VII
messe chez la personne qui , sans le connaître y avait bien voulu lui donner Thospitalité ; qu'il n'avait point fait de déclaration préalable , parce qu'il n'en savait pas la nécessité; qu'il avait été déterminé à quitter la Suisse par le désir de revoir sa patrie et d'y reprendre l'exercice de son culte, qu'il croyait libre ; et enfin qu'il ignorait si son nom se trouvait sur une liste d'émigrés , étant parti au mois de septembre
A la suite de cet interrogatoire , le district décida qu'il serait écrit au département du Loiret, pour vérifier si la commune d'Orléans, où le prisonnier déclarait avoir eu son dernier domicile, lui avait délivré un passe-port de déportation, et s'il n'était pas porté sur une des listes d'émigration de ce département ou de celui de Loir-et-Cher, dans lequel il avouait avoir été fonctionnaire public. Les renseignements attendus étant arrivés , le département déclara , le 30 septembre, que le prêtre Chapon avait reçu de la municipalité d'Orléans un passe-port de déportation , le i*"" septembre i792 ; qu'il n'était point émigré ; qu'au moment de son arrestation il était encore dans le délai prescrit par la loi du 20 fructidor ; qu'en conséquence, il serait reconduit par la gendarmerie à la frontière. Le citoyen Besson, ex-notaire, se chargea, sous sa responsabilié personnelle, de l'y mener avec un seul gendarme.
Pour avoir une idée exacte et complète de la situation du Doubs à cette époque, il ne faut pas oublier qu'au moment même où les autorités réactionnaires de Besancon se livraient à toutes ces poursuites contre les prêtres, elles faisaient simultanément une guerre non moins active aux terroristes qui avaient tyrannisé le département pendant les deux années précédentes; de sorte que le parti dominant, en dépit du titre de modéré que lui donnaient ses ennemis et qu'il se donnait volontiers lui-même, ne remplissait guère moins les prisons que ses devanciers, ne s'agitait et ne bataillait guère moins qu'eux, ne donnait guère plus de satisfaction à l'opinion publique, et en somme, ne faisait guère plus honorer et bénir le règne de la Convention.