Masséot, Diminutif familier de Thomas
Planche XVI. — Page 179,
Reproduction d'après une photographie des pots en faïence de Lille conservés au musée de cette Ville,
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Dans ces deux ateliers, il fut établi couramment un grand nombre de pots de pharmacie : bouteilles, chevrettes, vases, etc.; aucun ne porte la marque du fabricant. Feburier marquait ses produits d'un F, Boussemaert d'un B ; quant à Dorez, il a sig-né certaines pièces de son nom mis en toutes lettres, mais ni de l'un ni de l'autre on ne trouve la sig-nature sur aucun vase de pharmacie.
A part les deux vases qui se trouvent à l'Hôtel-Dieu de Paris, et dont le savant conservateur du Musée de Sèvres, M. Edouard Garnier, a donné une description particulière dans la Gazette des Beaux-Arts de 1888 ^, tous ces pots sont en faïence commune, d'un décor monochrome bleu, procédant du décor rouennais, mais d'un bleu moins intense, d'un modelé plus doux et d'une exécution plus correcte que les faïences de Rouen.
Presque tous présentent une même facture : sur la panse, une étiquette allong-ée, aux deux ang-les supérieurs de laquelle se tient un paon, vu de profil et accostant une sorte de coupe ; sous l'étiquette, des rinceaux formant cul-de-lampe ^.
Il y eut à Lille trois autres fabriques de céramique, qui ne produisirent point de vases de pharmacie : celle de Jacques Masquelier (1740), dont on peut citer comme
1. « Les faïences de Lille ne sont pas encore connues et appréciées comme elles mériteraient de l'être et, dans bien des cas, il est difficile de se prononcer d'une façon absolument rigoureuse sur la provenance de la plupart d'entre elles ; mais si nous rapprochons les deux grands et beaux vases d'applique de certaines pièces que nous avons admirées, et dont nous avons relevé les détails au Musée de Lille ou dans l'intéressante collection de M. Cussac, nous n'hésiterons pas à leur assigner une origine lilloise. Nous y retrouvons les mêmes rinceaux imités de Rouen, mais d'un dessin et d'un arrangement bien particuliers, les mêmes bordures à galons séparés par des feuilles d'acanthe, l'émail blanc et gras, et le bleu bien pur, parfois un peu épais et faisant vibrer la lumière en tonalités profondes. » (Edouard Garnier, Gazelle des Beaux- Arts, 18S8, p. 132.)
2. Voir, planche n» XVI, la reproduction d'après photographie des pots de pharmacie en faïence de Lille conservés au Musée de cette ville.
modèles types les brocs, représentant un personnage dit Jacqueline ; celle du Slrasbourg-eois Hereng- (l'y 58), à qui l'on doit la grande cheminée à corniche saillante, en camaïeu bleu, qui fait partie des collections du Musée de Gluny, et la manufacture éphémère de Ghinon (1774), qui fabriqua des ouvrages de terre brune dits « faïences du Saint-Esprit», à cause du fretel du couvercle de chaque pièce, qui représentait une colombe aux ailes éployées ^.
S'il ne nous reste guère de vases d'apothicaires de la région, nous sommes plus favorisés au point de vue des mortiers de bronze dont un certain nombre de beaux spécimens existent encore en notre ville.
Nous en possédons deux ; le premier offre, en pourtour, l'inscription suivante :
Pieter Sioc ende Jackelynne Gobert lôSy le second ne porte que la date :
Anno Jjyô.
Dans la riche collection de M. L. Quarré-Reybourbon, à laquelle nous avons déjà tant emprunté^ nous trouvons aussi deux mortiers, dont l'un est orné de celte inscription assurément lilloise :
Hubert Renard ma faict à, Lille i633^
l'autre est ornementé de trois fleurs de lys et d'un médaillon avec un oiseau au centre, et en exergue :
Pierre Bessin.
Chez M, Decoster, on se sert encore actuellement d'un magnifique mortier de ce genre présentant une délicate guirlande de fleurs de lys et celte inscription :
Je sais fait p(ou)r Loais-Remy-Stanislas Pollet et Séraphine-J . Pollet, son épouse. Jj'jS.
1. Ces renseignements sar la faïence sont dus à M. Glainpanain ; nous sommes heureux de lui présenter ici nos remerciments.
Les musées de Lille conservent aussi six bons spécimens de mortiers pharmaceutiques. Sur l'un d'eux est gTavé, d'un côlé le médaillon de Richelieu, avec, en exerg'ue, ces mots :
Armanus Joannes card. de Richelieu,
de l'autre côté, un médaillon de Mazarin (?)
Voici les inscriptions des cinq autres par ordre
chronolog-ique :
Sur le premier :
Cresken Geocriix, sinhos grove anno D(omini) i54o. Sur le second :
Ce mortier fat fondu pour Cornille Rouloy, l'an de grâce XV' XLVIH.
Sur le troisième :
Je fus fect l'an i58o.
Sur le quatrième :
Joannes Dop me fecit anno 1628.
Sur le cinquième :
Peeter Vanden Ghein heft mi ghegoten en iaer ons Heere M DL XXXXIIII.
Signalons enfin le mortier conservé au laboratoire de pharmacie de la Faculté libre de Lille ; on y lit l'inscription suivante :
J'appartiens à dame Veuve Gallez Ducatteau lyôy.