LBTTRI! DE M. LB COMTE DE MONTALEMBERT. V
délégués des chapitres dans la chambre du clergé des états de Franche-Comté, au mépris et au détriment des curés, qui portaient seuls le poids du ministère pastoral. Celui qui n*a pas cru pouvoir entreprendre l'histoire des moines d'autrefois sans flétrir, plus énergiquement que ne 1* avait fait encore aucun écrivain catholique, le fléau de la commende et le relâchement des ordres religieux, celui-là vous doit une reconnaissance toute particulière pour avoir mis en lumière tant de preuves à l'appui de sa thèse ; pour avoir évoqué ces abbés et prieurs commendataires « qui n*ont jamais été qu'une plaie et qu'un scandale dans » l'Eglise (i); » pour avoir signalé la décadence des indignes enfants de saint Benoit et de saint Bernard ; pour avoir dévoilé l'imprudence lamentable qui présidait au recrutement des communautés, témoins ces quarante-six capucins dont vous donnez les noms et qui, dans le seul département du Doubs, se présentèrent pour remplacer les pasteurs légitimes expulsés par la perr sécution ; témoin tout ce ramassis de mauvais moines, ineptes et ignorants, sans lesquels le schisme constitutionnel n'aurait jamais pu prendre pied dans les paroisses. Quelle justification de la grande parole de M"® Swetchine : « Il doit y avoir des moines dans ce monde, mais dans la proportion minime où les choses parfaites doivent rester vis-à-vis de celles qui ne le sont pas! Qu'une austère sainteté en limite seule le nombre ! C'est parce qu'ils sont le luxe du sacerdoce chrétien, qu'il faut que ce sel de l'Eglise conserve toute sa saveur. Enfants du conseil évangélique, manifestation vivante de la perfection, un seul malheur serait plus grand que leur absence : le malheur d'en avoir trop et pourtant d^en manquer (2). »
Ces aveux, ou plutôt ces témoignages sincères, qui attristent les âmes pusillanimes, sont à la fois ime lumière et un encouragement pour les chrétiens droits et intelligents. Il faut plaindre les pauvres gens qui ont la prétention de servir la vérité religieuse sans vouloir connaître la vérité historique, et qui se bouchent les oreilles quand on la leur raconte. On serait trop porté à désespérer de la justice de Dieu en ce monde si Ton était condamné à ignorer toujours les vices et les infirmités des institutions qui ont péri sous les coups de la Révolution, et si l'on ne savait que cet effroyable châtiment a été précédé par d'insupportables prévarications. Ce n'est pas qu'on veuDle ou qu'on
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(2) Méditations et prières publiées par M. de Falloux.