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658 CHAPITRE LXITII.
elle n'avait pas pour objet un complot tendant à troubler l'Etat par une guerre civile. Mais c'est là précisément la question qu'il s'agit d'éclaircir. Car le ministre de la justice est persuadé que les ouvrages proviennent de nos ennemis extérieurs, qui les envoient pour être distribués dans le dessein de secouer parmi nous les torches du fanatisme. »
On voit, par ce luxe de poursuites pour la simple possession ou circulation de tout écrit plus ou moins désagréable au gouvernement, que la Liberté , à laquelle on consacrait tant d'hymnes, de statues et d'autels, s'accommodait parfaitement de tous les procédés de compression et de répression à l'usage des monarques les plus absolus. I^e culte philosophique continuait ainsi à se montrer le plus intolérant de tous les cultes. L'inquisition espagnole n'avait pu prendre pied nulle part en Franche-Comté ; l'inquisition anti-religieuse eut ses suppôts, ses estafiers et ses cachots dans chacun de nos cantons.