XII. Le 3 juin, Rambour père , agent national du district
de Besançon, dressa, conformément à la loi, la liste trimeS"
Irielle du jury. C'était un choix de soixante gredins parfaite^
ment sûrs, dont on peut juger par les suivants : Magnenet,
Monnoye, Jeannin et Crépin, cordonniers ; Clavey et Per"
pay a, aubergistes ; MaruUier, cafetier ; Olivier, menuisier, et
OUvier, couvreur; Chevalier, ferblantier; Trimaille aîné,
commissaire de police; Mathieu, garde-magasin; Piedmoor
lois et Delcey, négociants ; Bellegingue, Beuque fils, Gouvejv
net et Briot. Quant aux juges, ils avaient vu leurs pouvoirs
yi prolongés deux fois illégalement par Bassal et par son
iccesseur. Le moment était venu aussi de les renouveler^
rsque Lejeune prit, le i" juillet 1794, l'arrêté suivant :
Considérant que le tribunal criminel n'a cessé de donner
s preuves du zèle le plus actif dans l'exercice de ses fono-
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tions^ et d'une énergie reconunandable dans les circonstances où nous sommes ; considérant encore que le peuple assemblé pour le scrutin épuratoire a rendu publiquement hom* mage au patriotisme et au zèle des membres qui le com* posent , nous conservons et maintenons dans l'exercice de leurs fonctions, Nodier, président ; Millot, Parguey. Violand, juges ; Rambour, accusateur public, et Bertbet, greffier. » Le lendemain, Nodier, accusant réception de cet arrêté , j répondit par la protestation suivante : « Pénétrés des principes de la Montagne , nous continuerons à remplir nos devoirs avec le zèle, l'activité et l'énergie qui caractérisent le vrai républicain. Nous renouvelons entre tes mains le serment inviolable d'être fidèles à la patrie et à la loi. »
XIIL Les malheureux juges ne donnèrent que trop vite une nouvelle preuve de leur sanguinaire dévouement , et ce jour même, ils firent rouler encore une tête sur l'échafaud. J.-B. Romain, cultivateur au Groselier, sur le territoire de la Grand'Combe-des-Bois, avait pris part à Tinsurrectioa des montagnes au mois de septembre 1793, et après le désastre de Bonnétage, il s'était réfugié en Suisse. Son épouse, Jeanne- Ci. Feuvrier-Etevenard, non moins courageuse que lui, l'avait suivi en exil. Cette femme, entraînée par le désir de revoir des parents tendrement aimés qu'elle avait laissés en France, repassa clandestinement la frontière , et vint chercher un asile chez son amie Marie-Catherine Receveur, journalière au Groselier. Sa tentative fut très malheureuse. Arrêtée le même jour, avant d'avoir pu embrasser les personnes chéries dont l'affection allait lui coûter la vie, elle fut conduite devant la municipalité et le comité révolutionnaire, interrogée le lendemain par le juge de paix du Russey, ainsi que sa receleuse, et transférée à Besançon. Rambour la livra le 21 juin au département, pour qu'il la déclarât officiellement émigrée. Gomme la victime avouait tout, la tâche de Coriandre Ravier, président du directoire, chargé du rapport, se trouva fort simplifiée , et la délibération de ses collègues ne fut pas longue. Le département, à son tour, renvoya la prisonnière à l'accusateur public, pour qu'il lui fit apphquer la peine portée contre les émigrés rentrés. Le 2 juillet, à