LES HABITANTS DU DODBS AU TRIBUNAL RÉVOL. DE PARIS
R. J'ai effecUveiuent parlé à Thuissier Gauthier^ pour lai demander s'il ne serait pas possible de lever les scellés sur la porte de cette chambre, afin de pouvoir me servir de l'escalier qui y aboutissait, et de m'épargner le désagrément de passer par la chambre du commandant Mignot, où les volontaires se rassemblaient tous les matins, la décence m'obligeant à demander un autre passage.
Q. Savais-tu qu'il y avait des papiers cachés sous l'escalier dont tu demandais à te servir?
R. Je l'ignorais.
Q. Pourquoi as-tu continué de loger dans la maison de Guyot, puisque tu ne pouvais pas y loger décemment, de ton propre aveu?
R. J'ai fait mon possible pour trouver une autre chambre pendant mon séjour à Maiche, mais cela ne m'a pas été possible, parce que le citoyen Mignot ayant répondu de moi, après mon arrestation par la municipalité, il n'a pas voulu me confier une autre chambre éloignée de la sienne. . Le district, peu satisfait de ces réponses , s'empressa de transmettre à l'accusateur public du tribunal criminel toutes les pièces de cette procédure. « Nous t'adressons, lui écrivaitil le 47 avril, une correspondance trouvée au domicile de Gnyot, demeurant ci-devant à Maîche. Tu verras des projets de contre-révolution dans ces lettres. Il faut sévir contre les auteurs avec la dernière rigueur. Nous avons gardé les balles portées au procès-verbal de découverte, pour nous en servir dans l'occasion contre ces traîtres. Cette dépêche est accompagnée de l'abbé Roch et d'une certaine citoyenne Thiébaud, qui avait sans doute soin de la correspondance des Guyot. — Maillot. »
En effet, le district fit transférer "en même temps à la
maison de justice de Besançon M"' Thiébaud, qui eut pour
ipagnons de chaînes, non-seulement l'abbé Théodore
ih^ mais encore J. -Denis Trouvey, gendarme à Blamont,
usé d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires, et . Vouron, cultivateur, prévenu du même délit. Ce der-
r était de Mandeure, et c'était en traînant à la guillotine des plus estimables citoyens de la petite république man-
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dubienne, que la république française la remerciait de s*ètre donnée à elle, suivant les perfides conseils de Petitcolas, qui venait d'acheter par ses trahisons une position dans le district de Montbéliard.
Rambour allait en ce moment à Pontarlier avec les juges et le bourreau pour guillotiner le vénérable dom Lessus et M. Javaux. Il répondit à la hâte: « J*ai recules pièces saisies dans la maison de Guyot, à Maîche. Je prendrai les mesures convenables pour que ce contre révolutionnaire subisse la peine due à son crime. » De retour à Besançon, tout couvert du sang le plus pur, Hambour se jeta sur les dossiers de Saint-Hippolyte, comme sur une nouvelle proie, et après les avoir flairés longuement, il écrivit, le 8 mai, au district: « J'ai examiné les pièces que vous m'avez adressées, et je me suis convaincu que le tribunal criminel ne pourrait statuer sur les délits imputés à Guyot et à Marie Thiébaud. En effet, le décret du 23 ventôse déclare traîtres à la patrie et renvoie devant le tribunal révolutionnaire ceux qui seront convaincus d'avoir, de quelque manière que ce soit, favorise dans la république les plans de conspiration ou de subversion des pouvoirs et de l'esprit public; et le décret du 28 germinal porte que les prévenus de conspiration seront traduits de tous les points de la république au tribunal révolutionnaire de Paris. Or Guyot, d'après la correspondance trouvée chez lui, ainsi que les brochures contre-révolutionnaires, est évidemment rangé dans la classe des conspirateurs. Je vous invite donc à prendre un arrêté par lequel vous enjoindrez à votre agent national de prendre les mesures les plus promptes pour l'envoi du ci-devant marquis de Maîche au tribunal révolutionnaire. Les mêmes mesures doivent être également adoptées en ce qui concerne Marie Thiébaud ; car il résulte des procès- verbaux et de l'audition des témoins, qu'elle avait une connaissance particulière de l'endroit où les papiers contre-révolutionnaires avaient été déposés, et qu'elle a cherché à anéantir les preuves des délits qu'elle aurait dû au contraire déclarer. Sous ce rapport, Marie Thiébaud, qui d'ailleurs a toujours fréquenté la maison de Guyot, doit être accusée de complicité.