‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 176 sur 196 · de médecine · texte numérisé non relu

de médecine

Ce qui donne pour poid moyen quatre ■

onces et demi 4- 4- o

que ce résultat ne soit qu'un à peu prés ou qu'il soit dans une exacte justesse, on ne sçauroit le découvrir, parce que l'on n'a pas eu entre les mains le poid du siège des apoticaires ; mais on est sûr du moins de ne pas s'écarter sensiblement.

Comparaison du poid de Lille avec les autres poids.

Il semble, parce que la livre de médecine contient douze onces et que Fonce y est divisé comme l'ancien poid Romain, que l'on a cru que notre poid des apoticaires étoit l'ancien poid Romain ; mais 4 onces poid de marc faisant 4 onces 4 §"ros poid de médecine, 12 onces de médecine font 10 onces 5 gros 24 grains poid de marc, ce qui s'écarte beaucoup du poid Romain.

Le poid des apoticaires ne ressemble pas non plus au poid de marc, et en cela on n'a pas besoin de preuves. Mais le poid dans toute l'Europe auquel il ressemble le plus est celui qui est en usage à Vienne, encore celui- "ci pése-t-il un gros et demi de moins ; mais on ne pense pas que les apoticaires de Lille réclament le poid en usage à Vienne pour être celui dont ils se servent, quoique Lille ait autrefois appartenu à la maison d'Autriche.

On pourroit peut être soubçonner que le poid des apoticaires pourrait bien être le poid des Espagnols ; mais si cela étoit, il faudroit accorder que ce poid aurait ici souffert une altération de 5 gros puisque l'on voit par le mémoire de M^" Tillet que 1 2 onces poid de Madrid, appelé le poid Royal de Castil en usage dans toute l'Espag-ne, pèse 1 1 onces 2 gros 12 g-rains poid de maix^ ce qui fait une différence de 4 gros 60 grains. Ainsi le poid de Vienne approche encore plus de notre poid que celui de Madrid .

Conclusion.

De tout ce que l'on vient de dire, il semble que l'on peut conclure que le poid de marc devroit être choisi pour celui des apoticaires de cette ville. Cela seroit d'autant plus judicieux que c'est le poid des apoticaires de la Capitale et de presque toutes les villes de France ; de plus, si le poid actuel des apoticaires de Lille est pris pour le poid Romain, il faut y faire une correction et y ajouter environ trois gros et demi pour chaque livre, et s'il est pris pour le poid de Vienne (ce que l'on ne pense point que l'on veuille adopter), il faut y ajouter environ un gros et demi. Or il est bien plus raisonnable de choisir un poid connu et en usage dans tout le Royaume et de corriger une erreur qui s'est glissé anciennement, soit par ignorance soit par défaut de soin, que d'employer un poid inconnu en France, en usage seulement en Angleterre et en Italie, ou à Vienne; poid qu'il faudroit encore corriger en cas qu'on voulut s'en servir, puisque dans l'état où il est il ne ressemble à aucun poid connu en Europe.

Toutes ces raisons auront encore plus de force si l'on fait attention que toute la proAÙnce d'Artois est assujetie à se servir de notre pharmacopée par l'arrêt du conseil d'état du Roy du 26 novembre 1767.

Les apoticaires assemblés à leur siège ont déjà consenti à faire la livre et la pinte de médecine de 16 onces à l'instar de la Capitale (comme on peut le voir par leur délibération ci-jointe) ; mais l'on doute qu'ils consentent aussi facilement à se servir du poid de marc.

Le préjugé, la difficulté de réunir les suffrages et plus encore la crainte d'être sujets à la visite des jurés de la ville dont ils sont actuellement indépendans et avec lesquels ils ont de temps en temps des difficultés, les en empêcheront toujours si l'autorité du Magistrat ne les y oblige. Saladin, Méd. Syndic du Collège de médecine.

Copie de la délibération des Apoticaires.

Dans l'assemblée des Commissaires dénommés pour l'examen du nouveau dispensaire, il a été résolu de faire la livre de Médecine de

i6 onces et la pinte aussi de Médecine de i6 onces afin de rendre par là les dispensations plus commodes et plus généralement ég'ales. Etoient sig"nés :

Boucher ; Pierre-Fr. Debrigode ; Guesquiere, doyen ;

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