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darme Pahin avait son chapeau déchiré et un pistolet perdu ; Perrot, son chapeau percé et son habit déchiré d'un coup de fourche de fer ; Pianet, son sabre cassé.
Comme l'événement avait eu Heu sur le territoire d'Ornans, rinformalion fut faite par le juge de paix de cette ville, Antoine Golard. D'après les dépositions des gendarmes , Ant» Cornu, armé d'une grande perche, avait crié au gendarme Pahin : « B..gre de mâtin, que cherches-tu ici, tu n'as rien à voir ici I » Les prisonniers n'avaient opposé aucune résistance quand on était allé les saisir. Jeanne-F" Morel avait fait tous ses efforts ponr soustraire le prêtre arrêté, des mains de la gendarmerie, en disant qu'elle aimait mieux qu'on la tuât que d'abandonner ce prêtre; elle le tenait à brasse-corps, et elle ne l'avait lâché que par une bourrade que le gendarme Boisselet lui avait donnée avec le pommeau de son sabre. — Jac.-Ant. Morel, armé d'une hache , avait dit à Boisselet : « Coquin, rends-nous notre prêtre, ou je te tue 1 » Sur quoi, Boisselet avouait qu'il avait cherché à plonger son sabre dans le corps de Morel. Le lieutenant Mérédey avait dit ((à la populace, » au nom de la loi, de se retirer; mais, loin d'obéir à cet ordre, elle lui avait porté un coup de perche sur l'épaule. Il y avait environ deux cents individus, tant hommes que femmes. Boisselet n'avait lâché le prêtre qu'après un coup de hache, qui lui avait été asséné par Jac.- Ant. Morel, sur la main qui tenait la chaîne; le coup heureusement avait porté en grande partie sur cette chaîne. Cl.- E. Trimaille avait aidé â terrasser ce gendarme , et J.-B. Drouhard lui avait arraché son sabre. Ant. Cornu et Jac.- Ant. Morel avaient refusé de suivre Boisselet, quand il était allé avec la garde nationale les arrêter, et il avait été obligé de leur donner des coups de plat de sabre. Jeanne- F" Morel n'avait été arrêtée que le lendemain. Le gendarme Pianet déposa que lorsque « leur proie » leur avait été enlevée , ils avaient invité les assaillants à se retirer, en leur (lisant qu'ils devaient être contents, puisqu'ils étaient venus à bout de faire relâcher leur prêtre, et qu'à l'instant même 'l avait entendu Jac.-Ant. Morel dire : «Ne frappons plus, c'en
U assez, nous avons notre prêtre, n Les patriotes de Saules
fiPRBUYES DBS PRÊTRES BT DES FIDÈLES. 435
foamirent pea d'indications ; l'ex-maire Cornu dit qu'il avait été insulté en rentrant d'Ornans, et traité de voleur , de vaurien, de schismatique, etc. Un autre déposa qu'il avait vu revenir J.-B. Drouhard avec un bras ensanglanté et que sa femme le reconduisait chez lui ; qu'Anne- F'« Cornu-Mercier criait, par le village, de toutes ses forces : « Voilà qu'on enlève notre prêtre , courons ! » qu'Anne-Baptiste Débiez- Missot était armée d'une perche ; Madeleine Jourdan, d'un trident; la veuve Morelet sa fille Marianne, de pliants.
Le 3i janvier , dix-huit nouveaux mandats d'amener furent lancés contre F.-X. Débiez-Missot, Marg. Morel, J.-Nic. Drouhard, Marie-Thérèse Morel, J.-Nic. Colard, J.-B. Drouhard, Claudine Bonnet, femme de Michel Simon, pâtre ; a.-Ant. Grandjean, Jos. Débiez, ci-devant notable, Madeleine Joumet, P.-F. Morel, Madeleine Juret, servante de P.- Jos. Morel, agent de la commune, Elisabeth «Beurney, J.-F. Colard,J.-F.Morel,J.-B. Drouhard, J.-F.-X. Morel, et Jeanne- Ci. Débiez, veuve Morel. Vingt-six des prévenus furent mis hors de cause après leur interrogatoire, et six seulement furent retenus en prison, savoir :Jeanne-F** Morel, Jac.-Ant. Morel, Cl.-F. Trimaille, Ant. Cornu-Mercier, Anne-F" Cornu-Mercier et P.-Jos. Débiez-Pétré. Ces derniers, interrogés, nièrent toute participation à l'émeute. P.-Jos. Débiez, instituteur et cultivateur, avoua au directeur du jury d'accusation qu'il venait quelquefois des prêtres déportés à Saules , qu'ils y disaient la messe, et qu'il chantait alors au lutrin ; que ces prêtres faisaient des instructions, mais ne prêchaient que la paix et l'union. 11 nia qu'ils eussent déclamé contre les lois, détourné les volontaires de rejoindre leurs bataillons, et prêché l'obéissance au prétendu roi I^uis XVIIF. — Il nia que les habitants de Saules fussent convenus entre eux à l'avance de défendre les prêtres qu'on viendrait arrêter chez eux. Tous les autres accusés déposèrent comme lui, au sujet des instructions des prêtres déportés. Le i9 février, le jury d'accusation déclara qu'il y avait lieu à accusation contre P.-Jos. Débiez-Pétré, âgé de vingt-huit ans, Ant. Cornu, menuisier, âgé de trente ans, J.-Ant. Morel, cultivateur, âgé de cinquante ans, Cl.-F. Trimaille, cultivateur à Echevanne,
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âgé de quaraate^deux ans, et Anne-F'* Cornu, cultivatrice, âgée de trente-neuf ans, mais qu'il n'y avait pas lieu à Tégard de Jeanne-F" Morel.
Les cinq accusés comparurent, le ii avril, devant le tribunal criminel. L'avocat Clerc défendit Ant. Cornu, Anne- Françoise Cornu etCl.-F. Trimaille. Les deux autres avaient pour défenseur l'avocat Jarry. Le jury déclara qu'il était constant que , le A pluviôse , on avait délivré par force ou violence, des mains de la gendarmerie, un prêtre déporté ou émigré ; mais qu'aucun des prévenus n'était convaincu d'être l'auteur de cette délivrance ou de l'avoir favorisée en aidant ou assistant les coupables. En conséquence, le président Gros proclama tous les prévenus acquittés et ordonna leur élargissement immédiat. On a déjà vu que M. l'abbé Demesmay, en quittant Saules, avait trouvé asile à Mesmay, dans le sein de sa famille, «t que l'administration s'était livrée en vain à toutes les recherches possibles pour le ressaisir.
L'acquittement des accusés de Saules causa tant de surprise et de colère dans les régions du gouvernement, qu'il y fut attribué aux causes les plus inattendues. Le 18 septembre, le ministre de la guerre écrivit à Nodier, commissaire près les tribunaux : o Je vous envoie plusieurs pièces desquelles il résulte de fortes présomptions contre le lieutenant et la brigade de gendarmerie d'Ornans, d'avoir accepté de l'argent pour atténuer, devant le tribunal criminel , leurs premières dépositions relatives à la rébellion qui avait éclaté dans la commune de Saules, lors de l'arrestation d'un prêtre déporté. Vous voudrez bien faire auprès de l'accusateur public les instances nécessaires pour que le lieutenant et la brigade soient promptement mis en jugement. » M. Guillemet tint fort peu de compte de ces instances.
M. l'abbé Sergent fut aussi à Saules l'objet d'une perquisition qui échoua également par la connivence du brigadier de gendarmerie chargé de la diriger. Il avait été dénoncé comme résidant en ce moment dans la maison de la famille Débiez-Missot; les gendarmes arrivèrent àl'improviste, de grand matin, envahirent la maison, et M. Sergent n'eut que le temps de sortir de son Ut et de sa chambre pour aller se
blottir sous un tas de paille, au grenier. Lorsque toutes les chambres eurent été visitées minutieusement, les gendarmes passèrent dans la grange pour sonder avec leurs sabres tous les tas de paille ou de foin. Alors, la maîtresse de maison, qui avait suivi les gendarmes , fit un signe d'intelligence au brigadier; celui-ci se rendit avec elle près du tas de paille qu'elle lui indiqua^ pendant que ses compagnons s'escrimaient à percer les autres amas de fourrages avec leurs sabres. Lui-même tira le sien , l'enfonça à plusieurs reprises, mais avec précaution, dans la paille qui recouvrait M. Sergent , sentit le corps du proscrit, sans manifester aucune surprise, et se retira avec toutes les marques du désappointement.
Le 4 mars, le citoyen Maire^ commissaire du Directoire dans le canton, rendant compte au département d'une visite qu'il venait de faire à Saules, manda que depuis l'enlèvement de l'abbé Demesmay, les prêtres avaient cessé d'y paraître publiquement, mais qu'ils y avaient trouvé jusque-là, de la part des agents et de la population, la protection la plus déclarée. 0 Beaucoup d'autres fonctionnaires publics, ajoutait-il, et même la généralité des habitants, non-seulement du can*» ton, mais encore des cantons voisins, sont accusés de fanatisme par la notoriété publique. »
P.-Jos. Cornu, l'ancien maire jacobin de Saules, avait cru sans doute hériter de l'agent qu'il avait dénoncé et fait destituer. Mais l'administration cantonale , chargée de nommer les nouveaux officiers municipaux, avait complètement trompé ses espérances. Aussi, le 3 juillet, le département fut-il saisi de cette nouvelle plainte du malheureux patriote, appuyé par les huit habitants de Saules qui formaient tout son parti : n Les soussignés, citoyens de Saules, exposent que J.-F. Mourot, agent provisoire de la commune, protège de tout son pouvoir des individus qui ont été la retraite des prêtres émigrés et déportés , et que, depuis qu'il est agent, les chouans fanatiques ont pris une aise si audacieuse , qu'ils se sont permis de désarmer un vrai patriote de la commune. Il autorise les fanatiques à exercer leur culte publiquement , portant une croix, chantant et sonnant et enterrant leurs morts.
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tout au large de la commune. Il a donné aussi une réquisition au fanatique J.-F. Boutbaux, capitaine de la garde nationale, pour désarmer un vrai patriote de notre commune, qui faisait la garde et surveillait les prêtres émigrés et déportés, tandis que lui-même faisait patrouille pour leur conservation. »
Cette dénonciation étant restée sans effet , Cornu et ses adhérents revinrent à la charge avec de nouveaux griefs. Ils accusaient l'agent de Saules 1° de n'avoir aucune relation avec son adjoint , et de ne se servir que de ses devanciers destitués et placés sous le poids d'un mandat d'arrêt ; 2'' d'avoir coupé lui-même le premier chêne de la liberté (il était sec, à la vérité; mais, disait le dénonciateur, vert ou sec, vous le savez, on ne doit pas y attenter); 3"" d'avoir souffert, sans les poursuivre, qu'au moins les deux tiers des habitants ne portassent point de cocardes ; A*" d'avoir nommé, pour la colonne mobile, les deux plus fameux protecteurs des émigrés et des déportés , placés eux-mêmes sous le poids de mandats d'arrêt ; 6"* de faire monter la garde pendant la nuit et de la monter lui-même, pour la sécurité des prêtres rebelles , qui ne cessaient pas d'habiter la commune et d^y exercer leur prétendu culte ; 6* d'avoir donné des réquisitions aux gardes nationaux fanatiques pour désarmer les patriotes qui cherchaient, suivant le vœu de la loi, l'arrestation des prêtres et la découverte de leurs asiles ; 7^ de souffrir et de protéger les réquisitionnaires fugitifs ; 8** de laisser, tous les dimanches et fêtes, tinter la cloche à tous les offices des fanatiques et chanter le long des rues en portant les morts avec des croix. Cornu concluait naturellement à la nécessité urgente de remplacer un magistrat si prévaricateur par un vrai patriote. Le département lui-même conçut des doutes sur la pureté de ce grand zèle , et il demanda , le 23 septembre, au commissaire du canton, si toutes ces plaintes n'étaient pas dictées par un esprit de récrimination et de vengeance.
La commune de Trepot avait aussi un ex-maire patriote, J.-B. Audry, qui était désolé de n'être plus rien> et qui rchait des consolations dans l'office de dénonciateur. Il
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écrivit, le 8 février 1796, à Quirot : « Depuis le moment que des hommes séduits par le fanatisme exercent les fonctions d'agent et d'adjoint dans cette commune, les lois sont tellement négligées, qu'on ne les exécute que par la crainte d'être puni. Ils souffrent les prêtres rérractaires et leur donnent asile, puisque même l'un de ces prêtres prend son habitation chez André Juret, adjoint. L'agent assiste à toutes leurs fonctions. Le jour même de leur élection, ils placèrent dans la cure un prêtre réfractaire et un maître d'école nommé Cl.-F. Perrot, frère de prêtre déporté, le premier qui adonné ■asile à tous ces prêtres et aujourd'hui se fait gloire d'avoir rétabU la religion. Il y a environ quatre mois que deux gendarmes d'Ornans ont fait rencontre, dans la commune, d'un prêtre déporté en soutane^ et l'ont saisi au nom de la loi. Le peuple de cette commune s'est aussitôt assemblé au son de la cloche, armé de fourches et autres outils en fer, et ils l'ont fait lâcher par les gendarmes, en criant : Vive le roi/ Le i3 du mois de pluviôse courant, plusieurs chefs de la garde nationale, avec d'autres, se sont emparés des piques déposées •chez différents patriotes; ils étaient sans cocarde^ et incontinent une patrouille fut conunandée, armée de ces piques, pour veiller à la conservation des prêtres réfractaires qui officiaient à l'église. Enfin, cette commune devient l'asile d'une grande partie des prêtres. Pour ainsi dire, tous leur donnent asile; ils sont respectés, pendant que les lois de la répubUque sont méprisées , ainsi que le petit nombre de patriotes qui persistent dans leurs sentiments et sont journellement exposés. Il est temps de faire cesser de semblables crimes. » Mais Audry, non content d'adresser ses plaintes à Quirot, 'en faisait part au Directoire lui-même; et, le 15 mars, Merlin, ministre de la police, écrivit au commissaire général^ à Besançon, un long réquisitoire qui contenait toutes les accusations formulées dans la lettre précédente, avec d'autres ^efs moins graves, et concluait à la nécessité de poursuivre vigoureusement les magistrats prévaricateurs et les prêtres qu'ils protégeaient. « Faites au besoin, disait Merlin en finissant, un appel aux républicains, et qu'une expédition prompte et éclatante, dans la commune dont il s'agit, y rétablisse so*
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lennellement le règne des lois. Vous me rendrez compte du résultat de vos démarches. »
Mais, en vérité, Quirot ne pouvait suffire à tout. Le 23 mars, le commissaire du canton lui manda encore que les prêtres rentrées continuaient à circuler, en costume de cultivateurs; qu'ils fonctionnaient secrètement à Trepot, Foucherans, Tarcenay et Scey, et que les agents et adjoints, selon toute apparence, leur étaient dévoués. Le S2 mai, Colard, commissaire à Ornans, écrivit, de son côté, à Quirot, qu'il y avait en ce moment, à Trepot, cinq prêtres qui y prêchaient pnbhquement le royalisme et excitaient les réquisitionnaires à rester chez eux ou au milieu des bois ; que des mesures étaient indispensables pour arrêter les progrès « de ces contre-révolutionnaires effrénés. »
A Foucherans, la population était unanime dans sa fidélité religieuse. Une seule maison restait fermée aux prêtres, mais il en sortit une dénonciation qui amena la force armée dans cette commune. Un jeune soldat en congé, nommé André Vergey, peu désireux, comme beaucoup de patriotes de son espèce, de retourner à l'armée, voulut prouver qu'il serait plus utile à Foucherans pour y faire la police ; il écrivit donc, le 12 mars, à Quirot : « Gomme c'est le devoir d'un répubUcaiu de vous prévenir des désordres qui régnent actuellement dans notre commune , je vous préviens qu'il est bien difficile à digérer, pour nous autres défenseurs de la patrie, de voir dans notre commune un agent, Cl.-L. Vergey, père d'un prêtre émigré, un agent dont la maison est la correspondance de tous les prêtres réfractaires. 11 y a encore actuellement ici deux curés qui perdent la commune. Le fils de Vergey y est revenu au moins depuis trois mois, et voilà passé cinq mois qu'il en reste un autre qui est de Besançon et s'appelle l'abbé Michel. Ils ne tendent tous qu'à une contre-révolution. On n'affiche et on ne publie aucune loi. Nous avons un adjoint qui chante la messe des curés réfractaires et qui fait la quête, c'est-à-dire cherche leurs provisions dans le village. Le 21 pluviôse, il en a fait le tour, accompagné de Gh. Gauthier, receveur de notre commune, d'un nommé Grosjean et de J.-Et. Baud. Ges
ÉPREUVES DES PRÊTRES ET DES FIDfeL|». 441
pervers ont fait contribuer chaque ménage de quatre channes de froment et de cinq sous par tète pour leur curé. Dans le mois de septembre, ils avaient déjà fait une quête. Je me suis trouvé chez nous, et ils m'ont dit qu'il n'y avait que nous de réfractaires pour les curés dans le village. Us disent la messe tous les jours. Si vous faisiez faire des poursuites, je vous dis le secret : c'est Ch. Gauthier, receveur, en bas dn village, à gauche, qui les cache. »
Muni d'indications si précises, Quirot n'hésita pas à organiser une expédition à Foucherans. Viotte, lieutenant de gendarmerie à Besançon, chargé d'y présider, lui écrivit, le 16 avril : « J'ai arrangé mes affaires de manière que je n'aurai pas besoin de chasseurs à cheval pour aller à Foucherans. Je me contente de la gendarmerie d'Ornans et de Besançon. Je vous prie seulement de donner au brigadier Simonnot une réquisition pour un caporal et six chasseurs à pied, qui, joints à la brigade de Besançon, seront suffisants pour mettre la force armée à l'abri de toute insulte. Je compte sur deux ofBciers, six gendarmes de Besançon, quatre d'Ornans, deux du camp, en tout quatorze. Je ferai mon possible pour réussir. » Le lendemain, les lieutenants Viotte et Mérédey adressèrent à Quirot un procès-verbal constatant qu'ils s'étaient rendus, dès la pointe du jour, à Foucherans, avec leurs soldats , pour saisir les prêtres Michel et Vergey, émigrés ; mais qu'ils avaient fait sans succès les perquisitions les plus minutieuses dans les maisons indiquées pour les receler, et que, selon toute apparence, les deux proscrits avaient prévenu les recherches en prenant la fuite.
L'insuccès de cette première expédition ne découragea pas les persécuteurs. Le 28 août suivant, la gendarmerie se rendit encore à Foucherans, envahit la maison de M. Cl.-L. Vergey, agent de la commune, et y chercha partout l'abbé Vergey, fils du magistrat municipal. Mais elle ne put découvrir que plusieurs vêtements du jeune prêtre, un cahier en forme de registre, contenant divers extraits de baptêmes, sépultures et mariages, ainsi que d'autres papiers et effets à l'usage d'un ecclésiastique. Le 4 septembre, le
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départemeat déclara que Yergey père était fortement soup* {onné d'avoir donné asile à son fils, prêtre déporté, et de lui avoir facilité tous les moyens d'exercer clandestinement un ministère illicite ; qu'en conséquence, il serait dénoncé à l'accusateur public, à qui les pièces seraient transmises.
Toutes les autres communes du canton rural d'Omans étaient animées des mêmes sentiments à l'égard des prêtres, et si leurs agents municipaux consentirent, le 28 février 1796, à prendre l'arrêté sollicité depuis longtemps contre les bannis , par le commissaire du Directoire , ce dernier avouait, le 4 mai, à Quirot, qu'il n'y avait aucun résultat à attendre de cette vaine formalité ; que les agents s'étaient prescrit à eux-mêmes , dans leur arrêté^ des mesures qu'ils n'étaient nullement disposés à mettre à exécution; qu'ils continuaient, la plupart, à protéger ouvertement les prêtres, surtout à Tarcenay, Trepot et Foucherans, et qu'il devenait indispensable de sévir contre les plus fanatiques de ces fonctionnaires , pour détourner les autres de suivre plus longtemps leur exemple.
Le 20 juin, Maire écrivit encore à Quirot que l'administration cantonale continuait à prendre des arrêtés conformes à ses réquisitions; que le 5 juin, notamment, et le i9, elle avait adopté les mesures les plus propres à procurer l'exécution des lois. « Mais, ajoutait-il, la plupart des agents négligent totalement cette exécution , surtout en ce qui concerne les prêtres déportés. Ils affirment hardiment qu'il n'y en a aucun dans leurs communes, tandis que dans presque toutes, et notamment à Trepot, Foucherans, Tarcenay et Scey, ces prêtres trouvent des asiles assurés. Il a été dressé procèsverbal contre les agents de Tarcenay, Trepot, Scey et Mairieres, qui ont refusé de concourir à la formation de la colonne mobile. » L'administration cantonale arrêta qu'il serait sursis à la formation de ces colonnes dans toutes les autres communes, jusqu'à ce que le département eût statué sur le refus des quatre agents opposants.
Le 18 août, le lieutenant Mérédey écrivit à Quirot pour se plaindre des ofGciers de santé. «Us accordent trop facilement, disait-il, des certificats de maladie à des volontaires
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qu'on voit journellement occupés aux plus rudes travaux de la campagne et qui se portent les premiers à rencontre de nos opérations, lorsqu'il est question d'arrêter ces monstres de prêtres, qui se trouvent en grande quantité dans nos environs. » Cet officier envoya en même temps à Quirot le procès-verbal suivant, qu'il avait dressé le 45 août, jour de l'Assomption : a Ayant appris qu'il se retirait dans les communes voisines plusieurs prêtres réfractaires et émigrés, qui, secondés par les agents municipaux, fonctionnaient publiquement dans les églises, nous nous sommes transportés d'abord à Scey. Chemin faisant, nous avons rencontré plusieurs individus, par troupes de six, huit ou dix, qui sortaient du village, ce qui nous a fait croire qu'ils venaient delà messe, et que ce ne pouvait être qu'un prêtre réfractaire qui ait célébré, attendu qu'il y en a. L'agent et l'adjoint, interrogés, ont répondu, à force de sollicitations, qu'il avait été dit une messe basse à l'église par J.-F. Nicolet , prêtre réfractaire, et que les habitants avaient une entière confiance en lui. Soupçonnant que ce prêtre pouvait être encore à l'église , nous avons sommé, au nom de la loi, l'agent et l'adjoint de nous y accompagner; ce qu'ils ont fait, mais avec répugnance. Y étant entrés , nous avons trouvé plusieurs hommes et femmes, et nous avons marché jusque près du grand autel, où nous avons reconnu que véritablement on y avait dit la messe. Au même moment , nous avons dit à l'agent d'our vrir la porte de la sacristie ; à quoi il a répondu qu'il n'avait pas la clef. Comme nous entendions, dans la sacristie, du bruit qui nous faisait croire qu'il y avait quelqu'un , nous avons requis à plusieurs reprises l'agent de nous procurer cette clef. Le gendarme Pahin, envoyé dehors, pour reconnaître s'il y avait dans cette sacristie une porte extérieure, reconnut qu'il y en avait réellement une , et il trouva un grand nombre d'individus attroupés, même étrangers à la commune. A force de réquisitions, l'agent finit par nous dire que la clef devait être entre les mains de l'instituteur. Celui-ci a ouvert «enfin la sacristie, et nous y avons reconnu tous les ornements propres à fonctionner, et même, sur la crédence, une certaine quantité de monnaie, sans doute, qui provenait de la
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quête de la messe. N'ayant rien trouvé autre chose, après la recherche la plus exacte , nous sommes sortis et nous nous sommes trouvés dans une grande foule de monde qui nous bravait, en se moquant de nous, et en disant qu'il était heureux pour nous qu'il se fût échappé, et que nous ne l'aurions pas enlevé. Ensuite, nous avons dirigé notre marche vers Cléron, toujours observés par cette multitude. Chemin faisant, nous avons aperçu deux individus qui se portaient en grande course à Cléron, sans doute pour avertir de notre arrivée. » On a vu plus haut le résultat de la visite des gendarmes à Cléron. » En revenant à notre domicile par Maizières, ajoute Mérédey, nous avons trouvé une quantité de citoyens assemblés, au nombre desquels nous avons reconnu le ci-devant chevalier de la Bretonnière. Ce rassemblement, sortant de la maison d'un ci-devant, nous parut suspect, et nous avons mis pied à terre chez un patriote pour examiner leurs démarches, l'agent étant absent. De là^ nous avons regagné notre domicile. »
L'administration cantonale répondit, le 6 novembre, à la circulaire de Quirot contre les prêtres, que ceux-ci paraissaient et officiaient publiquement partout, parce qu'ils étaient protégés par la généralité du peuple , et que les agents , en essayant de s'y opposer, ne feraient qu'exposer leur vie , sans aucun profit pour personne. Le commissaire ajouta, de son côté, que les membres de l'administration étaient les premiers protecteurs de ces prêtres ; que la gendarmerie était impuissante, et que l'envoi d'une force armée imposante était absolument nécessaire. Maire écrivit encore, le 48 décembre, puis le 2 janvier 4797, que les prêtres continuaient à fonctionner publiquement dans toutes les communes du canton et des cantons voisins ; que les arrêtés du département y restaient sans exécution ; que, d'ailleurs, un grand nombre d'étrangers et de soldats déserteurs se livraient au brigandage et arrêtaient les passants, et que la présence des troupes pouvait seule mettre fin à tous ces désordres.
La seule arrestation de prêtre qui eut Ueu dans ce canton fut celle de M. J.-B. Landriot, curé de Clairvaux, retiré dans sa famille à Yillers. Des gendarmes, l'ayant rencontré, le
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90 juin, près de Tarcenay , se saisirent de lai et le conduisirent au département, qui ordonna sa réclusion aux Capucins. Dans une supplique touchante, ce paisible vieillard représenta qu'après trois ans de détention, tant à Besançon qu'à Dijon, il avait été élargi le 12 juillet 1795, par le représentant du peuple ; que, depuis cette époque, il n'avait rien fait ni rien dit de contraire aux lois ; que tout , dans son langage et sa conduite, avait signalé en lui Thomme paisible et le bon citoyen, ainsi que l'administration cantonale l'attestait ; que sa réclusion lui avait causé des infirmités qu'une nouvelle incarcération rendrait mortelles, comme le certifiait le médecin France ; et enfin, que la nation s'étant emparée de ses biens, il ne lui restait pas de quoi payer au traiteur un mois de sa pension. Il demandait donc l'autorisation d'aller reprendre sa résidence dans son village natal, où la cha^ rite de ses proches lui viendrait en aide pour sa subsistance. Le 12 juillet, le département, sur le rapport de Rambour, décida qu'aucune plainte n'ayant été faite sur la conduite du vieillard et sur la manifestation de ses principes, il serait renvoyé dans sa famille, sous la surveillance des autorités du canton.
XXX VU. Le canton de Passavant se trouvait absolument dans la même situation que le canton rural d'Omans. Population toute dévouée aux prêtres fidèles , administrateurs non moins fanatiques, commissaire du Directoire très modéré et ennemi des mesures de rigueur : il ne manquait aucun trait à la ressemblance. Dans plusieurs communes même, les catholiques, craignant d'être atteints par la loi du 3 brumaire, si menaçante pour les fonctionnaires attachés aux prêtres, refusèrent complètement de prendre part à l'administration. Le commissaire Sombarde écrivait, le 15 mars, à Quirot : « La commune d'Adam n*a point d'agent ni d'adjoint. Ceux qui avaient été nommés par le peuple ont donné leur démission. Ceux que l'administration a choisis ont refusé, de sorte que les lois n'y sont ni publiées ni exécutées. 11 sera difficile d'y envoyer quelqu'un pour remplir les fonctions municipales, puisque tous les habitants semblent avoir le même esprit. Celui qui y serait envoyé y trouverait des
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entraves de toute espèce. » Le 46 ayril, Sombarde écrivait encore : « Depuis quelque temps, les agents et adjoints de Chaux se sont mis en goût de donner leur démission, ayant pour principal motif que, lorsqu'ils cherchent à procurer l'exécution des lois, ils sont d'ordinaire insultés. L'administration a fait plusieurs choix sans succès. Le nommé J.-CL Carme, nommé adjoint, ne s'est pas contenté de refuser cette place, il y a ajouté le mépris et l'insulte. J'ai invité l'administration à aviser aux moyens de punir l'insolent; mais elles arrêté qu'il n'y avait pas lieu à dénoncer. »
Sombarde lui-même, quoique confirmé par le Directoire dans les fonctions de commissaire à Passavant, avait envoyé sa démission dès le 2i mars, en alléguant qu'il ne pouvait trouver de logement. Il continua néanmoins à remplir provisoirement ses fonctions. Le ii avril, il manda à Quirot qu'en exécution de l'arrêté départemental du 49 mars, le président avait convoqué les agents dans les vingt-quatre heures^ et que ceux-ci avaient répondu à toutes les questions proposées, mais d'une manière peu sérieuse. « Vous pourrez être surpris, ajoutait-il, de lire daus leur arrêté que les agents de Passavant, Vaudrivillers, Orsans et Bremondans, n'ont aucune connaissance de la résidence des prêtres déportés ou ayant rétracté leur serment. Je témoignai ma surprise à celui de Bremondans, relativement à Jeune, de Leugney, qui réside dans sa commune et qui s'est rétracté. Je lui représentai qu'il aurait pu ajouter à sa réponse la connaissance qu'il pouvait avoir de cet individu^ contre qui û aurait dû être pris des mesures. [1 me répondit qu'il n'avait rien à ajouter ; qu'il ignorait si cet individu a été prêtre et s'il s'est rétracté ; qu'il ne le connaissait que comme cultivateur, allant journellement à la charrue. Vous connaissez l'esprit de ce canton. Le citoyen Gavail a envoyé au président pour chaque membre la Justification des ex-administrateurs du département. Si vous n'en n'avez point, je vous en adresserai depuis Baume, où je me retirerai, le 30 germinal courant. Si j'entreprenais de faire arrêter Jeune, je ne serais pas secondé, n'ayant personne à qui méfier. Il échapperait, parce qu'il serait averti, ou il y aurait résistance. Je vous prie de
prendre des mesures pour son arrestation. L'esprit pnblic est tout en faveur de ses semblables. »
Cinq jours après, Sombarde écrivit encore â Quirot : « Les fanatiques s'agitent en tous sens. Ils ne veulent pas que quoi que ce soit leur résiste» De deux ci-devant curés constitutionnels qui existent dans ce canton, ils viennent de s'efforcer d'en expulser un, et par là, de décourager les patriotes qui y tiennent. Voici le fait. Le curé de Leugney habite le presbytère depuis quarante-deux ans. En Tan ii, il l'amodia pour trois années, du ci-devant district de Baume. A l'expiration de la première année de ce bail , les communes , au nombre de cinq, qui ont contribué à bâtir ce presbytère, prétendirent que le bail était nul ; en conséquence, elles en firent un second, dans lequel il est dit que le ci-devant curé quittera le presbytère lorsqu'il en sera requis; or, le curé fut adjudicataire de ce second bail. L'agent de Leugney, sans avoir même consulté les co-propriétaires de ce presbytère, a fait mettre des affiches pour l'amodier ; et, malgré une pétition du curé, l'administration a conclu un nouveau bail, et le curé sera déjeté, le 10 floréal prochain. L'esprit de parti s'est tellement manifesté, que le presbytère a été loué pour cinq mille livres par an. Ce prix est très avantageux; mais sera- t-il payé? Les patriotes sont affectés de l'éloignement du curé, parce qu'il procure le triomphe des fanatiques. » On voit quel progrès avait fait le retour aux principes orthodoxes , même dans les paroisses où les vieux pasteurs avaient donné le signal de la défection. Le commissaire annonçait ensuite qu'une foule de femmes . s'étaient présentées, le lOavril, à l'administration cantonale, pour faire apostiller par ses membres une pétition en faveur des prêtres déportés, et qu'elles avaient été parfaitement accueillies, ainsi que leur demande. Il ajoutait: « Hier, l'administration étant réunie, une députation de trois femmes s'y est encore présentée et a demandé qu'il fût ajouté à l'avis de l'administration, après ces mots: à charge de se conformer aux lois de la république, ceux-ci : avec restriction quant au spirituel. Cette addition a été arrêtée à une majorité de huit voix sur dix. Le tout va être envoyé à la législature, à
448 CHAPITRE LXXT.
l'adresse du président du conseil des Cinq-Cents. Vous voyez les manœuvres qui se pratiquent ici et la faiblesse de l'administration. »
Sombarde n'ayant point été remplacé, le canton de Passavant demeura dans la paix la plus profonde jusqu'à l'automne de 1796. Voyant que le Directoire continuait à laisser ce canton sans commissaire, le département chargea Compagny fils, président du canton rural de Baume, et jacobin fougueux, d'une mission spéciale contre les prêtres et leurs protecteurs ou leurs receleurs, dans le canton de Passavant.
Le 28 octobre, Quirot lui signala particulièrement l'agent de Chaux et son adjoint comme accusés de donner asile aux proscrits, et l'adjoint Vittot, comme cachant chez lui depuis longtemps son frère, prêtre déporté. L'administration cantonale n'en fit pas moins la réponse suivante à la circulaire de Quirot contre les prêtres : « Il n'est pas à notre connaissance qu'il y ait ni émigré ni déporté dans notre ressort. Le citoyen Bidal, agent de Servin , observe néanmoins qull y a des prêtres déportés qui célèbrent les offices à Vaudrivillers. » Quirot écrivit à la suite de cette pièce : « La déclaration des agents est démontrée fausse par le résultat recueilli par le citoyen Compagny. » Mais Quirot ne se borna pas à contredire les administrateurs de Passavant ; il les fit encore destituer. Le 22 décembre, le département déclara qu'il résultait d'un rapport de Compagny, que la grande majorité des membres de l'administration de ce canton avait toléré jusqu'à ce moment la résidence des prêtres réfractaires; qu'en conséquence, il suspendait de leurs fonctions les agents et adjoints de Passavant^ Orsans, Leugney, Chaux , Lanans , Vaudrivillers, Montivernage, Saint-Juan, Aïssey, Courtetain et l'agent de Guillon, qui avaient protégé et protégeaient encore dans leurs communes les prêtres rentrés, à ce point que ceux-ci exerçaient publiquement leurs fonctions, même au chef-lieu de canton et pendant les séances de l'administration. Les agents et adjoints de Servin, Bremondans^ Adam, Côtebrune et l'adjoint de Guillon, étaient seuls maintenus dans leurs fonctions, comme n'ayant point partagé Tincivisme de leurs collègues. Le Directoire ayant ratifié cet ar-
pêté, le 9 janvier suivant, Compagnyfut chargé parle département d'organiser une nouvelle administration canlonale. Un obscur patriote, nommé Perrette, fut nommé commissaire provisoire du gouvernement. Le nouveau fonctionnaire écrivit, le 8 février 4797 : « Tous les dimanches et fêtes, il se fait, à Vaudrivillers, des rassemblements autour d'un prêtre ennemi de la patrie, qui trouble Tordre public ; il y faudrait remédier. 11 en est de même à Orsans. » Le département s'empressa de prendre des mesures, qui eurent pour résultat l'arrestation de M. l'abbé Muselier. Ce jeune ecclésiastique résidait à Vaudrivillers; il fut saisi par la gendarmerie du VaMahon et incarcéré dans la maison de justice à Besançon. Le 26 février, le département décida qu'il serait transféré aux Capucins, et que Cl.-F. Colin, aubergiste à Vaudrivillers, qui avait favorisé la résidence du proscrit, en le déclarant aux gendarmes pour son fils, serait traduit au tribunal criminel.
XXXVflI. Dans le canton de Pierrefontaine, la malveillance du commissaire Jeanmaire demeurait impuissante contre la fermeté religieuse delà population. Toutefois, l'envoi de la force armée dans les cantons voisins obligea les prêtres à plus de précautions. Le 13 février 1796, Jeanmaire mandait à Quirot : « Un grand nombre de fonctionnaires publics de ce canton n'ont point assisté à la cérémonie qui a eu lieu le 18 pluviôse à Pierrefontaine , et en conséquence n'ont fait aucun serment. Je crois que la seule cause de ce défaut est le fanatisme. Depuis l'expulsion des prêtres déportés de Pierrefontaine , les fanatiques se rassemblent publiquement en grand nombre au temple, les dimanches et ifêtes, sans ministre, et y chantent la messe et les vêpres. Déjà plusieurs fois je les ai invités à finir ces rassemblements, qui me paraissaient contraires à l'ordre public, mais en vain ; ils continuent opiniâtrement. Peut-on souffrir ces rassemblements, ou non? J'attends votre réponse. Les prêtres déportés commencent à fuir, pour échapper aux poursuites que je fais exercer journellement contre eux par la gendarmerie et les gardes nationales ; j'espère que dans peu ce canton en sera purgé. » Cependant le départ de ces proscrits