‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 22 sur 358 · VI. - DOCTRIHES PHILOSOPHIQUES DES HÉRREUX · texte numérisé non relu

VI. - DOCTRIHES PHILOSOPHIQUES DES HÉRREUX

I. ' L'idée dominante dans la métaphysique des Hébreux n'est plus celle de la substance universelle, mais celle de la cause individuelle : Dieu est une puissance libre qui crée le monde par un acte de libre-arbitre. — L'homme est aussi une puissance libre, qui obéit ou désobéit par un acte de libre arbitre. ■— II. Selon la morale hébraïque, les devoirs découlent des attributs de Dieu, que l'homme doit aimer de toute son âme.

— Mais ces devoirs sont surtout négatifs, et leur sanction est terrestre.

— m. La politique des Hébreux fut théocratique : la royauté y est considérée comme une chute et un mal. — IV. Progrès des idées de bienveillance et de charité dans les écoles juives. — Hillel l'ancien (100 ans avant J.-Gh.) prêche la douceur et l'amour des hommes : Ne rais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit. — Morale austère et contemplative dans les sectes des Ësséniens et des Thérapeutes.

I. L'Inde et la Perse, où la race européenne eut son berceau, offrent déjà sous une forme tantôt instinctive et méthodique, tantôt réfléchie et philosophique, de hautes doctrines sur Tori- gine du monde et sur la destinée de l'homme (1).

La première doctrine de Tlnde fut le polythéisme, qui inspira les hymnes appelés Védas. Les dieux auxquels ces hymnes s'adressent sont toutes les puissances de la nature, surtout les phénomènes de la lumière, les clartés qui se succèdent du matin au soir, les feux qui parcourent l'espace céleste, en un mot les dévaSy c'est-à-dire les lumineux.

• Toujours jeune, toujours nouvelle, l'aurore renaît pour éveiller les êtres.

« Telle qu'une vierge aux formes légères, ô déesse, tu accours vers le lieu du sacrifice.

a Ferme et riante, tu marches la première et tu dévoiles ton sein bril-

« 1. Nous n'en pouvons donner ici qu'un résumé rapide. Sur le brahmanisme et le boudhisme, voir Eugène Burnouf, Introduction à l histoire du boudhisme; Emile Burnouf, Essai sur le Véda ; F. Nève, le Boudhisme ; Max - MuUer, A history of ancient sanskrit literature ; Barthélémy Saint- Hilaire, le Boudha; Vassiiief, le Boudhisme, traduit par La Gomme.

lant. Pareille à la jeune fille que sa mère vient de purifier, tu réTèles h l'œil réclatante beauté de ton corps.

« Aurore fortunée, brille par excellence : aucune des aurores passées ne fut plus belle que toi. »

Autour du foyer, les chantres indiens invoquent le feu et le divinisent.

« Donne -nous, ô Agni, de vaillants compagnons, une heureuse abondance, une belle famille et de grandes richesses. •

Tous les phénomènes naturels sont doués par l'Indien de passion et de volonté. L'homme, n'ayant point encore la connaissance scientifique des lois naturelles, modèle les puissances de la nature sur le seul type dont il ait conscience : il les croit vivantes et passionnées comme lui-même ; point de distinction entre l'inanimé et le vivant, entre la chose et la personne ; tout est volonté.

Puis, du polythéisme védique, la pensée indienne passe au panthéisme brahmanique. D'abord on voit les dieux nombreux et flottants se rassembler sous trois dieux souverains ; puis, derrière eux, apparaît la grande âme (atma) qui opère par eux et anime toutes choses : son organe est le soleil ; enfin, derrière le soleil et sa lumière, on entrevoit une puissance idéale, à laquelle on donne le nom de la Prière ou de la Parole sainte : Brahma.

c Lui qui donne la vie et la force, lui dont tous les dieux eux-mêmes invoquent la bénédiction I l'immortalité et la mort ne sont que son ombre. A quel Dieu offrirons-nous l'holocauste ?

« Lui dont les montagnes couvertes de neige,jdont le courant lointain de la mer annoncent la puissance ; lui dont les bras entourent l'étendue des cieux I A quel Dieu oflTrirons-nous Tholocauste ?

<K Lui dont le regard puissant s'étendit sur les eaux qui portent la force et qui enfantent le salut ; qui au dessus des dieux fut seul Dieu I A quel Dieu ofirirons-nous l'holocauste ? » (21« hymne du Rig-Véda.)

Tout sort de l'Esprit divin, et tout y rentre.

« Que ferais-je » , dit Maitregi à son époux »,« de ce qui ne peut me rendre immortelle ? Ce que mon seigneur sait de l'immortalité, puisse-t-il me le dire !» — « Toi qui m'es vraiment chère, lui répondit son époux, tu dis de chères paroles... Écoute-bien ce que je dis. Un époux est aimé, non parce que vous aimez l'époux, mais parce que vous aimez en lui l'Esprit divin. Une épouse est aimée, non parce que nous aimons l'épouse, mais parce que nous aimons en elle l'Esprit divin... L'Esprit divin, ô épouse bien-aimée, voilà l'unique objet que nous devons voir, entendre, comprendre, méditer. Si nous le voyons, l'entendons, le comprenons et le connaissons, alors cet univers entier nous est connu... De même que nous ne pouvons saisir les sons d'une conque en eux-mêmes, mais que nous saisissons le son en saisis-

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