‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 113 sur 358 · mdre, 245, c, d. e · texte numérisé non relu

mdre, 245, c, d. e

110 PH1L080PHIB ORBCQDB.

incapable d'accomplir entièrement la loi de l'expiation. Les juges de la terre, revêtus d'un corps, jugent des âmes également revêtues de leurs corps, et ils les jugent trop souvent d'après leur enveloppe extérieure. Il faut une autre justice ; il faut une âme qui s'adresse à Tâme face à face, sans intermédiaires, et prononce sa condamnation ou son absolution par un décret infaillible: c'est Tâme divine (1).

Comment s'accomplira Texpiation ou la récompense dans l'autre vie? — Ici commencent les hypothèses et les mythes poétiques. Tantôt Platon nous fait parcourir les périodes circulaires de la grande année^ au bout de laquelle tout recommence dans le même ordre, de la même manière, à des intervalles égaux, et ainsi à l'infini, pendant Téternité. Tantôt il nous montre les âmes des méchants soumises à des transformations qui sont des supplices, mais finissant par revenir à l'excellence et à la dignité de leur premier état (2) ; d'où l'on peut conclure que toutes les âmes retrouveront enfin leur pureté primitive, et que le mal sera définitivement vaincu par le Bien (3).

Ce qui domine tous ces mythes, c est l'idée d'une Providence vigilante, rendant à chacun selon ses œuvres, disposant toutes les parties de l'univers dans l'ordre le plus propre à la perfection de l'ensemble. Lorsque Platon aperçoit ainsi toutes choses dans l'universel, il ne voit plus partout que le Bien, la justice divine, le triomphe complet de l'Idée intelligible au sein du monde sensible : le mal s'est évanoui dans le Bien comme le relatif dans l'absolu, comme le non-être dans l'être, la matière dans l'Idée, l'ombre dans la pure lumière ; la Providence est absoute : « Dieu est innocent (4). »

vr. — Conclusion.

Platon a compris que lidée du Bien peut seule fournir la solution des deux grands problèmes dans lesquels viennent se résumer tous les autres : existence de Dieu, existence du monde.

Il semble à première vue^ que la perfection de Dieu soit un

Page 1