Principes, III
La pesanteur est un phénomène tout mécanique produit par les tourbillons ou ondulations de Téther et delà matière subtile. Descartes n'a pas su trouver la vraie loi qui préside aux mouirements mutuels de gravitation entre les corps ; mais il a préparé la voie à Newton en réduisant l'astronomie à ce que Laplace devait appeler la mécanique céleste. En outre, Thypothèse newtonienne de Vattraction à distance est ime mauvaise métaphore, Tine vertu occulte qui rappelle le moyen âge ; aussi la science moderne est-elle revenue à l'hypothèse de Descartes sur les ondulations ou vibrations rhythmiques et circulaires, que Newton lui-môme admettait en réalité.
Comme la pesanteur, la chaleur et la lumière se réduisent à des mouvements. « C'est le mouvement seul qui, selon les différents effets qu'il produit, s'appelle tantôt chaleur et tantôt lumière. (1) » Descartes est donc le premier inventeur de ce qu'on appelle aujourd'hui la théorie mécanique de la chaleur.
Mais les corps organisés ne supposent-ils point un principe nouveau différent du pur mécanisme? — Nullement; Torganisation n'est, selon Descartes, qu'un mécanisme plus compliqué, et la physiologie, qu'une physique plus complexe. En conséquence, il admet les générations spontanées par voie de combinaison purement mécanique. La production du corps humain lui-même s'expUque par les lois du mécanisme universel et par des transformations de la matière. « Quelqu'un dira avec dédain, » s'objecte-t-il à luimême, « qu'il est ridicule d'attribuer un phénomène aussi importe tant que la formation de l'homme à de si petites causes. — Mais « quelles plus grandes causes faut-il donc que les lois éternelles de « la nature? Veut-on l'intervention immédiate d'une intelligence î « De quelle intelligence? De Dieu lui-même? Pourquoi donc naît- « il des monstres ? (2). »
Enfin, sa doctrine de l'universel mécanisme lui fait pressentir la théorie de Darwin sur la sélection naturelle, selon laquelle les organismes mal conformés et stériles disparaissent, tandis que les organismes féconds subsistent seuls avec leurs espèces en apparence immuables. « Il n'est pas étonnant, dit-il, que presque tous ({ les animaux engendrent; car ceux qui ne peuvent engendrer, à « leur tour ne sont plus engendrés, et dès lors ils ne se retrouvent « plus dans le monde (3). » En conséquence, les espèces fécondes