Archives communales de Lille. Comptes de la ville
personnes étaient payées par les villag-es où ils habitaient. La veuve de Brig-ode protesta^ mais elle n'obtint pas satisfaction ^
En jetant un coup d'œil sur le relevé des sommes payées pour ces médicaments ^ (comme en 1736, 1088 florins, en 1760, I i4o florins), on comprendra que les fonctions d'apothicaires des maisons à la charg-e de la ville fussent recherchées. Ce fut d'abord la veuve Lambert qui en eut le privilèg-e jusqu'en 1730, puis Jacques Desobry, de 1730 à 1760.
Quand Desobry cessa d'exercer, sept apothicaires sollicitèrent la place. Voici ce qu'écrivit l'un d'eux :
A Messieurs les Rewart, Mayeur, Echevins^ Conseil et Huit Hommes de la Ville de Lille :
Remontre très humblement François Wellecomme, maitre apothicaire qu'étant parvenu a sa connaissance que le sieur Dezobry apothicaire de la ville, commis par vos seigneuries, se défaisoit de sa boutique et abandonnoit sa profession, le remontrant dans cette considération prend la liberté de prier vos seigneuries de vouloir bien le commettre en la place dudit sieur Dezobry, l'établissement bien informé du remontrant, la confiance du public qu'il y a mérité, ses égards pour les pauvres, son zèle désintéressé à leur procurer les soulagemens nécessaires sont des motifs qui l'engagent à se retirer vers vous, Messieurs,
Dans l'espérance qu'ayant égard à ce que dessus vous voudrez bien lui donner la préférence, il tâchera de la reconnoître par la continuation de son zèle et de ses soins à tout ce qui sera contié à son administration par vos seigneuries pour la conservation desquelles il ne cessera d'adresser ses vœux au ciel ce faisant, etc. ^
O fut Nicolas de Brig-ode qu'on nomma « apothicaire de la ville » ; tel était le titre accrédité.