SGANARELLE
Monsieur, je vous prie de me donner une boîte de votre orviétan, que je m'en vais vous payer.
l'opérateur L'or de tous les climats qu'entoure l'Océan Peut-il jamais payer ce secret d'importance ? Mon remède guérit par sa rare excellence, Plus de maux qu'on en peut nombrer dans tout an : La gale, La rogne, La teigne,
Les poudres nouvelles sont la poudre ad casum, la poudre sternutaloire et la poudre de Gutteta ^ où le crâne humain râpé était mêlé avec la corne de cerf, les ongles d'élan, le corail rouge^ etc. ^
Dans les pilules, on remarque les pilules de Tartre, les pilules hydropiques de Bontius, les pilules mercurielles et les pilules fétides qui étaient toutes purgatives étant à base d'aloès. On peut citer parmi les extraits : l'extrait de Safran, l'extrait de Rhubarbe, l'extrait d'Opium, puis des préparations telles que les clous fumants, les Trochisques de Gordonius et ceux de minium. Pour la première fois on trouve un chapitre De Balsamis qui commence par le baume d'Arcaeus (le même que celui qu'on emploie aujourd'hui) et qui se termine par le baume de Saturne, mélange d'huile de térébenthine et de sel de plomb. Les emplâtres nouveaux sont très nombreux ; on y remarque le vésicatoire et l'emplâtre de sang humain où le sang et
La fièvre,
La peste,
La goutte,
Vérole,
Descente,
Rougeole.
0 grande puissance De i'orviétan 1
SCtANARELLE
Monsieur, je crois que tout l'or du monde n'est pas capable de payer votre remède; mais pourtant voici une pièce de trente sous que vous prendrez, s'il vous plaît.
l'opérateur Admirez mes bontés et le peu qu'on vous vend Ce trésor merveilleux que ma main vous dispense. Vous pouvez, avec lui, braver en assurance Tous les maux que sur nous l'ire du ciel répand : La gale, La rogne, etc.
[U Amour médecin. Acte II, Se. VIL)
1. Gutteta est un nom, tiré du patois languedocien, qui signifie épilepsie ; on a donné ce nom à une poudre anti-épileptique (Lemery, Pharmacopée, p. 25.)
2. Sous la même dénomination, Vittet, de Lyon, donne une autre formule.
l'axonge humains étaient mêlés avec de la litharge, du vert-de-gTJs, de la limaille de cuivre, de la cire, de la térébenthine^ du vinaigre, de l'huile de mille-pertuis, du vitriol de Chypre et du sel de persicaire ^
Dans les préparations chimiques que Ton a divisées par métaux, on doit signaler : le Vitriol de Mars, le Cuivre calciné, la Céruse, le Sel de Saturne, le Diaphorétique de Jupiter^ le Mercure précipité blanc^ l'Ethiops minéral, l'Antimoine diaphorétique, les fleurs d'Antimoine, l'Esprit de sel, l'Esprit de vitriol, l'Esprit de nitre, le foie de Soufre, les fleurs de Benjoin, la Pierre infernale, etc., etc.
Cette Pharmacopée était à peine terminée que l'on oblig-eait tous les médecins et apothicaires à s'y conformer exclusivement.
Nous Rewart, Mayeur, Eschevins, Conseil et Huit Hommes de la' Ville de Lille estant yntbrmé que le dispensaire fait en exécution de nos ordres en 1640 contenoit plusieurs médicamens qui n'estoient plus en usage et qu'yl y en avoit d'autres en conséquence qui n'y estoient point compris et qu'ainsi yl alloit du bien public de le changer et d'en faire un nouveau, nous aurions choisi et dénommé plusieurs médecins et apoticaires de cette ville pour y travailler et ce nouveau Dispensaire avoit ensuite esté achevé et à nous présenté au mois d'aoust dernier, ceux du siège des apoticaires nous auroient demandé par requeste ordonnance portant qu'il seroit exécuté sous les peines que nous verrions bon estre, et désirant y pourvoir avons ordonné et ordonnons aux médecins et apoticaires de se garnir d'un pareil dispensaire et de s'y conformer au fait de leurs ordonnances, compositions et médecines, à peine de quinze florins d'amende pour la première contravention, de trente en cas de récidive et à la troisième contravention d'estre déchuz et privez de l'exercice de leur profession.
Le 20 novembre 1694 ^^.
1. Cette formule faisait, paraît-il, autorité. Lemery l'a copiée textuellement dans la Pharmacopée de Lille, faisant remarquer toutefois que la limaille de cuivre n'était pas nécessaire, puisqu'il y avait du vert-de-gris.
2. Archives communales de Lille. Registre aux ordonnances de police, coté Q, f" 286.
Le Magistrat apprécia le travail qu'avait demandé cette nouvelle édition et voulut donner une marque de satislaclion à ceux qui s'en étaient acquittés.
Le 31 may 1695, sur ce qui nous a esté représenté que les médecins avoient perdu beaucoup de temps dans la composition du dispensaire fait à l'usage des apoticaires, nous avons résolu de leur accorder ti'ois cens florins afin de les récompenser des peines qu'yls se sont données à ce sujet ^.
Cette somme fut livrée au doyen des médecins Vanderhoude pour être distribuée à tous ceux qui avaient pris part à la revision :
Au sieur Yanderlioude, doyen des médecins de cette ville, la somme de trois cens florins pour estre distribué et reconnoistre les bons services qu'ont rendu au public ceux qui ont travaillé audit dispensaire présenté à Messieurs du Magistrat, sy qu'il conste par ordonnance du xvi de juin xvjc quatre-vingt-quinze signée B. Herreng, et quitance au pied, partant icy laditte somme de ni= florins ^.
L'huissier du collège lui-même reçut une g-ratifîcation de la ville à cause du travail supplémentaire qu'il avait eu pendant la composition de ce dispensaire :
A Gilles Willans, huissier du collège des médecins, la somme de trente florins que Messieurs du Magistrat luy ont accordé en considération des devoirs extraordinaires par luy rendus audit collège pendant la composition dudit dispensaire.... ^
1. Archives communales de Lille. Registre aux résolutions du Magistrat, coté 15, f» 235.
2. Arghites communales de Lille. Compte de la ville de 1695, f° 300.
3. Archives communales de Lille. Compte de la ville de 1695, l'°301 v°.