Rép. à Regius
DE L'aME. son existence^ SES FACULTÉS ET SA NATURE. 253
cientes de Tesprit ne constituent pas des jugements lorsqu'elles dencieurent isolées ; la vérité ou Terreur réside dans la liaison des idées entre elles ; et cette liaison, c'est l'activité volontaire qui l'introduit.
L'esprit n'est pas seulement passif : il agît. L'entendement, avec l'enchaînement nécessaire de ses idées, est quelque chose de déterminé et de fatal ; la volonté, supérieure à l'entendement et à ses lois nécessaires, est libre. De là aussi le caractère fini des idées et le caractère infini de la volonté. La liberté est une sorte de « miracle», comme la création ex nihilo. « Elle consiste en ceci, que nous pouvons faire une chose ou ne la faire pas (1). » Mais ce pouvoir n'est pas un état d'indifiérence. « L'indifférence que je sens, lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté (2). » « Avaut que notre volonté soit déterminée, elle est toujours libre ou a la puissance de choisir l'un ou l'autre des deux contraires ; mais elle n'est pas toujours indifférente (3). » Il ne s'agit pas, en effet, de savoir si nous sommes libres quand nous voulons sans motif, ce qui importe peu, mais si nous sommes libres quand nous voulons pour des motifs, ce qui est le cas dans les actions bonnes ou mauvaises. Or, selon Descartes, les motifs détruisent si peu la volonté que, plus ils sont décisifs et rationnels, plus elle est libre dans son entière et franche adhésion, quoiqu'elle ne soit pas alors indifférente, ou plutôt par cela même qu'elle n'est pas indifférente (4).
Notre pouvoir de mal faire a son origine, non pas dans l'essence de la liberté, — car la liberté n'entraîne pas nécessairement le