Les répubUcains du Doubs ne laissèrent pas briser leurs croix sans les défendre, et il s'ensuivit plus d'un conflit et d'une bataille. Ces résistances exaspéraient la Vedette. c( Pendant qu'on abattait partout les signes extérieurs de la religion ci-devant dominante, disait-elle le 5 juin, pendant que la philosophie, qui avait préparé cet événement, s'applaudissait du succès^ même dans nos montagnes , car
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des lettres de Marteau, Ornans et Clerval nous apprennent que les gens des campagnes ont vu avec la plus grande indifférence abattre les croix et les saints , preuve qu'ils sont plus mûrs qu'on ne pense , les habitants d'une commune do district de Baume faisaient tomber sous leurs haches des aiv bres de la liberté pour en faire des croix. Bien plus, des volontaires qui s'étaient amusés à démolir et i renverser une grande croix de pierre qui offusquait les regards républicains, ont été saisis, maltraités ; et on leur a fait payer 480 livres, pour de prétendues réparations à faire. Et c'est l'an sixième de la liberté que de pareils excès se commettent! Et il y a dans Baume un district témoin de pareils désordres, et qui garde le silence I... Habitants de Baume, Société populaire, et vous patriotes de 1789, avez-vous épuisé vos forces en combattant l'aristecratie, et ne vous en resterait il plus pour combattre et terrasser le fanatisme?... Montrez- vous patriotes et philosophes, car il n'y a point de vrai patriotisme sans philosophie. Et vous, administrateurs, recherchez promptement les auteurs d'un délit aussi grave, et Hvrez-les sans respect humain à toutes les sévérités des lois. »
Le district de Baume s'émut des accusations dirigées contre lui, et il répondit, le 41 juin : <(Le fait dénoncé a eo heu à Fontaine, il y a quelque temps. Un jour que la diligence de Strasbourg à Besançon avait versé , vis-à-vis les restes d'une croix démoUe par les voyageurs de la diligence précédente, certains particuliers de Fontaine, imputant cette démolition aux voyageurs de la diligence renversée, exercèrent envers eux Tes voies de fait les plus crimindles, en les contraignant par la violence à leur nantir une ^mme, au point de les menacer la hache à la main. L'administra^ tion, qui, jusqu'ici, a ignoré des faits aussi atroces, va s'empresser de les dénoncer à la justice. )>
Dans le district d'Ornans, la commune de Flangebouche obtint, le 43 juillet, de la Vedette^ cette mention honorable, dont la honte ne retombait, de l'aveu môme du journaliste, que sur un très petit nombre de terroristes. « Flangebouche , longtemps livré à l'erreur par les suggestions du prêtre Clément, qui, depuis la Suisse, y entretenait les cor-
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lespondances les plus suivies et les plus criminelles, com« mence à se mettre au pas révolutionnaire, et à se purger du venin de l'aristocratie et du fanatisme. La Société populaire qui s'y est formée fait le plus grand bien dans les en* virons. Bile est peu nombreuse, mais son courage et son zèle suppléent au nombre. Elle a fait abattre les signes extérieurs du culte catholique et substituer à la croix du clo* cher le bonnet de la liberté. »
A Pontarlier, ce fut le club qui prit l'initiative de la proscription des saintes images. Dès le S9 avril il décida qu'une pétition serait adressée aux autorités, pour les requérir « de débarrasser les temples de la Raison des signes delà superstition des prêtres, en y substituant les attributs de la liberté, et d'ordonner, conformément à la loi, la destruction des agnes extérieurs du fanatisme existant sur les clochers, les cimetières et les grandes routes. x> Le district s'empressa de répondre à ces vœux si conformes aux siens ; et il écrivit, le i2 mai, à toutes les municipalités et à tous les comités révolutionnaires de son ressort : « La loi qui ordonne la suppression de tous les signes extérieurs du fanatisme vous est parvenue, et vous n'en avez pas procuré l'exécution. 11 existe encore dans votre commune grand nombre de ces signes matériels ; vous ne devez pas perdre un instant poifr les faire enlever. En les laissant plus longtemps subsister, vous nous forcerez de vous considérer et de vous dénoncer comme les partisans du fanatisme, comme ses fauteurs, conséquemment comme suspects de favoriser les projets liberticides des ennemis de la republique. »
Malgré une invitation si pressante, la destruction des signes du culte catholique éprouva de grands obstacles, même dans la ville de Pontarlier. En vain, sur la réquisition de ragent national, la municipalité arrêta-t-elle, le \3 mai, (I que les signes extérieurs du fanatisme qui n'existaient plus qae sur les bâtiments nationaux, seraient enlevés par Gresset, de la forge, et Grillon ; » en vain la Société populaire offritrelle d'enlever à ses propres frais « tout ce qui rappelait le culte catholique dans le temple de la Raison, » le dépouillement intérieur de l'église Saint-Bénigne souleva une opposition
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générale de la population. La municipalité elle-même, à qui il répugnait de détruire les tableaux nombreux et les statues dont cette église était décorée^ crut devoir parlementer et offrir une transaction aux délégués du club iconoclaste. Ceuxci exposèrent donc, à la séance du 14 mai, « que la municipalité avait bien fait abattre ou disparaître les effigies des évèques , mais qu'elle avait laissé les portraits des apôtres, ainsi que d'autres personnages dont le costume n'était pas essentiellement fanatique^ et qu'elle désirait les conserver, au moins à titre de monuments. » Le club répondit qu'il ne voulait pas plus des apôtres que du reste , et que tout devait disparaître. La municipalité n'ayant pas tenu compte de cette injonction, de nouvelles plaintes s'élevèrent, au sein du club, dans la séance du U mai. Un membre fit observer c( que les signes du fanatisme et de la superstition des prêtres souillaient toujours le temple de la Raison, malgré toutes les pétitions et démarches de la Société, o 11 demanda, en conséquence, que deux commissaires fussent nommés, séance tenante, pour se présenter de nouveau à la municipalité et lui répéter « que la Société se chargeait de débarrasser, à ses propres frais^ tous les tableaux et signes déraisonnables, et de les faire déposer dans tel lieu qui serait indiqué. » La municipalité finit par céder à cette troisième sommation, appuyée d'ailleurs par celles du comité révolutionnaire.
L'enlèvement des croix qui surmontaient les églises et les chapelles des couvents de Pontarlier, n'éprouva pas moins de difGcultés. Le district eut beau intervenir lui-même, appeler les ouvriers, convenir d'un prix avec eux ; tandis qu'il croyait avoir consonmié la ruine des clochers, tout restait encore à faire et les ouvriers ne se mirent nullement en peine d'exécuter les promesses qu'on leur avait arrachées. Alors le district se fâcha ; et, le 49 mai, il décida que tous les charpentiers et autres ouvriers de la ville seraient mis en réquisition, pour enlever les croix dans le délai de vingtquatre heures, sauf à recevoir paiement suivant la taxe. U chargea le citoyen Guyon d'assurer l'exécution de cet arrêté et de lui rendre compte des obstacles qu'il pourrait rencontrer de la part des ouvriers mis en réquisition. Le district autorisa