‹ Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Départment du Doubs, de 1789 à 1801, d'après les documents originaux inéditsChapitre 7 sur 54 · VIII · texte numérisé non relu

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soumis aux lois, pleins de respect pour les autorités et vraiment républicains. Le climat seul doit faire germer dans leurs^ cœurs Tamour de la liberté, et il me parait impossible qu'ils^ puissent jamais conspirer contre elle. L'attachement qu'ils ont à la religion de leurs pères peut bien donner la facilitée ceux qui leur en parlent le langage, de les égarer quelques instants ; mais au premier mot, ils rentreront dans le devoir^ et l'homme qui viendra les y rappeler au nom de la loi, sera toujours sûr d'être écouté. Cependant il ne faudrait pas compter longtemps sur cette soumission aveugle ; ils sont impatients d'avoir un culte, et je crois qu'il est de la bonne politique de leur passer quelque chose à cet égard; autrement on s'exposerait à perdre leur confiance et à les révolter en<» tièrement. Alors il y aurait du danger pour la chose publique; et leur énergie^ la nature du pays, qui ne présente que des montagnes afireuses et des forêts impénétrables, feraient échouer toutes les entreprises que l'on pourrait former pour les réduire, surtout s'ils avaient des chefs ; ce qui ne manquerait pas d'arriver, car les prêtres, les émigrés et tous les artisans de la royauté ont les yeux ouverts sur cette partie intéressante du département, et ils saisiraient avec avidité le premier signal de mécontentement pour les soulever sans retour. Je finis en vous observant que les troupes que j'ai laissées en cantonnement dans ces différentes communes ne doivent pas y séjourner longtemps, parce que les habitants connaissent parfaitement le moyen de les plier à toutes leurs volontés. ))

Le département arrêta « qu'une copie de ce rapport sérail envoyée au ministre de l'intérieur, et qu'une adresse serait faite aux citoyens des campagnes du ressort, pour les éclairer et leur faire sentir les dangers de se livrer aux suggestions des prêtres rebelles. » En effet, le lendemain, le département publia la proclamation suivante :

« Citoyens,

» Le département vient de déployer une force imposante pour arrêter les désordres toujours renaissants des prêtres, ennemis déclarés du gouvernement. Si, d'après les principes ^adoptés par la Convention, il a cru, pendant un temps, devoir

temporiser avec cette classe d'hommes, c'est qu'il savait lieu de se persuader qu'ils rentreraieaten eux-mêmes et que, se don-» nant pour les ministres d'un Dieu de paix, ils se montre-» raient les organes de la tranquillité publique et de la soumis^ sion profonde que tout membre d'une société doit aux lois qu'elle a consacrées. Mais, au lieu de tendre à un but aussi raisonnable, ils se sont montrés les perturbateurs de l'ordre, les apôtres de la désobéissance, les fauteurs des insurrections, les détracteurs de toutes les mesures qu'ont nécessitées jusqu'ici les besoins irrésistibles de l'Etat. Ils se sont étudiés à remplir vos âmes simples des scrupules les plus absurdes; ils vous ont fait envisager comme un crime d'avoir des enfants à la défense de la patrie^ d'acheter des biens nationaux, de sou* tenir le crédit des assignats, de recevoir môme le numéraire au coin de la république, quelque bons qu'en soient le titre et la valeur. Qu'ont-ils prétendu parla? Citoyens, écoutez et ne vous y trompez pas : ils ont voulu favoriser l'entrée de l'ennemi sur votre territoire, livrer à sa fureur et à sa bruta* lité vos femmes, vos filles, vos demeures, vos possessions quelconques, et vous ramener à la servitude, à ce régime féodal sous les droits odieux duquel vous avez gémi si longtemps, ils ont fanatisé vos familles au point de soustraire vos enfants à votre surveillance, d enrôler vos filles pour l'étranger, et de vous précipiter, malgré vous, dans les maux incalculables attachés à la qualité de pères et mères d'émigrés. Ils vous ont menacés des tourments éternels, non par amour pour vous, non pour vous rendre plus moraux et meilleurs citoyens, mais pour vous attacher à leur char et pour rafiermir le despotisme dont ils furent toujours avides. Ils ont abusé de la douceur de l'administration supérieure pour la calomnier. Ils vous ont fait croire qu'elle les protégeait. Détrompez-vous, citoyens, si le département a distingué les prêtres tranquilles et soumis aux lois, jamais il n'a ménagé ni les désorganisateurs ni les détracteurs du pouvoir établi ; il vous en a prévenus dans toutes les occasions, il sera toujours décidé à vous le prouver. Vous venez d'être témoins des mesures vigoureuses déployées pour réprimer les tentatives des cantons de Morteau et d'Orchamps. L'ad-

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ministration en prendra de plus fortes encore pour arrêter et punir tous ceux qui violeront les règles reçues. Le déplacement de la force armée ne se fait jamais sans occasionner de grands frais ; la majeure partie retombe toujours sur les communes qui les nécessitent. Citoyens, épargnez-vous le désagrément de les supporter, au département celui de vous y contraindre. Pour cela, arrêtez sans exception tous ces prêtres déportés ou émigrés qui vous sollicitent à l'insubordination; l'intérêt public l'exige, et le département est résolu de les faire saisir partout où ils se trouveront, et de les punir selon toute la rigueur des lois. »

Un pareil langage dut certainement surprendre les catholiques, de la part d'une administration à l'élection de laquelle ils avaient contribué plus que personne. Toutefois ils durent comprendre que ce langage était plutôt dans les nécessités de la situation que dans le cœur même des administrateurs, et que si ces derniers étaient réellement et justement impatientés par les imprudences et les démarches regrettables d'un certain nombre de prêtres, ils ne consentiraient jamais à tremper leurs mains dans le sang, en dépit de toutes les lois.

Pendant son séjour à Morteau, Mourgeon s'occupa de régler plusieurs difficultés entre les deux partis. Le département lui avait écrit de poursuivre, s'il le jugeait à propos, les personnes dénoncées par le lieutenant Prélot comme ayant dirigé le mouvement du 27 décembre; il l'avait engagé, toutefois, à tenir compte du danger qu'il pourrait y avoir à commencer une procédure qui deviendrait peut-être trop générale. Mourgeon paradt s'être laissé guider par cette dernière considération.

Les patriotes des Gras s'étaient plaints amèrement à Quirot, commissaire des guerres, que l'administration cantonale les avait désarmés; ils prétendaient qu'on voulait renouveler contre eux ces fameux assassinats du Midi qui défrayaient si avantageusement, en ce moment, la polémique jacobine, et qui n'étaient peut-être guère plus réels que les assassinats du Doubs. Quirot transmit cette plainte à Mourgeon, qui la renvoya à l'administration cantonale. Celle-ci répondit que

LES PRÊTBES AD GOMMENCBUBNT DU DIRECTOIBE. iOi

la malveillance seule avait pu lui prêter Tintention ridicule d'enlever à la garde nationale des Gras les armes de TEtat laissées à sa disposition ; qu'elle s'était bornée à tirer quelques fusils d'une maison particulière où ils étaient mal soignés et s'étaient détériorés, et qu'elle les avait déposés dans la maison commune, où, après avoir été remis en état, ils resteraient à la disposition de tous les bons citoyens.

Mais les jacobins de Morteau voulaient absolument que quelqu'un payât leur défaite électorale si humiliante, et ce fut le juge de paix Gupillard qui fut choisi pour victime. Mourgeon . n'ayant pas paru prendre assez au sérieux les accusations dirigées contre ce magistrat, Boiston adressa au ministre delà justice, sous le nom des républicains du canton^ un réquisitoire foudroyant, où le pauvre Gupillard était représenté comme un conspirateur et un complice du prince de Condé. Le début de cette pièce donnera une juste idée de son extravagance : « Après avoir été trop longtemps en proie aux fureurs homicides et sanguinaires des émigrés et des prêtres déportés, tolérés et même soutenus par les autorités constituées; après avoir été victimes de la scélératesse de ces monstres et de la vengeance de leurs sicaires, notamment lorsqu'ils s'insurgèrent dans les premiers jours de nivôse, les républicains s'étonnent à juste titre de voir les intérêts de la patrie encore entre les mains des hommes qui n'ont usé de leur pouvoir que pour opprimer les citoyens.... Mais parmi ces prévaricateurs, il en est un surtout dont la conduite a jeté l'alarme dans les âmes républicaines, excité l'indignation de tout ce qu'il y a d'hommes probres^ amis de l'ordre et des lois; cet homme est le juge de paix du canton. » Suivait une longue liste des crimes de Cupillard. Avocat et juge seigneurial avant la Révolution, il avait été nommé juge de paix par l'intrigue en 1791 et avait exercé ses fonctions avec morgue; son incivisme l'avait fait révoquer par les représentants du peuple en 1793; aux dernières assemblées primaires, il avait fait voter la constitution avec des restrictions contre-révolutionnaires, en rejetant la réélection forcée des membres de la Convention et en demandant la rentrée des prêtres réfractaires ; il avait été réélu par le con-

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cours des fanatiques ; au milieu même de la rébellion de Morteau, il avait censuré la conduite civique, et même héroïque^ du commandant de la gendarmerie et du commissaire du Directoire , pour les intimider ; il n'avait pris aucune mesure au sujet des attentats commis à la Motte, par un attroupement qui cherchait à mettre à mort les citoyens Grivet et Tatu ; il avait gardé un silence coupable sur les prêtres émigrés qui fonctionnaient publiquement dans son ressort et sur les complices de leiu*s rassemblements nocturnes ; il n'avait exercé aucune poursuite contre les auteurs des assemblées séditieuses tenues à Morteau les 6, 7, 8, 9 et 10 nivôse, pour installer un ministre du culte rebelle aux lois; enfin, il avait, par insouciance ou complicité, relâché cinq coupables arrêtés à la Motte, après une lutte avec la gendarmerie^ et dont deux étaient des émigrés et des malfaiteurs dangereux. Cette pièce, écrite par Boiston luimême, qui s'y était décerné modestement un brevet d'héroïsme, était suivie de cinquante-six signatures.

Le gouvernement n'accepta pas seulement, les yeux fermés, toutes les allégations de son étrange commissaire à Morteau; il fit encore assaut d'imagination avec lui dans l'arrêté suivant, du 27 février : « Le Directoire, après avoir entendu le rapport qui lui a été fait sur les troubles qui ont éclaté dans le canton de Morteau, dans les premiers jours de nivôse dernier, notamment les 5 et M, considérant que ces mouvements séditieux coïncident avec les plans de conspiratioa découverts dans les papiers du nommé Bésignan (arrêté dans l'Ain) et dans ceux d'un émigré du Doubs, dont l'objet est d'exciter, par le moyen du fanatisme, une révolte générale dans plusieurs départements de l'Est, notamment dans celui du Doubs, de livrer les places fortes et la citadelle de Besançon aux émigrés, aux puissances coalisées, et de favoriser l'invasion du territoire de la république; considérant que les nommés Fr.-Jos. Faivre, Cl.-Noël Faivre, Ch.-Jos. Gaulard, F.-X. Cassard et Boillon, sont prévenus d'émigration, d'assassinats et d'être du nombre des agents de cette conspiration ; qu'au moment où ils furent arrêtés, le 5 nivôse dernier, ils étaient masqués, armés dQ fusils et de pistolets, et

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qu'ils ont fait feu sur les citoyens et sur la gendarmerie nationale; considérant que Cupillard, juge de paix du canton de Morteau, qui refusa d'entendre les témoins produits «outre ces cinq individus, de procéder contre eux conformément à la loi, et qui favorisa leur évasion en les mettant surle-champ en liberté, est prévenu de complicité avec eux; que la conduite qu'il a tenue le li nivôse et les jours suivants, et dans d'autres circonstances, en protégeant ouvertement des révoltés, et en poursuivant les républicains, aggrave encore la prévention qui s'élève contre lui; arrête que les Faivre, Gaulard, Cassard et Boillon seront traduits devant le jury d'accusation; Cupillard, accusé de complicité avec les auteurs et agents delà conspiration, sera également arrêté et traduit devant l'accusateur public près le tribunal eriminel. Les scellés seront apposés sur ses papiers, et ceux qui se trouveraient suspects seront joints à la procédure. Le ministre de la justice est chargé de faire exécuter le présent arrêté. — Letourneur, président du Directoire, Génissieu, ministre de la justice. »

Génissieu écrivit, le 42 mars^ à Nodier, d'activer les poursuites, « attendu qu'il était d'une importance toute particulière, dans le département du Doubs, de sévir contre les fonctionnaires prévaricateurs qui protégeaient ouvertement les conspirateurs, les émigrés, les prêtres réfractaires et les ennemis déclarés de la république. » Quatre jours après^ les ^gendarmes se présentèrent au domicile de M. Cupillard, porteurs d'un mandat d'amener lancé par M. Guillemet, accusateur public. Sa mère déclara qu'il était parti, la veille, pour Besançon. Le brigadier Bauquin fit la visite de tous les papiers du magistrat, et, n'y ayant rien trouvé de suspect, il les mit sous les scellés. Ce procès traîna en longueur. Le lieutenant Prélot, chargé d'abord de faire les informations, finit par se récuser^ comme ayant été lui-même un des dénonciateurs. M. Morand, juge de paix à Montbenolt, préposé ensuite à cette enquête, y procéda seulement le 4" août, et ses conclusions furent complètement favorables à l'inculpé. Il écrivait à Guillemet, en lui envoyant son rapport et en constatant la falsification d'un registre : a Je suis furieuse-

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ment à l'œil des jacobins des deux cantons, qui ne me pardonnent pas de les avoir corrigés quelquefois. » Le temps avait déjà fait pleine justice de la prétendue participation de M. Cupillard à une conspiration qui n'avait guère plus de réalité. Le temps avait également réduit à sa juste valeur la dénonciation adressée contre le magistrat au ministre, et dix des signataires s'étaient déjà rétractés, en protestant qu'ils avaient été trompés. Il fut prouvé, en outre, que le lieutenant Prélot avait manqué à toutes les règles de la police ju* diciaire, dans l'arrestation de Boillon et de ses complices ; que cette arrestation était positivement nulle et illégale, et que personne, à cette époque, ne connaissait le nom ni la situation réelle de Boillon et de Gassard. M. Cupillard, interrogé le 49 août, par l'accusateur public, notamment sur les démarches qu'il avait faites pour procurer Texécution des lois contre les prêtres et les rassemblements fanatiques» répondit que l'exécution de ces lois regardait spécialement les corps administratifs ; qu'on ne lui avait jamais fait une seule dénonciation contre les prêtres et qu'il n'avait, du reste, aucun intérêt à les soutenir, n'ayant jamais été dévot et n'ayant parmi eux ni parents ni amis ; quant aux rassemblements fanatiques deMorteau, il avait commencé spontanément une enquête à leur sujet, et avait entendu plus de trente témoins, la plupart patriotes très prononcés.

L'accusateur public déclara M. Cupillard pleinement justifié, le renvoya en liberté et déclara que les scellés seraient levés sur ses papiers.

L'été de 1796 vit également terminer deux autres procès auxquels les événements de la Motte avaient donné naissance. Le t8 avril, huit mandats d'arrêt furent lancés contre J.* Ant. Duquet, Jeanne-Marîe Faivre, Jeanne-Pierrette Faivre, sa sœur, Cl. -Noël Faivre, F.-Jos. Faivre, Ch.-Jos. Gaulard, F.-Jos. Balanche et F. Balanche^ tous cultivateurs aux Com^ bes. Mais les six premiers s'y dérobèrent en se tenant cachés ou en prenant la fuite, et les deux Balanche furent seuls écroués dans la maison d'arrêt de Pontarlier. Le 4 juin, J.-P. Bévalet, directeur du jury d'accusation, dans son exposé des griefs reprochés à tous les prévenus, reproduisit de confiance

les rapports de Boiston, qui n'étaient eux-mêmes qu'une aveugle reproduction des dires de Ch.-L.-X. Jacquemet, jacobin de la Motte, signalé par M. Gupillard comme un brouil* Ion et un dénonciateur de profession. L'office que l'abbé Balanche avait célébré le 29 décembre à la Motte y était transformé en messe d'actions de grâces pour la mise en liberté de Boillon et de ses compagnons. Les femmes qui avaient envahi la maison de Tatu et la chambre de Grivet, à l'issue de cette messe, y allaient^ disait-on, pour égorger ces deux patriotes, et F. Balanche, l'un des accusés, tenait le sabre qui devait trancher le fil de leurs jours. Ces furieuses, ajoutait-on, avaient fouillé toute la maison, renversé les lits, et cherché jusque dans les tas de foin les citoyens Grivet et Tatu, qui n'avaient pu se soustraire à leurs coups qu'à l'aide des citoyens P.-F. Bruchonet Cl.-Jos. Myotte-Duquet, accoums à leur secours; et, pendant ce temps-là, le prêtre Balanche, émigré, revêtu d'une soutane, contemplait, à peu de distance, l'ouvrage de ses prosélytes. Duquet, les frères et sœurs Faivre, étaient les chefs et les instigateurs de cette émeute, et les sœurs Faivre en particulier avaient chargé d'invectives le citoyen Tatu, en lui disant qu'il fallait que sa tète tombât. Le même jour, vers trois heures après midi, un nouveau rassemblement de femmes, encore dirigé par les sœurs Faivre, s'était porté vers la maison de Tatu ; et, trouvant toutes les issues fermées, ces femmes s'étaient hvrées à des vociférations et des hurlements épouvantables, ea criant Vive notre curé Thomas l Vive le roi/

MM. Balanche, interrogés, répondirent qu'ils n'avaient jamais rien eu de commun avec Boillon et Gassard, et ils protestèrent contre le rôle odieux qu'on leur attribuait dans les rassemblements du 29 décembre. Le jury d'accusation accueillit pleinement leur justification et ordonna leur mise en liberté, le 8 juin. Quant aux autres prévenus, tous fugi" tifs, ils furent jugés par contumace, le ii septembre. Le tribunal criminel, présidé par Nycollin, condamna Gaulard à vingt-quatre années de fers, comme coupable du vol d'un fusil et de plusieurs autres efiets, commis pendant la nuit^ avec armes et par plusieurs personnes. Tous les autres accu-

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ses furent condamnés à la déportation, comme coupables de provocation à des actes de violence envers les personnes. Maïs ce dénouement ne devait pas être définitif. Après le coup d'Etat terroriste du 18 fructidor, Dormoy, substitut du commissaire du Directoire près les tribunaux, manda à Courpasson, commissaire àMorteau, de saisir les contumaces, qui précédemment n'avaient pas craint de laisser percer le secret de leur présence aux Combes. Courpasson répondit i Dormoy, le 9 juin 1798 : « Je n'ai pu réussir qu'à arrêter Gaulard et Duquet, qui partiront demain pour la maison d'arrêt. Les frères Faivre exercent la profession de charrons, roulant habituellement les granges isolées et de préférence chez les fanatiques. Pour assurer le succès de l'expédition, j'ai requis le commandant de la garde nationale de fournir dix gardes nationaux républicains, prudents et énergiques. Toutes les maisons à fouiller furent cernées avant le jour. Gaulard est un fou si fanatique, que lorsque les gendarmes le sortirent de chez lui, il leur dit et aux assistants: Je m* en vais pour Jésus-Christ. J'ai ouï dire que les fanatiques des Combes faisaient tous leurs efibrts pour les justifier. » Duquet et Gaulard ayant été conduits à la maison de justice de Besançon, tous les autres co-accusés vinrent se constituer volontairement prisonniers. Par un jugement contradictoire, prononcé le 7 août 1798, Duquet, Gaulard, Cl.-Noël Faivre et F.-Jos. Faivre furent complètement acquittés. Mais Jeanne-Marie Faivre et sa sœur Jeanne-Pierrette, déclarées convaincues de provocation à des actes de violence contre Grivet et Tatu, furent condamnées à la peine de deux années de réclusion dans une maison de force, et à six heures d'exposition sur un échafaud.

Boillon et Cassard avaient déjà depuis longtemps réglé leurs comptes avec la justice. Saisis tous les deux, ils comparurent le 25 juillet 1796 devant le tribunal criminel. Indépendamment du crime d'émigration dont ils étaient prévenus tous les deux, Boiilon était accusé d'avoir porté la désolation et la mort dans les cantoûs qu'il avait parcourus; d'avoir attenté à la vie du citoyen Mottet, cultivateur à Mont-de-Laval ; d'avoir protégé à force ouverte la rentrée

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des prêtres émigrés, et enfin d'avoir figuré à la tète de plu* sieurs brigands qui avaient conspiré contre la sûreté publique et individuelle. Cassard, émigré une première fois, puis rentré en France avec les cultivateurs rappelés par la loi, avait émigré de nouveau, puis était revenu s'associer à Boillon et à sa bande. Pour simplifier la procédure, les deux accusés furent condamnés comme émigrés. Boillon n'avait que vingt-trois ans, et Gassard, vingt-deux. Ils furent mis à mort, le jour même de leur jugement, à trois heures après midi, sur la place des casernes de Saint-Paul.

L'expédition de Mourgeon et de sa petite armée dans le canton de Morteau fut signalée par une capture qui^ à une autre époque, aurait eu infailliblement pour dénouement la guillotine. Parmi les hameaux dont se composait la pieuse commune des Combes, celui de la Motte possédait une église , desservie constitutionuellement , comme on l'a vu plus haut, par le jeune prêtre Grivet. Les catholiques y faisaient aussi leurs offices, en laissant l'heure la plus commode à l'intrus et à son faible troupeau. Le 6 décembre, Cl.-F.- Emmanuel Girard, adjoint des Combes, arriva à la Motte à neuf heures du matin. « Je fus témoin, dit-il, que l'heure de l'office du citoyen Grivet et de ses adhérents étant arrivée, ils ont été retardés et conséquemment troublés dans leurs opérations, l'égUse étant jonchée de monde, tant de la commune que des environs, et n'ayant été évacuée qu'après neuf heures un quart, par les prêtres réfractaires, peutêtre déportés ou émigrés, qui y exerçaient des fonctions publiques, sans avoir fait aucune déclaration. M'étant en conséquence décoré de mon écharpe, à l'issue de leur office, je suis entré dans l'église, j'ai monté en chaire et leur ai remontré leur désobéissance à la loi, le mépris qu'ils en faisaient, le danger auquel ils s'exposaient, les peines qu'ils encouraient, leur enjoignant de ne pas récidiver, leur annonçant d'ailleurs que l'édifice dans lequel ils venaient de fonctionner ne leur appartenait plus, mais bien à ceux qui l'avaient choisi suivant la loi et auxquels la république l'avait confié I Je leur annonçai que j'allais dresser procès-verbal et que peut-être je serais obligé d'appeler la force armée. Eu

sortant, le inonde m'a dit tout uniment, cependant sans feu et d'une manière assez poiie, que j'avais beau faire, beau dire, beau m'y opposer et beau verbaliser, qu'ils iraient à Téglise, qu'ils y exerceraient leur culte, et n'occasionneraient aucun trouble, faisant seulement et d'une manière paisible, leurs cérémonies; qu'ils étaient le plus grand nombre, formant plus des trois quarts des habitants de la commune; qu'eux-mêmes avaient construit l'église et qu'il leur semblait que c'était à tort qu'on voulait leur en interdire l'entrée, pendant qu'elle était accordée à une poignée de monde. Je leur répondis que quand cela serait vrai, et qu'ils seraient même autorisés à s'y rassembler, ils ne pouvaient y introduire aucun ministre sans qu'il ait fait sa déclaration suivant la loi. Plusieurs citoyens m'ont observé que les deux prêtres qui venaient de fonctionner étaient J.- F. Balanche et P. -Philippe Faivre, et qu'ils désiraient qu'il en fût fait mention. »

Ces ecclésiastiques étaient tous deux originaires de la Motte et réfugiés an sein de leurs familles. M. Balanche, ayant perdu son père et sa mère de très bonne heure, avait été élevé dans l'établissement des Orphelins h Dole. Au moment delaconsti* tution civile du clergé, il était âgé de dix-neuf ans et suivait les cours de théologie que professait avec éclat, au collège de Dole, l'abbé Moyse, esprit puissant, mais infatué de lui-même, qui épousa toutes les nouveautés ultra-gallicanes et en fut récompensé par l'évèché du Jura. Le jeune Balanche ayant au contraire manifesté un attachement inébranlable à l'orthodoxie, fut arrêté et conduit en prison, sans aucune forme de procès. Relâché peu de temps après, il rentra à la Motte auprès de ses deux sœurs, pour cultiver lui-même l'héritage paternel. Mais une vocation religieuse plus forte que les circonstances lui lit bientôt passer les frontières, et dans les derniers mois de 1793 il arriva à Fribourg pour terminer ses études, avec quelques autres jeunes clercs bisontins, sous la conduite de M. Babey et de ses collègues. A l'ordination du 5 avril i7d4, il reçut les ordres mineurs et entra en qualité de précepteur dans la famille de Maillardoz, si connue par son dévouement religieux. Ordonné sous-diacre le 28 février

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J795, il reçut le sacerdoce le 12 juillet suivant, et n'ayant plus rien à demander à la Suisse, il rentra, peu de jours après, dans son pays natal, pour s'y consacrer au salut des Aines.

Le premier soin de Mourgeon, en arrivant à Morteau , fut d'envoyer un détachement de volontaires à la Motte, à raison des scènes orageuses qui venaient d'y avoir lieu. Sans se laisser intimider par la présence des soldats, M. Balanche sonnait sa messe à l'église le 3 janvier, lorsque Rabiez, chef du détachement, accourut avec sa troupe, s'empara du jeune prêtre et le conduisit à Morteau, par-devant le commissaire du département. Mourgeon procéda à l'interrogatoire du prisonnier, qui ne déguisa rien de sa périlleuse situation. On saisit sur lui une exhortatioumanuscrite, deux chapelets, un amict, etc. Il fut retenu dans les fers en qualité d'émigré rentré, et, comme on l'a vu, Mourgeon, pour effrayer davantage les populations catholiques, décida qu'il serait conduit enchaîné, à la suite de sa petite armée, dans ses diverses pérégrinations. « Emmené le lendemain au fort de Joux, dit M. Narbey, il n'y passa qu'une nuit et fut dirigé vers Besançon, lié à un canon. Il passa la nuit dans l'ancienne curedeNods, enchdné à un gendarme, qui avait la chaîne autour du corps, pour ne pas lui donner la tentation de s'évader. On l'enferma dans la maison d'arrêt deChamars, aujourd'hui remplacée par l'arsenal. Il eut pour compagnons de captivité un prêtre avancé en âge (M. Pidancet, curé de Recologne), et un capucin déjà échappé deux fois aux mains des persécuteurs (M. Jeanney, de Gondenans, connu sous le nom de P. Joseph). »

Le 9 janvier, le département décida que toutes les pièces relatives au prévenu Balanche seraient transmises à l'accusateur public près le tribunal criminel, chargé de le poursuivre. Comme c'était en qualité d'émigré rentré que le jeune prêtre était mis en jugement, et qu'il ne figurait sur aucune des listes publiées jusqu'à ce jour, le tribunal renvoya l'affaire au département, qui, d'après la loi, devait décider la question d'émigration. Le 27 janvier, M. Kilg faisait le rapport sur cette affaire, au sein de l'administration départe-

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mentale, et, sans doute, il n'avait négligé aucun moyen de sauver Faccasé, lorsqu'un événement de la plus haute gravité vint changer, i Timproviste, l'état des choses et livrer le sort de l'abbé Balancbe aux plus mortels ennemis de la religion» Cependant, comme te jeune ecclésiastique n'était encore inscrit sur aucune liste d'émigrés, les nouveaux administrateurs lui accordèrent forcément le délai légal de deux mois pour prouver sa résidence constante en France. M. Balancbe, en accusant réception de cet arrêté, le H février, fit observer qu'étant au secret depuis son arrestation, il était indispensable qu'on lui permit de communiquer avec quelqu'un à qui il pût donner procuration pour réunir les certificats nécessaires. Le célèbre Gurasson, jeune avocat non moins religieux que distingué, et qui avait connu lui-même les souffrances de la proscription, se chargea, dit-on, de sa défense; mais, désespérant d'adoucir les nouveaux administrateurs et d'éviter une déclaration qui devait entraîner la peine capitale, il engagea les prisonniers à chercher leur salut dans la fuite. De pieuses femmes, également touchées du sort des deux prêtres, se mirent en devoir de leur procurer des moyens d'évasion, u Elles envoyèrent dans leur cachot, dit M. Narbey, une somme de trois mille francs, qu'ils promirent à la concierge de la prison (M*"" Martin), si elle consentait à leur ouvrir la porte pendant la nuit. Celle-ci eût agréé de bon cœur la proposition et se fût échappée avec eux pour se soustraire à la vengeance de la Révolution ; mais la lune était dans son plein ; il eût été facile de les découvrir, et il y allait de sa tête. Elle n'osa pas courir un si grand danger. Un expédient plus hardi fut imaginé. Le cachot des trois prêtres communiquait à une chambre qui n'était pas occupée; à l'aide des clefs qu'on leur procura ils y entrèrent, se mirent à percer la voûte, en recevant sur des matelas les pierres qui tombaient, afin de ne pas éveiller l'attention des gardes et des voisins. Les instruments nécessaires leur étaient appor* tés du dehors. Deux jours et trois nuits furent consacrés à ce travail. Quand il fut achevé, l'abbé Balancbe et l'intrépide capucin embrassèrent le vieux prêtre, qui refusait de s'engager dans une telle entreprise et qui leur dit en les quit-»

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tant : « Je crains fort de vous revoir demain avec les menottes aux mains et les fers aux pieds. » Cette scène se pas-» sait le 22 février^ à huit heures du soir.

Pendant que les amis des deux prêtres, au moyen d'une diversion ingénieuse, retenaient toute Tattention des gardiens et des soldats du côté de la rue, les fugitifs, montés jusque sur le toit de la maison, en descendaient du côté opposé, au moyen d'une corde, passaient auprès des jardins du sémi* naire et arrivaient à la rue Saint- Vincent, où ils étaient dX^ tendus par deux dames charitables. <( Aussitôt, dit M. Nar« bey, elles les conduisirent dans la rue de la Vieille-Monnaie, chez un honnête vieillard, qui, tout effrayé d'entendre leur histoire, se hâta de leur donner un pain avec une bouteille de vin et de les congédier. Ils furent forcés de s'arrêter dans une maison de la rue du Clos, où bon nombre de dames étaient réunies. Toutes se disputaient l'honneur de les fournir de provisions de route ; ils se dérobèrent à grand'peine à leurs instances, rendirent les trois mille francs qui leur étaient parvenus dans leur prison, et se dirigèrent, par la porte de Bregille, vers les bords du Doubs. La sentinelle, ga« gnée, ne les arrêta pas; leur guide s'en retourna, et ils franchirent la rivière sur une barque, dans la direction du Champ-Brûlé. Après avoir traversé les vignes, les broussailles, ils s'assirent dans la forêt de Cbailluz , vis-à-vis du Grand- Vaire, où ils commencèrent à respirer et à mesurer toute l'étendue des dangers qu'ils venaient de courir. De là le père capucin s'achemina vers Vesoul, tandis que l'abbé Balanche gagna les hautes montagnes. Dans une nuit il arriva jusqu'à une ferme du Bélieu, connue des prêtres fugi* tifs. ))

Le lendemain matin. Bourgeon annonça à l'administration municipale de Besançon que les deux prêtres s'étaient évadés en faisant une trouée dans le plafond de leur chambre et dans le toit de la prison, et il réclama de promptes mesures, tant pour la sûreté des prisons que pour la recherche des fugitifs. L'administration, qui croyait ces deux derniers restés cachés dans la ville, décida, le lendemain, que le commissaire de police Ecureux, assisté des autres agents et de

Jf3 CHAPITRE LXXIII.

la force armée, ferait des perquisitions dans toutes les mai* sons qui lui seraient désignées par le commissaire du Directoire. En même temps Quirot fit tirer à deux cent cinquante exemplaires le signalement des fugitifs et l'envoya dans tous les cantons du département.

a M. Balanche ne se reposa qu'un jour au Bélieu, continue M. Narbey. Un vieux prêtre, qui ne craignait pas de risquer sa vie pour aller au secours des malades et des mourants, lui conseilla de réserver sa jeunesse pour d'autres périls et de regagner la Suisse, car la recrudescence révolutionnaire et la nouvelle de sa délivrance ne manqueraient pas de lancer les patriotes à sa poursuite et de compromettre les habitués de la maison avec la famille entière. Cédant à ces considérations, il tourna de nouveau les yeux vers Fribourg, passa le Doubs à pied sec au-dessus des rochers du Saut, et alla retrouver ses anciens maîtres et ses amis, qui, fort étonnés de le voir et d'entendre son histoire^ avouèrent qu'ils le croyaient mort. Mais son repos lui pesait; au souvenir de tous les maux de la France, il brûlait d'y retourner. Les directeurs du séminaire de Besançon lui assignèrent, pour théâtre de son zèle, la partie du diocèse qui s'étendait dans la Bourgogne, à cause de l'abandon plus grand où elle était restée. 11 revint secrètement à Morteau, visita sa famille à Gombe-la-Motte, et, muni d'une sorte de passe-port, il reprit en plein jour la route de Besançon. Gomme il sortait de cette ville par la porte Notre-Dame, une affiche attira son attention. C'était l'ordre d'arrêter l'abbé Balanche et le père capucin, qui s'étaient enfuis de la prison ; le signalement était donné fort au long. M. Balanche riait, dans sa vieillesse, en rappelant que la nation l'avait déclaré bel homme dans son ensemble. Le lieu choisi pour sa résidence fut la petite ville de Seurre. »

Le signalement de son compagnon de fuite, le P. Jeanney, avait été aussi envoyé partout, mais sans plus de succès. Cependant le commissaire Quirot fut informé, le 12 septembre 1796, que le fugitif s'était retiré dans les environs de Villersexel; il manda aussitôt au commissaire près le département de la Haute-Saône de le faire arrêter. Celui-ci ré-

LES PRiTBBS AU COMMEMCIMBNT DU DIEBCTOIEB. il3

pondit que Tasile ordinaire du P. Joseph était à Montby, près de Clerval, dans le département même du Doubs. Quirot ordonna aussitôt au commissaire de ce canton de Ty faire saisir. Le 22 novembre, perquisitions complètement inutiles à Montby. Le 2 janvier 1797, Quirot fut informé que l'introuvable conspirateur était retiré à Dole, chez l'avocat Gahuet. 11 écrivit sans retard au commissaire de Dole de le faire arrêter. Le 6 janvier, nouveau procès-verbal de perquisitions sans résultat.

La commune de la Grand'Gombe avait le rare privilège de posséder un prêtre orthodoxe qui n'était atteint par aucune des lois de proscription, mais qui, fidèle aux regrettables instructions des chefs du diocèse, avait refusé de faire acte de soumission aux lois de la république. Le 3 janvier, dès que Hourgeon eut envoyé des troupes à la Grand'Gombe, M. F.- X. Girard, adjoint municipal, prit l'arrêté suivant : « Gonsidérant que quelques individus ont dit mal à propos au département et répandu dans le public que nous permettions à un prêtre émigré ou déporté de dire la messe ; considérant que ce prêtre, le citoyen Billiard, n'a pas fait ni voulu faire sa soumission aux lois de la république ; mais que, d'un autre côté, il n'est ni émigré ni déporté et qu'il a justifié de sa résidence en France ; considérant que les troupes envoyées dans cette commune pourraient maltraiter, insulter ledit Billiard, nous arrêtons qu'il est défendu à tous individus, militaires ou autres, d'arrêter ce citoyen sous prétexte qu'il est prêtre. Il est défendu audit Billiard de faire aucune fonction publique de son ministère sans avoir fait sa soumission aux lois de la république. 11 est défendu à tout citoyen de s'introduire dans l'intérieur des maisons, aux termes de l'article 359 de la constitution. »

Le 2 février, Gontier, commandant miUtaire à Morteau, transmit cet arrêté à l'adjudant général Gudin, chef d'étatmajor de la 6^ division, en ajoutant: <( Je dois vous infor* mer qu'il existe à la Grand'Gombe un prêtre insermenté que les habitants favorisent au point qu'ils ont pris à son égard l'arrêté ci-joint, qui vous fera connaître à quel degré il a déjà fanatisé les esprits. Je ne dirai rien de leur consi*

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