PROSPECTUS
La Pharmacopée de Lille manquoit depuis long-temps ; le prix en étoit même devenu excessif, si on le compare avec les prix courans de Livres ordinaires. Les S''^ Lestiboudois et Ricquet, médecins, sentant la nécessité de la réimpression d'un pareil ouvrag-e, en présentèrent le Plan et le Manuscrit à MM. du Mag-istrat qui crurent aussi en même temps qu'on ne pouvoit apporter trop de précaution pour rédig-er un ouvragée qui intéressoit en quelque sorte la vie des Citoyens et qui devoit servir de Code aux différens Ordres de la Médecine. Ce fut donc en conséquence de ces réflexions et à la demande des Auteurs que l'on soumit cette nouvelle PHARMx'^COPEE à l'examen de personnes choisies dans le Corps des Médecins et Apothicaires. MM. du Mag-istrat pour s'assurer encore plus de la solidité du travail et donner à l'ouvrag-e le sceau de l'approbation g-énérale, accordèrent la lecture du Manuscrit aux Médecins et Apothicaires qui n'avoient pas été du nombre des Examinateurs : M. Saladin, Médecin et Professeur à l'Ecole de Mathématiques, et l'un des Examinateurs, fut charg"é de i^édiger les observations, et de veiller à la correction des épreuves, de concert avec les Auteurs. D'après ce simple exposé, on sent combien la nouvelle PHARMACOPEE doit être enrichie des' découvertes que l'on a faites dans la Chimie et l'Histoire Naturelle : on ne s'est pas contenté de retrancher de l'ancienne Edition tous les Remèdes inutiles ou mal combinés, on y a ajouté des Compositions plus sûres, plus adaptées au local ; la marche en est encore tout à fait différente : on a mis à la tête de rOuvrag-e d'excellentes Définitions et un court traité de Botanique usuelle très soig-né et fait avec méthode.
Un Ouvrage de cette nature n'est susceptible d'aucun extrait ; en exposant avec fidélité aux g-ens de l'Art la marche que l'on a suivie
pour publier cette PHARMACOPÉE, on a cru en faire mieux l'éloge que si l'on présentoit quelques morceaux détachés, qui ne peuvent avoir de force que par l'ensemble qui les lie.
Il est encore plus difficile au Libraire de faire connoître la nature du caractère que l'on employera ; la plupart de ceux dont on se sert dans l'Imprimerie devront être mis en usage : on a même été obligé de faire dessiner et graver à Paris des Caractères Chymiques^ dont les Matrices ne se trouvoient dans aucune fonderie du Royaume. On a fait graver exprès des Fleurons analogues, autant qu'on l'a pu, à la nature de l'Ouvrage : on n'épargnera ni soins, ni dépenses pour rendre cette nouvelle PHARMACOPÉE digne du Public .