LBS HABITANTS DU DOUBS AU TRIBUNAL BÊYOL. DB PARIS
respondances que nous t'adressons , nous avons donné les ordres nécessaires pour que ces deux citoyennes parviennent à la maison de justice de Paris pour entrer en jugement avec ses complices. »
Le district ne manqua pas à la promesse qu'il avait faite à Fouquier, de lui fournir des armes supplémentaires contre ses victimes ; et dès le lendemain, il écrivit au comité révolutionnaire de Besançon, de lui transmettre les papiers qui avaient dû être saisis au domicile d'Emonin aîné et qui pouvaient servir à sa condamnation et à celle de Gwyo/, afin de les expédier à Paris avec les autres pièces du procès.
Fouqnier-Tinville répondit, le 49 juin, au district pour lui accuser réception de ces pièces ; il ajouta : « Je vous invite à me faire passer toutes les autres pièces^ notes et renseignements contre les prévenus. Je vous invite également à envoyer toujours au tribunal les pièces originales et non des copies sur lesquelles on ne peut juger, et, dans les lettres d'envoi, à désigner et souligner les noms, qualités des prévenus et le caractère de leur délits ce qui est essentiel pour &ciliter et accélérer les opérations du tribunal. »
Les changements qui eurent lieu sur ces entrefaites dans le personnel administratif de Saint-Hippolyte retardèrent beancoup la réponse attendue par Fouquier-Tinville. Ce fut seulement an bout d'un mois que Magnin-Tochot écrivit à Taccusateur de Paris : « Tu trouveras ci-joint les autres pièces que l'ancienne administration nous a remises concernant le nommé Guyot, ci-devant marquis de Malcbe, que ta nous as demandées. Tu n'y trouveras sans doute pas de sa part l'amour de la Révolution. »
Biais cette révolution, qui faisait mourir ceux qui ne l'aimaient pas assez, faisait quelquefois mourir aussi ceux qui maient trop. La lettre de Magnin-Tochot ne parvint à Fouer que le 5 ou le 6 thermidor ; et quelques jours après, le rible accusateur, emprisonné à son tour, n'eut plus à îcuper que de son propre procès. Quatre seulement des usés de Saint-Hippolyte, MM. Trouvey, Vouron, M"« Doyen Trévillers et M"' Thiébaud, étaient arrivés à la Con-
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ciergerie. Le successeur de Fouquier jugea probablement inutile de faire venir tous les autres co-accusés à Paris, poiu* des délits qui ne semblaient plus avoir la moindre gravité, depuis que l'ivresse du sang avait cessé d'obscurcir l'entendement des juges et des gouvernants. Bien qu'il n'y eût pas la moindre connexité dans leur cause, MM. Trouvey, Vouron et M*'* Thiébaud comparurent ensemble, le 9 octobre, devant le tribunal révolutionnaire thermidorien et furent acquittés. M°* de Trévillers, jugée le 3 novembre suivant, se vit également déchargée de toute accusation.
XX. Le nouveau directoire de Saint-Hippolyte, jaloux de ses prédécesseurs, voulut aussi envoyer son tribut personnel au tribunal révolutionnaire, et il traduisit devant lui Nie. Bardot, maire de Villars-sous-Ecot, comme prévenu d'avoir cherché à avilir les autorités constituées et d'avoir usé de son autorité de maire pour empêcher les réquisitions et exciter des insurrections contre-révolutionnaires. Le 5 novembre, Leblois, successeur de Fouquier, lança un mandat d'arrêt contre le maire de Villars, avec ordre de le conduire dans la maison d'arrêt de l'Egalité à Paris. Mais l'inculpé ne fut pas même mis en jugement.
Cependant le district lui-même commençait à sentir qu'il était désormais inutile d'envoyer à Paris tous ces innocents conspirateurs ; et, le A août, ayant entre les mains des pièces analogues à celles qui avaient déjà coûté la vie à tant de citoyens, il se borna à écrire à Rambour : « Nous t'adressons des lettres, des papiers suspects et des brochures incendiaires trouvés chez Jac.-F. Boillon , cultivateur à Bretonvillers, Tu verras, par ces diflTérentes lettres, que les nommées Thérèse et Marie-Gabrielle Boillon , que nous envoyons à Besançon, sont tout au moins prévenues de correspondances avec les émigrés. )> Les trois membres de la famille Boillon furent écroués dans la maison de justice. Rambour trouva leur crime assez grave pour les expédier au tribunal révolutionnaire de Paris; mais le i9 novembre, ce tribunal prononça l'acquittement complet des trois accusés. Frédéric Coste, arrêté sur la frontière, venant de l'étranger, et incarcéré à Saint-Hippolyte, le i8 septembre, fut égale-