‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 2)Chapitre 27 sur 59 · VI · texte numérisé non relu

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de vigilance, autant que la gène où je me trouve a pu me le permettre, et vers deux heures et demie après diner, j'ai vu, par le trou de la serrure de ma porte, un des prêtres se glisser furtivement dans la chambre du guichetier; je ne puis pas préciser lequel c'était; mais à en juger par l'habillement, ce devait être Lornot. Dans la nuit du 44 au 15^ la femme Gandillot est également accouchée. Le bruit m'ayant éveillé, je me levai aussitôt , parce que je craignais qu'on ne profitât de la nuit pour faire monter un des curés qui couchent actuellement dans les loges du bas. Je restai quelque temps au trou de la serrure, mais n'apercevant rien et tombant de sommeil après une première nuit blanche, j'allai me recoucher, comptant me réveiller assez tôt pour voir si l'on ferait entrer l'un des prêtres. Mais je ne me suis réveillé qu'après six heures du matin, et ils ont eu tout le temps de faire leur manège sans que je m'aperçoive de rien. S'il y avait un moyen à prendre pour que le guichetier ne perdit pas sa place, je te prierai de l'employer. 11 est chargé de famille ; d'ailleurs^ je le crois honnête homme. On pourrait le changer de service en l'envoyant à la prison des femmes, où il aurait la même paye, et on mettrait à sa place un bon sansculotte qui ne ferait pas tous les mâckots des curés, en colportant leurs papiers qui entretiennent et alimentent le fa- ^ natisme, comme le citoyen Voisard, agent de police, te le ditj un jour que tu faisais une visite, et où tu lavas très vivement la tête au guichetier. » Cette lettre fut transmise au comité révolutionnaire, dans les papiers duquel elle a. été retrouvée. Fit-elle perdre au pieux guichetier la place qu'il occupait? on l'ignore ; mais ce n'en est pas moins un beau et touchant spectacle que cette jeune femme^ déjà malade^ abandonnant tout le confort de sa demeure, et venant , appuyée sur le bras de son mari, faire ses couches dans une prison , afin d'être rapprochée d'un des prêtres détenus placés sous la garde de son père ; et toute cette famille s'exposant aux plus grands dangers, pour que la grâce du baptême soit assurée à l'enfant attendu , dès le premier instant de son entrée dans la vie. Cette lettre nous montre encore un autre spectacle non moins beau ; c'est celui des trois prêtres

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