‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 4)Chapitre 18 sur 36 · VII · texte numérisé non relu

VII

itn CHAPITRE ULIX.

diseot-ils dans leur procès-verbal, que dans cette commune et celles des environs, il y avait beaucoup de prêtres déportés, soit de passage, soit en résidence, nous avons cru devoir requérir l'agent de la commune de fournir une garde qui serait placée au poste ordinaire, pendant tont le temps que nous prendrions des renseignements dans les environs. Etant à la recherche du capitaine de leur garde nationïkte, nous avons vu passer dans le dessus du village deux hommes qui nous ont paru étrangers; nous sommes allés à eux, les avons arrêtés et les avons requis de nous déclarer où ils allaient, d'où ils venaient, qui ils étaient, et de nous'Teprésétttër leurs passe-ports, s'ils en avaient. Us ont répondu, l'un et l'autre, qu'ils n'en avaient point; qu'ils voyageaient d'osé commune à l'autre, venant du Jura et allant vers la Haute- Saône. L'un d'eux a dit s'appeler P. Belgrand et a avotié être prêtre émigré. A l'instant même, tious ravt)ns requis Ufe nous représenter tout ce qu'il avait. Il nous a exhibé trois lettres à différentes adresses, avec quatre petite livrés ta* primés, qu'il a déclaré rapporter de Suisse, un passe-port délivré le 15 courant à la maison commune de Fraroz, trois petites bouteilles contenant, chacune, des huiles. l)e plu^, nous avons ôté'de dessus lui un couteau, un rasoir, un peigne, un canif, un mouchoir en mousseline et une chemise. Ensuite, nous avons demandé à celui qui l'accompagnait, ce qu'il faisait avec lui, où il allait et comment il se nommait. Il a répondu qu'il lui servait de guide depuis quatre lieues, et qu'il allait avec lui encore dans d'autres communes; qu'il se nommait Cl.-Fr. Vincent, natif de Senans, près de la forêt de Chaux, et qu'il ne connaissait pas l'homme qu'il accompagnait. Après quoi, nous les avons arrêtés tous les deux et déposés au corps de garde de la commune, jasqu-à ce que nous puissions partir, pour les amener à la maison d'arrêt, où nous les avons écroués. »

'Le district chargea aussitôt le citoyen Ordinaire, l'un de ses membres, d'aller interroger les deux prévenus en prison et de faire un rapport sur les lettres et autres papiers saisis. If. Belgrand ajant déclaré que son dernier domicile en France était la commune de Soing, où il était vicaire en 1791 , le dé-

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partement décida, le 1 5 mai, qu'il serait transféré dans la maison de justice de Vesoul. Son compagnon de route déclara qu'il était âgé de trente-trois ans et militaire pensionné; qu'il avait rencontré cet inconnu près de Senans, et qu'allant lui-même à Saint-Vit visiter un ancien camarade , il s'était un peu détourné de son chemin pour conduire ce voyageur à Pouilley-les-Vignes, but de son voyage ; qu'il avait, du reste, ignoré jusqu'à lafln sa qualité de prêtre, et que leur entretien n'avait roulé que surla guerre et sur les campagnes auxquelles le répondant avait pris part. Le district, peu convaincu de la vérité de ces allégations , décida qu'il serait pris des renseignements auprès de la municipalité de Senans sur la conduite morale et politique de Vincent. D'après le témoignage très favorable de cette commune, le prévenu fut complètement mis en liberté, le 26 mai.

Deux jours avant Farrestalionde M. Belgrand, la police de Besançon avait saisie dans la maison de M. Roux de R^zq, me du Clos, un autre proscrit, au moment où il célébrait la messe. 11 fut interrogé en prison, seulement le 12 mai, par le citoyen Ordinaire, et répondit comme il suit :

Q. Quels sont tes nom, surnoms, âge, qualité et domicile ?

R. Je m'appelle Georges Ribaud; je suis âgé de soixantedeux ans, ex-chanoine à Poligny et originaire de Quers, dans la Haute-Saône.

Q. Quel est ton dernier domicile?

R. J'ai habité Soleure depuis la fin de juillet 1792.

Q. De quelle manière as-tu quitté le territoire français?

R. Dans le courant de juillet 1792, ayant résisté à des sollicitations réitérées de prêter serment, je fus menacé d'être arrêté. Effrayé de ces menaces, et frappé, d'ailleurs, par l'arrestation de plusieurs de mes confrères, je pris un passeport de la municipalité de Poligny, d'où je m'éloignai, pour rae rendre d'abord en Savoie, puis à Soleure. Les menaces qui m'avaient été faites m'avaient paru d'autant plus injustes que je m'étais cru en droit de refuser un serment que la loi ne prescrivait qu'aux fonctionnaires publics, ce que je n'étais pas.

37â CHAPITRE LUX.

Q. A quelle époque es-tu rentré sur le territoire de la république?

R. J'ai quitté Soleure le 17 février dernier, je me suis trouvé sur le territoire de la république le 23 du même mois, et enfin je suis arrivé à Besançon le 2 mars suivant.

Q. Quelles sont les raisons qui Vont déterminé à rentrer sur le territoire de la république?

R. Mes moyens d'existence étaientpeu considérables en pays étranger. Cependant je dois à ma conscience et à la vérité de déclarer que j'ai été ramené principalement par le désir d'exercer mon ministère, que je regarde comme mon premier devoir, et effectivement, depuis mon retour, j'en ai rempli toutes les fonctions.

Q. Ignorais-tu, en rentrant en France et en y exerçant les fonctions de ton ancien ministère, que tu blessais les lois positives qui interdisent le territoire français à tous ceux qui l'ont .quitté spontanément, ou qui en ont été éloignés conformément aux lois?

R. Sans avoir une connaissance textuelle des lois, je ne puis point dissimuler que j'ai pensé, en rentrant en France, que je jouais un jeu hasardé et que je m'exposais; mais je n'ai pas pu composer avec mes principes. Au surplus, mon cœur ne me reproche aucun acte fendant à porter le trouble dans jna patrie; j'ai, au contraire, prêché la tranquiUité et la paix à ceux qui avaient quelque confiance en moi.

Q. Quel a été, pendant ton séjour à Besançon, le lieu de ton domicile?

R. J'en ai habité successivement plusieurs, sans avoir passé un long espace de temps dans aucun.

Q. Quels sont les citoyens qui t'ont donné asile, autant que ta mémoire pourrait te les rappeler?

R. J'ai logé, rue du Clos, chez la citoyenne Marthe Biget, ci-devaut rehgieuse à la Visitation; chez un citoyen nommé Frolet, demeurant, autant que je le crois, rue de la Bouteille. Ce sont les seuls noms que je veuille faire connaître.

Q. N'as-tu pas aussi habité chez le citoyen Roux dit de Raze, chez qui tu as été arrêté?

R. Je n'y suis allé que pour y dire quelquefois la messe

et peut-être pour y faire quelques visites de bienséance. D'ailleurs, je n'ai eu avec lui aucune relation antérieure à mon séjour à Besançon.

Q. N'as-tu pas exercé tes fonctions et, notamment, dit la messe ailleurs que chez le citoyen Roux dit de Raze?

R. Je me rappelle l'avoir dite quelquefois chez la citoyenne Fleurs, Grande-Rue, chez la citoyenne Faivre, rue Ronchaux, et chez les citoyens Calf, Moutrille etDesbiez dit Saint-Juan, seules maisons qui me reviennent en mémoire.

Q. Te pro^osais-tu de rester longtemps à Besancon?

R. Je n'avais à cet égard aucun plan arrêté. J'avais désiré plusieurs fois voir ma famille, et je n'ai résisté à ce sentiment bien naturel que par la crainte d'être inquiété en sortant de cette ville.

Q. En rentrant sur le territoire français, n'y as-tu apporté aucun écrit contraire à la Révolution? N'en avais-tu point distribué à ceux dont les fonctions que tu venais de remplir l'ont rapproché?

R. Non.

Lecture faite de cet interrogatoire, M. Rihaud déclara que ses réponses contenaient l'exacte vérité, qu'il y persistait, et il signa avec le commissaire et son greffier.

La position de ce prêtre émigré était tellement critique, que rien ne fut épargné, parmi les pieuses femmes auxquelles il était venu apporter les consolations religieuses, pour procurer son évasion. Une tentative malheureuse eut lieu à cet effet, et le citoyen Cadenat, portier de la maison de Chamars, qui la fit échouer, en adressa au juge de paix Durney le procès-verbal suivant : « Hier soir, 25 floréal (\A mai), à la nuit tombante, au moment où je m'occupais à enfermer les prisonniers, plusieurs femmes, qui étaient venues faire des visites ou apporter des repas, demandèrent tout à coup à sortir. Je leur ouvris d'abord la première porte, en donnant quelque attention à l'une d'elles qui me paraissait d'une taille extraordinaire. Parvenu à la seconde porte, j'examinai chacune de ces femmes avant d'ouvrir, et je reconnus que celle qui venait de me frapper par sa taille et sa contenance, n'était autre chose que le nommé Ribaud, prêtre détenu dans la mai-

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son d'arrêt depuis quelques jours, qui s'était déguisé à l'aide de deux cotillons, unmantelet, un manteau noir, deux mouchoirs de cou, un bonnet rond et un ruban, enfin une paire de souliers de femme ; de plus , pour être moins suspect et remarqué, il portait sur son bras un enfant, qui sans doute lui avait, été confié par une de ces femmes qui le lui reprit aussitôt. Sur le reproche que je voulus faire à ce paoticulier de son déguisement, il refusa de rentrer, se colleta avec moi, de manière que l'on fut forcé d'ouvrir la porte de la rue pour faire entrer le factionnaire. Pendant ce temps-là, les femmes s'empressèrent de s'évader avec l'enfant. Ledit Ribauda été conduit au cachot, où toutefois on lui a apporté son lit et ses couvertures. Visite faite dans sa chambre, on n'y a trouvé aucun de ses habits. Je ne peux désigner personne comme l'ayant secondé dans son projet, mais je sais que depuis son arrestation, il est habituellement visité par la femme Tyrodc, veuve Roux, ci-devant de Raze, la femme Roux de Raze, fille Tyrode, les servantes de ces deux femmes, les enfants de la maison, un neveu de Ribaiid, dont je ne sais pas le nom, et enfin une ci-devant sœur servante de couvent, d'une taille haute, qui apportait habituellement à manger à Ribaud et qui, sans doute dans la vue de se ménager plus de confiance de la part de la citoyenne Martin , sœur du concierge , fit hier, après midi , d'inutiles instances auprès d'elle pour lui faire accepter un petit présent. Les habits de femme en question nous ayant été représentés, nous avons vérifié que l'un des jupons était marqué delà lettre T,. ainsi qu'un serre-tête et un bonnet. Ces efiets, ainsi que les autres, ayant été présentés par nous au sieur Ribaud, avec interpellation de nous déclarer la personne de qui il les tenait, et celle qui avait emporté les habits d'homme, il nous a répondu qu'il n'avait aucune connaissance de ce que nous lui demandions ; qu'il reconnaissait cependant les efiets de femme pour ceux dont il était couvert hier au soir; que les visites qu'il a reçues jusqu'ici lui ont été faites assez ordinairement, quoique rarement, par les femmes Tyrode et Roux de Raze, et une fille nommée Marthe, ci-devant sœur à la Visitation, qui lui apportait ses repas et loge me

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du Clos, dans la. maison. Roux de Raze. De tout quoi noias 9V0QS dressé procès-Yerbal ; et ledit Ribaud, quoique ne gisant aucune réclamation sur sa teneur, sauf qu'il dit n'ar ¥oir vu la, jeune de Raze qu'une seule fois, a refusé d,e signer. »

Le district de Besançon, pressé de se décharger de ce pri- $pnaier embairrassant^ décida, le 15 mai, que le prêtre Ribaud ayant déclaré qu'il était en dernier lieu chanoine ^ P<)Iigny, il serait transféré dans la prison de Lons-leSaunier, e| que les pièces de son procès seraient transmises à Taccu- ^ateur public du Jura.

Le leodem;ain, les mêmes administrateurs, oubliant la^ sage et douce maxime de l'antiquité : Res sacra miser, firent dajis leur journal, Iç Neuf Thermidor, ce récit satirique de l'^r vasion manquée, en jouant indécemment sur le nom de la\ victime : <( Le nommé Ribaud, saint prêtre prévenu d'émigration, avait été arrêté, il y a quelques jours, au milieu de ses fonctions sacerdotales et traduit dans la maison d'arrêt. Son nom, autant que son caractère sacrée avaient rassembla autour de lui, dans la prison, un troupeau d'ouailles femelles^ Avant hier une dizaine de ces dévotes travestirent M. l'abbé en femme. Combien il eût été intéressant de les voir assis^ ter à sa toilette, lui faire une gorge de nourrice, lui apprendre les façons, les grâces de leur sexe. Vers la nuit, notre moderne Achille, ainsi équipé^ se présenta à la porte de la, ^son, accompagné de ses femmes de chambre ; mais un^ c^taine gaucherie dans la tenue et des traces de barbe au, ipenton trahirent le ribaud. Se voyant ainsi découvert, i\ voulut faire le coup de poing avec le concierge, mais la sentinelle présenta la baïonnette à la nourrice supposée et la forç^ à rentrer sous les verrous. » Heureusement le règne de la pitié avait succédé à celui de la terreur, lorsque le vénérable chanoine comparut devant les tribunaux du Jura, et son nomi n'accrut pas la Uste des exécutions sanglantes.

X. D'autres prêtres insermentés, retirés à Besançon, furent, a la même époque, l'objet des perquisitions du district. TI déclara, le 13 mai, « qu'il était informé que le prêtre déport^ Cl.-Aut. François, ex-familier de l'église de Saint-Maurice

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à Besançon, était rentré sur le territoire de la république, et qu'il avait fixé sa résidence dans la ville ; qu'il importait à la sûreté publique de s'assurer de sa personne et de le tenir sous la surveillance immédiate de la municipalité pendant le délai fixé par la loi du 1*"^ mai, à moins qu'il ne préférât sortir de la république avant ce délai ; et qu'en conséquence, il serait arrêté à l'instant et conduit dans la maison d'arrêt. » Mais M. François était du trop petit nombre des proscrits qui devaient obtenir justice sous le règne même de la Convention. Un arrêté du proconsul Saladin, pris à Arbois le 30 juin, ordonna la mise en liberté complète et sans restriction de ce prêtre éprouvé et la main-levée du séquestre posé sur ses biens. Cet arrêté fut pris sur une attestation des officiers municipaux de Besançon constatant que M. François (ou Français, d'après la nouvelle orthographe), étranger au clergé paroissial depuis 4788, n'avait rempli aucune fonction publique en qualité de prêtre depuis cette époque.

Le 17 mai, un dénonciateur, plus ardent qu'éclairé, informa le district qu'un prêtre déporté s'était retiré dans la maison du citoyen Pillot, rue du Clos, et qu'il y célébrait la messe, au milieu d'un peuple nombreux. Aussitôt le district décide que Denizot se rendra sur-le-champ dans cette maison, pour saisir ce prêtre, en se faisant accompagner par un gendarme. Denizot, revenu de son expédition, déclare qu'il a reconnu que le prêtre Gouget, ex-chapelain de Saint-Jean- Baptiste, venait réellement de célébrer la messe dans sa chambre; mais qu'il n'avait occasionné aucun trouble et qu'il était bien connu pour n'avoir jamais été déporté. C'était nn vieillard caduc, reclus en qualité de septuagénaire. Le district passa à l'ordre du jour sur cette sotte accusation.

Un coup de filet plus heureux fut amené deux jours après par une autre dénonciation , dont il ne reste d'autre trace que cette note informe : u Etiennette Bergère et Gabrielle Bourdenet, ci-devant sœurs au couvent des clarisses de Besançon, ont été à Noironte, du 13 au 45 courant. Ces deux sœurs sont de Passonfontaine, district d'Ornans. » Sur cette indication, complétée sans doute par des renseignements plus explicites, la gendarmerie de Besançon arrêta, le 20 mai, à

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NoiroQte ua personnage étranger et mystérieux, qu'on appelait Christophe, et qui était cacné chez le fermier Cl. -F. Roussel , sous l'habit et la profession de garçon de labour. Les gendarmes saisirent avec lui une lettre sans signature et un passe-port délivré le 22 floréal an ii [\i mai 1794), par la municipalité d'Ecorpain, dans le département de la Sarthe. Le district déclara « qu'il lui paraissait démontré que ce Christophe était un prêtre déporté rentré ; qu'il appartenait à une des familles contre-révolutionnaires qui avaient soutenu la guerre de la Vendée; et qu'il était chargé, de leur part, de projets semblables pour le département où il s'était retiré depuis quelque temps ; » qu'en conséquence, il serait interrogé dans la maison d'arrêt, et qu'un mandat d'amener serait lancé contre son prétendu maître, le fermier Roussel , avec ordre, signifié à ce dernier, d'apporter tous les papiers du nommé Christophe qu'il pouvait avoir en sa possession.

Les gendarmes s'étant rendus le lendemain à Noironte pour amener M. Roussel au district, le trouvèrent malade et hors d'état de les suivre. Il leur répondit qu'il n'avait plus en sa possession aucun des papiers de Christophe. Les gendarmes lui ayant demandé si cet homme n'avait point d'armoire où il retirât ses efiets, M. Roussel répondit que tous ses effets étaient sur une perchette de fenêtre qu'il indiqua et où les gendarmes allèrent aussitôt fouiller. Ils n'y trouvèrent qu'une veste bleue, une culotte de drap blanc, une chemise , quelques autres vieilles nippes, et deux volumes contenant les offices de l'église. M. Roussel, questionné de nouveau sur son mystérieux serviteur, répondit qu'il était chez lui depuis le 20 mars précédent ; qu'il avait reçu trois lettres pendant son séjour, une notamment le jour de son ar* restation ; que, les dimanches et jours de fêtes, il se retirait avec ses livres dans l'écurie pour y dire ses prières ; mais que, pour lui, il n'avait jamais eu de soupçon que c'était un prêtre.

Ces déclarations ne firent qu'enflammer le désir du district d'en savoir davantage, et le 26 mai, M. Roussel, qui était guéri, dut aller à Besançon compléter sa déposition. Il déclara qu'il avait ramené cet étranger d'Epenoy, où il demeu-

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rait alors. « Je ne l'ai pris à mon service, ajouta-t-il, qqe sur l'assurance qui m'avait été donnée par mon beau-pèr^ que c'était un bon ouvrier. » Le district lui demanda encore s,'H ne çoi^naissait pas autrement ce particulier ; s'il ne lui^ a,vait pa^ été recommandé par d'autres personnes que soi^ bi^au-père; s'il n'avait pas vu souvent des étrangers venir le vx)ir ; s'il ne l'avait pas vu souvent recevoir des lettres et ] répondre ; s'il ne pensait pas que cet étranger était un prétriQ ou un émigré ; et enfin s'il n'avait rien remarqué dans se^ dp^cours et sa conduite qui pût lui donner des soupçons de ^tte nature M» Roussel répondit négativement sut tous le^ points. L^ 28 mai, le district n'ayant rien pu découvrir de certain sur ce Christophe, déclara que de toutes les informa^n tioas il Qe résultait contre lui qu'une forte présomption d'é-* migration ; qu'en conséquence, il serait conduit, de brigade e^ brigade, dans la maison d'arrêt de son district natal.

Le 1^ juillet, les gendarmes Simonnot et Desgranges, delà ^rigjade de Besançon, étant à Thise, aperçurent plusieurs personnes assemblées à la porte de l'église ; ils allèrent aush sitôt chercher le procureur de la commune et revinrent 4 l'église avec lui. Au moment où ils arrivaient, les assistants sortaient de l'office. Le procureur alla trouver à la sacristie le prêtre qui venait de célébrer la messe, et lui dit que le$, ^ndarmes désiraient voir ses papiers. Le prêtre s'avança, $ans difficulté vers les gendarmes et leur exhiba un certifie^ visé par le district et le département, portant que le citoyei^ Cl.-F. Saron , âgé de vingt-neuf ans , fils de Just Saron, en^ ^on vivant négociant à Arbois , avait résidé à Besançon de-, puis 1792 jusqu'au 8 du mois courant. Ce certificat n'ayant, pas entièrement satisfait les gendarmes, ils invitèrent 1q prêtre à les suivre à la municipalité, afin de voir si les mu-, çicipaux de Thise le connaissaient pour un prêtre asser-. ipenté, et s'ils l'avaient engagé à dire la messe ce jour-li. Cl. -Et. Ménétrier, officier municipal, et CL-Et. Gamboly, offir cier de l'état civil, seuls présents, répondirent qu'ils ignoraient si M. Saron avait prêté serment, mais qu'après avoir vu ses papiers en règle, ils l'avaient invité à dire la messe dans leur église, et qu'ils s'engageaient à remettre cet ecclé-

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siastique à la disposition de Tautorité, toutes les fois qu'ils en seraient requis. Au moyen de cette promesse, les gendarmes s'abstinrent d'arrêter M. Saron,; mais ils vinrent aussitôt faire part de leur découverte au district. Le district compulsa la liste générale des émigrés et y trouva inscrit, à la date du 30 août 1792, Just Saron, prêtre d'Arbois. 11 écrivit, en conséquence, au district de cette dernière ville : « D'après les renseignements qui nous sont donnés , nous présumons que l'émigré Just Saron est rentré; mais, pour ne pas nous exposer à une fausse démarche, nous désirons savoir s'il n'j a de votre district que ce Just Saron, émigré, son âge et son signalement ; s'il n'a pas un frère ou quelque parent prêtre, portant le nom de CI. -F. Saron ; enfin si ce n'est pas par erreur qu^on a désigné l'émigré sous le prénom de Just , au lieu de Claude-François. » La réponse du district d'Arbois ne s'est pas conservée ; mais elle dut constater qu'il y avait réellement deux prêtres portant le nom de Saron, tous deu^ originaires d'Arbois. Le plus âgé, oncle ou frère aîné de celui qui officiait à Thise, avait été familier dans sa ville natale et était exilé. Le plus jeune, après avoir été ordonné prêtre 4 Fribourg en 179i, était venu, l'année suivante, chercher uq refuge à Uesançon. En cachant sa qualité de prêtre sous une autre profession, il avait pu, grâce à sa jeunesse, à sou origine étrangère et a son peu de notoriété, échapper à la vigilance des cliibs et de la poUce révolutionnaire.

XL A Burgille^ comme à Thise, les prêtres fidèles trouvaient dans les officiers municipaux un concours manifeste. Le 19 août, le district de Besançon déclara « qu'il était informé que le fanatisme le plus révoltant s'organisait dans la commune de Burgille sous la protection même d'une partie des membres de la municipalité ; que déjà plusieurs prêtres déportés s'y étaient retirés; que d'autres s'y rendaient fréquemment des villages voisins et s'efforçaient d'allumer la guerre civile, d £n conséquence, il arrêta que le conseil général de la commune était suspendu de ses fonctions. Cette mesure fut ratifiée le lendemain par le département Mais elle n'eut pas le succès qu'en attendait l'administration ; car, neuf jours après, le procureur syndic Mour-

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geon représenta encore au district « qu'un grand nombre de citoyens des campagnes et même plusieurs municipaux lui avaient porté plainte des désordres que les prêtres rentrés commettaient dans le ressort , et en particulier à Chemaudin , Pouilley-les-Vignes et Burgille, où ils paraissaient séjourner plus fréquemment qu'ailleurs ; que, sans respect pour les lois et la liberté des cultes, ces prêtres désorganisateurs tyrannisaient les opinions religieuses, pour les soumettre à leurs principes ridicules et dénaturés ; qu'ils portaient l'audace jusqu'à prêcher ouvertement l'avilissement de la Convention , le rétablissement de la royauté , le mépris du papier-monnaie ; qu'ils défendaient avec une égale impudeur d'acheter des domaines nationaux, et de vendre les denrées pour des assignats ; qu'ainsi armés des torches du fanatisme, de l'intolérance et de la perfidie, ils mettaient partout à l'ordre du jour le brigandage, la révolte et l'assassinat ; et qu'il était de son devoir de prévenir les résultats fâcheux d'un semblable débordement, en requérant de l'administration lés mesures répressives que les cir.constances exigeaient si impérieusement. Il demandait donc qu'il fût envoyé des troupes pour dissiper les assemblées illicites provoquées par ces ecclésiastiques perturbateurs, et les arrêter eux-mêmes s'il était possible, pour les livrer à la justice. )> Ce réquisitoire violent et injuste, où le mécontentement du parti gouvernemental allait jusqu'à imputer aux prêtres le discrédit d'une monnaie de papier que le gouvernement luimême était le premier à avilir par l'excès d'une production trop facile , fut suivi d'un arrêté portant qu'il serait fait une recherche exacte des prêtres déportés à Chemaudin, Pouilley et Burgille ; qu'ils seraient arrêtés sur-le-champ et conduits à la maison d'arrêt, ainsi que tous les autres ministres du culte qui, n'ayant point été atteints par la déportation, se permettraient de fonctionner sans avoir fait la soumission aux lois ; que ces expéditions seraient faites le matin du 30 aoAt, simultanément dans les trois communes, par des détachements de huit cavaliers, commandés par des officiers de gendarmerie , qui dresseraient procès - verbal de leurs opérations. Mourgeon, en adressant au général Okefl'les ré-

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<Iuisitions aécessaires, ajouta que chaque pelotoa devait être rendu avaot six heures du luatiu dans la commune qui lui serait désignée.

P. Arbey, capitaine de gendarmerie, chargé de présider en chef à cette triple expédition, en fit le compte-rendu suivant : « A deux heures du matin, ayant divisé en trois pelotons la force armée qui nous avait été confiée , consistant en trente hommes, tant d'artillerie légère que de chasseurs à cheval; cinq, de la gendarmerie de l'armée, y compris le capitaine ; sept, de la gendarmerie de la résidence, y compris le lieutenant et moi ; nous avons dirigé le premier, composé de seize hommes et commandé par le citoyen Yiotte, sur Burgille; le second, composé de quatorze hommes, et commandé par le capitaine Lorrain, sur Chemaudin; et le troisième, composé de treize hommes et commandé par moi, surPouilIey. A trois heures du matin, nous sommes tous sortis ensemble de Besançon. Je suis arrivé avec mon détachement à Pouilley , à quatre heures et demie, et, m'étant de suite ■emparé des avenues du village et du clocher, j'ai fait demander l'agent national et les officiers municipaux, qui tous se sont trouvés absents, à part Jos. Prétet, officier municipal, J. Viard, notable, et Mathieu Blussaud, secrétaire. J'ai fait a ceux-ci lecture de l'arrêté du district et les ai requis, de par la loi, de me donner tous les renseignements utiles pour faire, dans les maisons suspectées de retirer des prêtres déportés rentrés ou exerçant sans soumission, les recherches convenables pour parvenir à leur arrestation. Ils m'ont déclaré que les maisons les plus suspectées étaient celles de J.-B. Denizot le vieux, Cl. -Jos. Renaud et J.-Gl. Gaulmefils, chez qui j'ai fait et fait faire les perquisitions les plus exactes sans y rencontrer aucun prêtre. Seulement, chez Renaud, dans un cabinet à l'étage, nous avons trouvé difiërents ornements servant au culte catholique, enveloppés dans un hnge, et quelques hosties daus l'armoire d'une chambre voisine. Nous avons demandé à la femme et aux filles Renaud, qui nous accompagnaient dans nos perquisitions, d'où ils avaient eu ces ornements, et elles nous ont répondu les avoir achetés, comme la loi le permettait. Nous n'avons trouvé

chez Denizot qu'un surplis, qu'il nous a dit avoir appartenu à un de ses fils, prêtre, mort en Suisse. Nous nous sommes encore transportés dans difTérentes autres maisons moins suspectes, où nous n'avons rien trouvé. Néanmoins, nous avons toujours tenu notre détachement en ordre jusqu'après midi, pour empêcher tout rassemblement possible; mais il ne s'est rien passé contre l'ordre. »

Le capitaine Lorrain, de son côté, rendit le compte suivant de son expédition à Cbemandin : «Arrivés à cinq heures moins un quart, nous nous sommes d'abord emparés de l'église et des différentes avenues de la commune. Ensm^e nous avons envoyé chercher le maire et l'agent national, et les avons invités à nous déclarer les maisons suspectes qui donnaient asile aux prêtres réfractaires. Us nous ont indiqué les maisons : 1* de la veuve P. Jeannin, 2** de la veuve J*"»-Gl.Galliot le jeune, 3« de Léonard et Phil. Sevy, 4*» de P. GalKot l'alné, 5* de la veuve Simon Arnoux, 6* de P. Mairey. De suite nous nous sommes transportés chez ces différents particuliers et leur avons demandé s'ils pouvaient et voulaient nous donner des renseignements sur les prêtres émigrés, déportés, contre-révolutionnaires, qu'ils retiraient chez eux. Tous nous ont répondu qu'ils étaient très amis de la messe, mais qu'ils ne communiquaient point avec les prêtres dont nous leur parlions. N'ayant obtenu que des réponses négatives à diflérentes autres questions, nous nous sommes convaincus de plus en plus que cette malheureuse commune est infectée de fanatisme et de superstition, et nous en sommes d'autant plus certains, qu'il y a' quinze jours, trente ou quarante habitants s'assemblèrent sans prévenir les officiers municipaux, et prirent, dit-on, une délibération tendante à introduire dans la commune, pour pasteur, un prêtre de leur goût, dans la supposition même que ce prêtre ne se serait pas conformé aux lois. C'est du maire et de l'agent que nous tenons cette anecdote intéressante. Malgré leurs redherches et leur bonne volonté, ils n'ont pu se procurer cette pièce, demeurée entre les mains des illuminés. Mais ils savent parfaitement que cette pièce est la copie d'une semblable, faite à Pouilley-les- Vignes ; que Vincent Galliot

RENTRÉE GÉNÉRALB DBS PRÊTRES DÉPORTÉS. 383

jeune, frère de l'abbé déporté, l'a présentée à l'assemblée; et que les citoyens J.-Ant. et J.-P. Mairey ont cherché par différents moyens à engager les habitants de Chemaudin à adopter et signer cette délibération ; ce que plusieurs ont fait et d'autres ont refusé. Galliot ayant été appelé pour nous déclarer la vérité sur ces faits, nous a dit que, véritablement, une délibération avait été prise ; que lui-même Tavait %ipportée; qu'elle avait été copiée sur celle de Pouilley-les- Vignes, et qu'elle ne contenait rien de répréhensible ; qu'il s'agissait seulement de procurer un ministre pour le culte catholique, apostohque et romain; mais que, n'ayant pas oette délibération, il ne pouvait nous la remettre. Ayant été alors requis par moi de se transporter au district portr y rendre compte de sa conduite, il a répondu qu'il s'y rendrait volontiers, n'ayant rien à se reprocher. J.-P. Mairey ayant ensuite etaiparu, nous lui avons demandé s'il avait connaissance de eette délibération. Il nous a répondu qu'il l'avait -signée, nvais qu'elle ne contenait pas autre chose que l'assurance Se de procurer la messe ; qu'il n'y avait rien de conftratre aux lois ; qu'il serait même très fâcbé s'il y avait eu quelque chose de contraire, et qu'au surplus il était très bon repu» Micain. Requis par moi de venir rendre compte au district de cette délibération, il a répondu que, n'étant poiut coitiia* ble, il donnerait tous les renseignements demandés. Inter* pêllé enfin s'il savait où est le prêtre Bulle, ou tdl autre prêtre prêchant 'et proclamant la contre-ré volution, il a dit n'en point connsdtre et n'en rien savoir.

)> Invité par les officiers municipaux à rappeler les citoyens à leur devoir par un mot d'exhortation, j'ai fait convoquer le peuple au son de la cloche, devant la maison commune, et j'ai tâché de seconder leurs vues patriotiques, en expliquant en deux mots à ces citoyens les avantagés d'un gouvernement libre et républicain, les dangers où votilaient les conduire des prêtres perfides, et le moyen de les éviter. J*ai surtout insisté sur les vues bienfaisantes du gouvernement actuel. Un des officiers municipaux, averti de notre arrivée, s'est absenté, afin de ne rien avoir à nous déclarer. »

Ge gendarme prédicateur, assisté de treize cavaliers, per-

sonnifiait bien l'espèce de liberté dont ces pauvres habitants de Ghemaudin persistaient à ne pas apprécier les douceurs. Le rapport de la troupe envoyée à BurgiUe nous manque, et cette perte est d'autant plus regrettable, que des trois expéditions, celle de BurgiUe fut la seule qui obtint quelque résultat. Les soldats surprirent un vieux prêtre, sorti récemment de réclusion, M. Pyot, curé de Lantenne^ célébrant la messe dans la maison de ta veuve Barry, où un grand nombre de personnes se trouvaient réunies. Comme M. Pyot était en contravention, pour n'avoir pas fait sa soumission aux lois, la troupe l'emmena à Besauçon et l'écroua dans la maison d'arrêt. Le lendemain, le district déclara « que la conduite de ce prêtre était très répréhensible ; qu'elle avait pour but d'entretenir le fanatisme qui désolait les campagnes; que ses démarches, depuis le 12 juillet, époque de sa sortie de la maison de réclusion, avaient été celles d'un vagabond, d'un être errant, qui s'était trouvé dans toutes les circonstances et dans tous les lieux où il savait que sa présence et Texercice de son prétendu culte pourraient lui associer un plus grand nombre de partisans^ pour renverser la république et en détruire les fondateurs et les soutiens ; que ces faits étaient appuyés par diverses dénonciations ; que la veuve Barry avait aussi contrevenu à la loi en lui donnant asile pour l'exercice de son culte; qu'en conséquence, le prêtre Pyot et la veuve Barry seraient dénoncés au juge de paix de Recologne, le premier, pour être traduit devant le tribunal criminel comme un perturbateur qui troublait les familles et détruisait l'harmonie entre les citoyens, et la veuve Barry, pour être condamnée en police correctionnelle. ))

Cinq jours après , Mourgeon transmit cet arrêté au juge de paix de Recologne, avec le procès-verbal de l'officier de gendarmerie, l'interrogatoire subi par M. Pyot par-devant le district le lendemain de son arrestation, et deux dénonciations provenant du maire et du procureur de la commune de Lantenne. Ces deux dernières pièces, qui avaient surtout indisposé l'administration contre le vieillard , accusaient ce dernier d'avoir refusé sa soumission aux lois de la république.

et de n'épargner ni efforts ni démarches pour corrompre partout l'esprit public. Le procureur syndic recommanda au juge instructeur de mettre la plus grande activité dans la poursuite de cette affaire, qui, disait-il, était d'un intérêt majeur pour l'ordre public. Nous ignorons ce qu'il advint de la veuve Barry; quant à M.Pyot, il fut maintenu en réclusion.

XIl. Le maire de Morre, A. Petitjean, informé que M . Simon Crétin retirait chez lui des prêtres insoumis et qu'il s'y faisait des rassemblements , s'y transporta avec Cl. Petitjean , brigadier de la gendarmerie. Au nom de la loi, ils sommèrent M. Crétin de leur déclarer s'il n'y avait pas chez lui un prêtre qui exerçait les fonctions du culte ; et sur sa réponse négative, ils se mirent en devoir de fouiller toute la maison. Ils y découvrirent d'abord des burettes et une sonnette cachées dans un lit, puis un autel dressé dans une chambre , et enfîn^ ce qui était plus important, un prêtre étranger qui venait de célébrer les saints mystères au miUeu d'une réunion de fidèles. Ce prêtre déclara se nommer Jos. Chapon, originaire de Yillerbon , dans le département de Loir-et- Cher, et avoua qu'il venait d'exercer le culte sans avoir fait sa soumission aux lois. Parmi les personnes formant le rassemblement qui venait d'être dispersé, le maire reconnut, outre Crétin et sa famille, Ferjeux Laithier, Angélique Millaud, sa famille et son frère, de Trepot^ Marie PouUn et son fils, et deux fils de Jos. Vieille. D'autres assistants lui étaient inconnus, d'autres étaient parvenus à s'évader. M. Chapon, aussitôt conduit dans la maison d'arrêt de Besançon , y fut interrogé le^ lendemain par Louvot. 11 répondit qu'il était âgé de trente ans, vicaire à Mons-en-Sologne au moment de la constitution civile du clergé, et insermenté; qu'il s'était déporté en Suisse, à Sursée, petite ville du canton de Lucerne, d'où il était sorti depuis douze jours ; qu'il ignorait les lois qui interdisaient aux prêtres déportés de rentrer sous peine de mort, et qu'il croyait les lois de ce genre abrogées par la loi du 30 avril et la constitution nouvelle , qui assuraient à tous les Français la liberté des cultes ; qu'il avait fonctionné une seule fois depuis sa rentrée en France, en célébrant la

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