‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 192 sur 358 · Causa, prineipio, e uno, Dial · texte numérisé non relu

Causa, prineipio, e uno, Dial

2. Les mathématiques, dit BruQo, nous amènent devant cette identité des contradictoires par les considérations de l'infini, soit en grandeur, soit en petitesse. « Quelle différence trouveras-tu, demande Bruno, entre le plus petit arc et la plus petite corde, entre le cercle infiniment grand et la ligne droite? » (Delà cause, Dial. 5.) Etre, pouvoir, vouloir, ne sont en Dieu qu'un seul et même acte indivisible. {De immenso et irmumerabi'

toutes les qualités, toutes les relations, et en lui-même il est supérieur à tout : il est absolu.

Puisque Dieu est l'Etre universel en qui tout subsiste, il ne faut pas se représenter son action ou sa providence comme extérieure aux choses et comme s'exerçant du dehors au dedans. Non, Dieu est la cause intérieure et immanente au monde, qui, comme Tâme organise son corps, organise et gouverne le monde du dedans au dehors. Dieu est donc présent dans le brin d'herbe, dans le grain de sable, dans l'atome qui se joue au milieu d'un rayon de soleil, comme il est présent dans l'immensité, c'est-à-dire tout entier, puisqu'il est indivisible. Cette toute-présence substantielle et naturelle de TÊtre infini explique et anéantit tout ensemble, selon Bruno, le dogme de la présence surnaturelle dans l'hostie consacrée. Grâce à la toute-présence réelle de l'infini et à son action indéfectible au fond de toutes choses, tout dans la nature est vivant, rien ne s'anéantit. La vie est une métamorphose de la mort ; la mort est une métamorphose de la vie. Dieu est la puissance qui se transforme en toutes choses, et qui n'en demeure pas moins toujours une, toujours la même en soi.

Comme du grain de froment jaillit l'épi, toute existence procède du germe universel. Chaque être est une unité active et vivante qui se multiplie et s'épanouit à l'image de Dieu même : chaque être est une monade, reproduisant sous une forme particulière la monade des monades, l'unité des unités, qui est Dieu. Chaque être est donc une âme, et le corps est plutôt une apparence qu'une réalité. « La vérité n'est dans Têtre sensible que comme un miroir; c'est dans l'âme qu'elle est avec sa propre et vive forme (1). » Se répandre, se concentrer, voilà la vie de la monade; son mouvement d'expansion vers le dehors produit ce que nous appelons la corporéité, son retour sur elle-même produit la pensée. Chaque chose est un centre qui devient sphère et une sphère qui redevient centre. La naissance est l'expansion du centre ; la vie est la durée de la sphère ; la mort est la contraction de la sphère et son retour au centre. Sous ce mouvement alternatif de 1^ vie et de la mort subsiste, comme le lit immobile de l'océan sous les flots qui se succèdent, l'unité éternelle, immuable et infinie.

libus, I, II.) Il est et il peut naturellement ou nécessairement ; il veut librement ; liberté et nécessité sont donc en lui identiques. En se déployant, il se multiplie en toutes choses; et cependant il reste en lui-même, toujours un et simple.

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