‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 168 sur 358 · L - PREMIÈRE PÉRIODE DE U SCHOLASTIQUE · texte numérisé non relu

L - PREMIÈRE PÉRIODE DE U SCHOLASTIQUE

L'influence du mysticisme néoplatonicien et chrétien domine à Torigine de la scholastique. L'irlandais Scot Erigêne (ix« siècle) reproduit en grande partie les doctrines de Platon et de Plotin. — I. Querelle des nominalistes et des réalistes. Les dialecticiens. — Bientôt reparut le problème qui avait séparé Platon et Aristote : celui des idées. Les idées universelles ou universauï, par exemple Thumanité, ont-elles une existence séparée des individus qui les manifestent (Platon), ou n'ont-elles d'existence que dans les individus mêmes (Aristote) ? Ce grand problème de l'origine des idées, qui enveloppe celui de l'origine des choses, devait agiter tout le moyen âge. — La question fut d'abord résolue dans le sens platonicien : les idées universelles répondent à des réalités distinctes de notre pensée et de la nature ; c'est la doctrine réaliste, soutenue surtout par saint Anselme (XI® siècle). Saint-Anselme, outre qu'il reproduit la dialectique platonicienne, v -ajoute un argument nouveau en faveur de l'existence de Dieu : l'argument ontologique. Selon lui, il est contradictoire de penser que la perfection n'existe pas.

car, Texistence étant elle-même une perfection, cela revient à penser que la perfection est imparfaite. — En face de ce réalisme platonicien, selon lequel l'idcai est ce qu'il y a de plus réel, se développe un système qui, reproduisant et exagérant une partie des objections d'Aristote à Platon, refuse toute réalité aux idées universelles. Ces idées, selon Roscelin, ne sont que des mots et des noms. Tel est le nominalisme, — Guillaume de Champeaux combat Roscelin en poussant le réalisme jusqu'à ses dernières exagérations. Entre ces deux doctrines extrêmes se place le conceptualisme d*Abélard, selon lequel les idées universelles sont des conceptions de la pensée résultant de sa nature essentielle; doctrine analogue à celle d'Aristote. L'indépendance et la libre dialectique d'Abélard lui attirèrent les condamnations de FEglise. — II. Les mystiques de la première période. — Saint Bernard oppose la piété mystique aux hardiesses de la dialectique rationaliste —Même tendance dans Vécole de saint Victor (Hugues et Richard, de l'abbaye de Saint- Victor). Les mystiques finissent par admettre, eux aussi, une sorte de liberté d'esprit opposée aux formules de l'autorité. — La libre pensée faisant des progrès, TEglise condamne au bûcher un grand nombre d'hérétiques et Irappe d'anathème les ouvrages d'Aristote (120*J). — Un peu plus tard, Aristote devient la principale autorité dans les choses humaines, praecursor Christi in rébus naturalibus,

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