‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inéditsChapitre 24 sur 54 · CHAPITBB LXIY · texte numérisé non relu

CHAPITBB LXIY

de prêtres, qu'ils devaient rentrer, dans la nuit, du côté des^ Entreportes , j'en ai informé le lieutenant de gendarmerie, qui a envoyé, cette nuit , des gendarmes sur la frontière ^ avec un détachement de volontaires. Il n'y est rien passé, ou ils ont pris un autre point. Nous sommes sans force suffisante à Pontarlier pour pouvoir faire un service redoutable aux émigrés. »

Le 26 octobre, Parrod répondit ainsi à la circulaire de Quirot contre les prêtres : « On n'exige plus d'aucun voyageur la représentation de leurs passe-ports. Les préposés des douanes se bornent à saisir les marchandises et ne s'occupent que de leur part dans les saisies. Il y a des prêtres dans cette commune ; ils s'y tiennent bien cachés ; mais ils ne gardent pas le même incognito à la campagne ; car un gendarme, passant, ces jours derniers, à Dompierre, a failli se saisir d'un prêtre disant la messe dans une grange. »

Le 2 février 1797, l'administration de Pontarlier manda avec tristesse au département qu'il lui était impossible de déterminer les anciennes religieuses à faire le serment exigé par la loi pour le paiement de leurs pensions.

Ce fut un prêtre de Pontarlier qui obtint , des premiers^ d'être relevé de la déportation par l'administration terroriste du département. Il est vrai qu'il était difficile de réunir plus de titres à la pitié. M. Ign.-F. Valinde, familier dans sa ville natale et sans fonctions publiques , n'avait été déporté que par un acte de pure violence. Il s'était retiré à Fribourg, et là, à la suite d'une attaque d'apoplexie, il avait été frappé d'imbécillité ; en outre, il était aveugle. Tous ses biens avaient été saisis et vendus au profit de la république. M"^* VaUnde, de Besançon, sa belle-sœur, revendiqua généreusement la faveur de se dévouer à ce malheureux vieillard. Touché d'un ' si beau dévouement, le département déclara, le 17 mars 1797, a que le prêtre VaUnde n'avait eu ni fonction ni pension, et qu'il n'avait occasionné aucun trouble; que la justice et l'humanité commandaient également de rappeler en France ce vieillard aveugle et infirme, et qu'en conséquence il était relevé de la déportation. »

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