‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 3)Chapitre 8 sur 67 · LBS SUSPECTS DU DISTRICT DB SAINT-HIPPOLTTB · texte numérisé non relu

LBS SUSPECTS DU DISTRICT DB SAINT-HIPPOLTTB

révolte de nos montagnes, Les administrateurs, témoins de ma conduite journalière, diront si cela est vraisemblable et même possible. Il y a une cabale infernale dont vous ne TOUS êtes jamais défié. Je n'ai point frayé avec les esclaves trembleurs de Crétin, et ma tête répond cpie je ne serai jamais de leur nombre. Comme président du club, voudriezvous bien proposer d'accueillir ou de rejeter ma demande pour un certificat de civisme? Il me semble qu'il faut avoir des raisons pour en refuser un à un sociétaire. S'il y en a, qa'on me les dise donc. »

filondeau répondit avec une dureté vraiment sauvage: < Mes principes républicains, dont je ne me départirai jamais, m'ont fait regarder comme un devoir sacré de ne signer aucun certificat, que pour les citoyens que je n'aurais pas perdu de vue un instant depuis la Révolution. Le certificat que vous me demandez est une caution de civisme à laquelle je ne me prêterais pas même pour mon frère, hors le cas SQS-indiqué. Il serait également hors de mes principes de le proposer à la Société. Je tomberais en contradiction avec moi-même, après la motion que j'ai fait adopter au club de Besancon, de n'accorder de certificats qu'à ceux qui en ont été membres dès le commencement de la Révolution.» L'emprisonnement de MM. Emonin ne suffit pas longtemps à leors ennemis ; l'envie les prit d'avoir encore la tête des deux prisonniers, qui furent bientôt condamnés, comme MM. Pourcelot, à prendre le chemin du terrible tribunal févolutionnaire de Paris.

Les terroristes, de leur côté, ne furent guère plus héureui. Os ne cessèrent de s'entre-déchirer et de se faire châtier mutuellement. Crétin, incarcéré une première fois, pour la sente bonne action qu'il eût faite dans sa vie, en conduisant anprès de sa belle-sœur mourante l'abbé Huot, avait été jeté nae seconde fois en prison, après avoir été suspendu de ses fonctions, le ^1 octobre 1793, par le proconsul Bernard, en naëme temps que le président Receveur, son émule en terrorisme ; il fut réduit à solliciter comme une grâce d'être transféré et reclus dans son domicile, pour y faire panser les nlcères qui le dévoraient.

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Blondeau , si dur pour les autres , ne fut pas seulement destitué par Bernard et réduit, à son tour, à la condition de suspect; mais, emprisonné lui-même et traduit devant le tribunal criminel de la Haute-Saône , il se trouva très heureux de profiter de la modération tant reprochée à ce tribunal par tous les sans-culottes du Doubs.

Paris 9 Châtelain et Maillot, membres du comité central qui avait condamné les premiers suspects , devinrent suspects à leur tour, pour avoir trop souvent oscillé entre les deux factions rivales qui se disputaient les destinées de la république. Us furent d'abord expulsés de l'administration du district par Lejeune^ comme trop modérés : accusation bien inattendue à l'égard de pareils énergumènes. Mais cette mesure ne suffit pas à certaines haines domestiques, notamment à celle de Blondeau, qu'ils avaient osé chasser du comité central; et, le 10 juillet 4794, leurs ennemis arrachèrent au représentant Lejeuue, de passage en ce moment à Saint- Hippolyte, l'arrêté suivant : « Considérant qu'il existe dans le sein de cette commune une faction dévouée à la tyrannie, et que les membres de l'administration que nous venons de destituer paraissent avoir été complices de cette faction criminelle, par les intrigues dans lesquelles elle a trempé et en accordant une faveur et une protection signalée aux principaux chefs du parti royahste dans ces contrées ; considérant que le salut public exige qu'il soit pris des mesures promptes et sévères pour couper, jusque dans leurs racines, les trames et les projets de conspiration formés depuis longtemps : nous ordonnons que les nommés Paris, Châtelain et Maillot, cidevant membres du district , seront mis en état d'arrestation, ainsi que Clerc , commis au district , Guillon , ex-juge , Mairot, ex-procureur syndic, pour y rester jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, et nous chargeons le commandant de la gendarmerie de prendre tous les moyens nécessaires pour qu'aucun n'échappe. »

Cependant le proconsul ne tarda pas à s'apercevoir , par les plaintes qui s'élevèrent de tout côté , au sein même du parti révolutionnaire, qu'il avait dépassé la mesure, et il écrivit le 3 août à l'agent du district : « Tu suspendras , en

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