Pharmacopœia Lillensis, p
2. Archives communales de Lille. Compte de la ville de 1695, f" 300. 3-4. Voir aux Pièces justificatives, n" 73, les " Scriptores Jnsulenses ".
Joannes Hacliin, Cuiiœ Pharmacopœiorum Decanus ; iEgidius Talboom, Curiœ Pharmacopœiorum a Senatoribus pro
tempore Inspector i ; Joannes Franciscus Dezobry, Curiœ Pharmacopœiorum pro
tempore Juratus ; Albertus Dominicus Lambert ; Joannes Baptisla Renier, Curiœ Pharmacopœiorum pro tempore
Inspector, Nosocomiis Begiis in Gallo-Flandria Prœpositus.
Puis viennent la préface « Candido lectori)) et quelques définitions g-énérales, enfin la longue liste des minéraux, animaux et vég-étaux. Nous citerons seulement ceux qui ne fîg-uraient pas dans la Pharmacopée de i64o^ car à cette époque les commissions chang-eaient fort peu de choses aux préparations parues antérieurement.
Cette fois, ce sont les minéraux qui commencent la long-ue nomenclature des produits qui devaient se trouver dans les officines.
On semble avoir fait de i64o à 1694 de grands prog-rès dans la science minéralogique, car on divise ces produits comme on divise les plantes : d'abord ce sont les terres, les eaux, les pierres précieuses et les pierres moins précieuses, puis les métaux, les métaux presque métaux {afjînia), les scories métalliques naturelles et artificielles, les sels et enfin les sulfures.
Dans les terres on trouve comme médicaments nouveaux : la Terre japonaise qui était amère et douce ; la Terre molybdoïde qui était une espèce de mine de plomb ; le Tripoli ; la Terre verte dont on se servait en peinture ; enfin la « Terre d^ombre ^. »
1. Voir aux Pièces justificatives, n° 73, les " Scriptores Insutenses ".
2. La Terre d'ombre est en pierres de différentes grosseurs et nous vient d'Egipte et autres endroits du Levant. Son usage est pour la peinture. Avant que de broyer la terre d'ombre, on la brûle tant pour la peinture en huile que pour les gantiers ; estant brûlée, devient plus rougeâtre. (Pomet, Histoire générale des drogues, 2° partie, p. 114, Paris, 1694.)
Les rédacteurs de la Pharmacopée de 1 694 décrivent l'eau de la façon suivante : « Selon la variété des lieux d'où elle tombe, où elle demeure, ou vers lesquelles elle coule, l'eau d'où toute chose dérive reçoit divers noms et f'orm.e des variétés. Soit qu'elle coule, soit qu'elle demeure stag-nante, elle est simple ou mixte. Or nous devons nous occuper ici de Teau simple qui est censée la plus apte à extraire les vertus des médicaments. On la demande claire, très lucide, lég-ère, pure, sans odeur et sans saveur, car étant telle elle traverse rapidement l'estomac, sans aucun dérangement pour cet organe. » Les eaux dont on se servait étaient : l'Eau de fontaine, de fleuve, de g-lace fondue, de lac, de neige, de pluie, de mer et on ajoutait la rosée de mai.
Dans les pierres précieuses et moins précieuses, l'Amétiste, qui s'appelle ainsi parce que sa couleur semble imiter celle du vin ; la Topaze, qui avait la propriété d'arrêter les hémorrhag-ies ; le Grenat, dont quelques espèces servent actuellement comme fondants dans la métallurgie du fer; l'Emeraude, qu'on appelait aussi prassinus, c'est-à-dire de couleur verte, parce qu'elle était la plus belle pierre verte connue; l'Ag-ate, qui, pendue au cou, fortifiait le cœur; l'Amiante, qu'on nommait aussi lin de feu; la Crapaudine, qu'on portait au doigt pour se préserver de la peste; la Pierre de Touche, qu'on appelait lydias à cause de son origine ; la Serpentine, qui guérissait les plaies produites par les morsures de serpent ; la pierre d'Emeri, qu'on employait pour polir les métaux; le Talc, ou Etoile de terre, sont celles qui ont paru en 1694 avec, dans les métaux, l'Etain qui cependant était connu depuis long-temps. Dans les scories, les produits nouveaux sont : le Misy qui, selon Dioscoride, était une espèce de chalcite ; le Sory, qui était un astringent et un dessiccatif et le Spode, qui était de l'Ivoire brûlé. Dans les sels et les
sulfures, on peut citer l'Anatron ou Natron, qui était de la Soude qu'on faisait évaporer des eaux du Nil et le Charbon de pierre trop connu pour qu'il soit nécessaire d'en parler.
Dans la nomenclature des vég-étaux, les nouveautés sont : les racines de Barbe de Chèvre, de Behen, de Gontrayerva, d'Ipecacuanha, de Mandrag-ore, de Polypode de Chêne, que Lespleig-ney ^ décrit dans ces quatre vers :
Grec polipodion quercin, Felicule dict en latin, Purge le flegme et la colère, Et membres desjoinctz réinsère.
Les champignons, tels que la Vesse de loup, qui g'uérissait les hémorroïdes ; le Champig-non de cerf, qui était antivenimeux; la Moulle, que l'on employait comme apéritive et le Mousseron, qui était connu comme digestif; les Galles que l'on appelait suie, car leur usag-e était pour la teinture en noir; l'Epong-e d'églantier, qui était antiscorbutique.
Les Ecorces d'aune dont il était « bon d'en semer dans les chambres estans encore toutes baignées de la rousée du matin, pour tuer les puces ^ » ; le Quinquina qui était connu en France depuis 1679, mais dont on ne connaissait pas la description ; on en savait seulement ce qui suit en 1694 : « Le Kina Kina est l'écorce d'un arbre indien du même nom ; on préfère celui qui est peu épais, compact, rug'ueux à l'extérieur, poli à l'intérieur, de couleur rouille fer comme la cannelle, subamer avec une certaine apreté ^)); (il faut avouer que c'était bien peu pour éviter les falsifications, mélang-es et substitutions) ; les écorces de Fran-