‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inéditsChapitre 42 sur 54 · VIII · texte numérisé non relu

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chargé de donner an ministre les renseignements qu'il demandait à ce sujet.

Le 13 et le 14 août, l'agitation qui régnait i Besançon redoubla, voici à quelle occasion. La 24* demi-brigade de l'armée devait passer à Besançon et j rester deux jours. Des émissaires anarchistes eurent soin de la prévenir contre l'esprit de la population ; de sorte que cette troupe déclarait hautement, sur sa route, même avant d'entrer en ville , qu'elle saurait mettre les chouans à la raison. En effet, i peine les soldats furent-ils entrés et répandus dans la ville, qu'ils insultèrent, provoquèrent et frappèrent tous les jeunes gens que leur costume ou leur coiffure faisaient soupçonner de modérantisme. Tel était l'état d'indiscipline dans lequel le Directoire entretenait à dessein l'armée, sur laquelle il comptait pour un coup prochain, que, malgré les ordres et les instances de ses chefs, la demi*brigade arrivée à Besançon refiisa de continuer sa route, sous prétexte d'attendre un à-compte sur sa paye arriérée. Les anarchistes, s'emparant de ces soldats, les conduisirent et les enivrèrent dans les cabarets des faubourgs. Ils sortaient de là, encore surexcités par le vin, et frappaient tous les jeunes gens qu'ils rencontraient. 11 fallut plusieurs fois l'intervention de la garde pour sauver leurs victimes.

Le 25 aoât, un citoyen Labrut, caporal au poste de Sainte* Madeleine, se plaignit d'une manière assez ambiguë que, d'un appartement situé au second étage du n"" 4052, rue de Chartres , et où Ton disait ordinairement la messe, on avait l'habitude de jeter des pierres sur les patrouilles lorsqu'elles passaient pendant la nuit. Malgré l'invraisemblance de ce rapport , la municipalité chargea un agent de police de faire les recherches les plus exactes sur les auteurs de ce délit. Le lendemain. Bourgeon déclara « que la commune de Besançon, par sa position frontière, exigeait la surveillance la plus active sur les particuliers qui s'y introduisaient; que la rentrée des émigrés et des prêtres déportés, qui s'effectuait dans ce moment de la manière la plus alarmante pour la tranquillité publique , devait appeler toute la sollicitude de l'administration sur ces ennemis naturels du

gouyernement et de la constitution de Tan m, et enfin que les commissaires de police étaient coupables de négligence à l'égard de la surveillance des étrangers. » La municipalité arrêta que toutes les mesures de sûreté seraient exactement suivies.

IX. Il nous reste à mentionner les faits particuliers qui, dans chacun des cantons du Doubs, signalèrent le règne trop court de Tadministration réparatrice de 1797. A Baume, nous voyons un ci -devant gendarme, Eloi Pérignon, dénoncer, le U avril , au ministre de la justice , son ancien cbef , Joseph Amiot, lieutenant à Baume, et l'accuser I* de s'être battu avec un sergent de volontaires , dans le courant de l'an m , à la porte de l'église de Saint-Juan, pour favoriser un prêtre déporté qui y disait la messe ; 2^ d'avoir, dans le courant de Tan iv, devancé de huit heures, à Sancey, l'arrivée de quatre brigades avec lesquelles il devait faire la perquisition de plusieurs prêtres déportés et émigrés, en prétextant qu'il allait faire préparer les billets de logement , mais en réalité pour faire évader les coupables ; 3"* d'avoir mené deux gendarmes dîner avec Chapuis, prêtre réfractaire, chez le citoyen Guillaume, à Voillans ; 4" d'être allé plusieurs fois au val de Cuisance, boire avec Vemier, prêtre déporté; 5^ enfin, d'avoir favorisé un autre déporté, le curé Gras, de Bretigney, et de n'avoir pas voulu qu'on arrêtât ce curé, qui avait été saisi , malgré sa défense, par le gendarme Cour. Le 14 mai, le ministre Merlin transmit cette dénonciation à Nodier, avec l'ordre de déférer l'officier inculpé à l'accusateur public, ce qui eut lieu sans résultat.

Le 9 juillet, M. Cl.-F.-Victor-BalthazarGuyottet, agent municipal de Baume , dressa le procès-verbal suivant : « Ayant été informé hier qu'une grande quantité de femmes de cette commune se proposaient de conduire à l'église le prêtre Burtey, qui a été curé à Baume il y a environ vingt-cinq ans, et qui se trouve ici depuis dixjours, et que ces femmes voulaient que ledit Burtey y célébrât la messe et les vêpres aujourd'hui; d'après ces informations, pour empêcher de contrevenir à la loi Je me transportai au domicile de Burtey et lui représentai l'inconvénient qui résulterait pour lui d'exercer un

culte public sans avoir obéi à la loi, et je l'engageai à s'éloigner de Bauoie dans la journée de dimanche ; à quoi il déféra. Il partit sur-le-champ et se retira à Grosbois, commune éloignée d'une lieue environ. Le dimanche matin, les femmes se transportèrent au domicile dudit Burtey, et, ne l'ayant pas trouvé, elles eurent connaissance de l'endroit où il s'était réfugié et se portèrent en masse à Grosbois. Chemin faisant, leur nombre se grossit. Hommes, femmes et enfants se réunirent ; en un mot, une foule de monde ramena à Baume le prêtre Burtey, environ les deux heures après midi, et le conduisit à l'église pour y chanter les vêpres. Cet ofiSce fini, le prêtre Burtey se rendit à l'administration municipale et exposa que ce n'était que malgré lui qu'il avait célébré , mais que le peuple l'avait forcé. Sur quoi, il a été représenté au prêtre Burtey qu'il avait formellement contrevenu à la loi; que cette contravention ne pouvait au plus être excusée que par la force majeure qui avait été employée ; et il a été invité à s'abstenir de toutes fonctions publiques. On croit cependant devoir observer que le vœu de la presque totalité des habitants de Baume est décidément prononcé pour le libre exercice du culte catholique. »

Le citoyen Mathiot, quirempUssait en ce moment les fonctions de commissaire du Directoire à Baume, transmit, le lendemain, ce procès-verbal à Quirot, en ajoutant : « Ces différents faits sont conformes à la vérité. Les têtes sont si échaufiiées sur ce point qu'il eût été très dangereux d'employer des moyens coercitifs pour empêcher ce qui s'est fait. Jefais passerun double du procès- verbal à l'accusateur pubUc, pour qu'il prenne le parti qu'il croira le plus sage. Le projet de loi présenté au corps législatif pour le libre exercice du culte catholique est ce qui a occasionné cet événement. Auparavant chacun était tranquille à cet égard. — Je dois vous informer que le prêtre Clerc, ci-devant curé à Cour et autorisé par le département à rester chez ses parents à Baume, a chanté messe et vêpres tous les dimanches et fêtes à l'église de Cour depuis qu'il a obtenu sa permission. Dans ces ^constances, quel parti pensez- vous qu'il faille prendre?

' •^nt-ilsètre poursuivis sur-le-champ par-devant les tribu-

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naux? Oa faot-il attendre quelle sera la loi que le corps législatif portera? Je ne vous dissimule pas qu'il serait dangereux de prendre le premier parti. » Quirot répondit « qu'il était inutile d'aller plus loin , mais qu'il fallait veiller très soigneusement à ce qu'un semblable désordre ne fftt point renouvelé, et engager tous les citoyens à attendre dans le calme la décision du corps législatif. Quant au prêtre Clerc, il fallait l'avertir que s'il se permettait encore d'enfreindre l'arrêté du département et la loi, il serait réintégré dans la maison de réclusion. »

Le ^ août, Grosrichard, commissaire du Directoire près le canton rural, fut appelé à remplir les mêmes fonctions dans la ville. Le gouvernement ne laissait passer aucune occasion de signaler ses préférences pour les terroristes.

V. L'apostat Goguillot , commissaire du Directoire à Clerval, continuait à tracasser ce canton avec un insuccès chaque jour plus marqué. Le 23 avril, il fit à l'administration le réquisitoire suivant : « J'ai appris avec douleur que les prêtres réfractaires exercent, publiquement et au mépris des lois , leurs fonctions dans les communes de Chaux , Glainans, Saint-Georges, Santoche et Viéthorey ; que l'exercice de leur culte est annoncé au son de la cloche ; qu'ils se permettent, dans leurs discours , de prêcher au peuple des maximes anti-républicaines ; qu*ils provoquent la désobéissance aux lois, la restitution des biens nationaux, le rappel des défenseurs de la patrie , le rétablissement de la royauté ; qu'ils poussent leur fureur délirante jusqu'à défendre à leurs crédules auditeurs de fréquenter ceux qui ne partagent pas leurs opinions. — Pour remédier à tant d'abus, le commissaire requiert que les lois de 1792 et 1793, celles des 29 et 30 vendémiaire an ii et l'article 10 de la loi du 3 brumaire an IV soient exécutés ponctuellement à l'égard de ces ennemis du gouvernement, qui osent souiller la terre de la liberté, y prêcher la discorde et secouer les brandons de la guerre civile. » Peu importait au terroriste que l'article fO de la loi du 3 brumaire eût été abrogé formellement le 4 décembre 1796. Les lois seules de la Terreur subsistaient à ses yeux.

Le 29 avril, Goguillot annonça lui-même à Quirot, en c^''

termes, le résultat de son réquisitoire : a Sur treize agents du canton, ceux d'Anteuil, Fontaine, Roche et Saint-Georges ont seuls demandé à délibérer sur les moyens d'arrêter ce fléau destructeur. Les neuf autres ont demandé Tajournement. Us ont osé avancer impudemment qu'ils ne connaissaient aucun prêtre capable de ces excès, tandis que les faits énoncés dans mon réquisitoire sont notoires, et que plusieurs de ces agents en sont témoins. Je ne peux rien sans secours. Dernièrement, je représentai paisiblement à un rassemblement formé à l'église de Clerval, à l'entrée de la nuit, pour une prétendue prière commune, que cet acte était prohibé par les lois ; qu'ils pouvaient s'assembler de meilleure heure, etc. ; plusieurs femmes ou furies me sautèrent aux cheveux. Je n'ai porté aucune plainte de cette audace, bien convaincu qu'aucun des assistants n'aurait voulu déposer la vérité. Voilà, même au-dessous du vrai, l'esquisse de l'eiaspération à laquelle les saints prêtres ont mont^ ces esprits aveuglés et ignorants; menaces réitérées, tentatives pour leur exécution, etc. Cependant , citoyen, je ne crains rien en exécutant les lois et en remplissant mon devoir. Le prêtre Briot neveu est surtout accusé de ces excès. »

Quirot répondit à son confrère, pour le consoler : <c Tous les jours et de tous les points du département on m'annonce que les prêtres insoumis exercent publiquement, dans presque toutes les communes, les fonctions du culte, sans avoir fait de soumission aux lois de la république. Aucune loi , cependant, n'a été rapportée à cet égard ; mais on oppose l'esprit général de la majorité des habitants, qui sont entraînés par une pente irrésistible. On dit que les lois existantes qui concernent les prêtres sont tombées dans une espèce de désuétude, et tandis que les fonctionnaires publics chargés de procurer l'exécution de ces lois font de vains efforts pour arrêter ce torrent, ils ont encore à craindre de voir les mesures qu'ils pourraient employer, inutiles et dangereuses. Dans cet état de choses on ne peut agir avec trop prudence et de circonspection. Mais lorsque les contraions sont formelles ; lorsque , par exemple, les prêtres mis fonctionnent publiquement , ils doivent être dé-

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nonces et punis par les tribunaux correctionnels, ainsi que le prescrit la loi du 7 vendémiaire an iy. »

Gognillot ne s'était pas borné à se plaindre à Quirot ; il s'était adressé en même temps au ministre de la justice. Celui-ci avait transmis la plainte au ministre de la police, et, le 25 mai, Cochon écrivit à Quirot « de provoquer sans délai, auprès de Tadmimstration départementale, des mesures propres à assurer l'exécution de la loi sur la police des cultes, tant dans ce canton que dans les cantons voisins, où les troubles religieux paraissaient se propager de manière à compromettre l'ordre et la sûreté publique. » Ce fut pour obéir à cette injonction que Quirot adressa au département son réquisitoire du 14 juin et en obtint un arrêté conforme â ses conclusions. 11 s'empressa d'envoyer ces deux pièces au ministre, qui répondit, le 7 juillet : « Je ne puis qu'approuver votre réquisitoire à la suite duquel Tadministration s'est enfin déterminée à recommander l'exécution de la loi du 7 vendémiaire. Cette mesure, employée à propos, eût prévenu les rixes et les dissensions qui ont éclaté dans plusieurs communes de votre département, entre les sectateurs des prêtres soumis aux lois et ceux des prêtres réfractaires, ou du moins elle eût servi à éclairer la marche des administrations secondaires, qui, pour la plupart, n'ont agi que faiblement pour assurer l'exécution de la loi, même sous les yeux de l'administration centrale, à en juger par les infractions multipliées qui ont eu lieu à Besançon. »

XL Le commissaire du Directoire près le canton dePrasne manda, le l""* mai, à Quirot : «Depuis le renouvellement des agents et adjoints municipaux, les prêtres émigrés et déportés sont rentrés et disent leurs messes publiquement à l'église. On annonce presque partout les offices au son de la oloche, et ceux qui ne le font pas n'en sont pas bien éloignés. I^s prônes recommencent, et il m'a été dit que les mots de Luther, Calvin et protestant y étaient proférés assez souvent. » Le 17 juillet , Besancenet écrivit encore : « Il y a un groupe de prêtres non soumis à Bouverans près de l'abbé Barthod. Ils y tiennent leur conférence, comme à l'ordinaire. J'en ai vu quatre y aller ce matin. »

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Le cantou de Goux était le séjour d'un jeune prêtre plein de courage et d'audace, dont les exploits ont pris un caractère légendaire. M. F.-X. Descourvières, de Goux, reçut le sacerdoce en 179i. Il demeurait à Gorre, dans la Haute- Saône, lorsqu'il apprit que le district de Pontarlier l'avait inscrit sur la liste des émigrés. Il s'en fit aussitôt rayer par un arrêté du département, le 18 avril i793, et vint se fixer à Goux. N'ayant été ni fonctionnaire public, ni pensionné par l'Etat, ni dénoncé par les clubistes, il put passer tout le règne de la Terreur sans être inquiété, et en exerçant tous ses droits de citoyen, il avait pris des allures un peu militaires, portait sans cesse un fusil et, sous prétexte d'aller à la chasse, se livrait à toutes sortes d'expéditions dans l'intérêt de la religion ou de ses confrères proscrits. Le 29 avril 1797, il se trouvait près de la frontière, lorsqu'il fut arrêté par les gendarmes et conduit devant la municipalité de Pontarlier, qui, après lui avoir fait subir un interrogatoire, le fit écrouer dans la maison d'arrêt. Le prisonnier en référa aussitôt au département et représenta qu'il avait été arrêté muni d'un passe-port en bonne forme, et innocemment occupé à chasser sur le territoire de Pontarlier et des Allemands ; que son arrestation n'avait point d'autre motif que la similitude de son nom avec celui de son oncle, prêtre des missions étrangères, inscrit sur la liste des émigrés ; mais qu'il était notoire qu'il n'avait jamais été missionnaire luimême ni émigré. Le département fit droit à cette requête, et, le 6 mai, il ordonna l'élargissement de M. Descourvières, en déclarant que la municipalité de Pontarlier aurait dû déjà faire cesser une détention qui n'avait point de cause légitime»

Rendu à la liberté, le jeune prêtre n'eut rien de plus pressé que de reprendre son aventureux ministère. Le 3 juin, il accomplit l'un de ses coups les plus heureux, en délivrant un émigré rentré, M. L.-Phil. Déparres, qui, sans son intervention, courait tous les risques d'être fusillé. M. Descourvières a lui-même laissé ce piquant récit de son principal exploit: «J'étais à Pontarlier pour affaires, lorsque, vers midi, on amena dans les prisons de la ville un émigré qui devait être conduit le lendemain , à cinq heures du

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matin, à Besançon pour y être jugé. Les gendarmes devaient emmener avec lui une demi-douzaine de jeunes gens de la réquisition, qui, prenant au sérieux le titre de volontaires, n'avaient pas jugé à propos de se rendre ou de rester au régiment. Avec de l'argent et quelques bouteilles de bon vin, j'obtins la permission de voir l'émigré dans sa prison. Je restai longtemps sans pouvoir tirer de lui autre chose que des gémissements lamentables sur son sort et sur celui de sa famille. Je ne viens que pour voir ma femme et mes enfants^ répétait-il sans cesse , sans vouloir sortir de là. L'afFaissement produit par le désespoir le rendait à peu près aussi incapable de recevoir les secours spirituels que les secours matériels que je lui apportais à la fois. Toutes mes sollicitations pour le faire confesser échouèrent. J'eus même mille peines de lui faire comprendre le plan que j'avais conçu pour le sauver. Je lui indiquai à l'avance le chemin qu'il suivrait le lendemain , les villages et les fermes par lesquels il passerait , et surtout la ferme de la Grange- Rouge, près de laquelle je me disposais à établir mon centre d'opérations. Je lui remis en outre trois écus de six livres^ en lui recommandant de bien faire boire les gendarmes à cette ferme. Un peu plus loin, lui dis-je, vous trouverez une montagne couverte de sapins ; si l'on peut tenter quelque chose pour vous , ce sera là ; tenez-vous donc prêt et secondez-nous, autant que vous le pourrez, dans cette entreprise pour laquelle je n'ose trop vous donner d'espoir. » A vrai dire, j'en avais fort peu moi-même, et dans tout le long trajet de Pontarlier à Goux, je ne cessai de rêver tristement aux moyens de sauver ce malheureux, sans trouver une seule combinaison qui pût me satisfaire. J'arrivai chez moi à dix heures du soir , je pris à la hâte un peu de nourriture, et, réfléchissant toujours au parti à prendre , je me remis immédiatement en route pour Mouthier, qui est à trois lieues de Goux. J'y connaissais quatre anciens soldats, chasseurs déterminés comme moi , et excellents tireurs. Je leur annonçai que j'avais un superJîe sanglier remisé ; qu'il fallait partir sur-le-champ pour nous trouver à la Joux-de- Maillot avant cinq heures du matin, et que là je leur indique-

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rais le magnifique coup de chasse à faire. On prit des muni* lions abondantes, des gourdes bien garnies de kirsch, et on se mit en route. Une demi-heure avant d'arriver, je fis faire une balte, et après quelques rasades, j'avouai à mes compagnons qu'il ne s'agissait plus d^un sanglier à prendre, mais d'un de mes amis à sauver. Il j eut un moment de surprise ; mais je leur fis voir si éloquemment que le coup ne pouvait manquer, que tout était combiné à souhait , que nous ne brûlerions pas même une amorce, et qu'en mettant les choses au pire, il serait impossible aux gendarmes de nous poursuivre à travers les bois, les rochers et les abimes, qu'ils cédèrent sans trop de peine à mes sollicitations et s'apprè* tèrent à me seconder vigoureusement. Lor>que nous eAmes atteint notre poste, je grimpai sur le sapin le plus élevé, afin d'apercevoir de plus loin le convoi des prisonniers ; mais l'heure de leur départ avait été changée et je passai sept heures entières sur cette espèce d'observatoire, sans rien voir arriver. Ce fut seulement à midi que j'aperçus, à une demi-Ueue, l'escorte se dirigeant de notre côté ; je redescendis à la hâte ; et ayant fabriqué une sorte de goudron avec de la poudre et du kirsch, nous nous en barbouillâmes la figure et les mains , afin de n'être pas reconnus. Nous nous embusquâmes ensuite derrière des buissons touffusqui bordaient la route, dans un endroit où elle forme un coude, et là nous attendîmes dans le plus grand silence le passage du convoi. Aussitôt que le premier cheval arriva en face de nous, nous nous élançâmes tous à la fois de notre cachette avec de grands cris ; je courus au gendarme qui tenait la chaîne du prisonnier, je saisis de la main gauche la bride de son cheval, et, appuyant le canon de mon fusil sur la poitrine de ce soldat, je m'écriai : Rends-moi mon ami, ou tu es mort/ Pendant ce temps-là , mes compagnons , tenant leurs fusils en joue contre les autres gendarmes, leur criaient : Sivousfai^ le moindre mouvement pour mettre la main à vos armes^ nous tirons. Nos cris, grossis à dessein et multipliés par les échos, semblaient provenir d'un bataillon tout entier caché dans la forêt. Les gendarmes^ croyant avoir à faire à une force armée imposante dont nous n^étions que l'avant^arde , lâchèrent

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la chaîne après un moment d'hésitation, et j'emportai Témigré dans notre camp, pendant que mes chasseurs, le fusil toujours prêt à la détente, intimaient aux gendarmes l'ordre de reprendre au plus vite leur chemin.

» Notre pauvre émigré était tellement anéanti qu'il ne se souvenait même plus ni de ma visite de la veille ni de mes promesses. Il n'avait pris aucune des précautions que je lui avais recommandées en le quittant. Quand il fallut se mettre en route, nous fûmes obligés d'emporter ce malheureux sur nos épaules. Au bout d'une heure de marche à travers les bois, nous nous débarbouillâmes, et ce fut seulement alors que notre émigré, en me reconnaissant, comprit ce qui venait de se passer et se jeta dans mes bras en pleurant Je le confiai à ma petite troupe, qui le conduisit chez moi à Goux, et afin d'établir mon alibi, en cas de besoin, je me rendis en toute hâte à Pontarlier. J'y trouvai la population tout occupée de l'évasion du prisonnier. Un de mes amis, m'apercevant dans la rue y me dit mystérieusement : Tu es ille vir. Je lui répondis par un signe d'indignation. J'étais curieux et inquiet de savoir comment cette afiaire finirait pour les pauvres gendarmes. Gomme on le présume bien, ils avaient été accueillis avec un torrent de colère et d'injures par leur officier, lorsqu'ils étaient rentrés les mains vides ; le brigadier était même menacé d'être fusillé, si son procès-verbal ne le disculpait pas entièrement. Je me rendis à l'auberge où les gendarmes avaient coutume de prendre leurs repas et dont les propriétaires étaient mes affidés. L'infortuné brigadier y était occupé en ce moment même à rédiger son procès-verbal ; mais il avait beau s'y prendre de mille manières et le tourner dans tous les sens, il ne pouvait parvenir à s'y donner un rôle excusable. Le désespoir le gagnant, il sanglotait à la pensée de ses enfants qu'il allait laisser sans ressources. Je m'approchai de lui peu à peu, en disant bien haut qu'il était facile aux chefs de faire les vaillants loin du danger; que j'aurais voulu les voir eux-mêmes à la place des braves gendarmes, se mesurer avec tout un bataillon d'émigrés accourus au secours de leur compagnon, dans un endroit connu pour être un véritable coupe-gorge, que l'autorité avait en

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très grand tort de ne pas faire garder à l'avance, et où la moindre résistance eût amené infailliblement le massacre de Y( corte entière et la perte des pins braves militaires, aucun profit pour la nation. Le brigadier fut touché d'entendre de si bonnes paroles, il y mêla les siennes et finit par accepter l'offre que je lui fis de rédiger moi-même ce difficile procès-verbal. Je ne manquai pas d'y représenter notre petite escouade comme une véritable armée, et j'eus soin de la composer principalement d'émigrés, afin qu'il ne vint à l'esprit de personne de tracasser nos bons paysans i ce sujet, a Avez-vous quelque chose à ajouter? dis-je au brigadier. — Oui, répondit-il^ il faut encore mentionner un -superbe chien épagneul portant telle robe et telle tache sur le dos, comme de riches émigrés peuvent seuls en posséder, n Je transcrivis fidèlement cette mention sous sa dictée, mais ce ne fut pas sans un serrement de cœur, car je venais d'écrire l'arrêt de mort de mon beau chien, si aimant et si fidèle. Je quittai le brigadier, déjà fort rassuré et plein de reconnaissance pour le campagnard officieux qui venait de le tirer d'embarras. J'appris, quelques jours après, avec beaucoup de plaisir, que tous les gendarmes avaient été entièrement absous. Dès que je fus rentré chez moi, je fis abattre mon chien ; la sécurité de mon village, de ma famille et de ma propre personne m'en faisait une dure nécessité. Pour plus de sûreté encore, je pris le parti de me rendre à Paris, muni d'un passe-port que je m'étais octroyé à moi-même, et que j'avais trouvé le moyen de décorer du cachet de la mairie d'Ouhans, en occasionnant une sorte de tumulte dans la salle municipale, un jour de foire. Je restai plusieurs mois à Pahs^ habillé le plus souvent en garde national. Ce déguisement ne m'empêcha pas d'être arrêté, un jour, comme suspect ; mais j'avais prévu le coup et pris mes précautions. Je demandai i être conduit à la section, dont j'avais étudié à l'avance toutes les issues, et je trouvai le moyen de m'évader, en trompant la vigilance de mes gardiens. Le calme étant rétabU dans nos montagnes, et mon équipée oubliée, je quittai Paris, non sans emporter plus d'une commission pour la Suisse, et je revins prendre soin de mon émigré, que je ne

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laissai partir de chez moi que lorsque tout danger eut disparu. »

Les six détenus qui composaient le reste du convoi arrêté par M. DesGOurvières, étaient en partie des prisonniers de guerre autrichiens. En arrivant à Ornans, ils furent interrogés et attestèrent uniformément que les assaillants étaient au moins dix ou douze, tous vêtus de mauvais habits, la figure couverte de taches noires et rouges, et armés, chacun, d'un fusil à deux coups.

Pendant que M. Descourvières travaillait à sauver cet émigré inconnu , on travaillait, d'un autre côté, à mettre à l'abri de toute poursuite l'émigré le plus notable de son propre canton, le président Marguier d'Âubonne, déjà rayé provisoirement de la liste^ par le département, mais à qui il manquait encore une dernière sentence libératrice qu'il était fort difficile d'obtenir du Directoire. Le S^S juillet, le ministre de la justice demanda copie des quatre arrêtés du département, des 6 et U avril, 4 6 août et 25 septembre i 793, qui avaient frappé d'arrestation M. d'Aubonne en qualité de suspect, et avaient forcé ce magistrat à se dérober par la fuite à une injuste détention.

Xlf. Delfils, commissaire du Directoire à Indevillers, rendant compte de l'esprit public dans ce canton, écrivait, le 14 juin, à Quirot : « Vous connaissez l'esprit de paix et de tranquillité qui a toujours dirigé ce canton; il est le même aujourd'hui. Les prêtres déportés sont entièrement de retour. Le nombre de leurs sectaires grossit tous les jours. « // » faut prendre le parti le plus sûr, dit-on. Tout le monde am- )) vient qu*on peut opérer son salut étemel avec eux^ et tout le }) monde ne convient pas qu'on puisse le faire avec les constitu- }) tionnels. » Voilà les lumières du dix-huitième siècle dans ce canton I Au reste, on n'entend point parler qu'ils prêchent la discorde ni la rébellion. On dit au contraire que quelquesuns prêchent la soumission aux autorités constituées... Il me parait que tout le monde s'attache à la constitution de l'an III... »

L'administration cantonale de Jougne, placée sur la frontière, était exposée, par sa situation même, à recevoir des

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mains des gendarmes plus d'un prêtre déporté, arrêté au moment où il rentrait en France. Elle les traita tous avec la plus grande boQté. Le 37 mai, on la voit interroger le prêtre Jolyot, arrêté avec Catherine Ferton, sa servante. Le 48 juillet, trois vieillards, MM. Cl.-Phil. Lambert, curé de Melcey, René Magné, curé delà Villeneuve, et F. Picard, prêtre de Beaune^ se présentèrent spontanément à Tadministration et exposèrent qu'ayant appris que leur département avait , par une mesure générale, mis en liberté tous les prêtres sexagénaires^ ils étaient rentrés en France avec la ferme persuasion que cette mesure leur était aussi applicable ; qu'au surplus, accablés d'infirmités. résultant de leur grand âge, ils étaient venus avec la confiance et la sécurité de gens qui attendaient de l'humanité des Français l'agrément de respirer l'air natal, devenu nécessaire à leur existence. L'administration, par l'organe de son président, M. Vincent, déclara qu'il appartenait à l'autorité départementale de prononcer sur leur sort; mais, qu'à raison de leurs infirmités, il convenait qu'ils fussent reçus à l'hêpital de Pontarlier pour s'y reposer de leurs fatigues, et de là être conduits à Besançon. La municipalité de Pontarlier accueillit les trois vieillards avec la même bienveillance. Par l'organe de MM. Maire, agent, et Regnaud, président, elle invita l'administration centrale à leur accorder l'autorisation de se rendre directement, et sans gardes, de Pontarlier dans leurs départements respectifs.

XIH. Le 7 mai, Costé, chef d'escadron, commandant supérieur de la gendarmerie du Doubs, écrivit à Quirot : <( Je vous fais passer trois procès-verbaux ; l'un de la brigade de gendarmerie de Levier, un autre des brigades de Pontarlier et de Jougne, et le troisième, du gendarme Goulot. Vous y verrez qu'ensuite des ordres du capitaine Thierry, les bri«gades de Pontarlier et de Jougne se sont rendues à Levier pour, conjointement avec les gendarmes de cette résidence, arrêter le nommé Melin, prêtre réfractaire, qui depuis longtemps officiait publiquement dans cette commune. Les ordres furent ponctuellement exécutés; l'individu fut arrêté et conduit sur-le-champ au fort de Joux. La célérité de cette opération fit échouer le projet des révoltés, qui, après avoir.sonné

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le tocsin, s'étaient rassemblés pour enlever ce prêtre. Mais, désespérés de n'avoir pu réussir dans leur projet, ils cherchèrent à assouvir leur rage en se portant au domicile des gendarmes, où ils brisèrent les croisées et enfoncèrent les portes y maltraitant les épouses des gendarmes et leur annonçant que bientôt elles seraient délivrées de leurs maris» Sur ces entrefaites , rentrèrent à Levier les gendarmes de cette résidence , qui venaient de protéger la translation du prêtre à Pontarlier. Us furent à l'instant assaillis de toute part par une multitude effrénée qui criait : // faut se défaire de ces gens-làf et faisait pleuvoir sur eux une nuée de pierres. Leur fureur se dirigea principalement contre le gendarme Goulot, qui , se voyant dans l'impossibilité de se défendre, étant menacé des plus grands dangers, chercha son salut dans la fuite. Il fut longtemps poursuivi , et ce ne fut que dans les bois qu'il trouva la sûreté. Vous dénoncer ces faits, c'est m'assurer que vous sévirez contre les coupables. » Quirot renvoya les trois procès-verbaux à Violand, commissaire du Directoire près le tribunal correctionnel de Pontais lier, pour qu'il provoquât des poursuites judiciaires. L'arrestation de M. Melin avait eu lieu le i""^ mai. Le capitaine Thierry ayant voulu le faire transférer à Besançon , l'administration de Pontarlier répondit que cette mesure était impossible, à raison du mauvais état de la santé du prisonnier.

Paturot, commissaire du Directoire à Liesle, écrivit, le 46 avril, au ministre de la police : « Depuis mon installation, j'ai fait respecter les lois, notamment celle du 7 vendémiaire, malgré que le canton renfermait au moins vingt prêtres réfractaires, qui, jusqu'au 23 germinal courant, n'ont pas osé rentrer dans les églises pour y célébrer publiquement. Mais depuis ils y sont rentrés. Je suis déconcerté des nombreuses sollicitations qui depuis longtemps me sont faites par le peuple de ce ressort, pour que je permette à ses prêtres de célébrer publiquement. Je leur ai répondu que je ne le pou* vais pas ; mais, pour le coup, ils ont franchi le pas, fondés sur ce que, dans les cantons voisins, on a toute liberté à cet égard. »

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Patarot finissait en demandant la marche à tenir. Dans une lettre analogue adressée à Quirot, il signalait M. Faivre du Bouvot , curé d'Osselle , comme officiant depuis plus de quatre mois à Abbans-Dessous, dans le canton de Byans, et y faisant les inhumations avec toute Fancienne pompe. Le ministre de la police s'empressa d'écrire à Quirot de prendre les mesures les plus promptes pour assurer la répression des délits dénoncés par le commissaire de LJesle, et de proTOquer, s'il y avait lieu, la suspension des agents municipaux.

XiV. Le canton de Maiche était l'un des plus agités par les dissensions religieuses. Le 14 mai, Cl. -P. Bouvier, agent municipal de Trévillers, dressa le procès-verbal suivant : tt Etant informé par la clameur publique qu'il se formait un rassemblement considérable , même de vingt-<;inq à trente individus, dans la maison de J.-Jos. Faivre, dit Gillon, je m'y suis transporté, environ les huit heures du matin, i l'effet de m'assurer de la réalité de ce rassemblement. Y étant arrivé, j'ai trouvé la femme de Faivre, à qui j'ai demandé si Traiment il y avait des personnes rassemblées chez elle, quel en était le nombre, que voulait dire cette réunion et quelle matière devait s'y traiter ; qu'en ma qualité d'agent municipal, il était de mon devoir de m'en assurer, de crainte qu'on n'apportât quelque trouble à l'ordre public. A quoi la femme de Faivre répondit que des personnes étaient rassemblées dans les chambres hautes pour y exercer leur culte; que sans doute elle était en tort , ainsi que ceux qui étaient rassemblés ; que je veuille bien pardonner, et qu'elle ne récidiverait pas; qu'on célébrait la messe en ce moment, et qu'elle m'in- Titait à ne pas entrer, pour ne pas causer du trouble. J'y acquiesçai, et ayant convoqué, le même jour, tous les citoyens à la maison commune, j'y donnai lecture de la loi du 7 vendémiaire an IV et de celle du 20 fructidor an m, sur le bannissement à perpétuité des prêtres déportés ou émigrés rentrés, en invitant tous les citoyens présents à s'y conformer; à quoi l'un des assistants, nommé F.-Jos. Buessard, m'a répondu que c'était là de vieilles cartes et qu'on s'en f..tait. Dans l'après-midi, j'ai été informé que le même rassemble-

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ment venait d'avoir lieu au domicile de Faivre, et qu'il existait sur la porte d'entrée une affiche portant cette inscription : Edifice pour célébrer k culte des catholiques non confor^ mistes^ et je suis allé m'en assurer par moi-même. »

Deux jours après, M. Faivre et vingt autres chefs de famille de Trévillers signifièrent à l'agent municipal et à son adjoint Tissot , par le ministère de l'huissier Gauthier, de Malcbe, que , dans l'intérêt de la paix , ils s'étaient abstenus de réclamer leur part de jouissance de l'église paroissiale, « où, au mépris des lois, des prêtres soi-disant constitutionnels convoquaient des assemblées au son des cloches ; » qu'ils avaient prévenu verbalement l'agent de leur intention d'exercer paisiblement leur ancien culte dans la maison de J.-Jos. Faivre, et qu'ils avaient même posé sur la porte une inscription qui avait été enlevée pendant la nuit ; que pour éviter les tracasseries auxquelles ils avaient été en butte Tavant-veille, et sans préjudîcier, pour l'avenir, à leurs droits sur Téglise, ils venaient renouveler leur déclaration dans la forme la plus authentique (i).

Ces deux actes ayant été transmis à Richard, commissaire du Directoire à Maiche, ce fonctionnaire en fut assez embarrassé. Il écrivit à Quirot : « J'ai envoyé toutes les pièces au commissaire près le tribunal correctionnel de Saint-Hippolyte, à l'efiet de faire réprimer les abus qui se commettent, s'il y a lieu. Je suis pareillement instruit que dans plusieurs endroits de ce canton il se fait des rassemblements, tant dans les églises que dans les maisons particulières, et que les prêtres déportés et émigrés y fonctionnent et prêchent publiquement. » Quirot répondit que lorsque les citoyens avaient rempli les formalités légales pour l'exercice d'un culte quelconque, le rôle de l'autorité se bornait à en surveiller l'accomplissement, mais qu'il fallait poursuivre les prêtres déportés ou insoumis qui fonctionnaient indûment.

(i) Cette déclaration était signée par MM. F.-M. Guyot, P.-F. Buea- •ard, F.-l. Guyot, J. Party, F.-C. Faivre, F.-i. Baesaard, J.-i. AmoiUL, P.-F. Garessus» J.-Joa. Faivre, J. Maillot, Marcellio Buessard, J.-J. MaUlot, P.-Jof. Maillot, Marceliin Faivre, etc.

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