XIV INTRODUCTION
pouvoir embrasser Timmensité de Taniversel. Il en est de plus limités et de moins vrais, comme le matérialisme, qui réduit tout aux objets des sens ; il en est de plus larges, mais négatifs encore,
, comme Tidéalisme et le panthéisme, qui réduisent tout aux objets
de l'intelligence ; une seule doctrine, la plus vaste de toutes, semble exclure enfin par une affirmation suprême toute négation et toute limite : c'est celle qui subordonne les autres doctrines, sans les détruire, à la conception la plus haute qu'on puisse
-r ^€*^^t atteindre : l'idée morale de la Bonté libre. C'est la philosophie de la volonté ou de la liberté, supérieure à la philosophie de Tintelligence, comme celle-ci est elle-même supérieure à la philosophie des sens.
Cette méthode de conciliation ne doit pas se confondre avec la méthode proposée sous le nom à.* éclectisme y bien qu'elle s'efforce de retenir ce que l'éclectisme avait de bon. Les Alexandrins désignèrent par ce nom un choix fait dans les divers systèmes. Sans reproduire le mot, Leibnitz reproduisit la chose, en parlant de a prendre le meilleur des doctrines » ; mais il avait soin d'ajouter qu'on doit ensuite aller plus loirij et il ne croyait pas qu'un choix de vérités déjà exposées par d'autres pût constituer toute la philosophie. Il comprenait la nécessité d'une doctrine à la fois conciliatrice et originale; seulement il ne traça point les règles de la méthode pour la découvrir, et il procéda souvent lui-même sans une méthode assez régulière. Par une sorte de curiosité universelle, il était porté à voyager en quelque sorte au milieu des systèmes, à citer les opinions des uns et des autres, à y mêler les siennes, et plutôt à juxtaposer le tout qu'à montrer l'intime liaison des parties.
Dans notre siècle, Victor Cousin, à son retour d'Allemagne, sous l'influence de Schelling et de Hegel, renouvela l'éclectisme et crut y voir la méthode unique de la philosophie même. Il partit de ce principe que tout avait été dit, ou à peu près, par les philosophes, et que l'histoire de la philosophie contient toutes les vérités. De là, cette conséquence que la philosophie s'absorbe dans l'histoire de la philosophie, et qu'il faut presque renoncer à roriginalité des découvertes. En outre, Victor Cousin considère l'éclectisme comme un choix^ au sens propre de ce mot; maïs ce choix, il ne dit pas selon quelle règle on peut le faire, et il le fit lui-même bien souvent sans autre règle que ses préférences pour un système particulier et adopté d'avance, qu'on ajustement appelé une sorte de