‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 5)Chapitre 44 sur 60 · II · texte numérisé non relu

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l'effet de leurs opinions religieuses^ qu'ils outragent leur curé constitutionnel même dans le sanctuaire, et cherchent à lui faire déserter son poste, en lui faisant éprouver tous les genres de dégoûts et d'ennuis. H est d'autant plus urgent de déjouer les trames voilées par les agitateurs du peuple sous le masque de la religion ou plutôt de l'hypocrisie, que le veto sur les sages décrets répressifs des troubles religieux les enhardit dans leurs criminels procédés; en conséquence les quatre prêtres dénoncés seront saisis par la gendarmerie et conduits à Besançon, »

Pour mieux assurer le succès de ces mesures , le district ordonna aux gendarmes de Pontarlier d'aller à Ârçoa procéder sur-le-champ à ces arrestations. Ils avaient déjà saisi M, l'abbé Faivre, lorsque la population, informée de cet acte de violence illégale, s'insurgea au son du tocsin. Après de longs débats, où les menaces et même les voies de fait ne furent pas épargnées aux gendarmes, d'après leur rapport , la foule parvint à les contraindre à relâcher leur prisonnier. Pendant que les quatre ecclésiastiques atteints par l'arrêté du district prenaient la fuite, les gendarmes, rentrés à Pontarlier, rendaient compte au directoire de l'insuccès de leur expédition. Alors M. Bévalet, viceprésident du district, et le procureur syndic Violand, se mirent à la tête d'un fort détachement de la garde nationale de la ville, commandé par M. Rousselot , chef de bataillon, et revinrent avec les gendarmes à Arçon, où ils opérèrent l'arnestation des personnes qui avaient paru être à la tète du mouvement insurrectionnel. Ayant fait ensuite des perquisitions dans plusieurs maisons, ils trouvèrent chez M. J.-Fr. Simon^ procureur de la commune, deux chapes, une chasuble et dix cierges; chez M. J.-L. Maugain, un calice; chez divers particuUers, une aube, une chasuble, un marbre blanc pour la célébration de la messe, d'autres ornements, deux exemplaires du bref pontifical du 19 mars 1791, un Uvre intitulé: Les intrus jugés au tribunal de la religion^ et un autre, intitulé: Instructions sur les vérités de la religion. Ils saisirent tous ces objets, et laissèrent à la garde de l'intrus Finot tous ceux qui étaient propres au service du culte. Mais M. J.-

Jos. Baverel, maire d'Arçon, protesta contre cette confiscation et en demanda la mainlevée^ en déclarant que les efiets trouvés chez le procureur de la commune et chez M. J.-L. Maugain appartenaient personnellement à son frère, M. Baverel, curé insermenté d'Arçon, et beau-frère du procureur.

Après avoir interrogé sonunairement leurs prisonniers , MM. Bévalet et Violand décidèrent que six d'entre eux , MM. J.-Nic. Maugain, Cl.-Fr. Maugain, Cl .-Jos. Maugain , M"** Marie Baud, Josephte Henriet et Claudine Henriet, seraient conduits dans la maison d'arrêt de Pontarlier; et que M. J.-Cl. Maugain, M"" Jeanne-Cath. Tournier, femme de Cl.-Phil. Simon, et M"* Marie Maugain , seraient relâchés sous la caution du maire Baverel, et à charge de se représenter à la première réquisition. Ayant ensuite mis le maintien de l'ordre sous la responsabilité des officiers municipaux, ils donnèrent Tordre du départ.

Deux jours après, le club de Pontarlier, présidé par l'intrus Devillard, décerna une mention honorable « à la conduite prudente du commandant Rousselot , l'un de ses principaux membres, ainsi qu'au zèle et à l'activité de toupies citoyens qui avaient été employés pour réprimer le fanatisme et l'aristocratie des habitants d'Arçon. »

XXI. Le 28 juin, la requête suivante fut adressée au directoire de Baume :. a P.-Félix Jeannot, curé de Saint-Juan, expose au district que le sieur Cl.-Et. Colard, ci-devant curé, au mépris de l'arrêté du département qui lui enjoint de ne point approcher de sa paroisse, si ce n'est à la distance de trois heues, vient fréquemment dans les maisons de Saint- Juan et d'Adam, où se font pendant la nuit des rassemblements considérables. Cette conduite est faite pour donner des alarmes aux bons citoyens. Le fruit des travaux apostoliques de l'exposant en est détruit. La haine contre la constitution s'accroît chaque jour chez ces hommes faibles qu'il a égarés. Cet objet est d'autant plus fait pour mériter l'attention des corps administratifs, qu'il tient au plan général d'exciter des troubles dans toutes les communes de France. Comme la présence du sieur Colard est l'aliment principal du foyer d'aristocratie qui existe à Saint-Juan ; que la mu-

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nicipalité de ce. lieu, ainsi que celle d'Adam, sont dans les principes de ce factieux, et que, loin de prendre aucune mesure pour Texpulser, elles usent même de leurs gardes nationales pour empêcher Fexécution de l'arrêté du département et favoriser ses apparutions nocturnes, il parait à l'exposant que le seul moyen de prévenir les malheurs qui pourraient résulter de semblables délits, serait de requérir toute la garde nationale du canton de le saisir partout où elle le trouvera , et de se transporter dans les lieux où il sera soupçonné de s'être retiré, en rendant même cette réquisition permanente et commune à la garde nationale des cantons voisins. »

Sur cette requête, le district déclara a que l'obstination de M. Colard d'habiter Saint-Juan et les communes voisines, où il n'avait aucune propriété, annonçait son intention et ses projets criminels d'entretenir dans l'erreur ses ci-devant paroissiens, et de les empêcher de reconnaître pour légitime pasteur le sieur Jeannot, et que, les officiers municipaux et la presque totalité des* habitants de celte paroisse, taisant et favorisant ses démarches , il y avait impossibilité de se conformer à l'article 2 de l'arrêté du 2 avril ; qu'un commissaire nommé conformément à l'article 3 de cet arrêté ne découmrait probablement pas d'autres faits que ceux notoirement connus du pubUc ; que sa présence à Saint-Juan annoncerait an sieur Colard ce qui le menaçait, et lui ferait prendre des précautions afin d'éviter une correction bien méritée ; qu'en conséquence le département serait invité à ordonner sans tant de formalités la translation de l'inculpé à Besançon. » Le 3 juillet, le département ratifia cet arrêté, qui reçut son entière exécution. M. Colard arriva à Besançon peu de jours après.

XXII. Le !•' juillet, le procureur syndic d'Ornans ayant requis le district de prendre des mesures contre M. Adriet, vicaire insermenté de Cussey, retiré à Fertans, où il était accusé d'exercer des fonctions pastorales , M. Vaite, chargé d'aller procéder à une enquête, déposa le lendemain un rapport où il avait résumé , suivant sa formule trop discrète, les renseignements demandés à plusieurs particuliers. « Le

sieur Adriet, disait-il, au mépris de la loi et malgré les défenses réitérées que lui a faites M. Monnier, curé d'Amancey, d'exercer aucune fonction publique à Fertans , s'obstine au contraire à y confesser, communier, célébrer tous les ofBces de paroisse à une heure fixe, dans l'intention d'y attirer ses prosélytes des villages voisins. Pour propager le fanatisme, il se rend journellement chez un nommé Barbier (ou Barbaud), meunier à Fertans, et là il dit aux particuliers qui s'y rencontrent, que le serment exigé pour les prêtres par TAssemblée nationale est une atteinte portée à la religion; que la constitution civile du clergé conduit au schisme, à l'hérésie et à l'impiété ; que les curés constitutionnels sont des intrus et des schismatiques, et qu'on ne peut assister à leurs offices sans encourir l'excommunication. Il est notoire à Amancey qu'il persuade aux non conformistes de la paroisse qu'il est leur curé légitime, et sous cette prétendue qualité, il a fait faire la première communion à un grand nombre d'enfants, tant de Fertans que d'Amondans. Enfin , sur la fin d'avril dernier, il a tenu, en présence de plusieurs particuUers d'Amancey, des propos injurieux contre l'Assemblée nationale, en disant qu'elle n'avait en vue que la destruction de la religion catholique. »

Le district s'empressa de décider o que le sieur Adriet propageant le fanatisme à Fertans et empêchant le peuple de se soumettre aux lois , il y avait lieu de le transférer à Besançon. » Cet arrêté fut ratifié le lendemain parle département. Comme on redoutait une émeute, les gendarmes se déguisèrent, et, après avoir pris toutes les précautions pour surprendre leur victime, ils se rendirent le 1 5 juillet à Fertans.

« Etant entrés, disent-ils dans leur rapport, au domicile du sieur Adriet pour faire la recherche de sa personne , après la perquisition la plus exacte, nous n'avons pu le trouver. Nous étant transportés de là au château , où certains bruits nous avaient fait croire qu'il était, pendant que nous descendions le village , le fils Laurent , sous-diacre , accompagné d'un certain quidam, nous dit : Nous allons chez le maire, demander la permission de faire battre la géaérale. Leur intention était sûrement de faire mettre sur pied la

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garde nationale, et ce qui est dans le cas d*en convaincre, c'est que nous avons aperçu deux ou trois hommes armés devant une maison peu éloignée de celle du maire. Ne sachant au juste quel dessein ils avaient, nous entrâmes chez le sieur Laurent , maire de la commune, à l'effet de parler à ce sous-diacre qui venait d'y entrer. A peine sommes-nous arrivés sur ses pas que nous ne l'apercevons plus. Nous demandons à son père ce qu'il était devenu, en lui faisant observer qu'il venait de tenir des propos incendiaires, et qu'il saurait bientôt par quel ordre nous entrions dans les maisons pour y fouiller. Le maire répondit qu'il ne savait pas où était son fils, ôt qu'il était fort surpris de notre démarche , car nous ne devions pas entrer dans une maison sans ordres et sans les lui avoir communiqués, et que la loi était formelle à cet égard. Nous lui avons observé que lui et ses concitoyens étant d'un parti contraire à la révolution, et par conséquent protégeant les démarches du prêtre Adriet , ils ne pourraient que favoriser son évasion, et ne nous donneraient du secours que lorsque ce prêtre n'aurait plus rien à craindre. Le sieur Cary, neveu du maire, nous dit qu'il nous connaissait bien , que nous étions des gendarmes , et que la loi ne nous autorisait pas à nous travestir en bourgeois. Sur quoi , le gendarme Pictet étant sorti pour faire venir le gendarme porteur de l'ordre, trois ou quatre filles se rassemblèrent sur son chemin, et l'une d'elles lui jeta une pierre qui lui passa derrière le cou sans lui faire aucun mal- Nous sortîmes de chez le maire, et deux particuliers se mirent à nous crier : Vous feriez bien de vous en aller, car vous ne gagnerez rien de bon ici ; menaces auxquelles nous n'avons pas fait attention. » Les gendarmes n'en furent pas moins forcés de s'en retourner les mains vides.

XXin. Le 8 juillet, le district de Baume reçut la pièce suivante : « Jeannin, maire, et le procureur de la commune d'Orsans (les deux officiers municipaux étant suspects) , déclarent qu'ils sont très instruits que le nommé Petitcuenot, prêtre réfractaire, se disant vicaire de Chaux-lez-Passavant, paroisse d'Orsans, et y résidant, entretient depuis longtemps

fanatisme à Chaux, insinue des libelles contre la constitu-

tion jusque dans les familles des bons citoyens, célèbre piibliquement les offices divins, prêche, baptise, enterre; en un mot, c'est le plus grand des perturbateurs du repos public. Tous les fanatiques des environs accourent auprès de lui ; aussi ne voit-on que troubles et agitations dans tout le voisinage ; et comme ledit Petitcuenot n'est pas fonctionnaire pubUc^ nous demandons qu'il soit puni suivant la rigueur des lois. Déjà à cause de son incivisme, il a été chassé horriblement de Vercel, lieu de son origine, Cl.-Fr. Vitte, du village de Chaux, soussigné avec nous, ajoute que ledit Petitcuenot a dit pubUquement plusieurs fois que les patriotes méritaient la mort. — Je soussigné, Prétet, curé de Leugney et administrateur d'Orsans, certifie le contenu véritable. Ledit Petitcuenot est d'autant plus dangereux à la société et au bien de la patrie , qu'il tient classe et instruit des écoliers à qui il communique ses erreurs et son incivisme. »

M. Gullaud, prêtre insermenté, retiré à Passavant, ayant été, à la même époque, dénoncé par les patriotes de cette commune pour des crimes de la même nature , le département décida, le 12 juillet, que ces deux ecclésiastiques seraient internés à Besançon. Mais la gendarmerie ne put les saisir.

Dans le courant de juillet, le désordre arriva à son comble , et l'internement des prêtres ne se trouva plus au niveau de la haine et de l'exaspération des jacobins. La persécution entra alors dans une phase plus rigoureuse. La mesure de l'internement, entre le 2 avril et le 11 juillet, avait atteint soixante-deux ecclésiastiques, mais vingt-quatre seulement avaient été saisis par les gendarmes ou s'étaient constitués prisonniers. Les autres erraient de village en village, en se cachant jusque dans les bois.

XXIV. Dans le même intervalle, diverses dénonciations, tendant à faire arrêter quinze autres prêtres, furent adressées au département ou aux districts sans résultat. Ainsi, le 9 avril , le club de Pontarlier, après lecture de plusieurs lettres du club de Jougne « contenant des avis importants contre les prêtres fanatiques Beurey , Laurent Pinguet et Laresche, » députa deux commissaires, les jacobins Lebel et

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Rousselot, auprès du district pour le prier, au nom de son patriotisme connu , de purger le sol de ces deux calotins. Deux autres frères et amis, MM. Parrot et Ghabrat , ayant exposé dans la même séance, a les menées scandaleuses et anti-civiques des prêtres Gaufire, Poulin et Pochard, » dont ils déclaraient avoir été témoins, furent également chargés de se rendre au district poiu* appeler sur ces prêtres toute sa vigilance. Le 20 avril, l'intrus Jarry, desservant de Buffard , porta plainte au district de Quingey de ce que plusieurs mourants avaient déclaré avoir déjà reçu les sacrements lorsqu'il était allé les leur offrir, et de ce que les abbés Grandjean et Rozet continuaient ainsi les fonctions que la loi leur avait retirées.

Le 5 mai , à la suite d'une des nombreuses réclamations de rintrus de la Villedieu contre M. le curé Pourchet , le district d'Omans, «considérant que ce prêtre continuait à propager le fanatisme et s'obstinait à exciter l'insurrection contre le pasteur légitime placé par la loi, » chargea M. Grandjacquet de se rendre à la Villedieu avec des gendarmes, pour constater les faits de naUire à motiver l'arrestation de M. Pourchet. Le 26 mai, le procureur général Billot écrivit au directoire de Baume qu'on se plaignait de la conduite fanatique et incendiaire de MM. Robardey, curé de Saint- Georges , Cordelier, curé de Lanthenans, et Vermot, prêtre. II demandait qu'on veillât particulièrement sur leur conduite. M. Gras, curé de Bretigney, était tellement adoré de ses paroissiens que deux intrus nommés pour le remplacer avaient successivement refusé. Sa maison était devenue un lieu d'asile pour ses confrères persécutés. Le district de Baume, à bout de patience, demanda que, pour le faire déguerpir, on chargeât, au moins nominalement, du service de sa paroisse, un des intrus voisins. Le 3 juillet, le département lui ordonna de quitter le territoire de Bretigney dans le délai de trois jours. Ce fut tout ce qu'on put arracher à l'estime profonde qu'imposait aux magistrats révolutionnaires euxmêmes la vertu de ce vénérable prêtre. Enfin le maire et un officier municipal de Vercel demandèrent, le 28 mai, qu'on internât MM. Simon, vicaire en chef à Epenoy, et Nicolas,.

à Longechaux. On ne voit pas pourquoi ces diverses réclamations, qui avaient autant de valeur que les autres, ne furent point couronnées de succès.

Parmi les prêtres amenés à Besançon, plusieurs sollicitèrent la permission de retourner dans leur pays en promettant d*y rester tranquilles. Cette autorisation, refusée le 4 juin à M. Maldiney, chapelain de Belvoir, fut accordée le 27 à M. Martin, de Labergement-Sainte-Marie , Tun des professeurs de l'institution de Rochejean, à charge de faire constater chaque quinzaine, par-devant le directoire du district, qu'il résidait continuellement dans sa commune, et qu'il n'y troublait pas la tranquilUté des citoyens. La faculté de retourner à Cléron fut également laissée à M. Grillet, le 40 juillet, sous les mêmes conditions.

Jusqu'au 15 juillet, on ne voit qu'une seule tentative d'évasion de la part d'un des prêtres internés. Encore paraît-il probable que la malveillance prit en cette occasion la reconduite un peu trop longue faite à un ami pour une véritable fuite. Le 8 juin, le département écrivit à M. Lavillette, lieutenant-colonel de gendarmerie : <( Nous venons d'apprendre qu'au mépris de notre arrêté, le prêtre Régnier, ex-vicaire au Bizot, amené à Besançon, vient de partir de cette ville pour retourner dans son pays, ou du moins il est sorti du lieu qui lui a été fixé pour résidence. Veuillez faire partir sur-le-champ un ou deux de vos gendarmes pour le ressaisir et l'amener dans la maison d'arrêt. 11 doit avoir pris la route de Morteau par Morre. Il est vêtu d'une lévite bleuclair, cheveux courts, etc. ; de plus, il doit être accompagné d'un particuUer à cheval. » Quelle qu'ait été l'intention de M. Régnier, on le voit réinstallé chez M. Isabey, à Besançon, quelques jours après.

TROUBLES JUSQU AUX PREKIERS REVERS BE L ARMEE ET A LA DÉCLARATION BU DANGER BE LA PATRIE.

i«r AVBIL ^ 15 JUILLET 1792.

I. Malgré la haine profonde que portaient à la religion les principaux démagogues, jaloux de réaliser au plus vite le vœu infernal de Voltaire, malgré l'orgueil de parvenu et de nouveau maître qui empêchait les plus modérés de recolla naître les torts de l'Assemblée constituante à l'égard de l'Eglise, et de faire un pas en arrière pour les réparer, en rendant franchement aux cathoUques la Uberté de leur culte sans aucun privilège , peut-être à force de patience de la part des prêtres, et d'instances de la part des fidèles, les sentiments de modération et de tolérance reprenant peu à peu leur empire, l'agitation aurait-elle fini par se calmer et la paix par se faire, soit par une application sincère de l'incompétence de l'Etat en matière ecclésiastique, soit par une de ces heureuses transactions comme celle qui devait se réaliser dix ans plus tard. Un ministre libéral, M. Cahier de Gerville, exposant, le 18 février, à l'Assemblée législative la situation de l'intérieur, disait : a Dans tous les départements, la hberté des cultes a été plus ou moins violée. Des administrateurs se sont permis des arrêtés vexatoires, des formes inquisitoriales que le roi n'a pu s'empêcher de condamner comme contraires à la constitution. En France, où il n'y a pas de religion nationale, où aucune n'a et ne peut avoir aucun privilège particulier, chaque citoyen devrait jouir du droit d'exercer et de suivre librement telle pratique religieuse que son goût et sa conscience lui prescrivent : partout où l'on a voulu gêner les consciences, où les églises des non-conformistes ont été fermées, il y a eu des

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