III® Méditation
2. Les preuves précédentes étaient fondées sur le principe de causalité; celle-ci repose sur le principe de contradiction.
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sée, c'est qu'elles le sont dans la réalité, qui d'ailleurs ne nous est connue que par notre pensée môme (1).
IL Attributs de Dieu. Théorie de la wlonté en Dieu. •— L'existence de Dieu une fois démontrée par ses effets et par sa définition essentielle, Descartes détermine ses principaux attributs en élevant à rinflni les perfections qui sont en nous.
Puisque nous sommes intelligence et volonté, Dieu est intelligent, Dieu est libre. De ces deux attributs, c'est le dernier ma exprime véritablement la nature de Dieu. La liberté divine est absolue ; elle est aussi absolument créatrice ; elle produit nonseulement l'existence des choses, mais leur essence et leurs lois, tellement que les principes universels de la logique et ceux même de la morale tirent leur vérité de l'acte divin. Ce n'est pas pour avoii* vu qu'une chose était meilleure que Dieu l'a faite, mais c'est parce qu'il Ta faite qu'elle est meilleure. « Il n'en est « point ainsi de l'homme, qui trouve déjà la nature de la Vérité « et de la bonté établie et déterminée en Dieu (2). »
En concevant Dieu comme volonté absolue, Descartes s'élève au-dessus du pur intellectualisme, qui fait de l'intelligence le principe absolu des choses. Selon Descartes, la volonté est libre, l'intelligence est nécessaire ; si donc le premier principe des
L Mais, dira-t-on, « ma pensée n'impose aucune nécessité aux choses; « et comme il ne tient qu'à moi d'imaginer un cheval ailé, encore qu'il H'j « eu ait aucun qui ait des ailes, ainsi je pourrais peut-être attribuer l'exis- « tence à Dieu, encore qu'il n'y eût aucun Dieu qui existât, — Tant s'en « faut; c'est ici qu'il y a un sophisme caché sous l'apparence de cette M objection ; car, de ce que je ne puis concevoir une montagne sans une « vallée, je ne puis conclure qu'il existe une montagne, mais seulement « que la montagne et la vallée, — soit qu'il y en ait, soit qu'il n*y en ait « point, — sont inséparables l'une de l'autre ; au lieu que, de cela seul que « je ne puis concevoir Dieu que comme existant, il s'ensuit que l'exis- « tence est inséparable de lui, et partant qu'il existe véritablement ; non « que ma pensée puisse faire que cela soit, ou qu'elle impose aux choses « aucune nécessité ; mais au contraire la nécessité qui est en la chose même, u c'est-à-dire la nécessité de l'existence de Dieu, me détermine à avoir cette « pensée. Car il n'est pas en ma liberté de concevoir un Dieu sans existence, « c'est-à-dire un être souverainement parfait sans une souveraine perfec- M tion, comme il m'est libre d'imaginer un cheval sans ailes ou avec des « ailes. » {k^ Méditation,) Kant demandera si la nécessité même de nos conceptions ^pour nous ne doit pas nous faire douter de leur valeur indépendamment de nous, et s'il est sur que cette nécessité imposée à notre intelligence existe aussi dans les choses mêmes. Descartes, lui, n'admet pas cette opposition possible entre la pensée et l'être : car, dit-il, « la pensée est une même chose avec l'être. » Ce que nous pensons clairement existe, ci les idées qui sont clairement inséparables indiquentdes objets inséparables.