‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 5)Chapitre 5 sur 60 · VI LETTRE DE M. LE COMTE DE MONTALEHBERT · texte numérisé non relu

VI LETTRE DE M. LE COMTE DE MONTALEHBERT

doive chercher une excuse ou un prétexte aux crimes hien autrement flagrants de ceux qui ont été les indignes exécuteurs des arrêts d'en-haut; mais, sans absoudre à aucun degré le mal^ il faut savoir reconnaître au sein de l'Eglise et de TËtat les folies et les faiblesses qui, à défaut de réformes toujours réclamées, sans cesse promises et jamais accomplies, ont amené des bouleversements souvent irréparables.

Hélas! nous sommes encore, après soixante-dix ans, en présence de deux écoles d* aveugles également incurables. Les uns, pour qui Tavènemeut de T Antéchrist date de 4789, semblent croire qu*avant cette date célèbre il n'y avait dans le monde ni impiété, ni crimes, ni corruptions, ni spoliations, ni régicides, ni sacrilèges, et lui attribuent sans hésiter tous les malheurs et tous les forfaits du xix* siècle, jusques et y compris Tassassinat du généreux et infortuné Maximilien (1). Les autres, pour qui la Révolution française, telle qu'elle s'est faite (2), a été aussi irréprochable que nécessaire, croient T avenir de la France et T honneur de la démocratie intéressés à nier ou à pallier toutes les bévues et toutes les atrocités des fous et des scélérats qui, dès r origine , ont souillé le grand et généreux mouvement de 89, en le détournant des voies du droit et de la liberté , pour le faire aboutir, à travers un océan de sang , au despotisme impérial.

Ce qui ressort avec la dernière évidence de votre récit, c'est que la révolution politique a été gâtée par la révolution religieuse. Rien n*eût été plus facile que de faire accepter la Révolution par tout ce que la France renfermait d'honnêtes gens et de gens sensés, si V Assemblée constituante n'avait pas eu l'incroyable prétention de refaire l'Eglise en même temps que la société. En voulant confondre deux œuvres si distinctes, elle a non-seulement compromis la régénération politique de la France ancienne, mais elle a légué à la société. moderne un amas de complications, de malentendus, de ressentiments et de misères dont nous

(1) « Que la responsabilité aille donc aux idées modernes, aux principes de 1789, au code civil, au nom desquels on prétendait régénérer le Mexique.» Le Monde, 7 juillet 1867. — Serait-il permis de demander sur qui doit retomber la responsabilité des supplices infligés aux empereurs Montezuma et Guatlmozin par le catholique Fernand Certes, au nom de Sa Majesté Catholique Charles-Quint?

(2) La Révolution, telle qu'elle s'est opérée, pour le malheur des siècles... RoYER-GoLLABD, Ditcours 8ur les élections, 1816.

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