LBS FIDÈLES AU TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE DU DOUBS
été choisi pour travailler à la Correspondance des arts et de Vagricuiturey et avait fourni au ministre de l'iatérieur un mémoire utile sur les épizooties. Il était fort aimé de la population et était resté, jusqu'à la fin de 1792, maire de sa commune. Au mois de décembre de cette année, il avait été traduit une première fois, comme on l'a vu , au tribunal de Saint-Hippolyte, pour de prétendus propos contre-révolutionnaires; mais l'iniquité des fermiers voleurs et infidèles qui l'avaient dénoncé ayant été reconnue, il avait été acquitté. Il s'était alors retiré au milieu du bon peuple deFramboubans, dans l'espoir de s'y mettre à l'abri de ses ennemis ; mais, poursuivi dans cette nouvelle retraite, et décrété d'arrestation comme suspect au mois de juillet 1793, il avait pris un passe-port en règle dans sa commune, avait passé dans le district de Pontarlier, et s'était installé sans bruit dans une ferme de M. Jacques Barbaud, son beau-père, sur le territoire de la Chaux, près de ÎSlontbenoît. Le 7 septembre, le district de Saint-Hippolyte le frappa par une de ces mesures qui simplifiaient si admirablement la marche de la justice, et l'inscrivit sur la hsle des émigrés.
Cependant, huit jours après son inscription sur la liste fatale, le H septembre, le prétendu émigré était conduit devant le district de Pontarher; et ses deux gardes, Nicolas-Joseph Baverel, chef de bataillon, et Querry, lieutenant de la garde nationale à la Cbaux , déclaraient ft qu'ayant appris que des gens suspects s'étaient retirés sur la montagne du Chaumont, chez Joseph Chevènement , ils étaient entrés dans sa maison et y avaient trouvé un inconnu qu'ils avaient sommé de décliner ses nom et quaUté , et d'exhiber ses papiers; que cet inconnu avait déclaré se nommer Alex.-Phil. Guyot, cultivateur à Frambouhans, âgé de soixante ans, et n'avoir pas quitté un seul instant le sol de la république depuis la défense qui en avait été faite; mais qu'il — lit avoué être le fils cadet de la ci-devant maison de Maîche le parent du ci-devant Malseigne, au troisième degré. » ^s deux derniers crimes étaient plus que suffisants ; iSi le district , sans tenir aucun compte du passé-port réier dont M. de Maîche était pourvu, déclara-t-il « que le
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prévenu étant un ci-devant seigneur et un parent de Malseigne, qui passait pour être le chef des brigands et des révoltés , il était possible qu'il fût lui-même l'un des auteurs de l'insurrection, d'autant plus qu'il avait été trouvé comme errant dans les lieux voisins du pays insurgé; qu'en conséquence, il serait écroué dans la maison d'arrêt. »
Informé de cette importante capture, Renaud, procureur général du département , écrivit le 17 septembre au district de Pontarlier, de faire conduire sur-le-champ ce contrerévolutionnaire à Besançon sous bonne garde, parce que les prisons de Pontarlier n'étaient pas assez sûres, et qu'il était de l'intérêt de la république de s'assurer le plus complètement possible de ses ennemis. Le surlendemain, les ordres furent donnés en conséquence à la gendarmerie , et le 26 , Bulliard , membre du département , se rendit à la prison criminelle de Besançon pour procéder à un premier interrogatoire du détenu.
M. de Maîche répondit qu'il ne connaissait aucun des auteurs de la révolte des montagnes, et qu'il n'y avait participé en aucune façon ; que tout ce qu'il savait, c'était que le bruit d'une levée en masse de tous les hommes de seize à quarante ans avait jeté la consternation dans tous les esprits, et les avait sans doute poussés à cet acte de désespoir. Il ajouta qu'il avait voyagé autrefois en Suisse pour herboriser, mais que ses excursions n'avaient jamais duré plus de six semaines, et que la plus récente remontait à deux ans; qu'il était veuf depuis quatorze mois et n'avait qu'un fils âgé de douze ans, qui résidait chez son aïeul à Pontarlier; qu'il cultivait lui-même ses terres et les avait affermées seulement depuis quelques jours, et enfin qu'il ne fréquentait que des cultivateurs. A la suite de cet interrogatoire, le département arrêta « que Guyot, convaincu d'avoir voyagé dans les montagnes avant et pendant l'insurrection, était déclaré suspect de complicité avec les insurgés, maintenu en arrestation, et dénoncé à l'accusateur public. »
Lorsque l'accusateur Rambour eut M. de Maiche entre les mains, il ne négligea rien pour le perdre. Il fit venir du district de Saint-Hippolyte treize témoins, y compris Modeste