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rétractation da serment constitutionnel ; qu'il a troublé Tordre public et jeté un grand nombre de familles dans le deuil et les inquiétudes, en leur annonçant qu'il les avait induites en erreur, et que tous les actes religieux qu'il leur avait communiqués étaient autant de sacrilèges dont il leur demandait l'oubli et le pardon ; le directoire arrête, que Vally sera, à l'instant même, mis en arrestation et interrogé, et que les agents nationaux d'Avanne et d'Aveney seront invités à se rendre au directoire, pour le renseigner sur la conduite politique de ce prêtre et le scandale qu'il adonné. »
Le 46 avril, la municipalité d'Avanne certifia que' J.-F. Vally, ex-curé d'Avanne, avait rétracté publiquement son serment, le 25 mars, en déclarant que tout ce qu'il avait administré en qualité de curé était de nul effet; que par ce serment il avait désobéi à l'Eglise; qu'il en demandait pardon à Dieu; qu'à l'avenir il ne voulait plus se conformer qu'aux ordonnances et règlements de l'évêque de Lausanne; et enfin que les lois ne s'y opposant plus, il priait la commune de délibérer pour le reprendre en qualité de pasteur. Le surlendemain, la municipalité d'Aveney envoya un certificat identique.
M. Vally fut bientôt mis en prison comme ses trois collègues, et le 20 avril, on l'en tira pour l'interroger. H répondit qu'il avait réellement rétracté son serment à Avanne et Aveney; qu'il l'avait fait pour le soulagement de sa conscience; que ses erreurs ayant été publiques, il fallait que s(m repentir le fût aussi ; mais qu'il n'avait jamais eu l'intention d'inspirer des inquiétudes ni de troubler l'ordre social. Lorsqu'on lui demanda comment il s'était décidé à se rétracter, s'il n'y avait pas été engagé, et par qui, il répondit : (( Depuis longtemps tna conscience me reprochait mes erreurs, et je me suis empressé de les efiacer. D'autant mieux que j'avais trouvé chez moi une invitation émanée de l'évêque de Lausanne, avec un modèle de rétractation. Confiant dans les instructions qui m'étaient transmises, je n'ai pas cru devoir hésiter davantage. J'avoue qu'un prêtre suisse, qui s'est dit envoyé par l'évêque de Lausanne, s'est rendu deux fois à mon domicile, dans le mois de mars dernier; je ne l'ai vu et ne lui ai parlé que la seconde fois, et il m'a remis le pœ-
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nitei qu'il s'est chargé de déposer entre les mains deTévêque de Lausanne. Il m'a été promis de nouvelles instructions sur la conduite que j'aurai à tenir par la suite, mais rien ne m'est encore parvenu. » Le président lui ayant demandé en finissant, s'il entendait détourner les citoyens de se livrer à une liberté indéfinie des cultes, et si, en rétractant le serment constitutionnel, il entendait également revenir sur son serment de liberté et d'égalité, il répondit qu'il était contre ses principes de prêcher l'intolérance; qu'il laissait les citoyens dans leurs opinions religieuses; qu'il n'avait pas entendu rétracter le serment de liberté et d'égalité, et enfin qu'il était républicain et voulait l'être sans réserve.
Le curé Vally était une des premières victimes de la tourmente révolutionnaire, et dès l'année 1791, il avait montré tous les symptômes d'un esprit effaré et en déroute. La conscience avait survécu chez lui à la perte des autres facultés ; mais dans l'état où il était notoirement réduit, il n'avait pu que signer, sans y rien ajouter ni retrancher, la longue confession composée en son nom, et où le rédacteur, sans doute missionnaire ou prédicateur de profession, avait répandu à flots les définitions théologiques et canoniques, les périodes étudiées et les mouvements oratoires. C'était évidemment trop pour ce pauvre homme, dont la tête à demi brisée et l'intelligence en ruine accusaient, avec une éloquence bien autrement saisissante, toutes les iniquités révolutionnaires. Il y a une mesure au delà de laquelle, en voulant trop orner la pensée d'autrui, on risque de la rendre douteuse et de produire un efifet tout opposé à celui qu'on cherchait. Ce n'est jamais sans préjudice que, même dans les meilleures vues, on introduit la fiction au service de la vérité.
Le 21 avril, le district de Besançon prononça en ces termes sur le sort du curé d'Avanne : (( Vally ne s'est décidé à rétracter son serment que par suite des insinuations perfides et mensongères d'un prêtre suisse envoyé par l'évêque de Lausanne ; ses réponses ont convaincu l'administration qu'il a été entraîné dans cette démarche et qu'il ne s'y est point Uvré dans l'intention de porter atteinte à la tolérance des cultes. Il a montré la plus grande franchise sur
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tous les points qui pouvaient conduire l'administration à des renseignements capables d'arrêter les progrès du fanatisme^ que nos ennemis extérieurs cherchent à faire revivre dans la république. 11 a déclaré n'avoir point rétracté son serment de liberté et d'égalité et être prêt à le soutenir, en bon citoyen, au péril de sa vie. Enfin, d'après le témoignage de plusieurs citoyens, il éprouve fréquemment des absences qui le mettent hors d'état de diriger avec prudence ses actions. En conséquence, il sera mis sur-le-champ en liberté et placé sous la surveillance de son beau-frère Damotte^ qui s'en est chargé. »
Cette décision remplit d'espérance les trois prêtres rétractés restés en prison, et le même jour ils écrivirent au district : «Vous venez de mettre en liberté le citoyen Vally, notre confrère. Cette nouvelle nous fait d'autant plus de plaisir qu'elle semble nous annoncer notre liberté prochaine. En efiet, nous sommes détenus pour les mêmes causes que lui, et nous espérons que les motifs qui vous ont déterminés à lui accorder la liberté vous engageront aussi à nous accorder la nôtre. Pourquoi ne serions-nous pas fondés à l'espérer? Lajustice est àTordredu jour; pourrions-nous donc douter qu'après l'avoir rendue au citoyen Vally, vous ne l'exerciez à notre égard? Non, citoyens; et nous sommes convaincus que vous ne tarderez pas à rendre libres ceux qui ont donné tant de preuves de civisme, et qui, dans les circonstances actuelles, ne croient pas avoir démérité de la patrie, parce qu'ils ont eu le courage de céder à la voix de leur conscience. »
Le district répondit avec aigreur qu'il n'avait rendu la liberté à Vally, que parce qu'ayant la tête faible et presque en démence, il n'avait été qu'un instrument entre les mains des agitateurs religieux. « Les pétitionnaires, ajoutait-il, ne sont nullement dans le même cas ; ils ont affirmé qu'ils étaient les seuls auteurs de leurs rétractations et de la publication qui en a été faite ; ces actes contenant des principes intolérants, dangereux par leur publicité et plus encore par l'acharnement qu'ils ont mis et qu'ils mettent encore à les soutenir, puisqu'ils tendent à bourreler les consciences timorées des habitants des campagnes, à opérer des dissen-
sions et toutes les suites du fanatisme, il y aurait le plus grand danger à leur accorder une liberté dont ils continueraient à abuser pour provoquer de nouvelles" Vendées ; il n'échet donc de délibérer sur leur demande. — Bonard, Janson, Durney, Gouniot. »
Le lendemain, Mourgeon alla encore plus loin; il demanda qu'à raison des dangers que courait la Convention, et des troubles que les prêtres répandaient partout, en ce moment, dans les campagnes , l'arrêté pris la veille en faveur de Vally fût rapporté, et que ce prêtre fût ramené- en prison; mais le district repoussa cette motion par l'ordre du jour. Un membre ayant proposé ensuite de transmettre au département les pièces relatives à MM. Petit, Deleschaux et Démoulin, le district décida qu'il serait sursis à cet envoi, jusqu'à ce que le représentant Saladin, à qui il en serait référé, eût envoyé sa réponse.
IV. Les quatre prêtres jetés dans les cachots n'étaient pas les seuls, même à Besançon, qui eussent, dès cette époque, consommé leur réconciliation avec l'Eglise. Du 23 mars au 7 avril, sans compter ceux dont le retour n'est point daté d'une manière certaine, on peut citer MM. Cornier, de Besançon, jeune prêtre ordonné par Seguin, et intrus à Bard et Bresilley; F.-L. Noël, de Besançon, ordonné par Volfius, et vicaire de Saint-Paul ; Gillet, curé de Saint-Paul à Besançon; Billot, Ch. -Marie, de Vuillafans, jeune prêtre ordonné par Flavigny, et vicaire en chef à Saules; Goy, Maximin, de Beure, ordonné constitulionnellement et intrus à Mamirolle; Dupoirier, prémonlré, intrus à Gonsans; dom Lespermont, bénédictin, intrus à Rurey; Fourcault, capucin, intrus à Fouchécourt, et Billon, de Saint-Vit, intrus à Montconis. On voit que l'émissaire de l'autorité diocésaine n'avait eu qu'à se présenter pour recueillir une moisson déjà mûre. La lettre suivante, qu'écrivait l'un de ces prêtres, dom Lespermont, deux jours avant sa rétractation, montre à quel point ces âmes étaient avides du pardon qu'on leur apportait :
« Besançon, 28 mars. — Monsieur, vos lumières et votre zèle me sont connus. J'y ai recours avec la plus profonde con-
fiance. J'ai quarante ans. Depuis seize ans, je porte l'étendard de Jésus-Christ. Si votre main charitable ne me tire du précipice, je mourrai en réprouvé. ReUgieux bénédictin deCluny, jefus envoyé administrateur de la cure régulière de Vaucluse. Quelques talents pour la chaire m'élevèrent à cette place, dont je me suis montré indigne, à l'époque de notre malheureuse révolution. Trois de mes vicaires en chef, hommes zélés et vertueux, dont l'un, l'abbé Huot, vicaire de Grange, a versé son sang pour Jésus-Christ, n'ont rien pu sur moi par leurs sages conseils ; j'ai préféré ceux d'un prêtre plus âgé et que j'estimais réellement moins. J'ai prononcé ce malheureux serment, et je me suis perdu. Cette chute a été d'autant plus terrible, que j'avais acquis l'estime, l'atta* chement et la plus aveugle confiance de mes paroissiens, dont plusieurs sont encore dans l'erreur, malgré les efibrts multipliés des pieux confesseurs de la foi. Ce n'est encore là qu'une partie de mes crimes. Une aveugle tendresse pour des parents peu chrétiens m'a engagé à quitter cette première paroisse, pour venir, en intrus, remplacer M. Sirebon, vieillard respectable et curé de Rurey. Là, j'ai non seulement erré sur le dogme en prêchant la constitution civile du clergé; mais j'ai donné lieu à l'auimosité des paroissiens les uns contre les autres, en condamnant toujours ceux qu'une piété à toute épreuve éloignait de l'église, en refusant la sépulture à ceux qui étaient morts dans le sein de la véritable foi, en parlant durement à deux prêtres injustement saisis et amenés à la cure. Heureusement, un reste d'humanité m'a engagé à les soustraire aux lions rugissants. Je crois fermement que ce grand désir de conversion qui me tourmente depuis si longtemps, est la suite de cette œuvre, la seule bonne depuis ma chute. Il ne me restait plus, pour être lâche jusqu'au bout, que de livrer mes lettres de prêtrise aux bourreaux de ma patrie; je n'ai pas voulu le faire, et en cela je trouve plus d'orgueil que de respect pour le caractère auguste dont j'ai été revêtu. Enfin, Monsieur, que dois-je faire? Infixus sum in limo profundi, et non est subsiantia. Parlez, dites ; avec la grâce de Dieu et par les mérites infinis de Celui qui est venu appeler les pécheurs, je me sens prêt
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à tout. Je suis, en attendant un mot de consolation, votre très humble et très obéissant serviteur, o
V. Ce mouvement de retour, cet entraînement contagieux des imes vers la vieille Eglise de Rome, l'Eglise des papes et de la foi humble et soumise, n'inquiétait pas seulement les girondins philosophes et les hommes de loi galUcans qui étaient en ce moment au pouvoir, il les exaspérait. Le journal le Neuf Thermidor^ organe officiel de leurs colères, les exhalait ainsi le 16 avril : « Beaucoup de prêtres, tourmentés par la crainte d'avoir concouru, par un serment qui les liait à la Révolution, à détruire un culte dont plusieurs des partisans de la Révolution proscrivent l'existence , ou bien regrettant Taisance dont l'espoir aurait peut-être déterminé leur conscience^ s'empressent de se coaUser avec les apôtres du fanatisme et de s'humilier devant le pape. Nous croyons que ces rétractations coupables, arrachées par la terreur ou décidées par la séduction, sont employées par nos ennemis pour nous livrer aux horreurs de la discorde, et qu'on doit punir ceux qui les ont faites, comme des provocateurs à la guerre civile. Déjà les administrations ont pris des mesures pour poursuivre rigoureusement tous ces lâches déserteurs de la cause de la Uberté, tous ces hommes perfides qui ne veulent que recouvrer le pouvoir et les biens que nos lois républicaines leur enlèvent : c'est le seul moyen de neutra- User les effets du fanatisme, qui regarde comme autant de conquêtes qu'il fait dans le domaine de l'opinion, toute la latitude que les principes obligent d'accorder à l'exercice des cultes. Le gouvernement prendra sans doute des mesures pour faire récompenser par les cantons helvétiques les soins paternels de Villusire évêque de Lausanne, qui envoie dans un département frontière un de ses plus ardents coopéra* teurs, afin d'organiser une nouvelle Vendée. Nous rendrons* compte, dans un prochain numéro, des succès du grandvicaire suisse, des ruses qu'il a inventées pour s'attirer des partisans, et surtout nous désignerons les différents endroits oii il a été accueiUi. »
D'autres soucis empêchèrent le journal réactionnaire de remplir sa promesse à cet égard; mais le 46 mai, Saladin,
que les troubles du district de Luxeuil retenaient à Vesoul, combla les vœux des autorités du Doubs en prenant l'arrêté suivant^ destiné à faire revivre des décrets que l'opinion publique s'obstinait à croire tombés avec la Terreur : « Les prêtres qui, après avoir prêté le serment prescrit par la loi du 26 décembre 1790, vieux style, ou celui ordonné par la loi du 14 août 1792, l'auront rétracté, seront, comme les prêtres déportés rentrés, arrêtés sur-le-champ et conduits à la maison d'arrêt du chef-lieu du département, pour y demeurer jusqu'à leur déportation. Les maires, officiers municipaux et procureurs des communes, sont tenus, sous leur responsabilité individuelle et collective, de faire arrêter ceux de ces individus qui se rencontreraient dans l'étendue de leurs communes respectives. Ils sont à cet effet autorisés à requérir la force armée. »
Cet arrêté de proscription républicaine contre les prêtres qui avaient rétracté le serment de fidélité au roi et à une constitution monarchique abolie, cet arrêté, il ne faut pas l'oublier pour bien comprendre l'iniquité révolutionnaire, était pris au nom de la Convention, dont tous les membres avaient eux-mêmes violé, rétracté, aboli et condamné le même serment. Mais sous cette contradiction apparente, la passion irréligieuse ne déraisonnait pas. Les prêtres rétractés reniaient la constitution civile du clergé, parce qu'elle n'était pas assez chrétienne, et les conventionnels l'avaient reniée parce qu'elle l'était encore trop.
VI. Toutes ces rigueurs ne purent arrêter un élan dont le moteur n'était ni dans un vil intérêt, ni dans des intrigues imaginaires, comme l'administration et ses organes le disaient sans y croire, mais dans les forces les plus vives et les plus puissantes de l'âme, celles de la conscience. Les administrateurs eux-mêi]ies, dont l'esprit était bien plus égaré que le cœur, furent forcés de s'incliner devant la vertu de ces hommes généreux qui avaient tout sacrifié au devoir, et on les vit bientôt s'appÛquer à les soustraire aux rigueurs qu'ils savaient provoquées contre eux. M. Deleschaux fut le premier sur lequel se porta l'indulgence des autorités. Sa rétractation n'avait pas été publiée ; la municipalité de Yillers-sous-
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Montrond attesta, le 25 mai, qu'elle n'avait ea aucun indice ni aucune nouvelle de cette rétractation ; que d'ailleurs M. Deleschaux, pendant tout son séjour dans cette commune, loin de donner aucune marque d'incivisme, s'était toujours montré bon patriote. Sur cette attestation, le district de Besançon déclara, le 4 juin, o que Deleschaux ne pouvait pas être assimilé aux prêtres fanatiques qui avaient répandu le trouble et la division en prêchant des maximes opposées à la Révolution et à la liberté des cultes ; qu'on ne pouvait lui faire d'autre reproche que d'avoir rétracté son serment, et qu'on pouvait le juger excusable, parce que cet acte n'avait reçu aucune publicité ; que, d'ailleurs, sa conduite était celle d'un citoyen paisible, honnête et humain ; qu'en conséquence, il y avait lieu de le mettre en liberté. »
Le département hésita quelque temps à ratifier cette décision, et il crut devoir chercher encore quelques prétextes pour se permettre plus facilement cette dérogation à la loi. Enfin, le 6 juillet, il déclara a que, d'après les attestations unanimes des districts d'Ornans et de Besançon, Deleschaux avait toujours montré du patriotisme; qu'il convenait d'autant mieux de prendre un parti définitif à son égard, qu'il était acquéreur de biens nationaux et qu'il était naturel de lui donner la facilité de se procurer des fonds pour eflPectuer ses paiements ; qu'en conséquence, il serait mis en liberté pour gérer ses affaires. » M. Deleschaux, dont les affaires les plus pressantes étaient en réalité de reprendre au plus tôt l'exercice de son ministère désormais purifié et béni, se présenta le 26 août devant la municipalité de Besançon pour faire acte de soumission aux lois, en qualité de ministre du culte catholique, apostolique et romain.
MM. Petit et Démoulin n'avaient point de biens nationaux dont l'administration pût les tirer de prison; néanmoins l'élargissement de leur compagnon d'infortune les engagea à tenter aussi, en faisant vibrer d'autres cordes, de recouvrer leur hberté. M. Petit écrivit donc, le 8 juillet, au département : « Suivant l'arrêté explicatif cpii vous a été envoyé par le Comité de législation, en date du 29 prairial, il est clair que la constitution civile du clergé n'est plus une loi de la
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république ; je n'ai donc pas enfreint la loi en rétractant le serment relatif à cette constitution. De plus, je n'ai excité aucun trouble par ma rétractation ; les certificats des communes où j'ai travaillé, joints à la pétition que j'ai faite, dans le temps, au citoyen Saladin, le prouvent évidemment. D'ailleurs, quel trouble peut exciter une rétractation qui ne renferme rien de contraire aux lois républicaines, comme on peut s'en convaincre d'après sa lecture? Il est vrai que ma rétractation a été imprimée, mais je ne crains pas d'être démenti en disant que c'est à mon insu et depuis mon incarcération. Je n'en ai lâché qu'unecopie pour être communiquée avec prudence. Si donc la publicité a eu trop d'éclat, c'est contre mon intention. Depuis plus de trois mois que je suis détenu, j'ai éprouvé de fréquents accès de colique provenant d'une hernie considérable, comme l'attestent les médecins Gras et France. D'ailleurs, je ne suis pas riche, et me voyant privé de ma pension, je puis à peine fournir aux dépenses considérables qu'il me faut faire pour vivre bien médiocrement en captivité. Je me suis toujours comporté en bon citoyen, je vous en produirais les certificats authentiques, si l'on avait levé les scellés sur mon secrétaire. »
M. DémouUn écrivait, de son côté, le même jour : a Depuis plus de trois mois je suis détenu pour avoir rétracté le serment de la constitution civile du clergé, qui n'est plus une loi de la république. Ma rétractation ne renferme rien de contraire aux lois; elle a été lue devant quelques personnes prudentes de ma paroisse ; elle n'a excité aucun trouble, comme je l'ai prouvé par des certificats réunis à la requête que nous avons présentée au citoyen Saladin. Je réclame donc la liberté. Vous l'avez accordée au citoyen Deleschaux, qui a été détenu pour les mêmes raisons. J'attends de vous la même grâce^ en qualité de bon républicain, qui a toujours aimé et inspiré la paix partout. Je demande à me retirer dans la Haute-Saône, mon département d'origine, a Dans une autre requête à l'appui de celle-ci, le citoyen H. Vuillemot, cultivateur à Marnay, beau-frère de M. DémouUn, joignait ses instances à celles du prisonnier, en faisant observer qu'il était lui-même obligé de subvenir aux frais de
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détention ; qu'il avait des charges considérables ; que ses trois fils lui avaient été enlevés depuis le commencement de la Révolution pour le service de la patrie, et que l'un d'eux venait même de mourir aux frontières. Il demandait que son beau-frère fût autorisé à venir lui donner, pour sa culture, les secours qui lui manquaient.
Le district, appelé à donner son avis sur ces deux pétitions, répondit, par Torgane des citoyens Bonard et Guillaume, que la rétractation du serment constitutionnel, qui seule avait déterminé l'emprisonnement des pétitionnaires, n'était plus un motif suffisant pour les retenir en prison, dès l'instant que le Comité de législation avait déclaré lui-même, le 45 messidor, qu'on ne devait pas s'informer si un prêtre, disposé à faire acte de soumission aux lois, avait prêté, refusé ou rétracté le premier serment; et qu'ainsi, il y avait lieu de mettre en liberté les deux prisonniers. Le département ratifia cette proposition, le 21 juillet, en déclarant que les opinions religieuses n'étaient du ressort de la police civile qu'autant qu'elles pouvaient troubler l'ordre public; que l'arrestation de Petit et de Démoulin n'avait été fondée que sur la publicité donnée par eux à leur rétractation ; que la constitution civile du clergé n'étant plus une loi, cette rétractation était superflue; qu'elle n'avaitMonc pu avoir d'autres motifs que de répandre le trouble et l'agitation dans le peuple; mais que la détention infligée aux deux prêtres par forme de police, paraissant suffire pour les rendre plus prudents, ils seraient mis en liberté.
VII. Pendant la détention même de ces généreux confesseurs de la foi, les rétractations s'étaient multipliées dans toute rétendue de l'ancien diocèse de Besançon. Partout, des prêtres déportés rentrés, revêtus du titre de missionnaire et munis de pouvoirs spéciaux, mais limités, y avaient reçu à la pénitence les constitutionnels repentants. Ils les réconciliaient avec TEglise, mais sans leur rendre le ministère ec^ clésiastique ni même la célébration de la messe, qui faisait Tobjet de nouvelles faveurs distinctes, ensuite accordées directement et avec beaucoup de réserve par les supérieurs. Parmi les prêtres dont la rétractation remonte incontesta-
blement à cette époque, on peut citer MM. Cyriaque Gaulard, jeune prêtre ordonné par Volfius et intrus à Métabief et Saint- Antoine ; Guin, lazariste ; Lorin , de Mouthe , intrus à Mercey-le-Grand; Bernard, curé d'Huanne ; Levain, curé d'Arcey, etNonnotte, de Besançon, capucin intrus à Cuit. La détention infligée aux premiers rétractants engagea les délégués de l'autorité diocésaine à ne plus donner aux rétractations une publicité immédiate ; mais ils leur maintinrent, autant qu'ils le purent, la forme oratoire et les longs développements qui devaient, dans leurs vues, en faire autant de prédications instructives et édiflantes pour les fidèles. Telle fut, entre autres, ceUe du jeune Gaulard, qui formait un traité complet de droit canonique sur les questions constitutionnelles, mais dont il était impossible d'attribuer au signataire autre chose que la signature. Quelle qu'ait pu être l'impression produite à cette époque par ces morceaux étudiés et excellents en euxmêmes, aujourd'hui que tous les voiles sont levés, on reste bien plus ému devant cette lettre plus simple du vieux curé d'Arcey à M. de Lentzburg :
« 1*' juin 1795. — Monseigneur, fallait-il qu'après avoir été pendant cinquante-six ans à la tête de la paroisse d'Arcey, en qualité de pasteur légitime uni au saint-siége et soumis à nos véritables évêques, j'aie eu, sur la fin de ma carrière, la faiblesse et le malheur de m'égarer et d'entraîner dans le schisme, en y tombant moi-même, ceux que la divine Providence avait confiés à mes soins. Trop longtemps j'ai cherché à me faire illusion, à étouffer les lumières et le cri de ma conscience et à me persuader que j'étais resté dans le sein de l'unité. Mais maintenant que Dieu, dans sa miséricorde, m'a fait la grâce de m'éclairer et de m'ouvrir les yeux à la vérité, je confesse, dans la sincérité et l'amertume de mon cœur, que j'ai eu le malheur de me séparer de la communion de notre saint-père le pape et de tous les légitimes évêques, en adoptant et en suivant la constitution prétendue civile du clergé, qui n'est qu'un tissu d'erreurs et d'hérésies.
)> Désirant donc, autant qu'il est en moi, réparer le crime que j'ai commis et le scandale que j'ai donné, je rétracte
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devant vous, Monseigneur, et en présence de tous ceux à qui votre sagesse jugera à propos de faire connaître mon repentir, je rétracte le serment criminel par lequel je me suis lié à la constitution prétendue civile du clergé. Je désavoue et déteste tous les actes de schisme que j'ai faits depuis l'instant funeste où je me suis égaré jusqu'à présent, notamment d'avoir adhéré à M. Seguin, évèque intrus de Besançon, en lisant ou en permettant qu'on lût en mon nom ses mandements et lettres pastorales^ en recourant à lui pour les dispenses, en communiquant, dans les fonctions du saint ministère, avec les prêtres jureurs, et en engageant mes paroissiens à y communiquer aussi. Fatigué par les remords de ma conscience, j'ai quitté, le mois d'août dernier, ma paroisse, et dès ce moment je n'ai plus exercé aucune fonction et n'en exercerai plus à Tavenir , désirant passer le reste des jours que Dieu m'accordera encore, dans les larmes et la pénitence. Je fais, en conséquence, entre vos mains, la démission de ma cure, et vous prie d'y pourvoir, Monseigneur, aussitôt que les circonstances vous permettront de le faire. Je bénirai jusqu'à mon dernier soupir le Dieu de miséricorde qui me fait la grâce de me reconnaître, en retournant humblement à notre sainte mère la sainte Eglise catholique, dans laquelle je veux vivre et mourir, m'abandonnant à la charité de mes supérieurs légitimes, auxquels je demande humblement pardon, ainsi qu'à tous mes confrères et à tous les fidèles que ma conduite a scandalisés. J'ai l'honneur, etc. — Georges Levain, curé d'Arcey. »
VllI. A côté de ces rétractations si touchantes et vraiment glorieuses pour l'Eglise, on regrette d'avoir à en mentionner d'autres, que l'autorité diocésaine persista à provoquer et à imposer, sans l'aveu du saint-siége, et qui frappèrent d'une injuste flétrissure les hommes les plus recommandables, restés constamment attachés à l'orthodoxie. Elle ne se contenta même pas d'exiger le désaveu formel du serment de liberté et d'égalité, en condamnant tous les prêtres, les religieux et les religieuses à perdre leurs pensions, par suite d'un arrêté du Comité des finances du ^2 août i795 ; mais elle poursuivit encore comme un crime la simple soumission
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aux lois de la république. On éprouve une impression pénible en voyant le P. Dessiner, si ferme et si prononcé dans sa répulsion constante pour le scbisme^ réduit à une première rétractation, puis à une seconde supplémentaire, et laissé sans autre pouvoir que de célébrer la messe. Et cependant, tel était le besoin qu'éprouvaient les âmes, de se rattacher plus fortement que jamais au giron de l'Eglise^ qu'en dépit de ces traitements rigoureux, de ces exigences excessives de l'autorité religieuse, et en face des dispositions menaçantes de l'autorité révolutionnaire, le mouvement de retour ne se ralentit pas un seul instant. Les prêtres restés en France sans esprit d^apostolat s'étaient sentis intérieurement si faibles^ si chancelants, si éperdus pendant la tourmente, et ils en étaient si profondément humiliés, qu'ils acceptaient, avec une sorte de joie, toutes les expiations proposées. On retrouve encore un écho de ces sentiments dans la lettre suivante, adressée le 19 juin à M. l'abbé Théret, alors en résidence à Soleure, par le P. Marcilien Levret, capucin, des environs de Vesoul.
(( Je vous remercie bien sincèrement, cher ami, de la part que vous prenez à mon retour. J'ai cherché à réparer mes fautes aussitôt que j'ai cru être coupable, et j'ai fait, le 40 février, entre les mains de Grandpierre , tout ce que votre modèle de rétractation exige. J'ai écrit une lettre à M*' de Lentzburg, où toute ma conduite est détaillée; j'ai, de plus, écrit à l'évêque intrus une lettre des plus fortes. Je n'ai point remis mes lettres de prêtrise. Le serment civique ne me lie pas plus que mes autres confrères. Ce fut notre supérieur qui le fit pour toute la communauté ; il est en Suisse. Ce serment est tout à fait catholique, puisqu'il est selon l'instruction de M«' de Langres, prononcé avec toutes les restrictions possibles et avec un inviolable attachement au saint-siége et aux évêques légitimes. L'autre serment est celui de l'égalité. Quant à la suspense et irrégularité, je n'ai jamais voulu de cure ni de desserte ; il y a plus d'un an et demi que je ne dis point de messe. Je n'ai jamais administré les sacrements qu'en cas de nécessité ; jamais je n'ai fréquenté les églises et encore moins les offices ou discours
des intrus. J'ai' fait connsdtre à tout le monde mon repentir et mes erreurs. (On se demande vraiment lesquelles.) Je les ai déclarées publiquement, et en particulier dans les catéchismes qu'on vient de m' ordonner de faire dans notre église. Enfin, je ne crois pas qu'à moins de distribuer des imprimés, on puisse se repentir plus publiquement. Â Dieu ne plaise que je cherche par là à tenter mes supérieurs de me réhabiliter un seul instant plus tôt qu'ils le jugeront convenir. Je suis tout résolu à rester toute ma vie, s'ils le jugent convenable, dans la pénitence qu'ils voudront m'imposer. Je fis mes pâques le jeudi saint dans la chapelle de fea M. Guillemin ; toute la paroisse en a été témoin. Je continue et me restreins à la simple communion laïque. Je parcours le voisinage avec les missionnaires qui y sont. Je cherche à rappeler ceux de vos ci-devant confrères et des miens qui se sont égarés. Le curé de Montigny et celui de Charriez se sont rétractés. Le P. Seguin, le P. Boudot, dom de Courcelles, Mougin et d'autres, branlent au manche. Notre pasteur actuel est le P. Seguin. Je lui ai appris à baptiser, parce qu'il ne savait aucune cérémonie de ce genre. Je lui sers de maître d'école. Tous les dimanches je fais à l'église le catéchisme, auquel tout le monde assiste. — Bonne nouvelle 1 Tous les prêtres qui étaient renfermés aux Ursules, à Vesoul, sont élargis et renvoyés dans leurs cures, avec pleins pouvoirs d'y exercer leur ministère. On y renferme à force les terroristes. Revenez, cher camarade; je vous logerai dans ma chambre. Elle appartient à fous les prêtres fidèles, mais elle vous est réservée à juste titre. J'aurai besoin de vos lumières, de vos exemples, pour me conduire et m'afiermir dans la carrière qui me reste à parcourir. Toutes les fois que je pense à mes sottises, j'en frissonne, et je ne sais pas comment j'ai pu en venir au point où je me suis trouvé sans le savoir. J'ai toujours été catholique dans l'àme, mais toujours faible et n'osant me montrer tel. Vale et ama. »
IX. Pendant la détention de MM. Petit, Deleschaux etDémouUn, deux autres prêtres rétractés du Doubs furent encore l'objet de poursuites administratives ; mais elles n'aboutirent pas. La municipalité de Mouthe, eflfrayée par les
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menaces de Tarrëté de Saladin contre les municipaux qui ne signaleraient pas les prêtres rétractés résidant dans leurs communes, prévint le district de Pontarlier qu'elle avait lieu de croire que l'abbé Lorin^ desservant à Mercey-le- Grand, puis aux Pontets, et enfin retiré à Mouthe, se trouvait sous le coup de la loi. Elle ne se trompait pas; mais pendant que le district attendait des renseignements de Mercèy-le-Grand et d'ailleurs, les nouvelles circonstances empêchèrent d'arrêter M. Lorin.
Presque au même moment, la municipalité de Yilleneuved' Amont écrivait au même district , que M. F.-X. Petite , leur ci-devant curé constitutionnel, retiré à Rochejean, venait de faire publier, dans leur commune^ un écrit par lequel il rétractait tout ce qu'il avait fait depuis la constitution civile du clergé. La déclaration de ce prêtre respectable, aussi concise que substantielle, était conçue en ces termes : « Désirant réparer le scandale que j'ai pu donner par mes démarclies, actions, écrits et paroles en faveur du schisme opéri par la constitution civile du clergé, je révoque tout ce que j'ai juré, fait, dit et écrit, tendant à appuyer des principes d'après lesquels on a fait en France tant de changements funestes à la religion catholique. Je rejette et condamne cette constitution, que le souverain pontife, uni à l'EgUse universelle, a rejetée et condamnée. Je me soumets à toutes les lois et décrets de l'Eglise, et veux vivre et mourir dans sa communion. »
Le 40 juin, le district déclara qu'il était informé « que Petite avait non-seulement rétracté son serment et fait lire publiquement sa rétractation dans une assemblée à Villeneuve, mais encore qu'il avait écrit à d'autres prêtres pour les engager à agir de même ; qu'il était violemment soupçonné d'avoir fait une excursion clandestine en Suisse ; et qu'il s'était flatté de s'être rendu à Fribourg, près de l'évêque, démarche très répréhensible, d'abord parce que les lois françaises ne reconnaissaient l'autorité d'aucun évêque étranger, et ensuite parce que Petite n'avait point de passe-port qui l'autorisât à franchir la frontière ; qu'en conséquence et en exécution de l'arrêté du représentant Saladin, Petite serait
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sur-le-champ conduit au fort de Joux. d Le district fit part de cette mesure au département, qui l'approuva sans réserve. Mais le bon vieillard parvint à se soustraire aux poursuites dirigées contre lui, la réaction fit un pas de plus vers la justice, et, le 13 juillet, le district de Pontarlier écrivit à la municipalité de Villeneuve cette lettre qui l'honore : « Nous avions pris des mesures contre le citoyen Petite, votre ancien prêtre, parce qu'il nous avait été dénoncé comme ayant rétracté son serment. Nous vous prévenons qu'aujourd'hui » d'après une lettre du Comité de législation, ces raisons ne sont plus d'aucune considération.... En conséquence, il peut librement exercer ses fonctions dans votre commune , si toutefois il satisfait à la déclaration qu'exige la loi. Vous pourrez donc, si vous avez connaissance de sa demeure, lui faire part de cette nouvelle mesure prise à son égard, qui nous est certainement plus agréable que la première; et nous donnons des ordres à la gendarmerie pour faire cesser toute poursuite contre lui. — Prat, Callier, Gros, Parrod. »
X. Les poursuites de l'administration s'égarèrent un instant sur un prêtre bien peu fait pour les mériter. Le 3 juillet, le département prit l'arrêté suivant : «Informé que le nommé Hagnin-Tochot^ prêtre connu par son terrorisme et son intolérance, vient de rétracter le serment constitutionnel, et que cette rétractation a eu lieu en présence d'une foule immense et dans la partie la plus fanatique des montagnes , le directoire, considérant que l'homme qui a rendu publique, dans le temps où l'on tyrannisait le peuple jusque dans ses idées religieuses, une diatribe extravagante contre les prêtres et contre le culte catholique, qui a participé à la tyrannie par des actes arbitraires, et à la dépravation de l'esprit public par des déclamations violentes, ne peut s'être déterminé à la démarche qu'il vient de faire, que dans des vues perfides et pour chercher des ennemis à la république parmi les fanatiques, après avoir désespéré de faire triompher le parti du terrorisme, arrête que ledit Magnin-Tochot sera conduit à la maison d'arrêt de Besançon, pour être statué ensuite sur son sort ainsi qu'il conviendra. »
Cet arrêté ayant été adressé au district de Pontarlier,
fii. 20
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parce qu'on croyait Magnin-Tocbot rentré dans son ancienne paroisse de GiUey, le district renvoya Tarrèté au district d'Omans, en TinformanC que l'inculpé, depuis son retour de l'école normale de Paris, s'était retiré chez son père, au hameau des Musses, dans la commune du Luisans. Le district d'Ornans transmit le mandat d'arrêt à la gendarmerie du Valdahon, et Magnin-Tochot fut conduit , le 12 juillet, à Besançon. Avant d'être écroué à la maison d'arrêt, il obtint de se présenter devant le directoire, et il exposa qu'il était complètement faux qu'il eût rétracté son serment ; que les principes qu'il avait manifestés sur le culte catholique étaient invariables et qu'il n'en changerait jamais. Il représenta des attestations des districts de Pontarlier et de Saint-Hippolyte, dont il avait été membre, constatant de sa part le plus ardent républicanisme. Le département arrêta, en consé* quence, qu'il serait mis provisoirement en liberté. En même temps il écrivit au district d'Ornans pour savoir quel était le prêtre qui avait rétracté son serment à Nods et qu'on avait confoùdu avec Magnin-Tochot. Le district d'Ornans répondit que c'était un très jeune prêtre nommé Yerdant, de la paroisse de la Chaux, qui avait fait une rétractation publique à Nods, le 28 juin.
En dépit de la persécution qui recommença bientôt à se* vir contre les prêtres rétractés , leur nombre ne cessa pas de s'accroître. Le parti constitutionnel en était irrité au dernier point ; mais personne, dans ce parti, ne fit éclater une exaspération pareille à celle de dom Grappin. L'ex-bénédictin avait bien pu accepter une part dans l'administration diocésaine schismatique , tant qu'elle avait été une branche de l'Etat, et qu'elle pouvait ofirir à son esprit le charme d'une direction de quelque importance; mais lorsqu'il la vit réduite à une petite secte, fort pauvre, fort obscure et à peine tolérée, il éprouva un goût très vif pour la retraite, et alla se confiner à Gy, son pays natal. Mais, tout en quittant le ministère et l'administration, il suivait encore avec un intérêt passionné les épreuves de cette église gallicane et janséniste dans laquelle s'étaient incarnées ses opinions théologiques et canoniques les plus chères, et il reprit la plume
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avec plus d'activité que jamais pour défendre la secte à laquelle il refusait ses services de prêtre.
Le premier produit de sa plume fut uq pamphlet anooTme publié à Besançon, en vingt pages in-8^, intitulé Les Prêtres, et portant cette fausse indication : Imprimé à Lausanne.
L'auteur commençait par se déclarer étranger aux prêtres; puis, après une condamnation énergique de Tathéisme de Ghaumette et du déisme de Robespierre, il accusait les prêtres fidèles (( d'avoir déchiré la patrie en abandonnant lâchement leurs ouailles et en laissant entre elles un germe de dissensions interminables ; d'avoir sacrifié leur conscience et leur pays à l'intérêt et à l'ambition de l'aristocratie et du haut clergé. » Passant ensuite aux prêtres qui n'avaient prêté que le serment de liberté et d'égalité, il les accusait de n'avoir pas mieux servi la chose publique que les premiers. «Us sont, disait-il^ ils sont la plupart dans les principes des déportés , et par conséquent hypocrites en patriotisme. Ils eurent le secret de fanatiser les simples, et ils ont voué une haine implacable aux prêtres vraiment patriotes. Afin d'en imposer aux bégueules, ces hommes faux n'ont à la bouche que de plates jérémiades sur le serment prêté par leurs confrères, dêtre soumis aux décrets sanctionnés par le roi, tandis qu'eux-mêmes ont eu le courage, en faisant leur serment , à la vérité pour une pension annuelle qu'ils consomment dans l'oisiveté, de souscrire à l'établissement delà république et à labolitionde la royauté, quoiqu'ils ne soupirent qu'après la monarchie.
Après avoir accusé ces deux classes de prêtres d'avoir provoqué de concert les attentats contre la Convention , et de travailler de toutes leurs forces à la ruine de la république , l'auteur arrivait à une troisième classe de prêtres , « celle qui a fait, disait-il, la Révolution, en éclairant les peuples sur leurs vrais intérêts, en se vouant aux outrages des aristocrates et des sots. » Il avouait que dans cette classe il y avait eu des hommes à tète exaltée, d'autres d'une moralité plus que suspecte , et même de vrais scélérats ; mais le grand nombre des prêtres constitutionnels, assurait-il, étaient purs et même, pour leurs troupeaux, de tendres et vigilants pasvu. 20*
teurs. Il rappelait ensuite les traitements abominables dont ils avaient été l'objet sous la Terreur, la joie indécente que les bigotes elles-mêmes avaient fait éclater lorsqu'on avait rais fin aux offices constitutionnels ; il rappelait les violences excercées sur les prêtres pour leur arracber leurs lettres de prêtrise, a On a entendu avec efiroi, disait-il, un de ces représentants du peuple amis de Robespierre et envoyés pour organiser la Terreur, Lejeune, annoncer en pleine Société populaire d'une grande commune (Besançon), que la guillotine serait en permanence, et qu'il y enverrait, sous huitaine, tous ceux des prêtres qui s'obstineraient à garder les attestations de leur état. » L'auteur en concluait que les évêques constitutionnels s'étaient montrés trop sévères, dans leur encyclique, contre les prêtres qui avaient remis leurs lettres de prêtrise. Arrivant aux rétractations : « Ce sont, disait-il avec ironie, des chefs-d'œuvre de patriotisme et de raisonne- ' ment. L'un des rétractants s'accuse d'avoir exercé le ministère ecclésiastique avec des remords continuels et d'avoir croupi dans cet état! Quel monstre I 11 avoue qu'il a persécuté les fanatiques. 11 devait ajouter qu'on le lui a reproché mille fois, sans qu'il eût voulu changer cette odieuse manière. Quelque soin qu'aient pris ces hommes séduits de se déshonorer aux yeux des bons Français, ils ont tu le vrai motif qui les a déterminés. Ce n'est autre chose que lacrainte qui leur fut inspirée par l'envoyé de l'évêque de Lausanne. On leur annonçait de mauvais traitements pour les intrus , et on leur donnait l'espérance qu'au moyen d'une rétractation rendue publique , ils seraient conservés et chéris. La jnême perfidie a été vainement employée pour entraîner aussi dans le précipice un grand nombre de prêtres citoyens. C'est un malheur pour les communes de n'être plus dans le cas de recevoir des pastorales si édifiantes et si instructives. La détention imprévue de ceux qui les premiers se sont permis de les envoyer à leurs paroisses, chose qu'ils devaient faire sous peine d'être toujours* anathèmes, a fait changer de plan à M. le grand vicaire ou à Monseigneur de Lausanne. On a cessé d'être réprouvé en ne publiant point les actes de rétractation, parce que la prison devait suivre cette publicité;
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mais il faut du moins les faire lire à un individu quelconque de la paroisse, et on sent bien que le choix ne tombe pas sur un patriote- Je tiens ces changements dans la discipUne de ces messieurs, d'un rétracté qui va, par monts et par vaux, porter aux prêtres constitutionnels des modèles de ces sortes d'actes contre-révolutionnaires. Les prêtres qui ont abjuré le civisme et ceux qui n'en eurent jamais, réussissent mieux à occasionner des rixes et des batailles, et toujours pour cause de religion. »
Au printemps de i796, Grappin apprend que, parmi les papiers du P. Grégoire Cornibert, capucin, guillotiné à Vesoul, on a trouvé une prétendue rétractation signée : Grappin. C'était le comble de l'horreur; aussi le bénédictin éclate-t-il, et son indignation se répand à si grands flots, que le rédacteur du journal des constitutionnels, vers lequel il en a dirigé le cours, déclare ne pouvoir insérer en entier son article; n'importe, dom Grappin aura au moins trouvé une nouvelle occasion d'injurier ses confrères repentants. «Quand je vis , dit - il , commencer l'épidémie des rétractations , je jugeai de cette frénésie comme en jugea tout homme sensé. Loin d'y voir un but moral et des motifs qui eussent quelque apparence de raison, je ne pus découvrir dans ces rétractations scandaleuses que les derniers efforts de l'aristocratie et le meilleur moyen qu'elle eût encore employé pour diviser, royaliser, anéantir la république et bannir pour jamais la religion chrétienne. Qu'ont produit, en effet, ces abjurations pusillanimes? Aucun bien et beaucoup de mal, une chute plus subite des assignats, le refus d'un certain nombre de jeunes gens do servir la liberté contre les trônes, des meurtres occasionnés par la résistance qu'on inspirait à ces lâches et aveugles jouets des tyrans ; beaucoup plus de divisions entre les fidèles et dans les familles ; le schisme plus hardi à déserter les temples saints ou à vouloir les partager, à des heures différentes, avec les autres catholiques demeurés fidèles à l'Eglise et à l'Etat.... Dans les trois départements qui formaient la province de Franche-Comté, qu'on dise : J'adhère à Uévêque de Lausanne, et on est réconcilié de plein droit; du moins, la plupart n'en demandent
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pas davantage. On sait si le serment fait par un Français à un évoque suisse est bien dans l'esprit des lois de la république^ auxquelles une partie des dissidents vient de faire une soumission solennelle.... Il est aussi étrange qu'une partie des peuples soient encore dupes de ces ridicules pantalonnades^ qu'il a été humiliant pour moi de voir planer sur ma tète le simple soupçon d'avoir donné dans le piège de ces caméléons maladroits. »
Les rétractations continuant toujours, Grappin, qui était devenu l'un des collaborateurss les plus assidus du journal des constitutionnels de Paris, y publia encore, le iO décembre 1796, une longue diatribe sur les Variations des ré» tractations et des rétractés. Les injures y foisonnaient encore plus que d'habitude sous la plume colérique de l'ex-religieux; mais à travers les dupes, les vils adulateurs, les parjures, les fanatiques, les chutes ignominieuses, les torches de la division, la tyrannie du pontife de Rome, et autres invectives, qui n'apprennent absolument rien que la grande colère du P. Grappin, il y a quelques traits curieux, qui, sans être aussi exacts que s'ils provenaient d'un témoin moins passionné, peuvent néanmoins aider à faire revivre la physionomie de cette époque. Après avoir présenté le tableau un peu chargé des réhabilitations sacerdotales. Grappin nous initie aux petites misères secrètes de l'église schismatique et aux circonstances qui en détachèrent l'un de ses plus importants soutiens^ l'abbé Bouvenot.
(( D'abord, dit-il, les conditions imposées aux constitutionnels furent très dures^ et cependant on les disait essentielles à la prétendue rétractation des dupes. Il fallut, sous peine d'être anathèmes, donner la plus grande publicité aux parjures^ monter en chaire dans les paroisses qu'on avait desservies, et là déclarer, en présence du peuple, qu'on l'avait trompé. Ces parades étaient précédées d'une cérémonie également essentielle. Il fallait se présenter en posture humiUante à la messe du vicaire apostoUque ou du prêtre réconciliateur, et au miUeu de tout le peuple choisi faire, avec larmes^ l'aveu de son schisme et recevoir la semonce du célébrant. Lorsque les premiers rétractants étaient dis-
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pensés d'aller en personne porter le scandale et les torches delà division dans leurs paroisses, c'était pis encore; on exigeait d'eux un écrit imprimé tout dégoûtant de Taccusa* tien de leurs péchés. Les simples qui se prêtaient à ce manège, n'étaient pas à la fin de leurs épreuves. Réduits à la commu* Dion laïque, ils étaient employés comme des espèces de frères servants, jusqu'à ce qu'il plût aux fourbes qui les fascinaient de leur confier de petites dessertes. Lorsqu'on vit commencer les rétractations en France, quelques administrateurs ouvrirent les yeux sur cet abus effrayant, tandis que d'autres étaient à cet égard dans une condamnable apathie. Des coupables furent arrêtés, et comme on parlait pour eux d'une peine égale à celle qu'avaient subie les prêtres réfractaires, ce qui paraissait conséquent, on décida qu'il suffirait à chacun de faire l'acte de rétractation à un seul pa* roissien^ qui en ferait part aux fidèles sûrs. Tel fut le second mode adopté, et les rétractations devinrent plus fréquentes. Deux mois après, autre variation. Il suffisait de donner avis à Tex-prélat diocésain ou à ses grands vicaires^ qu'on était des leurs, et qu'on renonçait au culte qu'on exerçait avec les constitutionnels. Je ne suis plus de voire bord. Ces mots seuls, adressés à quelques prêtres assermentés, ont suffi, deux mois après, pour la validité et l'authenticité des rétractations, à condition qu'on ne fréquenterait plus ceux qu'on abandonnait^ et qu'on travaillerait secrètement les patriotes pour les détacher de l'égUse dite constitutionnelle. Cette dernière variation fut alors adoptée par un ancien vicaire épiscopal (Bouvenot), qui ne rétracta rien, du moins il l'a dit ainsi, et je l'ai cru sur parole, car on assure qu'il est franc. Des persécutions essuyées par sa famille sous le règne de nos dictateurs, l'avaient horriblement prévenu contre le terrorisme, qu'il voyait partout, qu'il croyait voir jusque dans ses confrères. C'est le rédacteur de l'adresse d'un presbytère dont il était membre, aux fidèles du diocèse et aux prêtres incommunicants, adresse bien écrite^ pleine de sagesse et de raison, et dont j'ai lu, dans des feuilles publiques, un éloge bien mérité. Sa rétractation suivit de près cet opuscule, si bien fait pour empêcher la fausse démarche de son auteur.
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Lui-même avait été un des plus zélés défenseurs de la constitution civile du clergé, qu'il allait prêcher avec fruit de commune en commune; il est venu se briser contre cetécueil, tout en convenant que la représentation nationale Tavait déjà détruit avec tout l'édifice de la constitution monarchique. Mais est-il bien vrai que la constitution civile du clergé est aboUe dans tous ses points? Qu'on y prenne garde; les libertés de l'Eglise gallicane subsistent toujours, et certes elles ne sont pas étrangères à cette constitution. « Renoncez, disait-il, au » titre de ministres constitutionnels .Vous voyez que la plupart » des honnêtes gens abandonnent votre parti, et que beau- » coup de prêtres ci-devant fonctionnaires abandonnent votre » cause. D'ailleurs, il n'y a que le bas peuple qui fréquente » vos temples. Cette classe est presque toute composée de I) terroristes, et elle est incapable de vous procurer une sub- » sistance honnête. » C'est ainsi que parlait à des prêtres constitutionnels de la commune où il exerçait des fonctions administratives, le prêtre qui le dernier eut le malheur de se séparer de ses frères. Quelque cultivé que soit son esprit, il n'a jamais pu donner des raisons satisfaisantes de sa défection. Les gens comme il faut l'ont perdu, et voilà tout ce qu'il devait dire. Celle de ses raisons qui marquait le plus et qui ne vaut rien, était celle-ci : « La constitution civile du » clergé, loin de faire du bien, n'a fait que du mal, elle ne 1) venait donc pas du ciel.... » Une grande partie de ces messieurs ont fait le serment civique et l'acte de soumission aux lois. S'ils juraient la liberté et l'égalité, c'était de bouche seulement, et leurs soumissions n'étaient que pures grimaces. — Grappin. »
Le docte bénédictin avait trop accommodé l'histoire à sa passion; car en réalité l'autorité diocésaine ne s'était pas départie un seul jour d'une juste sévérité dans la réconciliation des prêtres égarés, et elle ne rouvrit les portes du sanctuaire ni à l'abbé Bouvenot ni aux autres prêtres qui se bornèrent, à son exemple et avec une raison trop peu animée par la piété chrétienne, à déclarer incidemment qu'ils avaient fait fausse route.
Il faut également mettre sur le compte d'une incurable
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malveillance les accusations d'hypocrisie et de parjure portées contre les prêtres qui, en si petit nombre dans le département du Doubs, se décidèrent à prêter le serment de liberté et d'égalité ou à promettre soumission aux lois de la république. Loin qu'ils fussent les ennemis secrets du nouveau régime politique, on peut dire que' , même parmi ceux de leurs collègues qui refusèrent de prendre l'un ou l'autre engagement, un grand nombre étaient très disposés à s'associer au triomphe de la démocratie, et qu'ils n'y refusèrent leur adhésion formelle qu'à contre-cœur et par égard pour leurs supérieurs ecclésiastiques. Ils le montrèrent bien, i l'époque du 18 brumaire, ^n cessant définitivement de tenir compte des instructions par trop royalistes de certains vicaires généraux.
XII. Les rétractations se continuèrent dans le Doubs pendant le reste de l'année 1795 et le cours de 1796; mais, il faut l'avouer, elles ne furent ni aussi générales ni aussi consolantes que dans d'autres diocèses; et il y a vraisemblablement lieu d'attribuer cette regrettable différence au caractère politique imprimé à ce mouvement de retour, par les supérieurs ecclésiastiques de Besançon. Ce caractère, relevé avec une habUe insistance par Tanimosité de dom Grappin, contribua, à la fois, à heurter le patriotisme de plus d'un prêtre bien disposé, et à provoquer de nouvelles rigueurs administratives, dont reflet fut encore d'arrêter plus d'une âme faible. Le tableau des prêtres rétractés laissé par M. de Yillefrancon, et complété à Faide d'autres documents, comprend une soixantaine de noms pour le département du Doubs et deux cent quinze noms pour tout le diocèse; mais on doit en éUminer un certain nombre qui n'y sont portés qu'à cause du serment de Uberté et d'égalité ou de l'abandon des lettres de prêtrise. Telle est, hélas I l'incurable faiblesse de l'homme, qu'il faudrait encore rayer de cette liste d'honneur, deux ou trois malheureux à qui les persécutions ultérieures firent désavouer un glorieux repentir, et qui, par cette nouvelle chute , plus désastreuse que la première , se trouvèrent placés entre ces deux extrémités lamentables, de rentrer au service du schisme en le méprisant, ou de ne plus appar-
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tenir à aucune confession religieuse. Mais si Texil, la spoliation,la prison, les pontons et la transportation à la Guyane allaient ainsi devenir pour quelques-uns une occasion de rechute, ils allaient en même temps montrer , par la constance presque unanime des rétractés, toute l'injustice des accusations par lesquelles on avait tenté de flétrir- leur dévouement, en l'attribuant à de vils calculs ou à des sentiments vulgaires (i).
(1) Voir, à la fin du volume, le document tfi III, Tableau des prêtres assermentés du diocèse de Besançon qui se sont rétractés en 1795 et 17M.