‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inédits (volume 5)Chapitre 49 sur 60 · TROUBLES JUSQU^AUX PREMIERS REVERS DE L'ARHÉE · texte numérisé non relu

TROUBLES JUSQU^AUX PREMIERS REVERS DE L'ARHÉE

beaucoup de ces hommes que les préjugés, enfants de Faristocratie, semblent devoir éloigner, sont réunis par le crime et la perfidie ; là se rencontrent les défenseurs de Rome et les apôtres du fanatisme.,. Les prêtres réfractaires ne ralentissent point leurs efibrts ; ils soutiennent dans des opinions dangereuses les peuples de nos montagnes ; ils les conduisent à Taristocratie par le fanatisme, et à la sédition par les préjugés du sacerdoce : un très grand nombre de ces prêtres infecte cette ville ; ils prennent toute sorte de déguisements pour ne pas être reconnus ; des rassemblements se font chez eux, la religion en est le prétexte, des projets contre -révolutionnaires en sont le fruit. Quelques-uns d'entre eux ont engagé des citoyens à se rendre à Paris pour garder la personne. du roi, ils leur ont fait des promesses à cet effet. Des exhalaisons fanatiques, des écrits empoisonnés, sortent sans cesse des maisons qui contiennent ces prêtres perfides. Tous entretiennent directement ou indirectement des relations avec l'aristocratie, des correspondances avec nos ennemis. Toutes ces relations ont pour but la contrerévolution, toutes ces correspondances maintiennent les fanatiques dans des sentiments dangereux, dans des espérances chimériques, fondées sur l'arrivée des armées étrangères et la proximité d'un grand événement. Tels sont les termes des lettres qui sont entre nos mains... Nos ennemis se procurent des armes, en font des dépôts, plusieurs même des prêtres font faire des balles , d'autres fabriquent des cartouches. Et si le plan d'une telle attaque, combiné depuis longtemps dans les ténèbres, pouvait réussir, si l'événement pouvait justifier leurs parricides espérances, on les verrait, fatigués du carnage, élever sur nos cadavres les monuments de leur rage et de leurs atroces vengeances ; on verrait des prêtres (j'en frémis, mais je dis vrai), on verrait des prêtres offrir notre sang en expiation à l'Eternel, et célébrer par des cantiques les triomphes de la religion 11! Rassurez- vous , Messieurs, il n'en sera pas ainsi... et si, lorsqu'ils tenteront d'exécuter leurs projets désastreux, un seul d'entre nous succombe sous les coups de leur perfidie, nous entasserons leurs têtes pour lui former un bûcher. »

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M. Briot s'étendait ensuite sur les précautions à prendre; il conjurait au nom de la patrie tous les bons citoyens de surveiller les ennemis de la chose publique, de faire part de leurs renseignements au comité de surveillance, et de tenir leurs armes prêtes. Il prévenait les magistrats de se mettre sur leurs gardes, parce que la mort les attendait à leur porte. Il concluait enfin en demandant des fonds, « soit pour faire surveiller plus exactement quelques hommes suspects» soit pour acheter la connaissance des trames ourdies par Taristocratie. » Ces fonds secrets furent accordés au comité, sous la seule responsabiUté des membres connus , MM. Briot et Rambour.

Le 9 juillet, ces deux ardents inquisiteurs du jacobinisme écrivirent aux directeurs de la Vedette : « Messieurs , le comité de surveillance vous prie de vouloir bien recommander singulièrement à la surveillance des bons citoyens, les prêtres perturbateurs réunis en grand nombre dans cette ville. Beaucoup d'entre eux , pour échapper à l'attention publique , prennent Tuniforme national , se mettent en habits bourgeois , se donnent des noms empruntés , etc., etc. Il est plus nécessaire que jamais de les suivre de près, d'épier leurs démarches, de surveiller leurs assemblées secrètes et de prévenir leurs complots. Nous désirerions donner au public le signalement d'une cinquantaine des plus dangereux. Le comité vous prie de lui faire connaître celui de vos numéros dont vous pourriez lui accorder environ trois pages à cet effet. — Les procurateurs du comité de surveillance : Rambour, Briot. » Nous donnerons au public, ajoutait la Vedette^ les signalements promis par le comité, et nous y joindrons nos propres renseignements.

XII. Le club d'Oraans ne cédait en rien à celui de Besançon pour l'audace et l'insolence. Le 24 mai , un de ses membres, le frère David , maître d'école de profession et poëte dans ses moments de loisir, lui proposa d'envoyer une adresse de remerciements à l'Assemblée législative, à l'occasion de son décret contre les prêtres. Dans cette adresse qu'il apportait toute rédigée, on lisait : « En ce moment, les prêtres insermentés (grand Dieu ! faudra-t-il parler encore

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longtemps de ces druides intolérants et séditieux I ) oui, les prêtres insermentés mettent le comble au désordre qui nous désole. Les citoyens de notre pays, amis de Tordre et de la paix , viennent d'apprendre que , suivant leurs vœux , vous avez rendu contre les prêtres le décret de déportation désiré et attendu avec la plus grande impatience. Il ne reste plus à vous demander que de le porter sans délai à la sanction royale. Il est à croire qi\e le chef du pouvoir exécutif, reconnaissant les abus de son premier veto^ ne l'appliquera pas sur celui-ci ; s'il en arrivait autrement, il trouverait encore les hommes du 14 juillet i789, qui, indignés qu'il tournât contre la nation les pouvoirs qu'elle ne lui a légués que pour le bonheur du peuple , se lèveraient de nouveau et prendraient une attitude imposante pour le rappeler à l'ordre. »

L'auteur de l'adresse proposait ensuite de fabriquer de la petite monnaie avec le métal des cloches, qui étaient superflues, disait-il, et ne servaient qu'à étourdir les vivants sous prétexte d'honorer les morts. Il demandait enfin que Ton convertit aussi en monnaie les lampes , chandeliers, encensoirs et reliquaires d'argent, objets de luxe incompatibles, selon lui, avec le culte d'un Dieu humble et pauvre, qui voulait être adoré en esprit et en vérité. Les jacobins d'Ornans, présidés par MM. Grandjacquet, P. Courbet et Boulet père, furent si enthousiasmés de l'œuvre de leur frère David , qu'ils décidèrent qu'elle serait imprimée aux frais de la société et envoyée à l'Assemblée nationale, à la sociétémère de Paris , et aux sociétés des chefs-lieux des quatrevingt-trois départements.

£n attendant le moment de se lever dans une attitude imposante pour rappeler le roi à l'ordre, ces honnêtes gens tournèrent leur grand courage contre les ursuUnes, qui vivaient dans l'ombre et le silence à côté d'eux, et résolurent, malgré tous les locaux conventuels qui se trouvaient à leur disposition, de s'établir dans la maison même de ces saintes filles. Le département , prévenu à temps de leur dessein , adressa le 19 mai au district cette lettre digne d'éloges :

« Le directoire vient de recevoir une lettre des ci-devant

au lieu de venir elle-même offrir à sa paroisse le pain béuit, envoie, trois heures à Tavance, six livres de pain bis et un cierge de deux onces, qu'on étale pompeusement sur un guéridon, sans nappe ni serviette?... Le mépris qu'on a pour cette tête folle a fait qu'on n'a pas même pensé à elle ; bien plus, son pain bénit a été traité comme elle, personne n'a osé y toucher. Etait-ce crainte et prévention?... Il est vrai que le fanatisme s'est porté à tant d'horreurs dans les siècles derniers, dans le nôtre, et même depuis notre Révolution, qu'on est pardonnable d'avoir une défiance excessive des personnes dont la tête est égarée par ce monstre infernal. Le pain bénit du dimanche précédent avait été accueilli à peu près de même. »

L'aboUtion des congrégations et confréries et l'interdiction du costume ecclésiastique, ayant causé quelques rumeurs au sein même du parli révolutionnaire, à Besançon, on lut aussi- .tôt dans la Vedette : « Instruits que des malveillants cherchent, au moyen du décret relatif à la suppression des confréries, à troubler les consciences des personnes timorées, nous allons leur offrir un antidote à l'épreuve de tous les poisons d'Italie. Nous leur prouverons d'abord que rien n'est plus inconstitutionnel qu'une confrérie de la Croix pénitente ou impénitente ; et ensuite, que rien n'était plus contraire à la sainte égalité que l'habit distinctif des prêtres. Toute association dont l'administration est exclusivement confiée à certaines personnes dont quelques-unes, à l'aide des bienfaisances d' autrui, peuvent se former un parti redoutable pour arriver aux dignités populaires, dont ils ne sont que trop souvent indignes, une telle association , disons-nous, doit être proscrite par un peuple Ubre. D'ailleurs, tout le bien qui se fait par l'entremise d'une association quelconque, peut avoir également lieu sans elle ; car tel qui a l'intention de faire un acte de bienfaisance, peut le faire directement et sans l'intermédiaire d'une confrérie. Donc, on a pu éteindre toutes les confréries pénitentes de la France, et notamment celles de notre ville. Et puis, que voulaient dire toutes ces mascarades (les confrères de la Croix se revêtaient , dans leurs assemblées, d'une sorte d'habit monastique)? N'était-

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ce pas une dérision que d'autoriser le sac du pénitent, et de proscrire le domino d'une jolie femme... Prêtres, vous qui prêchiez une si singulière doctrine, taisez-vous, et ne vous affichez plus les chevaliers d'un habit exécrable, qui n*a fait qu'effrayer le genre humain sans aucun but d'utilité. Il nous reste à prouver que rien n'est plus contraire aux principes d'égalité que l'habit distinctif des prêtres ; cette tâche ne sera pas difficile à remplir. Qu'est-ce qu'un prêtre ? c'est un citoyen fonctionnaire public. Comment s'habille un citoyen? comme tous les autres. Quel doit être l'habit du fonctionnaire public? celui désigné par la loi et l'usage. Donc toute. couleur doit être indifférente au citoyen prêtre, comme au simple citoyen ; donc la forme de son habillement doit ressembler à celle des citoyens, autrement il se distinguerait d'eux et chercherait à s'isoler de la société commune. Donc aussi l'habillement du prêtre fonctionnaire pubUc pourra être (dans le Heu indiqué par la loi) cette longue jaquette ou fourreau, symbole de l'enfance dans laquelle ses pachas l'ont retenu si longtemps. Nous nous attendons bien aux grandes criailleries de petites gens : Que les ministres d'une religion sainte ont besoin d'être distingues de la foule impure des fidèles par des signes extérieurs , qui inspirent à la fois le respect et la confiance..,. A qui conte-t-on de pareilles histoires ? Est-ce qu'un prêtre n'est pas homme? S'il l'est, il en a toutes les faiblesses, et sous ce rapport pourquoi le distinguer de la foule impure?... Mais qui est-ce qui crie tant contre le décret destructif des jaquettes? une partie de notre ci-devant bétail violet, qui se permettait néanmoins d'étaler sous d'élégants habits courts, les modes de nos petitsmaîtres... Ce sera ce saint prêtre qui, en queue et en sabre, porte aujourd'hui dans cet équipage son Dieu, qu'il traite sans façon, puisqu'il le loge dans ses goussets. Le décret, vont dire nos modérés, est impoUtique et prématuré, parce que le peuple n'est pas encore mûr pour ces sortes de changements. Et en supposant que le peuple ne soit pas encore mûr, n'est- il pas temps de le mûrir? Le peuple est toujours mûr lorsqu'on lui parle raison. Si de froids spéculateurs avaient voulu, en 1789, calculer les suites de la Ré-

au lieu de venir elle-même offrir à sa paroisse le pain bénit^ envoie, trois heures à Tavance, six livres de pain bis et un cierge de deux onces, qu'on étale pompeusement sur un guéridon, sans nappe ni semette?... Le mépris qu'on a pour cette tête folle a fait qu'on n'a pas même pensé à elle ; bien plus, son pain bénit a été traité comme elle , personne n'a osé y toucher. Etait-ce crainte et prévention?... II est vrai que le fanatisme s'est porté à tant d'horreurs dans les siècles derniers, dans le nôtre, et même depuis notre Révolution, qu'on est pardonnable d'avoir une défiance excessive des personnes dont la tête est égarée par ce monstre infernal. Le pain bénit du dimanche précédent avait été accueilUà peu près de même. »

L'abolition des congrégations et confréries et l'interdiction du costume ecclésiastique, ayant causé quelques rumeurs au sein même du parti révolutionnaire, à Besançon, on lut aussi- .tôt dans la Vedette : « Instruits que des malveillants cherchent, au moyen du décret relatif à la suppression des confréries, à troubler les consciences des personnes timorées, nous allons leur offrir un antidote à l'épreuve de tous les poisons d'Italie. Nous leur prouverons d'abord que rien n'est plus inconstitutionnel qu'une confrérie de la Croix pénitente ou impénitente ; et ensuite, que rien n'était plus contraire à la sainte égalité que Thabit distinctif des prêtres. Toute association dont l'administration est exclusivement confiée à certaines personnes dont quelques-unes, à l'aide des bienfaisances d'autrui, peuvent se former un parti redoutable pour arriver aux dignités populaires, dont ils ne sont que trop souvent indignes, une telle association , disons-nous, doit être proscrite par un peuple Ubre. D'ailleurs, tout le bien qui se fait par l'entremise d'une association quelconque, peut avoir également lieu sans elle ; car tel qui a l'intention de faire un acte de bienfaisance, peut le faire directement et sans l'intermédiaire d'une confrérie. Donc, on a pu éteindre toutes les confréries pénitentes de la France, et notamment celles de notre ville. Et puis, que voulaient dire toutes ces mascarades (les confrères de la Croix se revêtaient, dans leurs assemblées, d'une sorte d'habit monastique)? N'était-

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ce pas une dérision que d'autoriser le sac du pénitent, et de proscrire le domino d'une jolie femme... Prêtres, vous qui prêchiez une si singulière doctrine, taisez-vous, et ne vous affichez plus les chevaliers d'un habit exécrable, qui n'a fait qu'efirayer le genre humain sans aucun but d'utilité. 11 nous reste à prouver que rien n'est plus contraire aux principes d'égalité que l'habit distinctif des prêtres ; cette tâche ne sera pas difficile à remplir. Qu'est-ce qu'un prêtre ? c'est un citoyen fonctionnaire public. Comment s'habille un citoyen? comme tous les autres. Quel doit être l'habit du fonctionnaire pubUc? celui désigné par la loi et l'usage. Donc toute.conleur doit être indifierente au citoyen prêtre, comme au simple citoyen ; donc la forme de son habillement doit ressembler à celle des citoyens, autrement il se distinguerait d'eux et chercherait à s'isoler de la société commune. Donc aussi l'habillement du prêtre fonctionnaire pubhc pourra être (dans le lieu indiqué par la loi) cette longue jaquette ou fourreau, symbole de l'enfance dans laquelle ses pachas l'ont retenu si longtemps. Nous nous attendons bien aux grandes criailleries de petites gens : Que les ministres d'une religion sainte ont besoin d'être distingués de la foule impure des fidèles par des signes extérieurs , qui inspirent à la fois le respect et la confiance,... A qui conte-t-on de pareilles histoires ? Est-ce qu'un prêtre n'est pas homme? S'il l'est, il en a toutes les faiblesses, et sous ce rapport pourquoi le distinguer de la foule impure?... Mais qui est-ce qui crie tant contre le décret destructif des jaquettes? une partie de notre ci-devant bétail violet, qui se permettait néanmoins d'étaler sous d'élégants habits courts, les modes de nos petitsmaîtres... Ce sera ce saint prêtre qui, en queue et en sabre, porte aujourd'hui dans cet équipage son Dieu, qu'il traite sans façon, puisqu'il le loge dans ses goussets. Le décret, vont dire nos modérés, est impolitique et prématuré, parce que le peuple n'est pas encore mûr pour ces sortes de changements. Et en supposant que le peuple ne soit pas encore mûr, n'est-il pas temps de le mûrir? Le peuple est toujours mûr lorsqu'on lui parle raison. Si de froids spéculateurs avaient voulu, en 4789, calculer les suites de la Ré-

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tendre à un double traitement, puisqu'fl s'est retiré à Roche en raison de son inutilité complète à Chalèze , où , de son propre aveu , il trouvait à peine quelqu'un pour lui servir sa messe? »

Voyant que l'administration se fichait, le P. Jacquez se ftcha aussi. U répliqua aigrement qu'il se disposait à vivre en paix dans sa famille, lorsque les sollicitations pressanteset i^itétées de Tévèque étaient venues l'arraclier à son repos; que pour s'être prêté aux besoins de la nation qui manquait de sujets^ il avait éprouvé toutes sortes de désa* gréments, d'insultes et de fatigues; que la nation était tropjuste pour ne pas lui procurer un dédommagement convenable, et qu'elle devait au moins lui faire rembourser, par la eommune de Chalèze , les &ais de son double déménageme&i.

L*un des plus ardents à faire le vide autour de lui, l'intras- Ragaenet, de Vercel, se montra aussi l'un des plus ardents à accaparer les traitements de ses voisins expulsés. Ghaqoe expédition de ce genre avait pour lui double profit.

Le 42 juillet, le département écrivait au district de Pontaitier: « Nous sommes singuUèrement étonnés que des curés ou vicaires desservant d'autres égJises succursales, notamment ceux de Morteau et de Montbenoit, qui jouissent, le premier de 2,400 livres, et le second de 4,800, pr4iMident avoir le traitement qu'auraient des vicaires en chef, s'il en existait dans ces succursales. Si nous nous sommes décidés à accorder une indemnité annuelle de 300 livres , c'est par un motif d'équité que nous ne croyons pas devoir porter jusqu'à la totalité des sommes qu'obtiendraient des vicaires résidents. »

Quelques jours après, l'intrus d'Anteuil, M. J.-Fr. Guillot, chargé provisoirement de faire les offices à Clerval, allait encore plus loin. Oubhant sans doute qu'il était déjà natio- Bidement logé m presbytère d'Anteuil, il représenta an département que la nation lui devait un second logement , en sa qualité de desservant de Clerval ; et que comme il a'existait point de presbytère dans ce bourg, où les curés précédents habitaient leurs propres maisons, la nation lui devait

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au moins une iDdemnité de logement égale au loyer qu'elle aurait eu à payer pour un autre.

Le 23 juillet, M. A. -F. Jeanmonnot, vicaire en chef i la Cbaux, renvoyant au département une ordonnance de paiement qu'il jugeait insuffisante, lui écrivait avec insolence : (( Si les fonctions que vous remplissez ne me persuadaient pas que vous observez l'égalité et la justice dans votre administration , je serais tenté de croire que vous en voulez à un bon citoyen qui s'est dévoué à sa patrie et a fait tous ses efforts pour s'opposer au fanatisme et à la superstition. C'est moi , Messieurs , j'ose le dire^ qui suis ce citoyen vexé. Chargé d'une paroisse d'environ huit cents âmes dispersées sur les montagnes, je reçois, au commencement de mai, un ordre de desservir la paroisse de Bugny, sous peine d'y être forcé par corps. Ce sont les termes du directoire de Pontarlier. J'ai obéi malgré l'éloignement et les difficultés. Est-ce parce que j'ai conservé ma paroisse dans le patriotisme , ou parce que mon traitement est illégalement réduit à 700 livres , que Ton me vexe encore? J'espère qu'en révoquant votre ordonnance du iO juillet ci-jointe, vous ordonnerez au receveur de se conformer à l'avis du district, tel qu'il est porté sur ma requête. A cette condition seulement^ je continuerai la desserte de ces deux paroisses. »

Des exigences de même nature se manifestaient dans la direction du nouveau séminaire. Les dépenses n'y étai«Ht pas épargnées , et l'abbé Dormoy , habitué aux jouissances de la table, n'entendait pas pousser jusqu'aux privations la plaisanterie du retour à l'Eglise primitive. Le 30 juin, l'évêque Seguin écrivit donc à M. Renaud (de Quiugey) : « Je vous prie, cher coUègue, de donner attention à la proposition qui vous a été faite cette après-dinée par M. Dormoy, laquelle me pardt bien conforme aux vues d'économie qui vous animent. Sa proposition est de fixer la pension alimentaire de chaque séminariste à 34 hvres par mois, et de donner à chaque directeur 2,000 livres pour traitement annuel, à la charge par eux de pourvoir, tant sur la pension des séminaristes que sur leur traitement^ à toutes les dé-

penses de bouche de tous les individus de la maison, y compris celles des domestiques et les gages de ceux-ci. Par cet arrangement , Tadministration n'aura pas Fennui de voir former des demandes de supplément. Je crois très sage celte mesure, surtout si on réfléchit aux goûts particuUers, aux besoins même que peuvent avoir quelques-uns des directeurs, et auxquels il peut ne pas convenir à Tadministratioii de se prêter, ce qui occasionnerait peut-être quelques mécontentements. » Gonformémeut à cette demande, le directoire éleva le traitement des directeurs du séminaire au niveau de celui des vicaires épiscopaux, à condition qu'il ne lui serait plus rien demandé pour tous autres frais d'entretien de rétablissement.

Parmi les anciens dignitaires du chapitre métropohtain. il en était un qui avait mis une singulière âpreté à réclamer sa pension de retraite et à en faire grossir le montant ; c'était le chanoine Marrelier de Verchamps, personnage de peu de valeur morale et qui, n'ayant jamais eu d'ecclésiastique que le titre, le costume et les revenus, s'était trouvé complètement déprôtrisé du moment où tout cela avait disparu. Le scepticisme ayant en même temps éteint en lui, non pas l'orgueil, mais l'honneur du gentilhomme, il s'était fait jacobin et y avait gagné des hommages et des honneurs municipaux , qui lui conservaient (du moins il paraissait le croire) le privilège d'être insolent. Irrité des vues d'économie qui avaient guidé le district dans la fixation de sa pension canoniale, il se rendit, le 8 février au matin, dans les bureaux de cette administration, et réclama impérieusement qu'on lui communiquât toutes les pièces qui le concernaient. Le district , réuni quelques instants après, décida « qu'il se bornerait à délivrer copie de son avis officiel ^ parce qu'on n'avait pas le droit d'en exiger davanta^^e, et que la requête de M Marrelier étant rédigée d'une manière fort indécente, elle resterait déposée au secrétariat. »

L'ex-chanoine revint dans l'après-midi pour s'informer du résultat de ses démarches ; alors eut heu une scène dont le district lui-même a ainsi conservé le souvenir dans ses registres : « Le secrétaire a fait rapport que lorsqu'il a pré-

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