‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 82 sur 196 · Planche n° X · texte numérisé non relu

Planche n° X

3. Arnould Devcjez ou Devvez, plus connu sous le nom de de Vuez, est né à Saint-Omer le 17 octobre 1644; il étudia le dessin et la peinture successivement à Paris, à Venise, à Rome. Quelques années après son retour en France, il vint se fixer à Lille, où il mourut le 18 juin 1720.

Peintre en histoire, il fit de nombreux tableaux pour les églises, hôpitaux et abbayes de la région. Il fut chargé de décorer la saîle du Conclave, à l'Hôtel de Ville. Ces peintures sont remarquables par des dessins de composition, mais il faut regretter qu'il se soit servi d'un matériel défectueux ou bien que la conservation en ait été insuffisante, toujours est-il que la plupart de ses tableaux sont devenus plus ou moins uniformément noirs.

presque une massue porte un serpent enroulé pour indiquer la prudence traditionnelle de la science médicale ; l'autre accessoire est un coq ^, placé au devant du support dissimulé, sur lequel le personnage appuie son coude droit : le corps vig-oureux, la tête relevée, la queue retroussée avec de longues plumes demi circulaires sont autant de détails qui désignent bien l'espèce g-alline de race flamande ^. La Science désignée par cet emblème est bien la science pharmaceutique avec sa sollicitude attentive que rien ne lasse^ qui s'étend à tous les détails et qui demeure en éveil à tous les instants de jour et de nuit. C'est donc la Science medigo-pharmaceutioue qu'indique ce personnage, gravement vêtu, la tête laurée. L'unification des deux sœurs (médecine et pharmacie) était une façon courtoise de montrer comment les Lillois comprenaient le rôle de la pharmacie : « P liannacopoeia est secunda Medicinœ curatricis pars, quœ per Medicamenta absolvetar, eadem seligendo, prœparando et mîscendo ^. » Au tout premier plan et au devant de la Science medicopharmaceutique, un personnag-e assis, presque couché, reposant la main gauche sur un g-ouvernail et la droite sur une amphore, d'où s'écoule une source abondante, est bien Neptune avec ses attributs, sa tête sénile et sa barbe fluviale. 11 paraît indiquer que les médicaments indigènes sont retirés des trois règnes de la nature : les animaux sont représentés par les poissons, les végétaux par les herbes variées qui croissent sur les rives, les minéraux par l'eau et les rives du fleuve lui-même.

1. Le jeton du Collège de pharmacie de Paris de 1778 porte sur une de ses faces un coq en garde opposé à un serpent, avec l'exergue : Et vigil et prudens (Reproduit dans Le Magasin pittoresque, 1858, p. 88).

2. C'est encore à peu près le type qui porte dans le pays le nom de coq de combat ou coq à battre.

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