‹ Histoire de la peste noire (1346-1350)Chapitre 4 sur 25 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

mot sur l’itinéraire des caravanes de la Chine. — Astrakan, Téhéran, Tanris, l’Arabie. — Arrivée de la peste noire à Constantinople. — Elle y est apportée des côtes septentrionales de la mer Noire. — Elle se replie un instant sur l’Asie. — Mort d’Andronic, fils de l’impératrice Irène et de Cantacuzène. — Ruine des villes du Bosphore. — Dévastation du Font, de la Thrace et de la Macédoine. — Constantinople et les ports de l’Asie Mineure, points de départ de la peste pour l’Europe. — Rayonnement de la peste. — Fatale explosion. — La Grèce est dépeuplée. — L’ile de Chypre n’est plus qu’une solitude. — Envahissement de la Sardaigne, de la Corse et de l’île de Malte. — La peste noire pénètre en Sicile. — Messine, Catane, Syracuse. — Trapani devenue une nécropole. — Ravages de la peste noire dans le pays des Abruzzes, la Calabre et le royaume d’Apulie. — Les États Sardes et la Lombardie. — Gènes perd -40 mille habitants. — Famine. — La ville d’Asti est jonchée de cadavres. — Milan et Pavie échappent au fléau. — Les reliques de saint Sébastien. — Ordonnance sévère du seigneur vicaire général de Milan. — Reggio. — Tableau de la mortalité à Parme. — Fureur de l’épidémie. — 40 mille morts. — Conséquences morales. — Tremblement de terre dans le duché de Modène. — U)0 mille victimes à Venise. — Inscription gravée sur la porte de

école de la Charité. — Désastres de Padoue. — Bologne et Ferrare perdent 2 mille individus par jour. — 70 mille personnes périssent à Sienne, 25 mille à Pise, 100 mille à Florence. — Description de la peste de Florence par Boccace, Machiavel et Mattéo Villani. — Élégie de Pétrarque. — Lamentation d’Oderic liaynold. — 60 mille habitants succombent à Naples. — Chiffre incalculable de la mortalité à Borne.

En 1346, époque à laquelle naquit la peste noire, la Chine et une grande partie de la Tartarie étaient soumises à un même maître qui était Tartare; les Tartares, ou Mogols, possédaient tous les pays qui s’étendent de la Corée aux Pal us-Mœot ides et à la Crimée. Quoique gouvernés par différents princes, ils ne formaient qu une seule nation; les marchands pouvaient aller librement, et allaient, en effet, de la Chine jusqu’en Crimée; delàles marchandises étaient transportées jusqu a Constantinople, où se rendaient tous les peuples de l’Europe. Par ce qui précède, il est aisé de concevoir comment la peste fut importée en cette ville; comment, d’un côté, elle se répandit dans tout l’Occident; comment, de l’autre, elle rentra en Asie par Antioche et les villes les plus considérables de la Syrie; comment elle gagna ensuite le Caire, Alexandrie, et pénétra jusqu’aux Indes, où ell dut être introduite par le commerce plus direct que les Chinois y faisaient '.

La négligence dans laquelle on a toujours été en

1 Hecker.

RE LA PESTE NOIRE

Orient à l’égard de la peste en accéléra singulièrement les progrès; les pestiférés abandonnaient une ville pour se réfugier dans une autre, et y portaient avec eux le principe destructeur. Les Européens ne furent pas plus attentifs à en arrêter le cours et, par les communications qu'ils avaient entre eux, ils la disséminèrent dans tout l’Occident.

C'est ainsi que ce mal , dont le berceau se cache dans le pays le plus reculé du Levant , couvrit de proche en proche toute la terre, pareil à ces essaims de barbares venus des mêmes contrées et qui ont ravagé le monde entier.

C’est en considérant l’histoire générale du genre humain , et en comparant ses différentes parties les unes avec les autres, que l’on parvient à connaître les grandes révolutions qui ont changé la surface du globe, et à comprendre leur marche , ainsi que les rapports qu’elles ont entre elles.

Le chemin des caravanes de la Chine passait au nord de la mer Caspienne, à travers l’Asie centrale , pour se rendre à Astracan, où des bâtiments recevaient les productions de l’Orient, qui étaient transportées à Constantinople, métropole du commerce et centre d’union entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. D'autres caravanes partaient aussi de l’Inde pour l’Asie-Mineure , touchaient à Téhéran , à Tauris et aux villes placées au midi de la mer Caspienne. 11 y en avait enfin qui sortaient de Bagdad , traversaient l’Arabie, et allaient en Égypte. Les communications

maritimes avec la mer Rouge, de l’Inde en Arabie et en Égypte, étaient également très-actives. La contagion rayonna dans toutes ces directions, et, sans aucun doute , Constantinople et les ports de l’Asie- Mincure peuvent être regardés comme les foyers d’où la peste s’élança dans les îles et les ports d’Europe Ilœc res omni ratio cinalione fortior est ad probandum illud, quod morbus hic per commercium et communicalionem , et a longinquo apportari , et in longinquum disperqi possit \

La peste noire avait été importée à Constantinople de la côte septentrionale de la mer Noire, après avoir dépeuplé les contrées comprises entre les routes qui y conduisent, et désolé le Pont, la Thrace et la Macédoine ; elle y exerça les plus grands ravages , tua les hommes vigoureux aussi bien que les hommes faibles, et frappa avec tant de violence, que les maisons restèrent vides d’habitants. Le lils de l’empereur Cantacuzènc et de l’impératrice Irène, Andronic, fut enlevé en quelques heures, ainsi que plusieurs personnes du palais : « et filins imperatoris , Andronicus, tertia hora interiit »

A peine 1 épidémie eut-elle assouvi sa rage sur Constantinople et les autres villes situées sur les rives du Bosphore, qu’elle se jeta sur l’île de Chypre, où elle arriva après avoir sillonné et anéanti rapide-

Deguignes, p. 288. — Schnurrer, p. 326, 327, 329.

2 Freind., p. T20.

Histoire de Cautacuzène, ex-empereur, p. 21 et suiv.

DE LA DESTE NOIRE

ment toute la Grèce , agitée peu de temps auparavant par de violentes commotions du sol; son invasion avait été précédée par des chaleurs étouffantes, et par l’apparition d’une innombrable quantité de chenilles et de sauterelles qui avaient détruit les récoltes. Locustarum agmina, a vento in mare dejecta et a fluctibus éjecta, mortifero vapore gravent peslilentiam fecisse '.

Les habitants de cette île massacrèrent tous les esclaves musulmans, dans la crainte que, pendant cette calamité, ceux-ci ne s’emparassent de l’île. Quelque temps avant l’arrivée du fléau , il s’éleva, un soir, un vent impétueux, et il y eut un effroyable tremblement de terre ; les vagues de la mer s’élevèrent à une hauteur prodigieuse , et un grand nombre de vaisseaux furent brisés. Les populations fuyaient de tous côtés, sans savoir où elles allaient ; les habitants , voulant se réfugier dans les îles voisines, tombèrent au milieu des chemins : toute l’ile ne fut bientôt plus qu’une solitude. Après la tempête dont il vient d’être question, les marchands , qui repassaient pour se rendre à Tripoli , ne purent éviter la mort; le vent qui avait précédé le tremblement de terre avait répandu une odeur si infecte, que les hommes s'affaissaient et ne cessaient de se débattre à terre jusqu'à ce qu’ils fussent morts. Des navires, montés par des marchands qui se trans-

1 Justinus, il, 13, p. 113, edit. Gronov.

portaient à Alexandrie, perdirent tout leur équipage, et s’en allèrent à la dérive, ballottés par les Ilots

La peste noire abandonna Chypre vers le milieu de l’année 1347 , et parcourut ensuite, d’étape en étape , les autres îles de la Méditerranée, où elle occasionna les plus grands malheurs. En Sardaigne et en Corse , il resta à peine un tiers de la population. Toute la ligne des côtes méridionales de l’Europe reçut les plus rudes atteintes, et répandit avec activité la contagion 2.

Des galères italiennes , pour échapper au danger quelles couraient en Orient, avaient quitté en toute hâte les ports de la Syrie et de la Romanie, et avaient rapporté leurs marchandises en Italie : à leur passage en Sicile, au mois de novembre 1346, ceux qui montaient ces galères se mirent en communication avec les habitants , et débarquèrent quelques malades. Aussitôt le mal se déchaîna sur les Siciliens; Messine , Catane , Syracuse perdirent les deux tiers de leur population, et la ville de Trapani; complètement détruite , devint une véritable nécropole \ Après avoir dévasté Malte, l'épidémie, inclinant à 1 Occident, traversa la mer Tyrrhénienne, attaqua la Sardaigne , la Corse, oii , selon Giovanni Yillani , il

1 Deguignes, loc. cit,, p. 3.

1 Hockey, in ibid.

3 Sismondi, Histoire des Républiques du moyen âge, tom. vi

p. lb-23.

resta à peine un tiers de ta population. Puis elle alla visiter les provinces orientales de l’Afrique où elle lit des milliers de victimes , notamment à Tunis cl dans tous les États barbaresques.

Sortie des des de la Méditerranée, la peste aborda le pays des Abruzzes et la Calabre, où elle porta les coups les plus funestes; enfin, elle s’introduisit dans La Pouille, qui fut, à très-peu de chose près, dépeuplée. Toutes les villes et tous les villages restèrent déserts : « et sic generaliter conticjit in singulis civitatibus et casalibus regni liujns ‘. » Bref, d’après Frari, la Sicile et la Pouille comptèrent ensemble 530 mille morts : « c la Sicilia allaPuglia perdelle cinquecento trenta mila \ »

Lorsqu’elle eut couvert de morts le pays des Abruzzes, la Calabre et le royaume d’Apulie, la peste enveloppa de son linceul l’Italie tout entière; sa violence était telle , qu'il suffisait d’approcher des malades pour être frappé, et qu’en deux jours on succombait \

Dans le royaume sarde et dans la Lombardie , où elle arriva, par la voie de mer, vers la fin de l’année 1347, la famine avait précédé le mal. La ville de Gênes perdit 40 mille habitants : Quapropler , us-

1 Dominici de G ravina Chronicon, t. xiij de Rébus in Apulià factis, p, 392.

2 Giov. Villani, apud Murat. Rerum italicarum scriptores, vol. xiv, p. 12 et seq.

3 Acciajoli, p. 49.

que hodie, hominum (limidiœ partis decessus fuit

A Asti , la famine avait également devancé l’épidémie ; les rues et les places publiques étaient encombrées de cadavres : un tiers de la population fut enlevé , et l’on ne trouvait plus personne pour enterrer ceux qui avaient succombé. « Et inveniebantur in viis et plateis rnorlui, sicut canes ; post banc epidemiam , ter lia pars virorum et mulierum obiit , quod quasi non inveniebatur qui morluos sepeliret \

Milan et Pavic échappèrent miraculeusement au fléau. Les villes de Novare et de Vercelli furent légèrement atteintes, mais les pays circonvoisins furent horriblement flagellés; toute la Lombardie fut dévastée % et, selon un chroniqueur anonyme , le mal ne suspendit ses fureurs que quand on eut transporté les reliques de saint Sébastien à Rome , dans l’église de Saint-Pierre- ès-Liens\

On lit dans la Chronique de Reggio, par P. de Gazata, l’ordonnance suivante, que je traduis textuellement :

« Nous, seigneur de Milan, vicaire-général de l’Empire, voulant, autant qu’il est en notre pouvoir, préserver nos sujets de la contagion de la maladie, avons rendu un décret que nous envoyons sous cette enveloppe, avec recommandation de le mettre à exé-

' Annales Genuenses Georgii Stellæ.— Chronique de Pierre Azarius.

2 Chronicon Astensc, t. xi, p. 227.

3 Azarius, in ibid.

v Re gestis Longobardiæ Pauli Warnefridi, p. 316.

PE LA PESTE NOIRE

cution à Milan, et de l’insérer au registre de nos statuts.

« Ordonnons à toute personne :

« De quitter, sans délai, la ville, le château ou le bourg dans lequel la peste se trouve, et de se retirer dans les campagnes ou dans les forêts, afin d’y attendre sa mort ou sa guérison. De même, ceux qui auront soigné les malades devront, pendant dix jours, se priver de toute communication avec les autres. Enjoignons aux prêtres des églises paroissiales de visiter les infirmes, d’examiner leurs maladies et d’en référer aux inquisiteurs députés à ce sujet, sous peine du feu; voulons, en outre, que tous les biens des morts, meubles et immeubles, soient affectés aux églises. Ceux qui auront propagé la maladie seront privés de leurs biens, sans que la restitution puisse leur en être faite ; tous ceux qui auront soigné les malades autres que ceux qui ont été désignés plus haut, seront punis de mort. Connaissance sera donnée à tous nos sujets des présentes dispositions. »

Tels sont les ordres qui furent donnés et exécutés aussi cette même année à Reggio. « Sicscrïbere feci, et efjo eo anno vidi hoc observari in Reggio, ex quo omnes Iristati, exterritique timoré mciximo, magis que de morbo, qui, quando Deo placuerit, vitari non potest' . »

A Parme, les malades étaient abandonnés par

1 Chronicon Regiense à Sagacio et P. de Gazata.

leurs serviteurs, par les médecins, les prêtres et les moines, de telle sorte que les malheureux pestiférés mouraient sans secours, sans remèdes, sans confession et sans absolution. Ceci avait lieu parce que ceux qui approchaient des malades étaient euxmêmes subitement atteints par la peste et mouraient immédiatement. Aussi, beaucoup de morts gisaientils sans sépulture ; on se fuyait les uns les autres au point que le père ne reconnaissait plus ses enfants, la femme son mari, l’ami son compagnon. Lorsque des hommes riches succombaient à l’épidémie, les héritiers ne se pressaient pas de prendre possession de leur succession. La fortune avait perdu tout son prix ; on ne voyait plus d’avares préférer l’or à la vie. Tous les liens de la société étaient rompus; la haine, l’envie, la cupidité, l’amour, toutes les passions humaines se taisaient et s’effacaient devant la crainte d’une mort horrible. Les esprits étaient troublés par de vaines imaginations, et on s’attendait, d’heure en heure, à être renversé par l'aile de la mort, ainsi que le présageaient tant de cadavres déjà tombés. H y eut, la même année, une grande disette à Parme, et, en six mois, cette ville et scs environs perdirent 40 mille personnes. « La peste comincio in P arma et hebbe dura ta mesi G, c mo rirono in quel tempo 40 mila persone, corne fa dalo per isentto alla banca délia reformazione *.

1 Historiæ Pnrmcnsis fragmenta, auct. fratre Johanne de Cornazanis, t. xu, p. 7 iG.

Dans le duché de Modène, un violent tremblement de terre se ht ressentir le 20 janvier 1348; de nouvelles secousses remuèrent le sol dans la nuit du 7 février : puis après, la peste dite inguinale frappa avec tant de fureur, qu’à peine il resta la centième partie des habitants. Dans quelques districts, il ne survécut que dix personnes sur mille.

Cent mille personnes périrent à Venise ; les membres du grand Conseil de cette ville furent réduits de 1250 à 380; une inscription, gravée sur la porte de l’École de la Charité, et qu’on voyait naguère encore, consacrait ces douloureux souvenirs '. Les Vénitiens, frappés de stupeur, engagèrent à grands frais des vaisseaux pour pouvoir se retirer dans les îles, et, après que le fléau y eut moissonné les trois quarts des habitants, cette ville de Venise, si fière et si magnifique, se trouva perdue et abandonnée8.

Quand la peste se fut apaisée à Padoue, il ne reslait plus qu’un tiers de la population. Enfin, pendant la durée de l’épidémie, la terre s’agita convulsivement; toutes les villes tremblèrent sur leur sol, et l’église de Saint-Pierre de Rome, qui devait être réédifiée deux siècles plus tard, fut. ainsi que d’autres églises, remuée jusque dans ses fondations et se fendit.

Pologne et Fcrrare perdaient 2 mille habitants par

1 Annales veteres Mutinensium, apuil Murator., t. xi, p. 82. — Decker, p. r>8.

2 Chronicon Claustro-Neuburg, dans Pez., vol. i, p. 490,

jour. La peste, précipitant sa marche homicide, ne tarda pas à infecter la Toscane qu elle glaça d’effroi. Elle emporta 80 mille personnes à Sienne, d’après l’historien Agnolo de Tura; elle régna trois mois à Pise, où il mourut 25 mille habitants, c’est-à-dire 7 sur 10 : à Pistoie, les désastres furent aussi épouvantables *.

Mais la ville où sa puissance dévastatrice s’éleva le plus haut fut Florence, qu’elle envahit au commencement du printemps de l’année 1348.

Voici la description que Boccace donne de ce lléau 2:

« Je dis donc que nous étions parvenus à l’année 1348 de la salutaire Incarnation du Fils de Dieu, lorsque la mortalité éclata dans la ville de Florence, la plus belle cité de l’Italie. Cette peste fut envoyée aux hommes soit par l’influence des planètes, soit par la juste colère de Dieu, en punition de nos fautes. Elle avait commencé ses ravages, quelques années auparavant, dans les pays de l’Orient, où elle avait fait périr une innombrable quantité d’habitants, et, se propageant d’un lieu à l’autre, elle s’était dirigée vers l'Occident et avait enfin atteint notre cité, et là, malgré les précautions que l’on prit de faire nettoyer la ville, d’en interdire l’entrée aux malades, malgré toutes les mesures sanitaires, malgré les humbles prières adressées à Dieu et les nombreuses

1 Istorie Pistolesi, t. xi, p. 524 et 526.

2 Ee Décaméron, 1re journée.

processions auxquelles se pressaient les personnes pieuses, elle fit ressentir ses effroyables effets dès le printemps de cette année, et. de jour en jour, augmenta ses ravages.

« Elle n’agissait plus comme en Orient, où un saignement de nez était le signe d’une mort inévitable ; mais à l’aine, ou sous les aisselles, naissaient certaines tumeurs qui croissaient plus ou moins, les unes comme une pomme, les autres comme un œuf. Ces tumeurs se nommaient vulgairement ga voccioli. Bientôt, ces tumeurs naquirent indifféremment sur toutes les parties du corps; puis les symptômes changèrent; ce furent des taches noires ou livides sur les bras et sur les cuisses, tantôt grandes et rares, tantôt petites et nombreuses. Ces taches, ainsi que les tumeurs, étaient l’indice certain d’une prompte mort. La science des médecins et la vertu des remèdes étaient inefficaces pour guérir cette maladie. Ainsi, soit par suite de la force du fléau, soit par l’ignorance des médecins, dont le nombre s’était augmenté d’une foule de gens qui n’avaient jamais exercé la médecine, non-seulement peu de personnes recouvraient la santé, mais presque tous les malades périssaient deux ou trois jours après l’apparition des tumeurs ou des taches, la plupart sans éprouver aucun accès de fièvre ou d’autres accidents. Les ravages du mal devinrent d’autant plus grands que, par la fréquentation des malades, le poison s’attachait aux hommes sains, ainsi que le feu

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