‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inéditsChapitre 28 sur 54 · VIII · texte numérisé non relu

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Boiilot ; que cet individu dangereux ne cessait de gâter l'esprit public; que J.-Ignace Delacour, agent, et J. -Antoine Perrey, adjoint de Vyt, le protègent, lui donnent des repas,, et chantent sa messe ; que Cl. -Louis Simonin, agent de Randevillers, J.-B. Fert; agent du Grand-Sancey, J.-P. Combette, agent de Belvoir, Cl. Pépiot, agent de Surmont, Jos. Monnot, agent de Rahon, Guill. Courgey, agent d'Orve, et Jac.-Jos. Hataillard, agent de Chazot, protègent ou tout au moins tolèrent les déportés, et que leurs adjoints en font de même. La colonne mobile ne me parait pas un moyen pour arrêter les déportés. Le 2 du mois de brumaire courant, elle a refusé de conduire à Baume un individu arrêté sans passe-port. Je ne puis croire que cette colonne mobile, composée en grande partie de fanatiques, arrêterait les déportés et les réquisitionnaires qui les protègent. D'ailleurs comment la rassembler secrètement? Le moyen qui me parait le plus propre pour faire exécutorles lois contre les déportés, serait une force stationnée aux frais des communes qui les protègent, et la punition de ceux qui les recèlent. Faites agir le juge de paix, qui n'a pas obéi à ma réquisition du \ I prairial et qui laisse l'information sans suite. Je suis surpris que vous n'ayez donné aucune réponse à ma lettre du 3 fructidor. Je vous marquais que Thouret, ex-carme, prêtre déporté, ayant été arrêté à Long-Sancey par un gendarme, et conduit à l'administration, où se trouva le président Marguet, il en fut enlevé par force, et qu'en ce moment le tocsin fut sonné au Grand Sancey. Je requis information, mais à quoi bon, dès que le juge de paix se laisse diriger par les protecteurs des déportés et n'entend de témoins que ceux qui ne savent rien ou ne veulent rien dire ! »

Les scènes de violence, ou au moins les récriminations des patriotes, continuèrent dans ce canton. Le 22 novembre, Mougey manda que Baudry, agent de Yellerot, avait eu le bras cassé en retournant chez lui, après la séance de Tadministration; qu'il accusait Delacour, agent de Vyt, d'en être l'auteur, et qu'on informait. L'envoi d'un commissaire extraordinaire, d'une énergie à toute épreuve, ayant paru nécessaire au département , Perriguey fut expédié à San-

cey. Le 3i décembre, il réunit radniinistration cantonale et invita tous les membres à répondre individuellement et catégoriquement, s'ils n'avaient pas connaissance du séjour d'un grand nombre de prêtres déportés ou émigrés dans leur ressort ; s'ils n'avaient pas souffert que ces prêtres officiassent publiquement et au son des cloches dans les temples; s'il n'y avait pas dans leurs communes des citoyens qui leur donnassent asile ; si certains membres de l'administration ne s'étaient pas eux-mêmes rendus coupables de ce délit; et, enfin, quelles diligences ils avaient faites, d'abord pour empêcher la rentrée de ces prêtres, puis pour procurer leur arrestation. MM. J.-B. Fert, agent de San» ey, Petitjean , agent de Vellevans, A. Perrey, adjoint de Vyt, Simonin , agent de Randevillers, Combette, agent de Belvoir, Courgey , agent d'Orve, répondirent d'une manière absolument négative. Clerc, agent de Grand-Crosey , déclara avoir vu le curé Pourcelot à Sancey, avoir assisté par curiosité à la messe du prêtre Paris à Surmont, et avoir ouï dire que d'autres officiaient à Belvoir, Randevillers et Rahon. Bataillard, agent de Chazot, déclara que Tox-curé Huguenotte, prêtre reclus, avait habité quelque temps sa commune et y avait vécu fort tranquille; que le prêtre Garnier avait, dit-on, officié dans quelques maisons; mais qu'il s'y était transporté à plusieurs reprises avec la force armée, sans aucun résultat. C.-F. Pépiot, agent de Surmont, ne savait qu'une chose, c'est que l'abbé Paris avait passé et repassé par sa commune et qu'il n'en avait été instruit qu'après son départ. Monnot, agent de Rahon, avait aussi entendu dire que le prêtre Colard résidait dans sa commune; il s'était même transporté dans deux maisons pour l'y chercher, mais sans aucun succès. Perriguey ayant demandé à cet agent quels étaient les propriétaires de ces deux maisons, Tagent répondit que c'étaient le citoyen Mieffet et les filles Monnot. Thiébaud, agent de Long-Sancey, savait par ouï dire que Pourcelot officiait à Sancey, Galliet à Belvoir, Paris à Surmont et Roussel à Vyt.

Evidemment il n'était pas possible à Perriguey d'avoir la moindre confiance dans une administration si discrète ou si

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ignorante de tout ce que chacun savait dans le canton ; mais il parait qu'il reconnut Timpossibilité de trouver des remplaçants; car chacun resla à son poste et le voyage de Perriguey fut encore iin coup d'épée en Tair.

Le 26 janvier 4797, Cochon, ministre de la police, manda à Quirot de poursuivre les prêtres Pourcelot et Bassenne, déportés, Voisard et Pahin, rétractés, qui lui étaient dénoncés comme fanatisant la paroisse de Sancey, et le prêtre Paris, « remarquable contre-révolutionnaire, méchant prêtre, fonctionnant avec empire dans l'église de Surmont, et soupçonné d'avoir enrôlé huit jeunes hommes de la réquisition pour les conduire à l'armée de Gondé. »

Les habitants du canton de Sancey se mirent en mesure de sauver autant qu'ils purent leurs presbytères , condamnés à être vendus. Mougey écrivit à Quirot, le 6 février : (( On a laissé à bail pour un an les ci-devant presbytères de Sancey, Grosey et Ghazot, qui restaient invendus. Gelui de Chazot a été laissé pour iOO livres; le fanatisme l'a emporté. Gelui de Grand-Grosey, pour 54 livres, et celui de Sancey, pour 45. Ge dernier n'a pas été disputé. Il y avait grand accord entre les enchérisseurs. Ils sont tous du même parti. 11 est à présumer que le presbytère du Grand-Grosey servira de logement au prêtre constitutionnel qui y réside (l'ancien curé, qui avait prêté serment), et les deux autres, aux déportés. »

Le 46 mars, Mougey manda que les prêtres déportés, « presque aussi audacieux qu'avant la révolution,» fonctionnaient publiquement et sans crainte dans les églises, notamment à Ghazot, Vyt, Belvoir, Sancey et Surmont ; qu'à Randevillers ils disaient la messe dans les maisons particulières, faute d'église ; que les agents de ces communes ne faisaient pas le moindre effort pour s*y opposer, et qu'enfin lui-même ne pouvait y remédier. Le patriote Gl.-F. Bataillard, de Vyt, et dix autres écrivaient, en même temps, que non-seulement le prêtre Roussel continuait à faire tous les offices dans l'église au son des cloches, mais que c'était l'agent lui-même, le ci-devant seigneur Delacour, qui chantait au lulrin.

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