‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 3)Chapitre 3 sur 67 · LB8 SUSPECTS DO DISTRICT DB SAINT-HIPPOLTTE · texte numérisé non relu

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connait plus ni lois ni autorités. Je ne sais s'il se propose d'émigrer, comme viennent de faire les gens de sa commune. Citoyens, vous avez fait croire que vous êtes de véritables sans-culottes. Je suis privé de grains et de pain pour moi et pour ma famille ; à mon idée, il me parait que vous devez envoyer des gendarmes pour me faire livrer mon grain et conduire cet homme devant vous. Citoyens, tâchons d'entretenir les patriotes et de ne pas laisser l'aristocratie dans l'abondance. S'il arrive quelque chose pour les faire verser lenrs grains, mettez-moi en réquisition, je vous promets de m'acquitter de mon devoir. »

Ifl. Les suspects du canton de Yaucluse ne furent pas les seuls hôtes du prieuré des bénédictins. Le comité de Saint- Hippolyte y envoya d'autres victimes. Le 44 décembre 1793, le dob de Chaux-lez-Châtillon , l'un des plus malfaisants de cette contrée, lui avait adressé deux dénonciations. La première portait i( que, le 6 septembre, sur l'avertissement donné par le chef de bataillon à la garde nationale de Feule, de se réunir pour aller à la poursuite des brigands, les fanatiques aristocrates désarmés de cette commune s'étaient réunis et avaient forcé par violence et menace les officiers nranidpaox à leur rendre leurs armes ; que Cl.- F. Lajanne, quoique exempt du service à raison de son âge, s'était transporté comme un furieux au milieu de l'assemblée, en disant que c'étaient les municipalités patriotes et les clubs qui occasionnaient toutes les rébellions, et que les Sociétés populaires ne répareraient jamais les maux qu'elles avaient fait ; que la majorité de l'assemblée avait beaucoup applaudi ces propos incendiaires; que les plus ardents à exciter le trouble et le désordre, en cette circonstance, avaient été Thérèse Bonnet, Françoise Cordier, J.-B.-Georges Lajanne ; Et.- F. Perret et Cl.-Ant. Carry, qui s'étaient répandus en mauvais propos, et avaient forcé la municipaUté à quitter son poste, en disant qu'ils ne marcheraient que quand les munidpaox marcheraient eux-mêmes et qu'ils aimaient autant se battre à la municipaUté qu'ailleurs. »

La seconde dénonciation, dirigée contre le maire et deux officiers municipaux de Dampjoux^ portait « que Sylvestre Mo-

rel, maire, avait dit qu'il désirait que Teniiemi fi\t à nos porteS; et que ses gens, les fanatiques et lui, se joindraient aux émigrés pour hacher les patriotes; que Nie. Lame avait souhaité aux émigrés la force de Samson pour écraser les citoyens, et que Boichot, son collègue, avait dit qu'il se f .tait de la constitution. »

Le comité punit tous ces attentats par un arrêté qui condamnait à la prison Cl.-F. Lajanne, F" Cordier, femme Greneret, J.-B. Lajanne, Georges-Jos. Lajanne, Et.-F. Perret, P.-F. Bresson, Cl.-Ant. Carry, J.-F. Bonvalot fils, tous de Feule, Sylv. More! et X. Boichot, de Dampjoux. En outre, Thérèse Bonnot, femme Bresson, et la femme Lajanne furent recluses à domicile, et il fut sursis de prononcer sur le sort de Nicolas Lame et de Thér. Morel. Le lendemain, à la demande de la municipalité de Feule, le comité commua en réclusion à domicile l'emprisonnement prononcé contre la femme Greneret , chargée de cinq enfants en bas âge. Sur l'intercession de l'intrus de Dampjoux, qu'il quaUfiait déjà de précepteur de morale^ il se montra encore plus généreux pour un autre prisonnier, Et.-F. Perret ; il le mit en simple surveillance dans sa commune. Mais la prison ne perdit pas tout ; le comité décida, le même jour, que les deux détenus élargis seraient remplacés au prieuré de Vaucluse par P.-Jos. Perrey, de Fleurey, reconnu coupable « démettre le trouble par ses discours contre-révolutionnaires et d'être retourné à Valonne, où il avait déjà beaucoup contribué à perdre l'esprit public. »

Trois catholiques du district de Baume, arrêtés pour avoir assisté aux messes des prêtres cachés, Anne Gassard, de Landrcsse, CL-Jos. Barbier et J. Laurent Barbier, de Pierrefontaine, furent également incarcérés au prieuré de Vaucluse vers le commencement de décembre 4793. Ils y furent rejoints successivement par neuf suspects de Bretonvillers, Rosureux, Plaimbois-du-Miroir, Mont-de-Vougney et Germéfontaine, condamnés à la prison par le tribunal révolutionnaire du Doubs. Enfin le nombre total des hôtes de cette bastille champêtre, constaté par le registre d'écrou, s'élevait, le 29 juillet 1794, à quatre-vingt-quatre. Celle de Paris

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