CHAPITRE III
l'ESTIi DE I8U0-180I.
La seconde épidémie de peste a été vaguement signalée par Mac-Grégor dans ses Médical sketches. M. Colvill a été plus explicite, et d'après les dépêches de sir Harford Jones dXovi Résident à Bagdad, il établit les données épidémioiogiques suivantes : ce Le 18 avril 1800 la peste fai- « sait de grands ravages à Nisibin, Merdin, Gizira. On « disait déjà que le fléau avait atteint Mossoul. Après « avoir exercé les plus grands ravages dans cette ville, « elle cessa le 16 juillet. Le 16 mai 1802 on disait que la « peste était cà Bagdad ; mais les fortes chaleurs arrêtèrent « bientôt les progrès de la maladie qui ne se renouvela « pas en automne, malgré la crainte qu'en avaient les ha- . « bilants. » — Que se passa-t-il à Bagdad en 1800 et 1801? Cette ville rcsta-t-elle indemne de la peste pen^^ dant deux années et ne souffrit-elle que de l'épidéirlie légère et de courte durée du commencement de 1802?
1 * HISTOIRE DE I,A PESTIÎ BUBONIQUE
A ce sujet, il faut recourir au témoignage de Mac-Grégor : « Le docteur Short, qui a fait une étude parlicu- « lière de la peste, a souvent observé des hémorrhagies « dans l'épidémie qui se manifesta à Bagdad en 1800 et « 1801. » C'est donc, non-seulement en 1802, mais en 1800 (probablement à la fin de cette année) et en 1801 que la peste se montra dans la capitale de la Mésopotamie, après la grande épidémie de 1773. Dans tous les cas, comme l'a bien relevé le docteur Colvill, la maladie parut d'abord au nord de Bagdad ; elle existait au mois d'avril 1800 à Merdin, Nisibin et Gizira, à une époque où Bagdad était encore indemne, sans cela les dépêches de sirHarford Jonesen auraient signalé l'apparition. — lly a sans doute une lacune dans ces dépêches depuis la fin de 1800 jusqu'au commencement de 1802, ce qui s'explique probablement par l'absence du Résident. Or, Merdin ou Mardin est située à 70 kilomètres au Sud-Est de Diarbékir, Nisibin ou Nisibis à 50 kilomètres au Sud-Est de Merdin, Gizira ouGézireh ou Algézireh à 170 kilomètres au Sud-Est de Diarbékir, Mossoul atteint plus tard que ces trois villes., est situé plus au sud encore. Il y a donc eu là de nouveau progession du Nord au Sud, des montagnes vers la plaine. Cet itinéraire montre que la peste de 1800, 1801, 1802 vint à Bagdad du côté de Diarbékir, soit des régions \ montagneuses situées au Nord et au Nord-Ouest. Nisibin est à378 piètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer, Merdin à 615, Diarbékir à 582, Mossoul à 103 (1).
(I) On lit dans YEdinburg, M. et S. Journal, 1820, t. XYI, page IIG, que le docteur A. B. Granville, qui avait été en Orient, pense que la peste fut
Ce qu'il y a de particulier et de bien remarquable dans cette épidémie, c'est qu'elle ne paraît pas s'être étendue h Bassoia, et que, d'après les témoignages les plus positifs, elle n'envahit aucun des points du golfe Persique. A part cette différence, elle présente tous les traits caractéristiques de l'épidémie précédente sous le rapport du début en hiver, de la cessation en été et du mode de propagation du Nord au Sud.
transportée après la levée du siège de Saint-Jean d'Acre (mai 1*99) à Damas et à Bagdad par les troupes turques.