‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 4)Chapitre 28 sur 36 · VII · texte numérisé non relu

VII

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Le district^ partageant rembarras du procureur de Rosureux, au lieu de l'en tirer, ne trouva d'autre parti à prendre que de soumettre ce cas grave au département, u Le fanatisme, lui écrivit-il, devient de jour en jour plus insolent^ et les autorités constituées/de moins en moins actives pour le réprimer, parce qu'il parait également dangereux d'agir et de n'agir pas. Nous avons pensée avant de faire aucune démarche contre la femme qui s'est emparée des clefs de l'église de Rosureux, laquelle est évidemment soutenue, que nous devions en référer à votre sagesse. »

Il paraît que la sagesse du département se trouva aussi en défaut; car le 30 août, Robert, maire, et Faivre, procureur à Rosureux, écrivirent de nouveau au district : « Nous vous prévenons que des prêtres roulants (sont-ils déportés oa émigrés? nous l'ignorons) se permettent de célébrer leur culte dans l'église de notre commune, sans faire aucune soumission à la municipalité. Nous ne pouvons leur refuser les clefs de notre église, puisque nous ne les tenons plus. Jeanne Robert^ qui a eu la subtilité de se les approprier, n'a pas voulu jusqu'à présent les rendre, ce qui est cause qu'elles sont communiquées si facilement à ces prêtres. » Châtelain, procureur syndic du district, répondit à Faivre, le 10 septembre : « Tu voudras bien convoquer la municipalité, afin qu'elle ait à délibérer sur la remise des clefs de l'église de la part de la Robert, et m'instruire si elle aura accédé à la demande que tu lui en feras, afin de me mettre à même de prendre telle mesure qu'il sera trouvé convenir. » Décidément cette pauvre femme était devenue une puissance, avec qui on négociait comme avec un Etal de premier ordre.

La commune de Vernois, qui jusqu'à cette époque ne s'était guère signalée que par l'hostilité de ses gardes nationaux contre les prêtres fidèles, se voyait elle-même atteinte par (( l'épidémie du fanatisme. » Le 31 mai, vers dix heures du matin, les gardes nationaux qui se trouvaient de service remarquèrent qu'il se formait un rassemblement dans une maison du village. Soupçonnant qu'il y avait un prêtre réfractaire , ils coururent , les uns entourer la maison , les autres prévenir le maire et le procureur. Quand ces deux

derniers arrivèrent, décorés de leurs écharpes, ils trouvèrent la maison vide. L'assemblée, qui était déjà en prières, s'était dispersée à l'approche des premiers gardes nationaux.

Le 7 juin, Aymonnier, procureur de la commune de Neuvier, désolé de voir l'étonnante transformation de l'esprit public, écrivait au district : « On ne cesse maintenant de se moquer des bons citoyens qui ne croient pas à ces prêtres déportés, ce qui porte de grands préjudices. »

Nie. Bardot, maire de Villars-sous-Ecot, C. Jeanblanc et P. Guillemin, officiers municipaux, écrivaient, de leur côté, le 28 juin : « On fait beaucoup d'assemblées avec les prêtres déportés, dans plusieurs endroits autour de chez nous. Les messes s'y disent très souvent, et il s'y trouve beaucoup de inonde. Us disent qu'ils sont armés; et dans notre commune il ne reste qu'un très petit nombre de personnes qui n'y vont pas. On a publié les arrêtés du représentant du peuple, mais nous ne sommes pas écoutés. » Le fougueux Maillot, curé assermenté de cette paroisse, était allé un instant reposer son ardeur de clubiste et depubliciste dans la sinécure de bibliothécaire à Saint-Hippol vie ; il paraît avoir repris possession de sa cure vers cette époque, car on le voit adresser, de Vjllars, au district, le 21 octobre, cet appel désespéré : « L'anarchie la plus complète triomphe dans cette commune. Pourquoi n'apporte-l-on aucun remède? La machine politique est-elle entièrement délabrée? Faut-il se voir égorger par l'aristocratie? Jamais on n'a eu si besoin de patrouilles; les fanatiques ne cherchent qu'à assassiner. Toutefois, les patriotes, en petit nombre et fatigués, refusent de la faire. » C'est qu'ils savaient fort bien, et Maillot aussi, que les catholiques n'égorgeaient et n'assassinaient personne.

A Ecot, la municipahté patriote cherchait, par des dénonciations réitérées contre les catholiques, à leur imposer le silence de la terreur, et elle ne réussit pas. Le district lui répondit, le 20 juin : « Ensuite de vos lettres du 15 et du 23 prairial , nous avons décerné mandat d'amener contre J.-CL Marain et Mercier; nous les avons interrogés sur les faits vagues énoncés dans vos susdites lettres; et par leurs réponses, nous avons pu comprendre que quelques gens mal-

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faisants s'occupaient à mettre la division parmi tous, et qu'ils vous employaient pour les seconder. » La réaction faisant chaque jour de nouveaux pas, les catholiques d'Ecot songèrent à se débarrasser de cette municipalité persécutrice, créée par la fraude et la violence, au détriment du suffrage général Us représentèrent, en conséquence, dans une pétition adressée au district, qu'ils avaient été injustement expulsés de l'assemblée électorale, lors de la formation de la municipalité actuelle; que dès lors elle ne représentait qu'une partie des habitants et qu'il y avait lieu de procéder à une nouvelle élection. Les municipaux attaqués, ayant été mis en demeure de s'expliquer sur ce sujet, répondirent qu'à la vérité une petite dispute s'était élevée entre quelques habitants à l'occasion du culte, au moment du vote, et que les pétitionnaires avaient été chassés de l'assemblée ; mais que les élus n'étaient point responsables de cet incident, qui, à leurs yeux, ne viciait nullement leur élection. Ils ajoutèrent qu'ils ne pouvaient même s'expliquer une pareille réclamation que comme un acte de vengeance, occasionné par les mesures qu'ils venaient de prendre contre les prêtres déportés. « En effet, ajoutaient-ils, le 6 messidor courant, à onze heures du matin, en sortant de la messe paroissiale, nous nous sommes transportés chez le citoyen Melchior Goavet, pour prendre connaissance d'un rassemblement qui s'y faisait. Là, revêtus de nos écharpes et accompagnés d'une partie de notre garde nationale, nous avons fait perquisition pour savoir s'il n'y avait, dans ce rassemblement, aucun prêtre réfractaire aux lois. Nous n'avons reconnu qu'une petite quantité de citoyens et de citoyennes, au nombre d'environ quarante, qui étaient tous en piété et grande dévotion, courbés devant un autel dressé dans une chambre à ce destinée. Le citoyen Adrien Lame, l'un d'entre eux, chef de l'assemblée, dit-on, lisait et instruisait ses complices sur un livre de piété, et il n'a point cessé du tout, quoique nous fussions parmi eux. Personne ne nous a rien répondu, que Gouvet, maître de la maison, qui nous a dit qu'il exerçait k culte catholique, et que cela lui était permis. Nous sommes sortis , les laissant très tranquilles. Nous n'avons donc pas

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voulu mettre obstacle au libre exercice du culte des pétitionnaires, et nous promettons de suivre de même à l'avenir la loi sur ce sujet. » Le district arrêta « qu'il serait fortement recommandé à tous les habitants d'Ecot d'oublier leurs anciennes querelles, surtout de bannir à jamais de leurs propos les épithètes de schismatiques et Haricots; que, conformément à leurs promesses, les officiers municipaux suivraient la loi sur les cultes, et que même^ si une partie de la commune réclamait Tusage de l'église pour un autre culte que le leur, ils devraient fixer, pour chaque culte, les jours et les heures les plus convenables, et enfin recevoir les déclarations de tous les ministres des cultes qui se présenteraient, pourvu qu'elles fussent conformes aux lois et arrêtés. »

Cette réponse n'était pas celle qu'attendaient les municipaux jacobins d'Ecot ; ils renouvelèrent donc, à quelque temps de là, leur dénonciation auprès du département, en ajoutant u que des prêtres déportés se retiraient dans les métairies voisines, appelées Les Saulsoirs^ qu'ils y étaient restés quatre ou cinq jours, et que ces rassemblements étaient dans le cas de fomenter la guerre civile. » Mais, ne trouvant pas encore de ce côté toute l'attention que leur paraissait mériter leur patriotique sollicitude, ils résolurent de frapper plus haut; et sous l'inspiration parfaitement visible d'un prêtre constitutionnel, probablement le trop fameux Maillot, curé de Villars-sous-Ecot, ou le non moins fougueux Rochet, intrus de Mathay, ils signèrent ce factum, où déborde l'amertume du sectaire humilié et jaloux :

0 La municipalité d'Ecot > considérant que l'inexécution des lois et le mépris des autorités constituées ont toujours été^ dans notre commune et dans le grand nombre de celles de ce district, les sources empoisonnées de l'anarchie, du royalisme, du fanatisme et de la division parmi les citoyens, a arrêté, dans sa séance du 2 fructidor, qu'elle présenterait une adresse aux Comités de salut public et de sûreté générale, pour éclairer le gouvernement sur les abus révoltants qui subsistent depuis longtemps dans un grand nombre de communes de ce département, soit par l'inexécution de la déportation d'un certain nombre de prêtres cachés chez les fana-

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tiques royalistes, soit par la rentrée d'oDe multitude de ces prêtres déportés et émigrés, qui, par leurs iosîauatioas perfides, leurs discours et leurs propos pestiférés, provoquent, dans les rassemblements nombreux et fréquents qu'ils font, la rébellion aux lois et aux autorités constituées , et allament ainsi, au nom de la religion d'un Dieu de paix et de concorde, le feu de la guerre, pour armer les citoyens contre les citoyens, et nous ravir la liberté précieuse que nos législateurs et nos frères d'armes nous ont conquise, et pour laquelle nous avons fait tant de sacrifices.

» Oui, dignes représentants, nous vous le disons avec cette simplicité campagnarde, mais aussi avec cette franchise républicaine, la rentrée des prêtres déportés et émigrés sur le sol de la liberté cause les plus grands maux de notre déparlement; et nous sommes d'autant plus afiectés, ainsi que tous les braves républicains, de cette rentrée des ennemis de la république^ que nous n'avons aucune connaissance d'une loi qui les rappelle dans son sein , et que , malgré l'arrêté sage du représentant Saladin, ils rentrent triomphants et se répandent avec une hardiesse insolente dans toutes nos communes pour séduire et diviser, sous le spécieux prétexte de la religion et du salut éternel, un peuple trop crédule. Les uns prêchent hardiment le royalisme , la restitution des biens ecclésiastiques, des émigrés et des dîmes, et reçoivent en confession une partie de cette restitution en numéraire à face royale ; les autres engagent secrètement les parents des volontaires à leur écrire, pour leur faire déserter leurs bataillons ; tous enfin déclament ouvertement contre la représentation nationale, le gouvernement répubhcainet surtout contre les prêtres vertueux, obéissants aux lois et fidèles à la patrie. Ils les condamnent aux enfers, ainsi que tous les citoyens qui assistent aux offices qu'ils célèbrent ; enfin ils font tous leurs eflbrts pour rendre ces prêtres républicains odieux, méprisables, par les calomnies les plus atroces qu'ils font répandre sur leurs mœurs par des fanatiques affidés. Et ces braves citoyens, qui ne nous prêchent que la paix , la concorde, la soumission aux lois et aux bonnes moeurs, sont exposés chaque jour aux railleries, aux insultes, aux

mauvais traitements de ces fanatiques égarés par la scélératesse de leurs prétendus bons prêtres. Si quelques autorités constituées veulent les soutenir contre l'oppression, les aveuglés disent hardiment qu'ils sont du parti le plus fort ; qu'ils sont vingt pour un citoyen, et qu'ils ne craignent rien.

» Nous avons prévenu les autorités constituées du département et du district de ce désordre, pour les engager à nous aider et à le réprimer dans notre commune. Le procureur général du département nous a offert la force armée; mais, craignant un soulèvement général des fanatiques de nos environs, nous avons temporisé , en invitant les fanatiques à se conformer à la loi du il prairial. Certaines personnes ont eu la témérité de nous répondre que la Convention n'avait pas le droit de faire des lois concernant les cultes et leurs prêtres ; que les citoyens qui assistent auK offices des intrus sont schismatiques^ hérétiques et damnés; que les bons catholiques ne peuvent exercer leur culte dans les églises où ces prêtres jureurs et excommuniés du pape font des fonctions, sans qu'elles soient rebénites par leurs bons prêtres. De là les rassemblements nombreux qui se sont faits dans les bois, les maisons isolées, et à présent dans celles des particuliers des communes où ils n'ont pas réussi à expulser les prêtres citoyens. De là ces répétitions des ornements des églises et ces pétitions pour partager les églises où fonctionnent les prêtres soumis aux lois. Nous voyons même, avec douleur, des volontaires rentrés dans leurs familles, nous ignorons par quelle autorité , augmenter le nombre des se* duits. Un de la première réquisition exerce parmi les fanatisés de notre commune les fonctions de ministre du culte ; un autre dans la commune de DambeUn, voisine de la nôtre, qu'on nous assure être un déserteur de la première réquisition^ s'est emparé de l'église de cette commune, en faisant des soumissions à notre district, et y rassemble un grand nombre de fanatiques. Ce dernier ne se contente pas de séduire dans cette commune , mais parcourt les voisines où il y a des prêtres soumis aux lois, pour grossir son parti de révoltés, qui s'accroît chaque jour. — Nous vous observons que ces prêtres imposteurs persuadent au peuple qu'ils ne sont

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point soumis aux. lois et qu'ils ne s'y soumettront point , tandis que nous sommes assurés qu'il y en a parmi eux qui s'y sont soumis; d'autres, soutenus par des municipalités fanatisées, s'emparent des églises sans avoir obéi à la loi ; enfin, c'est une anarchie monstrueuse , que Totre sagesse et votre fermeté anéantiront ; et tous les braves républicains , qui gémissent de ces désordres, applaudiront bientôt au coarage et au zèle infatigable de leurs dignes représentants. — J.-B. Pourron, offic, J.-B.-G. Berceot, offic, J.-C. Marain. maire, J.-F. Marain, procureur, J.-F. Marain, notable, P.-F. Marain, id., J. Marain, id., F. -G. Couvet, greffier. »

C'était malheureusement dans ces dénonciations injustes e: passionnées que la Convention aimait à trouver des alimenta pour attiser sa haine contre les prêtres. C'était à cette source impure qu'elle allait puiser ses inspirations et chercher des prétextes pour prolonger le règne des lois de proscription et de sang. Le Comité de s&reté générale, prêtant à ces récriminations pseudonymes uneimportancequ'ellesn'avaient pas, malgré toutes les vertus que s'attribuaient les véritables auteurs, écrivit, le 19 septembre, au département : a Vous trouverez ci-joint la copie d'une lettre qui nous est écrite par la municipalité d'Ecot. Les renseignements qu'elle contient méritent toute votre attention. Nous vous invitons à vérifier les faits et à faire exécuter les lois rendues contre les prêtres déportés, et notamment celle du 20 fructidor. Ce n'est que par une activité soutenue et un zèle infatigable, que vous parviendrez à maintenir la tranquillité publique et à assurer le règne des lois. — Montmayou, Rovère. »

Le 26 juillet, P.-Jos. Socier-Girard, dénonciateur en titre à Solemont , écrivit au département que , vers le milieu du même mois, un prêtre insermenté avait dit la messe en chambre , à Solemont , pendant une dizaine de jours, sans avoir produit ni soumission ni passe-port ; que le t9 juillet, un autre prêtre émigré avait dit aussi la messe à Solemont, dans une grange, et avait refusé delà dire à Téglise, et que la municipalité avait été en quelque sorte forcée de remettre aux partisans de ce prêtre une chasuble qu'ils n'avaient pas rendue, prétendant même qu'on partageât avec eux tous les

RENTUfiE GfiNÉRALE BBS PRfiTRBS DÉPORTfiS. 569

ornements d'église. L'of&cieux Socier demandait quelle conduite la municipalité avait à tenir.

Quelques jours après, nouveau progrès des catholiques. Le 8 août, M. J.-F. Colard, de Ghaudefontaine, prêtre déporté, ancien vicaire en chef à Solemont , se présenta au greffe de la municipalité de cette dernière commune et déclara « qu'il se proposait d'y exercer le ministère du culte catholique et de se conformer aux lois purement civiles de la république française , sous la réserve expresse et formelle de tout ce qui avait rapport à la foi, à la morale, à la discipline et à la hiérarchie de l'Eglise cathoUque. » La municipalité ajouta elle-même, à la suite de cette déclaration : « La soumission aux lois ne s'étendant que sur des objets absolument tem* porels, nous décernons au déclarant acte de sa soumission. » Mais le vigilant Socier veillait sans doute, et il ne laissa pas cette double contravention impunie. Dès le lendemain, le district était saisi de l'acte de soumission irrégulier et le transmettait lui-même au département en lui écrivant : « Vous verrez dans quel sens est conçue cette soumission, et si elle est conforme à la loi du H prairial. Presque tous-les prêtres déportés et émigrés sont rentrés. Les uns fontdes soumissions semblables à celle de Colard , et les autres n'en font aucune. Les municipalités sont en partie si corrompues qu'elles délivrent des certificats de résidence à des ecclésiastiques portés sur la liste des émigrés, ainsi que des certificats de déportation;^pour les faire rentrer en possession de leurs biens* Nous vous prions de nous tracer la marche à suivre en conséquence. — Mercier. »

La municipalité de la Grand'Gombe-des-Bois montra les meilleurs sentiments à l'égard de son savant et vénérable curé, M. Mougin, revenu secrètement de l'exil. P. -A. Mercier, procureur de la commune, écrivit le 17 août au district : « Ayant été averti, de la part du brigadier de la gendarmerie de Blancheroche , de me transporter au Ueu dit Les Peux, j'y reçus la réquisition de l'assister dans une perquisition qu'il prétendait faire au domicile de P.-Jos. Mougin. Ayant demandé au brigadier de me faire voir l'ordre ou mandat en vertu duquel il prétendait agir, il répondit qu'il

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n'avait rien à me faire voir. Je lui représentai que je ne pouvais autoriser par ma présence une visite domidliaire illégale et arbitraire, et que j'allais dresser procès-verbal de son refus. Alors le brigadier écrivit lui-même une réquisition de l'accompagner dans la recherche qu'il préten<lait faire de P.-Ant. Mougin, prêtre déporté. Reconnaissant que la réquisition pouvait être fondée , j'invitai le brigadier à faire cette perquisition, taudis que la maison était gardée par les gens qu'il avait amenés; mais le brigadier refusa et se retira en menaçant. »

Pour mettre fin à ces perquisitions importunes, le procoreur de la Grand'Gombe- des -Bois s'adressa au procurem général iui-mème> et lui demanda si Ton ne pouvait pas laisser en paix des gens qui ne demaadaient que la paix, et céder aux vœux si marqués du peuple en faveur de ses prêtres. (1 reçut, le 25 septembre, cette déplorable réponse : « Les d^ Yoirs que les lois imposent à tous les fonctionnaires publies ne leur permettent pas de transiger avec les prêtres dépo^ tés, quel que soit pour eux l'attachement des habitants de Tos montagnes. Je gémis avec vous sur les égarements que peut produire un semblable désordre d'opinions. Il serait bien à désirer, sans doute, que jamais on n'eût répandu dans la France les maux de l'intolérance,. et que chacun eût po s'attacher aux ministres qui lui conviennent. Mais le mal est fait, et le gouvernement pense que les moyens qu'on pou^ rait employer pour le réparer , seraient funestes à la chose publique. Il arrivera, sans doute, uu temps où toutes les injustices seront réparées, où l'on ne tourmentera plus la conscience des individus; mais la république a trop d'ennemis pour Texposer aux secousses que lui communiquerait k fanatisme, malheureusement trop propagé par un grand nombre de prêtres déportés qui ont prêché le royalisme et h désobéissance aux lois. Le département n'a que des vues paternelles ; il se verrait avec douleur forcé de frapper des hommes égarés ; mais le repos public, mais l'intérêt de tous, ne lui permettent pas de favoriser des opinions qui y sont contraires et de tolérer des actes d'une révolte ouverte contre les lois. Dites à ceux qu'un attachement exclusif aux prêtres

déportés pourrait porter à quelque excès, dites-leur que la religion qu'ils professent a horreur du sang et ne veut pas que les hommes se déchirent entre eux. Je désirerais bien vous donner des avis plus satisfaisants. Mais déjà l'administration du département a présenté à la Convention et aux comités de gouvernement le vœu de ses administrés pour ne pas être gênés dans l'exercice de leur culte; elle n'en a reçu que Tordre de faire exécuter les lois ; elles seront exécutées, »

Le procureur de la Grand'Gombe répondit noblement, le 7 octobre : « Aucun prêtre ne prêche ici en faveur du royalisme ni contre les lois ; le peuple ne le souffrirait pas ; il est tranquille ; mais si Ton usait de violence envers quelques prêtres tranquilles et innocents, il y aurait du danger. »

Un autre curé, presque aussi populaire que celui de la Grand'Gombe-des-Bois,M. Rougnon, curé déporté deDampjoux, était également rentré dans sa paroisse, et y avait repris son ministère, presque sous les yeux du district. •Ghatelain, procureur syndic provisoire, écrivit, le 22 août, au procureur général : « Vous recevrez avec la présente un procès- verbal dressé par le lieutenant de gendarmerie, d'où il résulte que dans la commune de Bief il s'est formé dans une grange un rassemblen)«nt considérable où se trouvait l'émigré Rougnon. Veuillez au plus tôt prendre des mesures pour éloigner de notre district le Ûéau dont il est menacé. »

Les municipaux terroristes de Valonne, restés maîtres de cette commune, continuaient à la vexer dans la mesure de leurs forces décroissantes. Ne pouvant plus sévir, ils se donnaient au moins la consolation de dénoncer. Le 22 août, le procureur syndic de Saint-Hippolyte écrivit au procureur général : « Je vous fais passer un procès-verbal des officiers municipaux de Valonne, constatant des rassemblements illicites, qui de jour en jour se multiplient et deviennent plus alarmants. Nous apprenons par voies indirectes que dans l'étendue du canton de Vaucluse les prêtres déportés et émigrés corrompent l'esprit public d'une manière effrayante. »

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J,-F. Bilky^ maire^ Jac. Billey, ci-devant procureur^ J.-F.

Bailly et Nic.-P, Perrey, officiers municipaux de Valonne^

au directoire du district:

« Malgré tous nos efforts pour Texécution des lois et circulaires concernant les attroupements séditieux, dûment publiées à l'assemblée générale de tous les habitants convoqués à cet effet, les citoyens dénommés ci-après se sont permis, pendant l'hiver dernier, de retirer dans leurs domiciles des prêtres déportés ou émigrés, qui ont convoqué des rassemblements^ tant de nuit que de jour, pour y confesser et célébrer la messe, ce qu'ils font encore actuellement, de plein jour, dans les granges de ces différents particuliers. Etant en trop petit nombre, nous n'avons pu y mettre aucun empêchement, tant à cause des menaces qu'ils nous font, que par la force suffisante qui nous manque, parce que, depuis le renouvellement de la garde nationale, tous les officiers se trouvent de ce parti, ainsi que presque toute la garde nationale elle-même.

» Les chefs des rassemblements sont : i"* J.-P. Boubélier- Boillot et ses filles, qui ont retiré depuis longtemps et nourri plusieurs prêtres déportés et émigrés, principalement l'abbé Roussel, ci-devant desservant de Valonne, et ont convoqué des rassemblements en leur domicile, tant pour y célébrer la messe que pour y faire des mariages. Ils ont même refusé l'acceptation de la constitution, ainsi que tout serment civique. — â« Cl. -F. Boillot, l'un des principaux chefs de ces rassemblements et de tous les désordres qui arrivent dans la commune. Il a permis des assemblées nocturnes dans son domicile, et assiste, avec toute sa famille, à toutes celles qui se font et où nous les avons vus plusieurs fois. Il a fait des menaces à Jac. Billey, ci-devant procureur de la commune, en lui disant : «Quand tu sauras qu'il y aura des rassemblements chez moi, si tu y vas, tu te feras casser la tête.» Il a refusé l'acceptation de la constitution, ainsi que tout autre serment. Dans la nuit du 30 pluviôse dernier, l'abbé Roussel a prêché chez lui l'avilissement de toutes les autorités constituées. — 3« Nie. Gauthier, greffier du ci-devant seigneur de Valonne, désarmé et reclus, ainsi que sa femme, pour

cause de suspicion, comme ayant refusé l'acceptation de la constitution» ainsi que tout autre serment civique. Il a permis et permet encore des rassemblements dans son domicile, tels que le mardi 3 thermidor, le samedi et le di* manche après, où il y avait jusqu'à quatre ou cinq prêtres ensemble, et où il avait convoqué les communes des alentours. Voici depuis longtemps qu'il commerce avec les prêtres déportés, ayant déjà, la nuit de Noël dernier^ fait célébrer la messe dans son domicile ; il a même toujours tenu des propos inciviques. — 4" Jos.-Gabr. Perrey, ex-maire, a, de même, permis des rassemblements chez lui, notamment ces jours derniers, dans sa grange, où il y avait deux prêtres déportés. Au même moment , deux gendarmes de Dambelin s' étant rencontrés à Yalonne et ayant requis, avec le procureur soussigné, le capitaine de la garde nationale, celui-ci répondit que l'on ne pouvait avoir aucun secours de cette garde, parce que la plus grande partie était dans le rassemblement. Ceux-ci, ayant vu les gendarmes, nous ont dit que si on allait les troubler, ils se révolteraient; qu'il fallait commencer autant tôt que tard. — 5** Les héritiers Phil. Perrey ont permis des rassemblements chez eux avec des prêtres et même de faux prêtres. — 6* Anne-Cécile Goulot , son fils Luc-F. Ponceot , capitaine de la garde nationale, désarmé et reclus, ses trois autres fils et ses deux filles, ont tenu des rassemblements chez eux depuis peu. — 7" Louise Ponceot a permis les mêmes rassemblements, avec les mêmes prêtres, notamment les 28, 29 et 30 thermidor dernier. — 8* Vincent Perrey a permis, dans la nuit du 4 au 5 nivôse dernier, des rassemblements, messes et prédications abominables, et il assiste à tous les rassemblements. — 9*» J.-L. Pequignot, actuellement procureur de la commune, a permis ci-devant des rassemblements chez lui et donne à présent la clef de l'église, dont il est dépositaire, à l'abbé Roussel, pour aller dire la messe. Il assiste à tous les rassemblements de prêtres déportés, autant qu'il lui est possible. — \0° J.-P. Guillaume a permis des rassemblements de jour et de nuit chez lui et assiste à tous les autres avec sa fille. — W J.-B. Fallot, greffier de la commune, et

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sa famille, y assistent aussi. — 12* André-Ferréol Bailly, notable, y assiste avec toute sa famille et en a permis chez lui. I) Les dénonciateurs signalaient encore seize familles comme étant les plus assidues à ces réunions proscrites (*).

« C'est pourquoi, disaient-ils en finissant, le maire, les officiers municipaux et le ci-devant procureur de la commune , ainsi que quelques patriotes qui se trouvent parmi nous, n'osent presque plus se montrer ni sortir de chez eux, tant ces sortes de gens nous oppriment, voyant que nous n'assistons pas à leurs cérémonies ; c'est pourquoi nous vous avons dénoncé les principaux d'entre eux. Vous n'ignorez pas sans doute que toutes les communes du voisinage sont aussi gangrenées que la nôtre. » Les ex-tyrans de Valonne avaient vraiment tort de se plaindre d'une population qui avait eu la patience de les tolérer si longtemps.

La paroisse de Dambelin, plus favorisée que celle de Valonne, n'avait pas même la présence et le dépit d'un parti dissident vaincu, pour l'importuner. Les sentiments y étaient unanimes. Simon Couley, lieutenant de gendarmerie à Saint-Hippolyte, écrivit, le 18 août, au district : « Ayant été informé qu'un rassemblement nombreux s'était fait avanthier à Dambelin, à l'effet de recevoir en triomphe les nommés Delacour et Morel, prêtres déportés, je m'y suis transporté aujourd'hui. Le maire Posty m'a déclaré qu'effecliveiuent, vers huit heures du matin, les communes de Dambelin, Mambouhans, Vaivre et Remondans s'étaient rassemblées, ayant à leur tête les maires et officiers municipaux, munis de leurs écharpes et montés à cheval. La garde nationale armée des quatre communes élait aussi avec eux. Ensuite ils se rendirent tous ensemble à Remondans, où était le

(1) J.-Hath. Ponceot, notable, et toute sa famUle ; Jac. Pîgeot, notable ; Toussaint Balaillard , notable ; JBa*-Cl. et Jn>a. Maire et touU leur famille; Laurent Biiley, son frère et sa femme ; Alexis Frelin et sa famille ; P.-Cl. et Cl.-Ign. Fallot et leurs familles ; Etienne Perrey et ses frères ; Et. Ponceot et ses frères ; André Perrey avec toute sa famiUe; J.-B. et P.-B^* Ponceot et toutes leurs familles; les héritiera et la veuve Dominique Boillot ; Luc-Jos. Courtot et ses deux frères ; Jos. Pequignot et sa femme.

prêtre déporté Delacour, et ils remmenèrent en pompe, de ce dernier lieu, dans l'église de Dambelin, au bruit des décharges multipliées de la garde nationale, puis ce prêtre célébra la messe. Ayant demandé au maire Posty si le prêtre Delacour était encore dans la commune, il me répondit qu'oui. Alors je lui observai qu'étant revêtu de la qualité de maire, il ne devait point souffrir que les habitants de sa commune portassent atteinte à la loi concernant les prêtres, et que dans ce dernier cas il devenait personnellement responsable des abus qui se commettaient à cet égard. Sur quoi, il m'a répondu que les vœux des habitants étaient de recevoir et de garder le prêtre Delacour comme leur ministre da culte, quoiqu'il fût déporté, parce qu'il avait été leur ancien curé, et qu'on pensait qu'on ne lui pouvait aucune poursuite, attendu que la constitution civile du clergé n'était plus regardée comme loi de la république, et qu'enfin tous les habitants de Dambelin et des communes voisines ne voulaient point abandonner le déporté Delacour. »

Le district transmit cette lettre au département, en ajoutant : « La ténacité des créatures des prêtres en faveur de ces derniers est si forte que leurs attroupements échauffés se porteraient à toutes les extrémités. »

XLIX. Depuis l'arrestation de M. Prêtre, opérée le 14 mai, jusqu'au 17 juillet, le district de Saint-Hippolyte et tous ses auxiliaires n'avaient pu saisir aucun des nombreux ecclésiastiques déportés répandus dans cette contrée. Un senl prêtre de ce district avait été saisi et incarcéré, mais c'était dans le Jura. M. CI. -F. Comte, chapelain à Bourguignon, fut arrêté par la gendarmerie d'Arbois. Comme il prétendait n'être que déporté, bien que son nom fût inscrit sur la liste des émigrés, Ebrard, procureur général du Jura, écrivit, le 3 juin, à son collègue du Doubs pour s'éclairer sur la véritable situation du prisonnier et le traiter en conséquence. M. Comte , ayant fait office de vicaire quoiqu'il n'en eût pas le titre, avait pu, à bon droit, se croire compris dans la catégorie des proscrits ; il fut considéré comme simple déporté.

Le 17 août, la gendarmerie du district de Saint-Hippolyte fit une nouvellecaplure,maisellen'eutpas lieu de s'en réjouir

longtemps. M. GuilL-Jos. Receveur, prêtre déporté, vicaire à Mathay en 1791, était rentré en France, comme la plupart de ses collègues, et s'était fixé dans le voisinage de sa paroisse natale, à Blancheroche, pour y remplir les fonctions de son ministère. Cette résolution ne manquait pas de hardiesse ; car Blancheroche même était la résidence d'un détachement de gendarmerie commandé par un lieutenant, pour la surveillance des frontières. Gomme il était presque impossible d'opérer longtemps en secret et en sûreté, soos les yeux et sous la main des gendarmes, un magistrat courageux n'hésita pas à se dévouer pour conserver à ses concitoyens, s'il était possible, le bienfait de la présence d'un prêtre orthodoxe, et, le iA août, il dressa l'acte suivant: « Sur des bruits vagues et insignifiants, annonçant qu'on veut obliger le ministre public de notre culte, à la chapelle de Blancheroche, à quitter, malgré les voies légales d'après lesquelles il s'est présenté et l'esprit de paix et d'union qu'il nous inspire, je soussigné Gh. Bouhélier, ofOcier municipal de Gernay, section de Blancheroche, déclare que je requiers et oblige notre susdit ministre, nommé Receveur, du Afont" des-Prels^ à nous continuer ses fonctions pacifiques jusqu'à nouvel ordre, et je me charge personnellement de tout ce qui pourrait arriver de contraire, étant assuré que c'est le vœu sincère des habitants. « Que M. Receveur fût venu s'établira Blancheroche dans des vues pacifiques, c'était indubitable; mais qu'il y fût venu par les voies légales, évidemment rien n'était plus sujet à contestation. M. Receveur, comme la plupart des autres jeunes prêtres , obéissait bien plus scrupuleusement que les vieux curés aux inspirations anti-révolutionnaires des administrateurs diocésains, et il n'avait fait aucun acte de soumission aux lois même civiles de la république. Quand on voulut donner à son ministère un semblant de légalité, tout ce qu'il consentit à accorder sur ce point fut la déclaration suivante : « Le 7 thermidor, a comparu Guil,-Jos. Receveur, prêtre insermenté, lequel, invité par les adjacents de la chapelle de Blancheroche pour leur servir de ministre public de leur culte, a déclaré qu'il veut vivre paisiblement dans la répubhque, autant que lui per-

RENTRÉE GÉNÉpALB DES PBÉTRBS DÉPORTÉS. 577

mettent la justice, la foi et la hiérarchie de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, dont il professe le culte. » Un pareil engagement, il faut Tavouer, n'obligeait guère; et il aurait pu être souscrit loyalement par le conspirateur le plus déter^ miné. Cependant M. Receveur n'était ni un brouillon ni un conspirateur, et il ne tarda pas à le prouver. Le 17 août, Jos. Visteaux, lieutenant de gendarmerie à Blancheroche, envahit sa demeure avec deux brigadiers et deux autres gendarmes, et le somma d'exhiber ses papiers. M. Receveur lui remit, avec son passe-port, les deux pièces qu'on vient de lire. L'officier les retint et somma M. Receveur de suivre les gendarmes, « ce qu'il fit, dit le lieutenant^ suMe-champ et sans résistance. » Les gendarmes se mirent aussitôt en devoir de le conduire à Saint-Hippolyte. Mais là, cette expédition, jusqu'alors si facile, devait échouer complètement. Le lieutenant Visteaux, qui emmenait lui-même le prisonnier, escorté de ^pt gendarmes, a laissé le récit suivant de sa mésaventure : a Etant arrivés près de Montandon (à la Chavotte), nous avons été cernés par un attroupement d'environ quatre mille individus^ armés la plupart de fusils, piques, tridents, faulx et autres armes offensives. Ils se sont récriés, en s' approchant de nous violemment, et nous ont sommés d'avoir à leur rendre le prêtre que nous conduisions, faute de quoi ils em* ploieraient avec vigueur toutes leurs forces, et qu'ils aimeraient mieux mourir tous sur-le-champ s'ils ne nous l'enlevaient pas. Gela nous a déterminés à leur parler parla voix de la raison, en les requérant, au nom de la loi, d'avoir à se dissoudre incontinent, sans quoi nous serions obhgés d'employer la force. Mais nos efiorts sont devenus infructueux. Pour prévenir le danger qui se préparait, nous avons pris le parti de faire entrer le déporté dans la maison de Jos. Donzelot, à Montandon; et instamment le gendarme Moutet s'est transporté à la municipalité, dans l'intention de requérir de la force pour dissoudre l'attroupement. Il ne put rencontrer que le citoyen Ant-F. Prétot, procureur de la commune, qui s'est transporté, muni de son écharpe, au lieu où étaient les séditieux. Mais, après les avoir engagés par des supplications à se retirer, voyant qu'ils s'opiniâtraient dans leurs

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