L. D^ Croix ; P, J. Boudin
Lestiboudois ; Puquet, méd.
Vue:
De Vienne ; C. Lengl\rt.
Fait à l'assemblée du 27 aoust 1771.
Saladin, Méd.
F. J.Wellecomme ; D. J. Mallebranque ; Carbonnej.le, Médecin ; Savarin, Doct. Méd.
Vue ledit acte, je soussigné autorisé du Corps des apoticaires et épiciers de la Ville de Lille, déclare approuver et consentir comme les soussignés cy-dessus, fait au siège assemblé le 12 septembre mil sept cent soixante et onze. Signé : Beaussier, Devienne.
CoiNTRELLE, greffier.
'Archives communales de Lille. Carton 64, 5"°' dossier. — Pièce manuscrite.
Ordonnance concernant les poids, mesures et balances
des Apothicaires.
15 avril 1772.
Nous, etc. Nous étant fait représenter les ordonnances rendues par nos prédécesseurs concernant lesmédicamens, nous avons remarqué qu'elles ne régloient rien sur les poids, mesures et balances dont se servent les Apothicaires de cette Ville, d'où il résulte dans la pratique une sorte de bigarrure et d'incertitude qu'il est essentiel d'arrêter ; nous, ouï sur ce nos commissaires en cette partie et vu les Requête, Mémoire et résolutions du Collège de médecine et du Corps des Apothicaires de cette Ville, avons réglé et réglons les poins et articles suivans :
I. — Les apothicaires se serviront à l'avenir de l'once du poids de marc, et l'étalon déposé en leur siège sera changé en conséquence et rendu conforme au poids matrice reposant à l'Hôtel de Ville.
II. — La pinte de médecine sera à l'avenir celle du pays contenant ving-t-six pouces cubiques et demi, et il en restera pareillement un étalon déposé au siège des Apothicaires.
III. — Pour éviter toute confusion entre les poids et la mesure, la quantité de médicamens qui se pèsent sera désig-née par livres, demilivres, etc., onces, etc., et celle des médicamens qu'on mesure se désignera par pintes et fractions de pinte, sans que, dans aucun cas, les mots livre et pinte puissent être réputés synonymes.
IV. — Les étalons ne se déplaceront jamais, ils seront tenus sous clef dans le siège des Apothicaires et la garde en sera confiée aux Doyen et Maîtres du Corps en exercice qui en répondront.
V. — Lors des visites qui se font chez les Apothicaires pour s'assurer de la bonne qualité de leurs médicamens, il sera procédé par les Doyen et Maîtres du Corps en présence de nos Commissaires à la vérification de leurs poids et mesures, par comparaison avec des étalons conformes à ceux dont il est parlé dans l'article précèdent.
VI. — Autorisons les Doyen et Maîtres de se saisir des poids et mesures qu'ils trouveront n'être point conformes audit étalon.
VIL — Il sera pareillement, lors desdites visites, procédé à la vérification des balances et lesdits Doyen et Maîtres s'appaiseront si elles sont justes dans les trois cas suivans :
1° Lorsque la balance n'est pas chargée d'aucun poids.
2° Lorsqu'elle est chargée de poids égaux dans chaque bassin.
3° Et lorsqu'en changeant lesdits poids on aura transporté ceux d'un bassin à l'autre.
VIII. — Les Doyen et Maistres se saisiront aussi des balances qu'ils ne trouveront pas justes, après les avoir vérifiées en la forme cy devant prescrite.
IX. — Il sera libre au Doyen et Maîtres du Corps de répéter les visites en présence de nos Commissaires aussi souvent qu'ils trouveront convenir ; mais avant de commencer lesdites visites, ils revérifieront chaque fois les étalons destinés à cet usage avec ceux reposant au siège.
X. — La présente ordonnance sera exécutée dans tous ses points aux peines et amendes portées par celle du 9 mars 17 15, et moyennant son exécution, les Egards Jurés de cette Ville n'auront aucune inspection sur les poids et mesures des Apothicaires.
XL — Les Maris, Pères, Mères, Maîtres et Maîtresses seront responsables des fautes commises par leurs Femmes, Enfants, Préposés et Domestiques, sauf leur recours s'il y échet.
Et poui' que personne ne l'ig-nore, la présente ordonnance sera lue, publiée et affichée partout où besoin sera en la manière accoutumée. Fait en Conclave, la Loi assemblée le i5 avril 1772 .
Signé : De Madré des Oursins.
Publiée le 28 avril 1772.
Archives communales de Lille. Carton 64, 5'"" dossier. — Pièce imprimée.
Demande de Dehenne de continuer son travail sur les « Errata »•
27 avril 1771.
Messieurs les Rew^art, Mayeur, Echevins, Conseil et Huit Hommes de la ville de Lille.
Supplie très humblement Dehenne, docteur en médecine, disant qu'ayant parcouru le manuscrit de la nouvelle pharmacopée dont vos Seig'neuries ont accepté l'hommag'e, et ayant eu communication de l'apostille couchée sur la requête des sieurs médecins Lestiboudois et Riquet, il a trouvé matière à beaucoup de réflexions. Cet ouvrage arrangé par lesdits médecins et examiné, corrigé et approuvé par quatre médecins et quatre apoticaires que vous avez nommés d'office n'a point paru au Suppliant arrivé à sa dernière perfection.
On peut voir par l'errata qui est à la fin de notre dernière Pharmacopée combien les médecins ont été attentifs à relever des fautes qui paroissent des minuties telles sont frustâ pour frustra, œstro pour oestro, etc. , etc.
Dans ce manuscrit ce ne sont pas seulement des fautes d'orthographe qui peuvent échaper aux yeux les plus clair-voians, ce sont des phrases, des constructions, des fautes de latinité, des compositions qui ont besoin d'être rectifiées, d'autres qui sont oubliées, etc., etc.
Il y a 149 pages in-folio dans la première partie de ce manuscrit et 187 dans la seconde; le suppliant a fait ses observations sur la première partie, il est à la 52'"e page de la seconde.
Ses observations critiques vont déjà à soixante-et-quatorze pages in-folio, dans lesquelles il rapporte le texte qu'il croit vicieux,
là-dessus fait ses réflexions et ajoute sa façon de penser pour faire mieux. Cet ouvrag-e seroit plutôt fait, si le suppliant en faisoit son unique occupation ; mais sa profession lui prend un tems qu'il ne peut refuser à ses malades.
Dans le dessein de continuer ses réflexions il vous présente son cahier qui est sa minute afin de recevoir vos ordres; si vous le charg-ez de continuer il ne perdra aucun moment pour achever ce qu'il a commencé . Si le tems est limité au Suppliant, il sera peut-être dans l'impossibilité de fournir ce que vous avez désiré dans ladite apostille.
Et comme plusieurs des médecins ci-devant examinateurs demandent de quel droit le suppliant s'avise de trouver mauvais ce qu'ils ont trouvé bon, et que de tems en tems ils redemandent leur manuscrit, y font de nouveaux changemens pour troubler le suppliant dans son travail ; d'ailleurs puisqu'ils ont représenté à Vos Seigneuries par leur dernière requête du 20 de ce mois dont M. Boucher a donné connoissance au suppliant que leur ouvrage est totalement achevé, le suppliant se retire vers vous,
Messieurs, Afin que vous déclariez le suppliant duement authorisé pour faire par vos ordres les réflexions qu'il jugera convenables sur le manuscrit de la nouvelle Pharmacopée, que pour ce faire vous lui permettez d'avoir chez lui ledit manuscrit dont il sera responsable, vous réservant de faire usage desdites réflexions comme vous trouverez convenir. — Ce 26 avril 1771 .
Appostille
Vue la présente requête, nous avons agréé et agréons les ofl^res y contenues, authorisons le suppliant de faire sur le manuscrit de la nouvelle pharmacopée les réflexions qu'il trouvera convenables, lui permettons en conséquence de prendre ledit manuscrit chez lui moiennant son récépissé et à charge de le déposer en l'hôtel de ville tous les jeudis pour y être examiné par les médecins et apoticaires qui s'y présenteront en exécution de nos ordonnances des 16 février et 20 de ce mois.
Fait en Conclave, la loy assemblée le 27 avril 1771.
De Madré des Oursins.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2"'' dossier. — Pièce manuscrite.
Justification des « Errata » de De Henné. 31 août 1771.
A Messieui's,
Messieurs les Rewart, Maieur, Echevins, Conseil et Huit Hommes de la Ville de Lille,
Supplie très humblement le médecin De Henné disant qu'il n'a point perdu de tems pour répondre aux vues de vos Seigneuries touchant le nouveau Codex .
Les Errata de ces sortes d'ouvrage sont de conséquence, l'errata du vieux Codex qui est à la tète de ses réflexions est un exemple de l'attention des médecins de ce tems là et de leur exactitude. On y trouve
Csilix corriger Ga.li/x
Pecoradlo — Pecora illo
Œ'stro — Oestro
Frusta — Frustra
Comodius — Commodius
Resolvetur quem — Resolvetur , quem
Dans cette correction il s'agit d'une virgule oubliée, et ces médecins nos Prédécesseurs la regardent comme une faute qu'ils n'oublient point dans leur errata.
Le suppliant a relevé non toutes, mais une grande partie des fautes qu'il a trouvées dans le manuscrit de la nouvelle Pharmacopée, il a relevé les fautes d'ortographe latine, les fautes de latin, celles qui regardent les doses des remèdes et leurs compositions.
Les observations du suppliant qu'il a nommées les errata in novo codice montent à deux cent-vingt-deux pages in-folio : il vient de les faire examiner scrupuleusement, par page et par ligne confrontées sur l'original, par la Société, laquelle pour un examen de cette conséquence s'est extraordinairement assemblée deux heures chaque jour : son approbation se trouve à la fin des réflexions.
Ces fautes que le suppliant a relevées sont cotées avec la plus grande exactitude par page et par ligne sur le manuscrit qvii vous a été présenté comme prêt à passer à l'impression et sur lequel vous l'avez autorisé à travailler par apostille à sa requête du 27 avril 1771. Ces corrections sont si multipliées qu'il a été conseillé au suppliant pour ne point exposer sa santé par des conférences de vive voix de
demander à vos Seigneuries que les auteurs ou les ci-devant examinateurs du nouveau Codex ne pouvant emporter de l'hôtel-de-ville, crainte de disparition, l'errata que le suppliant a l'honneur de vous présenter, qu'il soit déposé au greffe de Monsieur le Procureur- Sindic de la Ville, qu'il soit nommé commissaires devant lesquels seulement on pourra le déplacer du greffe, que ceux qui seront commis de la part de vos Seigneuries pour juger des fautes, écrivent en cas de sentiment contraire dans la quatrième colonne qui est restée en blanc les raisons des contradictions.
Le Collège général a désiré dans la seconde partie une troisième classe composée de remèdes magistraux : de cette troisième classe bien faite il résulteroit un avantage certain non seulement pour les malades et les Apothicaires, mais surtout pour les Médecins, qui au lit des malades n'ordonnent quelquefois pas un bon remède qu'ils connoissent, parce que leur mémoire est en défaut soit sur le nombre soit sur la dose des médicamens qui entrent dans la composition.
Ce n'est pas l'esprit de contradiction qui a dirigé ou animé le suppliant, c'est le désir de concourir à mériter votre protection, Messieurs, et à augmenter par cette nouvelle édition l'estime que le Public éclairé doit faire des médecins de Lille.
En vous présentant ses observations le suppliant se retire vers vous,
Messieurs, Afin que tout considéré vous receviez agréablement les réflexions du suppliant sur les errata du manuscrit de la nouvelle Pharmacopée de cette ville ; demandant que son cahier, crainte qu'il soit raturé ou qu'il disparoisse, soit déposé au greffe sans pouvoir être emporté de l'hôtel de ville, qu'il soit nommé deux commissaires devant lesquels les errata pourront être vus, examinés, approuvés, ou contredits par qui vos Seigneuries trouveront bon ; qu'il soit ajouté une classe de remèdes magistraux telle qu'elle est demandée à la page 201 , et queledit cahier soit renvoyé au suppliant avec les contradictions écrites dans la quatrième colonne pour qu'il en soit appaisé ou y contredise. Quoi faisant, etc.
Lille, ce 3i aoust 1771. De Henné, Doct. Méd. Monp.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2"" dossier. — Pièce
Protestation de la Commission au sujet des « Errata » de Dehenne. 21 août 1771.
A Messieurs,
Messieurs les Rewart, Mayeur, Esclievins, Conseil et Huit Hommes de la ville de Lille.
Remontrent très humblement les médecins et apoticaires dénommés par votre ordonnance du i^i" aoust 1770 pour l'examen du projet d'un nouveau dispensaire, à l'usaj^e de cette ville, présenté à vos Seigneuries, par les Sieurs Lestiboudois et Riquet, disant qu'à la lecture qu'on leur a faite de votre ordonnance, du 12 de ce mois, ils ont vu avec peine que le Sieur Dehenne etoit parvenu par ses insinuations, à jetter de l'ombrag-e dans l'esprit de vos Seigneuries sur la façon de penser et sur la conduite desdits remontrans et avoit cherché à les dépouiller de la principale prérogative attachée à leur nomination qui est d'être appréciateurs et juges tant de l'ouvrage que des obser-vations et reflexions qui peuvent y être relatives ; puisque d'un cote l'ordonnance mentionnée leur enjoint de ne pas déplacer du greffe syndic de cette ville la minute du dispensaire non plus que le cahier d'observations dudit S' Dehenne tandis que lui même a été autorisé de la garder chez lui pendant Tespace de cinq mois et d'en disposer comme de son bien, sans qu'il eut été permis aux remontrans de la revendiquer pour la continuation de leurs assemblées au sujet de leurs propres observations non plus qu'aux maîtres apoticaires qui avoient aussi eu le dessein de s'assembler pour le même objet. D'un autre coté ils n'ont pu qu'être surpris de l'injonction qui leur est faite par laditte ordonnance, de coucher leurs reflexions et contredits sur le cahier même dudit S"" Dehenne à cote de ses propres observations et sur la marge qu'il y a laissée en blanc à cette fin, ce qui leur présage que ledit Sieur est dans l'intention de demander à vos Seigneuries que ces reflexions et contredits lui soient communiquées, ce qui le mettroit non seulement au niveau des personnes constituées juges de l'ouvrage, mais le rendroit lui même leur juge. Les remontrans n'ont pas besoin de grands commentaires pour faire sentir à vos Seigneuries quelles en seroient les conséquences puisqu'en multipliant et en envenimant les discussions
on s'éloig-neroit plus que jamais du but proposé et Ton exciteroit l'indig-nation des citoiens.
A ces causes ils ont arrêté de se retirer vers vos Seig-neuries affin que ce considéré, il vous plaise,
Messieurs, porter une nouvelle ordonnance qui leur enjoigne : 1° De continuer leurs fonctions, pour les observations et reflexions du sieur Dehenne, sans aucun assujettissement, et sur le même pied que celles qui leur ont été présentées cy devant, promettant de se conduire en tout avec cet esprit de désintéressement et les sentimens d'honneur qui les ont jusqu'ici animés, trouvant d'ailleurs très juste que messieurs les échevins commissaires au collège de médecine soient témoins de leur travail. 2" Qu'il leur soit libre d'emporter chez quelques uns d'eux moiennant récépissé laditte miziute avec le cahier dudit S'" Dehenne au cas qu'ils le jugent nécessaire pour mieux éclaircir certains objets de discussion par les passages des principaux auteurs qui auront pu en traiter. Ce faisant, etc., Saladin, méd.
au nom des médecins et apoticaires dénommés .
Appostille
Dans l'assemblée de Loy du 21 août 1771 il a été fait lecture des observations faites sur notre Résolution du 1 2 de ce mois par les Si's médecins et apoticaires nommés par celle du i^^' août 1770 pour examiner le projet du nouveau dispensaire ; la matière prise en délibération et tout considéré, ea modifiant, en tant que de besoin, ladite résolution du 12 de ce mois, il a été résolu de déclarer auxdits s'* médecins et apoticaires examinateurs du dispensaire que le magistrat agréoit qu'ils mettent leurs observations relativement aux articles du mémoire du Sr Dehenne qu'ils ne croiront point devoir adopter sur un papier séparé qui sera cependant signé d'eux et puis déposé au greffe sindic pour être pris tel parti qu'il sera trouvé convenir, il a de plus été résolu d'authoriser lesdits s''*^ examinateurs d'emporter chez eux moiennant récépissé ledit mémoire dudit S' Dehenne après neantmoins que les pages en auront été cottées par nos commissaires et pour autant qu'ils en auront besoin pour leur travail.
Du Chasteau de Willermont.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2">= dossier. — Pièce manuscrite.
Demande de Lestiboudois et de Riquet d'envoyer le manuscrit du Codex à Paris.
A Messieurs,
Messieurs les Rewart, Majeur, Echevins, Conseil et Huit Hommes de la ville de Lille.
L'envie de contribuer au bien public eng-ag-ea les supplians à former le Nouveau Dispensaire des Remèdes qu'ils ont eu l'honneur de présenter à vos Seigneuries au mois de Juillet dernier. Dans cette entreprise dont la difficulté ne les a pas rebutés, ils ont préféré le désir d'être utiles, à l'ambition de plaire à tout le monde.
Le Bien engagea vos Seigneuries à ordonner l'examen de cet ouvrage . La haute réputation des Médecins et des Apoticaires que vous avez choisis à cet effet est un sûr garant des soins qu'ils ont apportés à remplir vos vues dans cette partie. Ils ont travaillé chacun de leur côté à perfectionner cet ouvrage, ils l'ont enrichi de plusieurs R^emèdes et de différentes remarques sur le choix, la préparation et la mixtion des médicamens, fruits de leurs expériences et de leurs travaux .
Dans le temps que ces examinateurs donnoient un exemple si digne d'être imité de tous leurs confrères, les supplians se sont retirés vers vous, Messieurs, pour qu'il vous plût ordonner que cet ouvrage fut exposé à la critique et aux observations du Collège des Médecins et du Corps des Apoticaires, dans la confiance qu'ils auroient également secondé vos vues ; mais les effets n'ont guère répondu à ce qu'on en attendoit. Le temps que vos Seig-neuries ont accordé à ces observations par leur ordonnance du i6 février dernier et le délay par celle du 20 avril dernier étant écoulés et le manuscript de ce Dispensaire continuant à rester entre les mains d'une personne, qui sous le spécieux prétexte d'une multitude d'observations (dont il n'a jamais fourni aucunes preuves par écrit aux Examinateurs) pouroit plutôt en abuser, fait que les suplians se retirent vers vous,
Messieurs,
Pour qu'il vous plaise, vu le peu de fruits qu'on a retiré des assemblées et délays accordés par vos dites ordonnances du 16 février et 20 avril, permettre aux suplians d'envoyer le manuscript dudit
dispensaire à Paris, pour le soumettre au jugement de quelques personnes les plus célèbres dans la Chimie et la Pharmacie, pour par ce moyen, ne rien laisser à désirer ni en cette ville ni dans la Province sur la perfection de cet ouvrag'e . Ce faisant, etc .
Jean-B. Lestiboudois, méd. P.-J. Ricquet, méd.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2"'= dossier. — Pièce manuscrite.
Protestation contre l'envoi du manuscrit à Paris. 23 novembre 1771.
A Messieurs,
Messieurs les Rewart, Majeur, Echevins, Conseil et Huit Hommes de la Ville de Lille.
Supplient très humblement les Médecins soussig-nés disant qu'ils s'occupent de la santé des citoiens avec autant de zèle que les médecins auxquels vous avez donné votre confiance pour la composition du nouveau Dispensaire qui doit faire Loi dans la Pratique .
Les supplians ne peuvent voir qu'avec douleur et regardent comme un mépris le peu de déférence de Messieurs leurs Confrères et le peu de confiance de vos Seigneuries qui ne daignent pas leur laisser prendre connoissance des compositions prescrites dans ce nouveau dispensaire.
Le premier Dispensaire qui vous a été présenté comme achevé a été trouvé par les suppliants si fautif (\ue les éditeurs l'ont supprimé.
Aujourd'hui ces mêmes éditeurs vous présentent une seconde édition du Dispensaire; il est vrai qu'on en a lu le plan dans le dernier Collège général; mais l'ouvrage n'y a point été apporté. Sur l'extrait de l'approbation du Plan, vous avez cru l'approbation de l'ouvrage ; c'est une surprise dont les supplians vous avertissent.
Les suppliants apprennent que vos Seigneuries ont ordonné que cette dernière édition du Dispensaire seroit envoyée à des censeurs à Paris : à ce sujet ils ont l'honneur de vous représenter que des censeurs étrangers ne sont pas ceux qui doivent employer dans leur pratique les compositions qui sont proposées dans ce dispensaire.
Des médecins comme ceux de Lille sont bien faits pour se former
leur code de pratique bien mieux que des Etrang-ers. Ils connoissent par leur expérience le tempérament des Habitants, le Climat du Pays, la vertu des Remèdes qu'ils employent. II importe qu'ils aient connoissance et qu'ils approuvent les remèdes dont ils doivent se servir.
A ces causes les supplians s'adressent avec confiance à vos Seig-neuries.
Messieurs,
Afin qu'il vous plaise suspendre l'efFet de votre Résolution d'envoyer à des censeurs étrang-ers la Seconde édition manuscrite de notre Dispensaire.
D'ordonner que cet ouvrag-e avant d'être imprimé sera remis aux supplians pour prendre connoissance des corrections, des additions, des suppressions et des changements qui y sont faits sur la première édition.
Enfin d'ordonner que le volume in folio d'errata in novo codice appartenant au Docteur Dehenne soit remis aux suppliants pour en faire la confrontation . Quoi faisant, etc .
Cyssau m. Monsp. Doct.
DESMnXEVlLLE .
De Henné D. M. M.
Sifflet Méd. Doct. Msp.
Merlin M. Monsp. Doct.
Appostille
Il a été pourvu sur l'objet de la présente requête, par résolution du 23 novembre 1771.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2"" dossier. — Pièce manuscrite.
Impression du nouveau Dispensaire.
29 février 1772.
Dispensaire. Pharmacopée. Apoticaires.
Dans rassemblée de loy du 2g février 1772, il a été fait rapport que le nouveau dispensaire étant achevé, il écheoit de le faire
imprimer conformément à nos résolutions précédentes, mais que cet ouvrag-e auroit contenu plus de vingt-trois feuilles, ce qui en auroit aug-menté la dépense au delà de la somme de six cens livres à laquelle on l'avoit apprécié, à raison d'un louis la feuille, que cependant l'imprimeur offroit de s'en charg-er pour ladite somme quoi qu'il aperçut qu'il contiendroit au moins trente feuilles, pourvu que la ville lui restitue cinquante livres qu'il a du payer pour les fîg-ures chimiques et autres tellement propres au dit ouvrag-e qu'il a fallu les fondre exprès et qu'elles ne pourront lui servir à aucune autre chose, moyennant quoy il procureroit à ses frais les vig-nettes et les fleurons nécessaires et fourniroit à cette ville les soixante exemplaires demandés, la matière mise en délibération, il été résolu d'accepter les offres et de payer en conséquence au S"" Henry, libraire et imprimeur ordinaire de la Ville, la somme de six cens cinquante livres, pour lui tenir lieu de tous salaires et débours au sujet de l'impression dudit ouvrag-e, à condition que l'impression en sera faite sur du papier conforme à la feuille qui nous a été présentée et qu'il en donnera soixante exemplaii'es à cette ville pour être distribués à qui il appartiendra et que si la ville en avoit besoin d'un plus g-rand nombre il les lui laissera au prix de la souscription qui est de six livres l'exemplaire. Signé : Demadre des Oursins.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2"" dossier. — Pièce manuscrite.
Protestation de Lestiboudois et des membres de la Commission, contre un prospectus de l'imprimeur au sujet de la Pharmacopée de 1772.
24 mars 1772.
Résultat de l'assemblée tenue au sujet du nouveau dispensaire, le 24 mars 1772 .
Messieurs les examinateurs proposés par Messieurs du Mag-istrat pour l'examen du nouveau dispensaire présenté par M^'^ Lestiboudois et Riquet ayant mis en considération un prospectus publié pour ladite nouvelle pharmacopée et n'ayant eu du tout connoissance des premières feuilles de cet ouvrage sorties de la presse, estiment que ce prospectus est indécent et injurieux aux auteurs et aux examinateurs
dudit ouvrag-e et quant aux feuilles déjà imprimées qui sont sorties de la presse sans qu'ils eut {sic) pu vérifier l'exactitude des objets qu'elles renferment tels qu'ils sont rédig-és dans les assemblées tenues à ce sujet, est contre la teneur même desdits arrêtés de Messieurs du Mag'istrat, ils pensent qu'ils ne peuvent donner leur attache à la suitte de l'impression de cet ouvrage.
Il est ainsi. Lestiboudois.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2™' dossier. — Pièce
Nouvelle protestation de la Commission au sujet du prospectus de l'imprimeur concernant la Pharmacopée de 1772.
Le i3 avril 1772, Messieurs les examinateurs du nouveau Dispensaire assemblés à l'hôtel de ville ont arrêté ce qui suit :
Messieurs Martin et Saladin ont été chargés cy devant par l'assemblée des dits examinateurs après leur travail fini sur le fond de la minutte de la nouvelle pharmacopée présenté à Messieurs du Mag'istrat par Messieurs Lestiboudois et Riquet de corrig-er les fautes de diction ou de g-rammaire qui pourroient s'y rencontrer et de raporter à leur assemblée les observations qu'ils pourroient faire sur le fond dudit ouvrag'e, lesdits examinateurs ayant reconnu depuis, tant par la teneur du prospectus que Timprimeur Henry a répandu dans le publique, que par laconduitte que Ton tient dans l'impression de l'ouvrage qu'on s'éloigne considérablement de Tordi^e qui doit être suivie à cet égard, ils estiment que l'on ne doit pas aller plus loin, sans qu'on ait publié un prospectus nouveau et tel qu'il a été rédigé par Monsieur des Oursins, et que les cayés à imprimer n'ayent été auparavant communiqués aux examinateurs et aux auteurs membres pour ce qu'ils en vérifient l'exactitude conséquement à ce qu'ils ont areté cy devant et ont signées : Boucher, P. -F. de Brigode,
Carbonnelle, Decroix, Martin, Boudin.
Archives communales de Lille. Carton 64, 2°" dossier. — Pièce manuscrite.
Prospectus de l'imprimeur mettant en souscription la nouvelle
Pharmacopée .
PHARMACOPŒA INSULENSIS . Editio Tertia, Aucta et emendata. (In quarto proposé par souscription) .
A Lille, chez J.-B. Henry, rue d'Amiens, la première porte cochère en entrant par la rue de Notre-Dame. M .DCC.LXXII.