Principes, l. 3j
3. «• Le souverain bien de chacun en particulier ne consiste qu'en une ferme volonté de bien faire et au consentement qu'elle produit. Dtmt la raison est que je ne remarque aucun autre bien qui me semble si grand ni qui soit entièrement au pouvoir de chacun Car, pour les biens du curps et de la fortune, ils ne dep<;ndent pas entièrement de nous, et ceux de rame se rapportent tous à deux choses, qui sont, l'une de connaître, et l'autre, de vouloir ce qui est bon ; mais la connaissance est souvent au delà de nos forces; c'est pourquoi il ne reste que notre volonté dont nous puissions absolument disposer. >» (Tome IV, p. 174.)
DE l'aME. son existence^ SES FACULTÉS ET SA NATURE. 255
ritable doit être aussi ma volonté, car le bien, au sens général, n'est autre que la perfection de l'être. Si l'être* n'était qu'intelligence, le bien ne consisterait qu'à savoir, comme le soutiennent les rationalistes : Socrate, Platon, Aristote. Si, au contraire, le souverain bien se trouve dans la vertu, c'est que le fond de l'être est volonté ; car le principe de la métaphysique ne peut différer essentiellement du principe de la morale.
III. Essence de rame. — Nous voyons que Descartes était amené par la logique de sa doctrine à placer l'essence de l'âme dans la volonté : la volonté, selon lui, n'est-elle pas plus intime à la « pensée » que l'entendement? n'est -elle pas V « action » de la pensée tandis que l'entendement en est la « passion »? En déclarant que la pensée est l'essence de l'âme. Descartes nous a prévenus que « penser », c'est avoir conscience soit d'agir, soit de pâtir ; la traduction fidèle de la formule cartésienne serait donc la suivante : — «L'essence de l'âme, c'est la conscience d'agir ou de pâtir, de vouloir ou de connaître. — Qu'est-ce en effet que nous trouvons au plus profond de nous-mêmes, sinon cette conscience d'agir ou de pâtir, et surtout d'agir? « Je ne suis, précisément parlant, qu'une chose qui pense, c'est-à-dire un esprit (1). » Par là, encore une fois, il ne faut pas entendre seulement, avec la plupart des interprètes, une simple intelligence, mais encore et surtout une volonté.
C'est réellement dans la conscience même, dans le sujet qui pense ses actions ou passions, que Descartes veut placer l'existence spirituelle ; mais son expression est infidèle à son idée, quand il appelle l'esprit une chose qui pense, res cogitans. Ce mot de « chose » semble encore indiquer un objet conçu à la manière du moyen âge comme subsistant sous le sujet pensant ; en réalité Descartes place l'être dans la pensée même, et non dans un je ne sais quoi qui ne serait plus le vivant sujet de la pensée, mais un objet neutre de pensée. Toutefois, sa doctrine est incomplète sur ce point ; et il se montre encore trop préoccupé de la vieille notion des substances.
IV. Distinction de l'âme et du corps. — Selon Descartes, les substances se distinguent l'une de l'autre par leurs attributs essentiels. Si je puis, dans ma pensée, concevoir une chose indépendamment de toute autre, c'est que, dans la réalité, d'après Des-