‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 176 sur 358 · Crniment. sententiarum, X, 10, xii · texte numérisé non relu

Crniment. sententiarum, X, 10, xii

philosophie même, l'organisation et la discipline catholique au iDoyen âge. Les dominicains conservèrent fidèlement la tradition thomiste : ils furent toujours les défenseurs de l'autorité aux dépens de la volonté individuelle et s'opposèrent, comme plus taid les jésuites, à toute invasion de Tesprit nouveau.

IL Nous trouvons une tendance différente chez les franciscains, qui furent constamment les adversaires des dominicains. Les ordres religieux, au moyen âge, étaient la vraie patrie: chacun avait ses tendances, ses modèles, ses saints et son esprit particulier. La lutte des ordres entre eux fut un élément de vie pour la scholastique.

L'ordre des franciscains contient des observateurs de Tâme et des observateurs de la nature, animés les uns et les autres d'un certain soufile d'indépendance relative.

Le franciscain Jean de Fidanza, connu sous le nom de saint Bonaventure (1221-1274), est un méditatif et un mystique. Dans son Itinéraire de Vâme vers Dieu^ il décrit tous les degrés de Tamour ; l'ardeur de son enthousiasme l'a fait surnommer le docteur séraphique.

En même temps, dans l'ordre de saint François, se montrent des observateurs de la nature et des devanciers de la science moderne. Les découvertes des Arabes, en partie transmises à l'Occident, avaient excité l'émulation des scholastiques. Roger Bacon, professeur à Oxford (121 5-1292), dans son Grand œuvre, Opus majuSy qui est le monument scientifique le plus considérable du moyen âge, insiste sur Tinutilité de la dialectique abstraite, sur la nécessité d'étudier la nature par l'observation et de la soumettre aux lois du calcul mathématique. 11 enrichit la science, et en particulier l'optique, de théories nouvelles, et surpasse sous beaucoup de rapports, trois siècles à l'avance, son homonyme le chancelier Bacon. L'autorité ecclésiastique poursuivit et enferma pendant douze années dans un cachot, comme sorcier, celui qu'on avait nommé le docteur merveilleux {doctor mirabilis).

Un autre franciscain, Raymond LuUe, né à Palma, dans l'île Majorque (1234-1315), fut un des esprits les plus aventureux et les plus étranges de son époque [doctor illiuninatus). Après une jeunesse dissolue, il se convertit et se livra à l'étude. Possédé du désir de convertir les infidèles, il passa trois fois en Afrique, et la dernière fois il y trouva le martyre. Raymond Lulle avait

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