‹ Histoire de la pharmacie et de la matière médicale depuis les temps les plus reculésChapitre 12 sur 16 · II. ÉCOLE EMPIRIQUE · texte numérisé non relu

II. ÉCOLE EMPIRIQUE

Sérapion. — Mithrldale. — Nicaudre. — Les rois pharmaceules.

On peut attribuer l’origine de l’école empirique à plusieurs circonstances qui concoururent 'a la fois, mais à l’insu l’une de l’autre, à une sorte de révolution dans les sciences médicales. C’est ainsi que les perfectionnements de l’anatomie et les objections qui en résultèrent contre les principes de l'école dogmatique, que l’influence du système

philosophique de Pyrrhon, alors très répandu, enfin, xjue l’introduction dans la thérapeutique d’un grand nombre de médicaments nouveaux importés par le commerce, jetèrent presque en même temps le trouble dans les doctrines établies, et commencèrent 'a détourner les médecins de la route qu’Hippocrate avait tracée à l’observation. Philénus, de Cos, disciple d’Hérophile, fut le premier à ériger en système l’incertitude des théories en médecine, et à proposer de s’en rapporter exclusivement à l’expérience, dans le traitement des maladies. Sérapion, d’Alexandrie, son successeur, donna encore plus d’extension à ce système, et posa, comme principe, de n’admettre que ce qui est évident, de rejeter toute hypothèse et même toute recherche sur la cause occulte des maladies. Il est clair que l’étude des médicaments devait être la base de cette nouvelle méthode ; aussi, les empiriques s’attachèrent-ils à expérimenter, à priori, sur toutes les substances dont la matière médicale s’était récemment enrichie. Malheureusement iis ne se servirent pas toujours d’une bonne méthode d’observation : au lieu d’étudier l’action isolée de chaque substance, il les associèrent dans des formules compliquées. Puisque tel médicament avait réussi dans un cas simple, iis pensèrent que deux substances mêlées devaient agir simultanément dans une affection qui aurait un double siège, et comme dans certaines maladies on remarquait de nombreux symptômes, on imagina qu’une préparation qui renfermerait toutes les drogues capables d’agir sur chacun d'eux, aurait une efficacité complète, comptant, comme le dit naïvement D. Leclerc, que le médicament serait plus habile que le médecin. Telle est la source des écarts auxquels la secte empirique fut entraînée, et de cette polypharmacie dont les abus, à partir de cette époque, s’accrurent et se propagèrent de siècle en siècle.

Sérapion s’appliqua avec activité à l’étude des médicaments ; il rassembla toutes les formules dont l’usage populaire avait consacré

l’efficacité. Aétius d’Amide et Nicolas Mvrepsus nous ont conservé plusieurs préparations dont il fut l’inventeur. Nous savons ainsi qu’il employait contre le choléra des pilules composées avec la semence de jusquiame, Tanis et l’opium, formule assez analogue aux moyens récemment employés contre cette cruelle maladie. Dans la passion iliaque, il se servait d’une composition dans laquelle entraient les baies cnidiennes (du Daphné Mezereum ), le sel, l’élatérium, la résine, le castoréum et le diagrèdefi). C’est le premier exemple de l’emploi de ce dernier moyen. Contre la teigne et quelques maladies de la peau, il mettait en usage un mélange de nitre, de soufre et de résine. Enfin, il paraît que, déjà à cette époque, on croyait à l’efficacité de quelques moyens étranges et superstitieux contre l’épilepsie, carSérapion recommandait, dans ce cas, outre le castoréum, dont l’emploi s’est continué, la cervelle et le fiel de chameau, la présure de veau marin, les excréments de crocodile, le cœur et les reins de lièvre, le sang de tortue, les testicules de bélier, d’ours, de coq ou de sanglier. C’est Cœlius Aurélianus qui nous a conservé ces singuliers détails.

Apollonius, d’Antioche, écrivit un traité sur la préparation des onguents, et un autre sur la composition des médicaments extemporanés.

Héraclide, de Tarente, disciple de Mantias, perfectionna beaucoup la matière médicale, et écrivit un ouvrage complet sur les médicaments. Ce livre est aujourd’hui perdu. U s’occupa aussi des contrepoisons. La ciguë, l’opium et la jusquiame étaient la base de ses antidotes, dont il faisait toujours l’essai sur lui-même. L’opium était

(1) Préparation de la scammonée, dont le nom vient de dcicrydion. larme, parce que cette résine, étant fondue, prenait la forme d’une larme.

un de ses remèdes favoris(i), ainsi que quelques-uns des nouveaux aromates importés d’Orient, tels que le costus, le poivre long, la cannelle, l’opobalsamum et l’assafœtida.

Cléophante, qui fut le maître d’Asdépiade, laissa une savante description des plantes médicinales.

Zopyre, qui vivait à la cour des Ptolémées, composa un antidote auquel il donna le nom d’ Ambrosia. Galien dit qu’il proposa à Mithridate d’en faire l’essai sur un criminel qu’il aurait préalablement empoisonné, assurant que son antidote détruirait l’effet du poison. Il imagina le premier une classification des médicaments, disposée dans l’ordre de leurs propriétés.

Cratévas, célèbre botaniste, écrivit sur les plantes un ouvrage qui avait pour titre : Rhizotomoumena. Il ajouta à sa description des végétaux des dessins qui les représentaient. Le manuscrit en existe encore dans la bibliothèque de Saint-Marc, à Venise.

Une circonstance intéressante 'a constater pour l’histoire de la pharmacie, c’est que pendant les deux ou trois siècles où les sciences fleurirent en Egypte et dans l’Asie Mineure, les souverains s’occupèrent presque tous d etudes médicales, spécialement de recherches pharmaceutiques, et que leurs découvertes répandirent une certaine lumière sur la doctrine des poisons et des contre-poisons. Nous avons parlé des encouragements donnés aux sciences naturelles par les

(1) L’origine de l’opium est inconnue. S'il est vrai que sous le nom de vépenthès , Homère ait voulu désigner le suc de pavot, la découverte de la propriété calmante de ce suc remonterait à une très-haute antiquité. Hippocrate parle du suc de pavot et du pavot lui-même, comme d’un somnifère. Diagoras, qui était esclave de Démocrile, et par conséquent contemporain d’Hippocrate, citait Y opium comme une chose dangereuse dans les inflammations des yeux et des oreilles. Les empiriques le firent sortir de l’oubli et en propagèrent l’usage.

Ptolémées, et des travaux personnels de plusieurs princes de cette famille. Antiochus Philométor, Nicomède, roi de Bythinie, les reines Cléopâtre et Artémise, (1) les rois Attale et Mithridate, nonseulement cultivèrent les sciences médicales, mais inventèrent et composèrent eux-mêmes des médicaments auquels ils ne dédaignèrent pas de donner leurs noms. On attribue à Agrippa, roi de Judée, l’invention de l’onguent qui portait son nom(-). Attale Philométor, roi de Pergame, fut célèbre par ses connaissances en botanique et en pharmacologie. Il cultivait lui-même, dans ses jardins, la jusquiame, l’aconit, la ciguë, l’ellébore, et fit de nombreuses expériences sur l’activité de ces plantes. Galien et Marcellus Empiricus citent deux médicaments qui portèrent son nom ; l’un est un emplâtre donHe blanc de plomb était la base ; l’autre un remède interne contre la jaunisse.

Le plus célèbre de ces souverains pharmaceutes fut. sans contredit, Mithridate Eupator, roi de Pont, le rival implacable et si longtemps heureux de la puissance romaine. Sa cruauté et ses passions violentes, qui lui suscitèrent tant d’ennemis, Pavaient pénétré d’une telle crainte d’être empoisonné, qu’il lit détonnantes recherches pour connaître tout ce qui se rapportait à la toxicologie. Il faisait sur des criminels et sur lui-même l’essai de toutes les substances

(1) On prétend qu*Artémise, reine de Carie, femme de Mausole, donna son nom à l’armoise ( Artemisia vulgnris. L.). Il est au moins aussi probable que le nom de ce genre vient du grec Aprs^/fqui était l’un des surnoms de Diane, patrbnne des vierges, à cause de l’efficacité connue de cette plante dans certaines affections de l’utérus.

(2) On pourrait tout aussi bien rapporter le nom de cette préparation au mot ûtyp/7T7r<3y qui, chez les Grecs, signifiait suc de plante. Suidas assure qu’à Sparte, le même mot servait à désigner l’olivier sauvage. L’huile d’olive, ainsi que le suc de plusieurs plantes, entraient en effet dans la composition de l’onguent d * Agrippa.

vénéneuses, et prenait journellement une certaine quantité de poison et de contre-poison. Il s’accoutuma tellement ainsi à l’usage des toxiques, qu’au moment de sa dernière défaite, voulant user du poison qu’il portait toujours avec lui, il ne put réussir par ce moyen 'a se donner la mort. On assure qu’ayant été blessé dans une bataille, les Agares, peuple de la Scythie, l’avaient guéri avec des médicaments dans lesquels entrait du venin de serpent. C’est l'a probablement la source de l’intérêt qu’il attachait à l'étude des toxiques et des animaux venimeux. Il écrivit sur les venins un livre qu’il intitula Theriacafi). Mithridate est particulièrement célèbre en médecine comme auteur d’un électuaire dont la formule figurait encore naguère dans toutes les pharmacopées, et auquel il attachait une grande importance comme alexitère. Cette composition était si fameuse, qu’un des premiers soins de Pompée, après la mort de Mithridate, fut de la faire rechercher dans les papiers de ce prince. On en trouva en effet la formule parmi des mémoires secrets, qui pour la plupart, se rapportaient à des observations médicales, à l’explication des songes et à des recherches pharmacologiques. Indépendamment de la formule du célèbre électuaire, on en trouva une autre que l’on regarda comme celle de son véritable contre-poison. Elle se composait de feuilles de rhue, pilées avec du sel, des amandes de noix et des figues grasses (2). Pompée s’empressa de faire traduire, par son affranchi Lœnus, tous les livres de recettes de Mithridate, et les rapporta à Rome comme l’un des trophées de sa victoire.

(1) Da mot bête venimeuse.

(2) Bis denum rutæ folium, salis et breve granum Juglandesque duas, totidem cum corpore ficus.

Hæc oriente die pauco conspersa Lyæo Sumebat;.... (Q. Serenus Sammonicus.)

Le goût prononcé de Mithridate pour les connaissances pharmacologiques porta naturellement l’esprit de ses contemporains vers des recherches analogues, et contribua évidemment aux progrès de la matière médicale. Presque tous les empiriques mirent leur gloire à imaginer de nouvelles compositions, de nouveaux antidotes, et a y attacher leur nom. Cratévas dédia à Mithridate son ouvrage sur les végétaux, et donna le nom de ce souverain à deux plantes: l’une est notre aigremoine [Jgrimonia Eupatorium , L.) ; l’autre est le Mithridatium ( Erythronium denscanis , L A Pline cite un Babylonien, nommé Zachalias, qui lui dédia un ouvrage sur les pierres précieuses.

L’électuaire de Mithridate se composait de cinquante-quatre substances ; c’était le plus compliqué de tous les antidotes alors connus. On sait que la célébrité de cette composition a traversé près de vingt siècles ; elle n’a cessé que depuis peu d’années de faire partie de nos dispensaires pharmaceutiques, quoiqu’elle figure encore dans quelques pharmacopées étrangères. Linné a donné le nom à' Eupatorium à un genre de la famille des Synanthérées, et Vaillant 'a un autre genre de la même famille, sous le nom d'Ettpatoriophalacron. Le savant Meibomius a écrit une volumineuse dissertation sur la Thériaque et sur l’électuaire de Mithridate. 0)

L’école empirique compte encore plusieurs médecins dont les noms appartiennent, à quelque titre, a l’histoire de la pharmacie. Héras de Cappadoce laissa, comme Andréas de Cariste, sous le nom de Nartex , un ouvrage relatif à la matière médicale et à la préparation des médicaments. Ce livre renfermait la description de tous les remèdes dont il avait éprouvé lui-même l’efficacité. Il fut l’inventeur

(1) Sous le titre: De Mithridatio et Theriacâ discursus . Lubeck. 1652, in-4°.

d’un antidote dont Galien rapporte la formule; le même auteur cite, de Hérasde Cappadoce, quelques préceptes sur la préparation des onguents.

Mais celui des empiristes qui doit surtout fixer notre intérêt, sous plus d’un rapport, est Nicandre, fils de Dammæus, natif de Colophon, en Ionie, contemporain d’Attale III, de Scipion l’Africain et de Paul Émile. Nicandre avait été prêtre d’Appollon à Claros ; il se distingua à la fois comme poète, médecin et naturaliste. Il écrivit plusieurs poèmes, qui tous avaient rapport aux sciences naturelles et à la matière médicale. Celui qui portait le nom de Georgica avait trait 'a l’agriculture et fut dédié à Attale Philométor, dernier roi de Pergame, qui déclara les Romains héritiers de son royaume. Cicéron 0) cite avec éloge cet ouvrage, qui n’est pas parvenu jusqu’à nous.

Il ne nous reste aujourd’hui de Nicandre que deux poèmes, qui ont l’un et l’autre pour sujet l’histoire naturelle et la toxicologie. Le premier est intitulé: Theriaca ; il renferme la description des serpents et des insectes venimeux, le tableau des précautions à prendre pour éviter leurs morsures, et la série des médicaments propres 'a les guérir. L’auteur cite quatorze espèces de serpents, sept espèces d’araignées ( phalanges ), le lézard (, stellio ), la cantharide ( meloë cichorei , et non la litla vesicaloria ), la guêpe, le taon d’Égypte, puis les scorpions, l’abeille, l’iule, la scolopendre, la musaraigne, la salamandre et quelques poissons. On trouve dans le poème des Thériaques plusieurs observations curieuses et nouvelles sur les effets du venin des serpents. La description de l’amphisbène est identique avec celle de Linné. Nicandre a reconnu que le venin des vipères était placé dans une membrane qui entoure les dents. La division qu’il établit

(1) De oratore , ljb. I, cap 16.

entre les espèces de scorpions est très-rapprochée de celle des naturalistes modernes. Il a distingué les papillons de jour des papillons de nuit, et donné, le premier, à ceux-ci le nom de phalènes.

Parmi les moyens qu’il indique pour guérir les morsures des animaux venimeux, on remarque des applications à l’extérieur et des médicaments internes. Les premiers sont des topiques composés de plantes aromatiques broyées avec du vin et quelquefois du vinaigre. Quant aux seconds, ce sont des électuaires plus ou moins composés, mélange bizarre des substances les plus incohérentes. Selon lui, le meilleur préservatif des attaques des animaux venimeux et surtout des insectes est un onguent préparé avec deux serpents, mâle et femelle, de la moelle de cerf, de l’huile, de la cire et de l’onguent rosat.

Le poème des Thériaques contient environ onze cents vers. Le style des descriptions est parfois sec, aride ; on conçoit, en effet, que ces détails prêtaient peu aux dévéloppements de l’imagination ; mais quand il peint les symptômes de la maladie ou les tourments des malades, il s'anime, s’élève et devient tout â fait poétique. Des épisodes ingénieux jettent de la variété dans cet ouvrage et détournent agréablement la vue de quelques tableaux pénibles.

Le second poème, qui nous reste de Nicandre a pour titre : Alexipharmaca Q) . C’est une continuation du poème des Thériaques. Dans le premier, l’auteur nes’était occupé que des poisons qui agissent par l’extérieur; dans celui-ci, il traite des toxiques internes. Il commence par énumérer les substances des trois règnes qui peuvent agir comme poison ; il décrit les symptômes qui en sont les résultats, puis il indique les moyens thérapeutiques propres à les combattre.

(1) De uXiiuv repousser, et <pap/t.iccKov venin. Le mot A lexipharmaque est synonyme des mots antidote , contre-poison et ale xi 1ère.

Il cite, parmi les poisons animaux, la cantharide des Grecs (milabre de la chicorée) (I), le bupreste (Carabus auratus L .), le sang noir de bœuf, la présure des mammifères, le tétraodon ( Tétraodon lagoce phalns L .), la sangsue vénéneuse et la salamandre. Parmi les poisons végétaux, il décrit les effets de l’aconit, de la coriandre (2), de la ciguë, du colchique d’Illyrie(5), de la morelle, de la jusquiame, de l’opium et des champignons. Enfin, dans le règne minéral, il ne cite que deux poisons: le blanc de plomb et la litharge.

Un mérite incontestable du poème des Alexipharmaques est d’offrir un exposé assez exact des symptômes qui caractérisent les diverses sortes d’empoisonnement. Les contre-poisons sont encore ici les topiques et les électuaires plus ou moins compliqués. Il indique, comme antidote de la cantharide, le lait pris en boisson et en lavement, ou bien une émulsion préparée avec la cervelle de porc ou d’agneau, délayée dans une décoction de graine de lin On se délivre de la sangsue que l’on a avalée, en buvant du vinaigre ou de l’eau salée, frappée déglacé. En général, il choisit ses contre-poisons parmi les toniques, les aromatiques, les échauffants, auxquels il associe les .sudorifiques. Dans quelques cas il commence par faire vomir, d’autres fois il emploie les purgatifs, tels que la scammonée, le vin doux, l’huile d’olive et l’ellébore.

Nicandre s’occupa de toutes les parties de l’histoire naturelle, mais, en général, il se montra plutôt poète que naturaliste. Malgré les fables, les croyances populaires dont abondent ses écrits, ils présentent d’utiles documents sur la matière médicale de son époque,

(1) Il parle de la cantharide, comme étant propre à faire lever des ampoules sur la peau.

(2) La coriandre en Égypte a quelquefois excité une sorte de délire.

(3) Le colchique tire son nom de Colchos, où la magicienne Mcdée en faisait sonvent emploi dans ses maléfices.

et l’on peut les regarder comme l’un des monuments les plus curieux et les plus authentiques de la thérapeutique des Grecs, car leur forme les a préservés des altérations. Cependant plusieurs scoliastes se sont exercés sur les deux ouvrages qui nous restent de lui. C. L. Cadet a fait des Thériaques et des Alexipharmaques Eobjet d’une intéressante et spirituelle dissertation. (G

L’école empirique eut, selon Sprengel, la gloire de relever l’élude des sciences naturelles et d’arracher la matière médicale au mépris dans lequel l’école précédente l’avait laissé tomber. Ses sectateurs firent une chose utile, et se montrèrent animés du vrai génie de la médecine, en préférant l’expérience aux théories imaginaires; mais ils eurent le tort d’ouvrir la carrière aux abus de la polypharmacie, carrière dans laquelle s’engagèrent de plus en plus les écoles qui succédèrent 'a celle-ci.

C’est à Nicandre que s’arrête l’histoire de l’école alexandrine. Les Romains vainqueurs de Mithridrate, héritiers des rois de Pergame, la Grèce subjuguée et veuve de ses philosophes, l’Egypte abandonnée des savants et livrée à la guerre civile, telles sont les causes de la décadence rapide de cette école, dont nous allons voir les débris se transporter en Italie et, sous le nom d 'école méthodique , relever dans le siècle suivant l’édifice des sciences naturelles, physiques et médicales.

(1) Insérée dans te Bulletin de Pharmacie , t. II. p. 357.

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