CHAPITRE V
PROVENANTE DE I.A PliSTE DE 1830-31.
Nous arrivons maintenant à la question importante du point de départ du fléau dont nous venons de parler. On n'a pas eu de difficulté pour établir la provenance des pestes de la Mésopotamie en 1773 et en 1800. On n'a eu qu'à citer le témoignage très-net des écrivains qui font venir ces deux fléaux des contrées situées au nord de la Mésopotamie. Pour l'épidémie do 1831 les documents sont plus nombreux. On va les citer m extenso^ et le lecteur verra qu'ils mettent hors de doute l'existence en 1829 et 1830 d'un courant épidémique qui porla le fléau du Nord an Sud, c'est-à-dire des montagnes de l'Arménie vers les plaines de la Mésopotamie.
Dansles années immédiatement antérieures à 1830, la peste se montra dans des contrées dont les communications avec la Mésopotamie sont assez fréquentes pour avoir pu facilement donner lieu à une propagation ou à une
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irradiation épidémique. M. Milroy (1) dit qu'entre les années 1824 et 1834 il n'y eut que des pestes sporadiqucs en petit nombre en Egypte. D'après Ségur-Dupeyron (2) la peste existait en Egypte en 1825. En 1826 elle était épidémique à Constantinople (3). Dans celte même année elle existait aussi en Syrie et en Caramanie. Elle s'y répéta en 1827, puisque Ségur-Dupeyron note qu'une provenance de Tarsous, près d'Adana, introduisit la peste à Larnaca dans l'île de Chypre. Enfin en 1829 la peste existait à Odessa et sur le littoral de la mer Noire (4).
Le Docteur Lawson (5) dit que Ja peste qui avait été fréquente en Egypte et en Syrie jusqu'en 1829, y continua en 1830. D'après un renseignement que je dois à l'obligeance de ce savant collègue, « la peste en 1830 dépeupla « la plupart des villages situés entre Alep et Bassora. » De quels villages est-il ici question? Évidemment il s'agit de ceux qui sont échelonnés le long de la vallée du Haut- Euphrate depuis Birdschik, sous la latitude d'Alep, jusqu'à Anah et à Hit. La citation de M. Lawson est en effet empruntée à un mémoire de Eloyd sur la Topographie médicale du H aut-Eiiphrate dans les transactions médicophysiques de Bombay (6). Il y a donc eu en 1830 une peste
(1) A. Skelch, Of the geography of Ihe plague.
(2) Annales maritimes et coloniales.
(3) Pl us, Rapport sur les quarantaines, page 89.
(4) Milroy, foc. cit.
{b) Staiis. sanit. and med. Report of the army 1861, page 420.
(6) Tome V, 1'" série, page 13. — Voici en quels termes s'exprime l'auteur que je cite : « Endémie and contagious diseases sucli as small poxand « measles.are very rare, but ilie plague of 1830 depopulated most of the " villagy from Aleppo to Bassora. »
grave dans les villages situés sur l'Euphrate au-dessous de la latitude d'Alep. Cette date de 1830 montre un fait important : c'est qu'avant d'atteindre Massora à la fin de 1831 la peste existait le long du cours supérieur de l'Euphrate et qu'elle paraissait y être venue du côté d'Alep.
Lachèze (1) a noté qu'à Bagdad on lui a affirmé que les épidémies de peste viennent ordinairement du nord-ouest, c'est-à-dire du côté de Diarbékir, d'Alep, de Damas. M. Colvill confirme ce témoignage quand il dit qu'on croit à Bagdad que la peste de 1831 vint- d'Egypte par la Syrie. Quoi qu'il en soit, les faits suivants vont montrer d'une manière indubitable que la propagation, du nord-ouest, dont nous venons de parler, n'a pas été la seule et que la peste a suivi aussi en 1830, pour descendre dans la Mésopotamie, la route du Nord-Est. Dans les recherches que j'ai faites sur les pestes de l'Anatolie et de l'Arménie dans le dix-neuvième siècle et sur la diffusion de la grande épidémie de peste en Perse en 1831, j'ai reconnu que les germes morbides qui existaient à Erzeroum en 1824 et qui s'y développèrent épidémiquement cette année, persistèrent longtemps dans le haut plateau de l'Arménie ; se montrèrent en 182S à Erivan, présentèrent dans ces montagnes une longue et évidente traînée en 1826-27-28 et se propagèrent dans le Kurdistan en 1829, — On voit d'après cela que s'il a existé en 1830 un transport de la iualadio de la Syrie en Mésopotamie par la voie d'Alep
(1) Mémoire sur la peste en Perse, dans le rapport de Priis sur la peste ei les quarantaines.
et de la vallée de l'Euphrate supérieur, la propagation a pu tout aussi bien se faire encore du plateau de l'Arménie dans la Mésopotamie par la voie du Kurdistan et du Tigre.
On ne peut pas suivre le fléau pas à pas le long de l'Euphrate faute de documents précis, mais cela est heureusement plus facile pour la vallée du Tigre. On peut y voir, pour ainsi dire, la maladie descendre du Nord au Sud et se propager ou irradier des montagnes vers la plaine : Colvill a noté que la peste atteignit Bagdad après Suléimaniè et Kerkouk. J'ai moi-même recueilli h Bagdad en 1870 plusieurs témoignages des habitants du pays, desquels il résulte que la peste existait dans le Nord de la Perse avant son apparition à Bagdad. Ce serait donc par la voie de Suléimaniè et de Kerkouk que le fléau aurait pénétré dans la Mésopotamie. Cette assertion est confirmée par les faits suivants : Aucher Eloy, qui était à Mossoul en 1834, fixe la peste de cette ville à 1830-3J. « La population de Mossoul, de 30,000 habitants environ, « était plus considérable il y a quelques années. Mais la « famine et la peste de 1830 et 31 en ont beaucoup réduit « le chiffre, plusieurs parties de la ville et les villages voi- « sins furent alors totalement abandonnés (1). » Le même écri\ain a noté qu'à Bérat, petite ville d'environ 1,500 maisons, à huit journées de marche au Nord de Bagdad sur la route de Kerkouk, « tous les habitants sans exception moururent de la peste en 1831. » — Le colonel
(1) Loc. cil., tome I, page 199.
Sheil, qui voyageait en 1836 dans le Kurdistan turc, dit en parlant de Djczirah-ibn-omar, l'ancienne Bézabdé, sur le Tigre au Nord de Mossoul : « Cette -villeVuinée par « la peste, le choléra et la guerre, présente un aspect «de complète désolation. » A propos d'Altun-Kupri, sur une île du petit Zab, il remarque que cette ville contenait jadis 8,000 habitants « qui ont été décimés par la peste « et la famine. » En parlant de Suleimaniè il dit que « la « guerre, les extorsions, le choléra et la peste ont produit « un changement affreux dans le pays. »
On voit ainsi que la plupart des villes situées sur le Tigre ont été attaquéiis, et on reconnaît que Mossoul l'a été dès 1830, ce qui permet de fixer à la même date l'invasion de Bérat, de Djézirah, d'Altun-Kiipri, de Kerkouk et de Suleimaniè. Cela indique déjà que la peste a dû pénétrer en Mésopotamie, en venant du Kurdistan, par la route du Nord-Est. Je vais montrer maintenant que le fléau n'a pas pénétré par la route de VEst^ soit par des provenances de Kermanchah, ni par la route du Nord., soit par des provenances de Révendouz.
Fraser, au commencement de 183S en passant par Bakouba (Jacoubieh) au bord de la Diala, sur la route de Bagdad à Kermanchah, dit que ce village était jadis grand et florissant, mais que, sous l'influence de la peste et des extorsions, ce n'est plus qu'un amas de ruines dans une forêt de dattiers et de grenadiers. Colvill fait observer qu'en juillet 1832 les villages situés dans les montagnes de la Perse au Nord -Est de Bagdad présentaient encore des cas de pesle. Cette peste qui existait encore
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en 1832 sur les dernières pentes du versant occidental des monts Zagros, probablement dans les villages qui se trouvent entre Bagdad et la frontière persane, y avait été introduite en 1831. Cela résulte d'une assertion de Fraser à savoir qu'en 1831 une caravane de deux mille personnes qui quitta Bagdad pour Hamadan porta avec elle la peste, et que mille personnes moururent en roule (1). Si la peste avait existé sur ce parcours avant le départ de la caravane, est-il probable qu'elle aurait passé par ces localités? Colvill établit de plus que c'est en juin 1831 que la peste se déclara à Kermanchah.
Ce n'est donc pas par des provenances de Kermanchab, ni des autres localités situées sur la route de Hamadan à Bagdad, que la peste a pu pénétrer dans cette capitale. Ce n'est pas non plus par la roule peu fréquentée de Révendouz située tout à fait au Nord. Le docteur Ross, médecin du consulat de Bagdad (2), déclare positivement que c'est en 1831 seulement que la peste parut dans cette partie du Kurdistan.
Si la peste a pénétré à cette époque, comme je l'admets, delà Perse en Mésopotamie, ce ne peut donc être que par la route située entre les deux points dont nous venons de parler, c'est-à-dire celle de Suleimaniè, comme l'affirment du reste la plupart des témoignages. Je le répète, M. Colvill, comme moi-même, nous avons recueilli à Bagdad ce témoignage que la peste, avant d'éclater dans cette ville à la fin de 1830, s'était déjà montrée à Sulei-
(1) Loc. cit., page 2i7 de son Voi/nge.
(2) Cité par Fraser in travels in Khoordistan and Mesopotamia.
EN MIÎSOPOTAMIE. 29
manié et à Kerkouk (1). Cela est identique avec les renseignements communiqués à Fraser, en 1834. Une donnée importante à enregistrer aussi à ce sujet, c'est que le capitaine Mignan (2), qui au mois de février 1830 passa par Suleimaniè, n'y trouva pas la peste. C'est donc au printemps ou dans l'été de l'année 1830 que le fléau a dû prendre son extension vers le Sud.
Forbes qui était à Bouchire en 1832 dit que quelques années avant cette époque on observa que la peste s'avançait régulièrement de l'Asie Mineure vers la Mésopotamie, en passant par Diarbékir et Mossoul (3). Cette assertion d'un observateur dont le caractère, l'intelligence et le dévouement à la science sont au-dessus de tout éloge, résume en quelques mots toute la question. Il y a eu ainsi en 1830 propagation des hauts plateaux dans la Mésopotamie par les deux routes de l'Euphrate et du Tigre.
Celte conclusion me semble inattaquable parce qu'elle repose sur des faits discutés et bien établis. On a essayé dans ces dernières années, dans une visée purement administrative et fiscale (4), de représenter la Perse comme
(1) Suleimaniè et Kerkouk sont situés sous le 35» de latitude. Suleimaniè est à TO kilomètres de la frontière persane en passant par Pendjvine. Kerkouk est à 30 kilomètres de la rive gauche du petit Zab et à 140 kilomètres à l'ouest de Suleimaniè.
(2) A Winter journey to Khurdistan. London 1839.
(3) Fred. Forbes, T/iesis on the nature and history of the plague. Ediiiburgh, 1840.
(4) On lit dans un rapport de M. Fauvel, alors médecin sanitaire de France à Conslantinople: « Dans le principe, la pensée qui a déterminé l'ad- « miuistration ottomane à créer la ligne de quarantaine turco-persane a été - surtout, il faut en convenir, une pensée fiscale appuyée sur les restes mal « éteints d'une vieille antipathie nationale. » — « Quoi qu'il en soit, certains « fonctionnaires turcs ne dissimulaient pas leur espoir d'augmenter les re-
un foyer d'émissions pestilenlielies, et on a cru avoir démontré que la peste de la Mésopotamie en 1831 était venue de la Perse, par les trois routes de Kermanchah,de Révendouz et de Suleimaniè, à Bagdad. M. Bartoletti^ inspecteur général du sei'vice de santé ottoman, est l'auteur de ce système ; il prétend qu'il a pu suivre en 18S0 la marche du fléau étape par étape le long de ces trois lignes, de l'Est à l'Ouest, et constater ainsi son introduction de la Perse en Turquie par tout les points accessibles de la frontière turco-persane. Quelqu'extraordinaire que paraisse à première vue cette allégation, il faudrait compter avec elle, si elle se basait sur des faits positifs et détaillés, s'il était fait mention par exemple du nom des différentes localités et des dates précises de leur invasion. Il n'en est rien, tout se borne à une simple assertion très-générale et par conséquent très-vague. Il est de mon devoir justement à cause de cette incertitude même de citer ici les propres expressions de M. Bartoletti : « En 1831 c'est de la Perse « que la peste a été importée dans l'Irak par les trois grandes « voies du commerce, celles de Révendouz, Suleimaniè, « Hanéguiue» (1). « A Révendouz on lui signala village par « village le chemin progressif de la peste de l'Est à l'Ouest, (( à Suleimaniè de même (2). « Je ne puis m'empêcher de
« venus de l'administration en établissant sur la frontière de Perse une « quarantaine très-rigoureuse. » — « Si vous espérez, ai-je dit au fonction- « naire musulman qui préside notre conseil au nom du Pacha, augmenter « les revenus de votre administration par des mesures rigoureuses, dé- « trompez-vous, il n'en serait pas ainsi. » (Recueil des travaux du comité consultatif d'hygiène publique de France, tome II, pages 43, 44 et 50.)
(1) Rapport sur les mesures à prendre contre la peste. Constiintinople, 1871.
[1) Rapport de M. Nara?izi sur i'Épi'lémie de //t'îc//è. Constantinople, 1868, page 31, en note.
EN MÉSOPOTAMIE. ai
remarquer à propos de ces citations, qu'en 1830 il y avait eu déjà une propagation le long de l'Euphrate et que vers la fin de cette année des cas de peste s'étaient déjà manifestés, comme je l'ai fait observer ci-dessus, à Suleimaniè, Kerkouk et Mossoul. La maladie n'avait donc plus besoin d'êlre importée de la Perse en 1831.
De plus, quiconque a étudié le mode de propagation des épidémies de peste ou de choléra, d\in pays à un autre, sur une frontière très-étendue, reconnaîtra à première vue qu'il n'est pas probable que l'introduction ait lieu à la fois par les trois grandes routes qui coupent cette frontière. Le conlagium, une fois introduit dans un point, s'y propage; et dans une contrée contaminée comme la Mésopotamie depuis la dernière moitié de 1830, il est impossible, à moins d'observations précises qui n'ontpoint été faites, faute d'observateurs médicaux , de reconnaître l'origine persane ou turque des contaminations de 1831. Du reste, ce qui prouve que M. Bartoletti a écrit en grande partie d'après des idées préconçues et systématiques et en vue de corroborer son projet d'organisation des quarantaines, ou bien qu'il n'a pas critiqué avec assez de soin les témoignages qu'il a recueillis, c'est qu'il ne cite ni les dates précises ni les noms des localités successivement envahies. Il me permettra donc de préférer à ses allégations le témoignage précis de Fi^aser que j'ai déjà cité. Ce voyageur, qui était sur les lieux peu de temps après l'épidémie, dit qu'en 1831 une caravane nombreuse porta avec elle la peste de Bagdad à Ilamadan.
Le docteur Colvill confirme cette assertion de Fraser
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dans son intéressant mémoire sur la topographie médicale de l'Arabie turque. Il dit que beaucoup d'habitants de Bagdad s'étaient enfuis vers la Perse pendant la peste de cette ville. Si la peste avait existé à cette époque en Perse, la population de Bagdad aurait-elle pensé à aller chercher un refuge dans ce pays? Le môme écrivain, qui s'appuie sur les documents officiels de l'époque, ajoute que c'est au commencement de juin 183Î que la peste parut à Kermanchah. Voilà qui établit donc bien nettement que la peste n'a pas pu être portée de Perse à Bagdad en 1831 par la route de Hanéguine. Quant à celle de Révendouz je suis sûr que M. Bartoletli a encore été trompé là par les témoignages qu'il a recueillis.
Révendouz est sous le 36* dégré de latitude, dans les montagnes de Ja rive gauche du grand Zab, à 6S kilomètres de la frontière persane. Cette ville, située dans un creux des montagnes, se composait en 1834 d'environ 2,000 maisons pauvres. Le docteur Ross qui en 1832-33 demeura quelque temps dans cette localité, et dont le journal a été compulsé par Fraser, a entendu parler longuement de la peste qui venait de ravager le pays. Or, dans son récit intéressant et détaillé, il n'est aucunement qvieslion de l'importation de la maladie. Les Kurdes de la localité lui assurèrent qu'en 1831 on entendit un bruit semblable à celui du canon, provenant d'une caverne voisine. Les détonations continuèrent un ou deux mois, après quoi elles cessèrent avec la maladie. Ce fait fut attesté par un grand nombre de notables du pays. Quelque superstitieux et ignorants que soient lesKurdes,si la maladie
avait été évidemment importée à Révendoiiz, ils n'auraient pas inventé ce conte, et ils auraient signalé à Ross l'introduction du mal, de même qu'en 1871 ils signalèrent des faits analogues avec la plus grande précision. Du reste, des cas isolés de peste s'observaient déjà à Bagdad en novembre 1830^ et Ross ne fait dater que de 1831 l'épidémie de Révendouz. Comment admettre alors que li; cheminement du fléau ait été régulier, étape par étape? 11 y a là une inconnue que je ne saurais expliquer qu'en admettant que les témoignages recueillis vingt ans après l'épidémie par M. Bartoletti ont été la plupart erronés et incomplets.
Le docteur Castaldi, qui était cà Baneh en 1871 (1), affirme avoir appris dans cette localité que la peste de 1830- 31 était venue du côté de Sooudje-Boulak ; elle y dura dix mois et enleva plus de la moitié de la population. Celte peste-là a pu s'étendre à Bagdad par Suleimaniè ; quant à celles de Révendouz et de Hanéguine elles sont de date évidemment postérieure à l'introduction de la peste dans la capitale de la Mésopotamie. Plus on approfondit cette question et plus on voit que les opinions émises àConstantinople manquent de preuves à l'appui, etqu'elles sont contraires aux recherches des observateurs impartiaux tels que Ross et Fraser qui ont été sur les lieux vers l'époque même de l'épidémie. Elles sont aussi en opposition avec le témoignage unanime des voyageurs et des écrivains de toutes les époques que j'ai cités dans mon histoire de
(1) La pesle dans le Kurdistan. Coiiâtantinople,!l 872 ; Uaneli ou Bérozeli, petite ville du Kurdistan voisine do Suléimaiiiù.
;t i HisTOïKK d;: i.a peste bubonique en Mésopotamie.
la peste bubonique en Perse. A loutes ces assertions j'ajouterai ici les deux suivantes : F. Forbes dit qu'il s'est souvent assuré quela peste est inconnueen Perse (1). Faiivel affirme à plusieurs reprises que « si l'on consulte l'histoire « de la peste, on voit que la Turquie a bien moins à redouter a que ce fléau lui vienne de la Perse que de le voir naître « dans ses propres provinces. Presque toujours la maladie « a été importée de Turquie en Perse; de sorte que ce der- « nier pays serait mieux fondé à tenir les provinces turques « en suspicion que la Turquie à mettre la Perse en qua- « rantaine (2). » Il n'y a donc pas à s'arrêter davantage sur ce sujel.
(1) Loc. cit., page 44.
(2) Recueil des travaux du comité consultatif d'hygiène publique en France, tome II, page 26.